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 On the highway to hell

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Guillaume_de_Jeneffe
Licorne Royale
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MessageSujet: On the highway to hell   Jeu 4 Sep - 0:46

La route était longue et sombre en ce retour vers la maintenant vicomté de Marchiennes. Depuis son retour de Bretagne, Guillaume avait été appelé par le Conseil pour un accueil, des fêtes, des manoeuvres, des fêtes, j'en passe et pas forcément des meilleurs. Tant et si bien qu'il avait à peine su voir sa fille, et jouir de la présence de son épouse revenue du sud lointain. Aussi, sur de pouvoir enfin passer plus de 24 heures en son castel, il revenait, en petite escorte. La compagnie principale avait fait la route, par les chemins du nord, plus longs mais plus planes, en carosses. Le chevalier, sa filleule et son frère, et quelques autres avaient pris les chemins plus rapides, mais plus difficiles, du sud. Volonté de se retrouver, de s'offrir une ultime chevauchée avant le banquet du soir, le premier en tant que réel vicomte sur ses terres.

Le soir tombait presque, le soleil jouait à se cacher derrière de gris nuages, annonce d'une pluie qui défoncerait les sentiers, martèlerait les toits et erffraierait les enfants. Mais pour l'instant, seul un petit vent frais se faisait sentir sous la légère armure de plattes portée par le Flamand. Lance et pennon à la main droite, rênes à la gauche, écu sur le flanc de son noir Frison, miséricorde liée au plastron, et épée cellée derrière l'écu aux armes de Jeneffe, Guillaume avait depuis quelques minutes prit la tête du convoi, au pas. Après les premières courses, les cavaliers avaient ralenti la cadence, au point de presque flâner sous les arbres du bois qu'ils traversaient pour l'instant.

Petit regard dans son dos, bien plus facile depuis qu'il avait décidé d'ôter son bassinet et de le confier à son épouse, Zalina est là, non loin de Totox. Sourire flamand, qui s'élargit en voyant l'escorte toujours présente. Quoique, niveau utilité, une escorte en retrait... Enfin, au moins ne seraient-ils pas pris en revers...

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Aélys O'Domnhail

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Lun 8 Sep - 19:06

Qu’elles furent longues les discussions, qu’elles furent longues et mouvementées. Et il avait fallu que leur résultat n’aille pas en son sens, à son grand dam. Si le plan était ingénieux, la pratique l’était beaucoup moins, du moins, à son avis à elle. Si la perspective de jouer les fausses victimes ne lui avait pas déplu, il n’en avait pas été le cas à propos de l’agresseur imaginaire. Elle aimait les hommes, mais dans la limite du raisonnable. Si elle aimait la chair, elle ne laissait toutefois pas n’importe qui se glisser entre ses cuisses brûlantes. Mais il avait été convaincant. Il avait usé d’arguments persuasifs. Mais elle lui en ferait baver en guise de vengeance, quand bien même son sacrifice fut pour la bonne cause. Restait juste à espérer que l’autre pervers imbécile ne fiche pas tout en l’air. C’était des fois, à se demander s’il n’avait pas l’intelligence d’un bulot en lieu et place de l’esprit humain. Pourtant, étonnement, il pensait ; mais pas avec l’organe qu’il fallait. Et c’était avec ledit organe qu’il utilisait qu’elle allait devoir faire sous peu. Cette idée lui arracha nombre de nausées, qu’elle combattit avec quelques lampées de ce whisky ramené d’Irlande et dont il lui restait quelques bouteilles. L’alcool donne du courage dit on, et là elle en avait bien besoin. Même s’envoyer un bataillon de pitoyables Bretons lui aurait été moins douloureux.

Les heures tournèrent, mais elle n’en prit pas moins son temps, digne capricieuse qu’elle fut. Il fallait que tout soit parfait, que rien n’arrive trop tard, tout comme rien ne soit enclenché trop tôt. Dans le premier cas, ils risquaient de louper leur cible ; dans le second, elle risquait de commettre un meurtre pour pelotage un peu trop intensif et donc de nuire à leur mission. Et quelle mission ; d’une licorne il était question, et l’animal était d’or ; de quoi rapporter nombres d’écus sonnants et trébuchants. Cette fois serait la bonne. Si l’air breton n’avait pas été des plus propices, l’atmosphère flamande ne pourrait être que meilleure à la réalisation de leurs sombres desseins. C’était à le souhaiter. Elle n’avait nulle intention de passer sa vie aux côtés de l’autre gros lourdaud d’incapable.


- C’est quand tu veux, ma Belle… traversa la voix de Konrad à travers la porte refermée de la chambre miteuse. Elle n’y répondit pas, occupée qu’elle fut à regarder dans le miroir brisé. Une silhouette s’y reflétait mais qui n’était pas sienne, une silhouette d’empreint, temporaire, qui disparaîtrait quand tout serait terminé. Les cuirs noirs qui enroulaient le corps aérien de l’Irlandaise avaient été remplacés par des lins marron clair. Ses cheveux corbeau avaient été tressés avec des rubans légers. A ses pieds avaient été passés de petites poulaines blanches. Il était évident qu’elle ne fut pas d’ici, mais à regarder son visage d’ange innocent paré de ses grands yeux bleus enfantins, d’aucun ne pourrait se douter de la noirceur de son âme. De nombreuses secondes s’écoulèrent quand elle se décida enfin à paraître dans l’encadrement de la porte. Elle resta là, sans un mot à regarder le Germain qui se mit à siffler et lui posa une main sur ses fesses alors qu’il s’approcha.
- Tu es… excitante beauté, dit il avec un sourire empreint d’ironie, sans doute s’imaginant déjà la demoiselle et les effets très probables qu’elle aurait sur l’autre. Le temps ne nous presserait pas, je t’aurais bien fait ta fête… ajouta-t-il en passant une langue avide sur ses lèvres, mais sous le regard impassible de la brune.
– Crois tu qu’il nous presse tant que cela.. ? Elle se colla à lui, son bassin frôlant le sien expressif,et plia sa jambe pour poser avec provocation son genou sur la hanche de son partenaire, son jupon judicieusement remonté sur une cuisse au blanc laiteux.
- Finalement… Peut-être pas… reprit l’autre en laissant traîner une main baladeuse. Mais l’Irlandaise le repoussa aussi brutalement qu’elle l’avait aguicheusement approché et s’engouffra dans les escaliers en criant.
- C’est quand tu veux, on a pas que ça a faire !
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Kadoc

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Mar 9 Sep - 16:40

Il avait eu raison de la brune… Bien la première fois d’ailleurs qu’il avait gagner sur quelqu’un par la simple force des mots… Et cela le réjouissait encore plus quand il s’imaginait ce qu’il avait à faire…Le pur bonheur comme jamais il n’avait imaginé l’avoir à portée de main… Depuis qu’il l’avais vu la première fois il c’était imaginé cette scène… Des centaines de fois même… Une fois seul, dans l’endroit qui lui servait de chambre à l’étage… Enfin chambre, était un bien grand mot… Sans fenêtre et avec pour tout lit, un peu de paille sur le sol ; cela ressemblait plutôt à un débarras, mais bon, c’était tout de même mieux que de dormir sous les barques près des côtes bretonnes… Donc seul dans sa chambre il avait pu jubiler de sa victoire battant l’une de ses mains devant son ventre, l’autre sur la coté, comme si il tenait un manche verticalement… Tout en secouant la tête en prononçant des mots incompréhensible dans une langue que lui-même ne maîtrisait d’ailleurs pas du tout, dans une mélodie à la fois continu et alternative… D’ailleurs à cause de cet état de « transe », quand il était jeune les enfants de son village l’avaient surnommé « Angus »… Allez savoir pourquoi… Donc il était dans son état de transe quand la beauté hurle à son attention au bas de l’escalier… Il se fixe… puis un sourire benêt se fixe sur ses lèvres… Un petit crachat sur les mains, puis on les passe dans les cheveux pour se recoiffer un peu…

J’arrive…C’est bon… M’excite pas encore plus que j’le suis… Sinon j’vais pas attendre d’être arrivé pour t’faire ta fête !

Dernier regard sur la pièce cherchant si il n’avait rien oublié, mais nan… Sa lame était sur lui… Et il n’avait rien emmené d’autre… Ce qui lui servait de veston était en bas…Il prend donc la direction de la pièce commune, où se trouvent tout les protagoniste… Son sourire toujours sur les lèvres il les regarde… Puis déclare…

Bon, quand c’est qu’on s’met en route ? J’pense pas que not’ cible attende bien longtemps… Et puis bien qu’tâter de près la brunette là m’tente vâchement, j’suis quand même pas venu qu’pour ça… B’soin d’argent aussi…

Haussement de sourcil…regard interrogateur… Attendre que les autres répondent ou y aller de suite et espérer que ces derniers le suivraient… ?
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Aélys O'Domnhail

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Mar 9 Sep - 23:15

Un sifflement s'éleva derrière la jeune femme lorsqu'elle descendit nonchalament les marches grisées d'une épaisse poussière. Elle avait beau avoir les nerfs plus qu'à fleur de peau, elle n'avait toutefois pas perdu sa félinité bien au contraire. Elle roula judicieusement des hanches pour lui faire regretter que ce fut l'autre qui allait la tripoter. Toutefois, elle ne pousserait pas le vice a en rajouter à l'étreinte écoeurante qui l'attendait. Arrivée au bas des escaliers, elle se offrit un décolleté plongeant au Germain, l'Irlandaise ayant pris le soin de ne pas trop fermer la petite chemise de paysane qu'elle avait revetue. Elle lui adressa un regard de braise comme elle savait si bien les faire, attisant par la même une virilité qui finirait tot ou tard par s'échapper de son carcan. Mais elle savait pertinament que son compagnon devait dompter ses ardeurs car le temps n'était pas vraiment le leur sur l'instant.

Bave pas trop le gros...et t'as pas intéret d'en profiter sinon je te les coupe! Excitante menace que celle sortant de la bouche accentueuse d'une brune brulante d'énervement. Et dans le bruit du lourd tissus de son jupon miteux, elle s'en alla quand une tempete au dehors.

Je vous signale qu'on vous attend! Et sur ces mots elle commenca a emprunter le fameux chemin.
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Zalina

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Jeu 11 Sep - 17:58

Routes, chemins, routes…
Chevauchés, nuits à la belle étoile ou dans quelques auberges de passage, puis encore chevauchés…
Quotidien qui tirait de plus en plus des soupires à la Petite Peste devenue Peste mi mai, avant de virer Peste Noire mi juillet. Pourquoi ? Peu le savait. Peu s’en souciait à vrai dire. Et cela convenait parfaitement à la Tigresse sauvage. Aucune question, aucune réponse à donner. Pas un mot à prononcer. Elle pouvait garder les lèvres serrées. Lèvres qui ne se desserraient que le soleil couché pour engloutir tout ce qui ressemblait de près ou de loin à de l’alcool. Poire, Prune, Mirabelle, Génépi, Calva, bière, Flamande bien sure,… qu’importe tant que cela réchauffait un peu son cœur mort, l’espace de quelques heures.

Zalina avait décidé de voyager léger. Dès son arrivé en Flandres, l’armure de guerre avait été expédiée à Marchiennes. Elle avait dit qu’elle accompagnerait le Grand Maistre jusque chez lui et c’est ce qu’elle ferait. Mais sans cette carapace étouffante.
Les gros nuages s’annonçant la confortaient dans sa décision qu’une simple chemise et une paire de braies étaient bien plus confortables et pratiques. Non seulement elle se sentait plus libre mais en plus elle n’aurait pas à lutter contre la rouille de son armure trempée.
Certes, la chemise était moins protectrice qu’une armure. Bien que l’armure ne lui avait pas épargnée une nouvelle plaie entre les deux seins lors des dernières joutes. Puis, la protection, elle n’en voulait pas. Il ne manquerait plus qu’elle rate une nouvelle occasion de se faire tuer. Elle se contenterait de son épée et des deux dagues qui ne la quittaient jamais, elles.

En attendant le jour où son chemin s’arrêterait enfin, elle continuait sa route, veillant sur son Maistre autant qu’il lui en laissait l’occasion. Un arrêt pour les festivités et le Flamant avait prit la route du sud vers sa nouvelle Vicomté. Alors direction le Sud.
Encore des chevauchés, encore des routes, et rien à se mettre sous la dent depuis des semaines. Pas une mauvaise rencontre, pas une petite bataille pour se passer les nerfs. Rien du tout. Dieu que cette route était longue pour la Peste impatiente de rejoindre la cave de Marchiennes.
Longue et trop calme. Elle n’avait rien à faire autre que cogiter en comptant les pas de sa monture. Et elle n’aimait pas ce qui lui tournait en tête.

Le soleil se couchait tranquillement derrière les arbres.
Bientôt Guillaume serait avec sa famille, heureux et en sécurité.
Bientôt elle pourrait disparaitre à nouveau sur les routes, seule, à la recherche de sa mort.
Il semblait toujours si heureux en approchant de ses terres que la Peste l’avait laissé prendre de l’avance. Son humeur collait d’avantage avec la couleur de son Frison qu’avec le sourire Flamand qu’il leur adressait. Zalina lui répondit par une risette puis replongea dans ses pensées, oubliant presque la présence de Totox à ses cotés.
Elle repartit quelques semaines en arrière, à la cérémonie pour la mort de Rory, puis la lettre en provenance de Mauléon. La vue du sceau lui avait rendu le sourire une seconde, enfin des nouvelles du Tonton Poutous. Mais quelles nouvelles… Simplement la retranscription d’un discours de son oncle de cœur qu’elle avait rapidement rangée dans une sacoche de sa selle.
Citation :
Mes chers Thouarsais,

Vous qui m'avez fait confiance par le passé et peut être encore aujourd'hui,
Vous qui m'avez permis d'accomplir de grandes choses au cours de ma vie,
Vous qui m'avez vu grandir au sein de notre village,
Vous qui avez été de fidèles amis, des frères, et parfois même des pères pour moi,
En ce jour je viens vous annoncer une bien triste nouvelle.

Ces dernières semaines m'ont fait prendre conscience de mon âge avancé, mes plus vieilles connaissances s'éteignent tour à tour autours de moi. Je ne sais combien de temps Aristote me prestera vie, mais je sens qu'il est temps pour moi d'entamer une longue retraite auprès des moines. Je dois me recueillir, penser à tout ses amis perdus, à cette vie passée...
Je viens donc vous annoncer mon retrait prochain de la vie active pendant au moins 8 long mois.


Mais avant de vous quitter, je tiens à faire encore un geste pour ce village et ses villageois qui m'ont tant apporté. Il y a dans ma taverne 42 miches de pains et 10 sacs de Mais réparti en un menu avec du pain et un menu avec deux sacs de mais. Ces deux menus seront proposé au prix minimum - c'est à dire 5 écus - jusqu'à la fermeture de ma Taverne "L'Auberge Mauléonnaise", ce lundi.

Concernant mon armée, si ses membres décident de rester unis malgré mon absence, je veux qu'ils sachent qu'ils auront mon soutien dans leurs actions tant que ces dernières respecteront les principes et les valeurs que j'ai taché de leur inculquer. Je compte sur eux pour agir avec la sagesse nécessaire à tous bons guerriers : Je ne crois pas que tous combats soient bons, mais il est bon de combattre pour ce que l'on croit. J'ai confiance en vous, soldats de Mauléon pour ne pas laisser Thouars ou le Poitou sombrer en mon absence.
Le Sénéchal Passy aura tout droit dans la Caserne de Mauléon ainsi que mon escuyer si celui ci revient parmi nous.


Je ne sais ce que prévoit Aristote à mon sujet, je n'ai pas eu la chance de trouver femme qui me convienne et d'assurer ma descendance. Aussi, si malheur venait à m'arriver, il est certain que mes titres n'auront pas de porteur issue de mon sang, les choses sont ainsi faite et la nature en aura voulu ainsi.
Toutefois, je dispose de biens qui me sont propres et dont je suis le seul à décider vers qui ils iront. Aussi je tiens ce que ceci soit établit dès aujourd'hui.

Voici le détail de la répartition de mes biens à ma mort :
  • 10 000 écus iront à ma nièce de coeur : Dame Zalina. Cet or ma petite Zaza, considère le comme ta dote ou toute autre chose que tu désirera en faire. Il ne remplacera pas l'immense peine qu'à causé la disparition d'Aragos, mais il t'aidera je l'espère à vivre des jours meilleurs.
  • 2 500 écus iront dans les caisses de l'armée de Messire Cyclope. Je sais qu'il saura faire bon usage de cet or pour défendre le Poitou et Thouars.
  • 2 500 écus iront à notre homme de police de Thouars : Sieur Chuichian. Dans cette somme, au moins 1 500 écus devront être utilisé pour son mandat de Police. Ceci afin que Thouars soit bien surveillée ainsi que son marché.
  • 2 500 écus iront à Messire Elra. Pour qui j'ai toujours eu un grand respect et dont je n'ai pas oublié l'acte commit dans ma jeunesse où se dernier vendait à perte du bois au Thouarsais pendant une pénurie qui touchait le village.
  • 2 500 écus iront à ma marraine, Dame Lady. Ceci afin qu'elle rachète tout les jupons perdu par le passé... et non pour enrichir son mari, tout Comte soit-il.
  • Mes réserves en nourriture et matière première seront, si celui ci l'accepte, sous mandat Comtal à disposition de la Mairie de Thouars. Ceci dans l'unique but que les thouarsais disposent d'une réserve pour ce nourrir en cas de pénurie, tout en limitant le risque de pillage des biens Thouarsais.
    Cet inventaire de denrées est composé d'environ :
    - 655 Miches de Pains
    - 200 Sacs de Maïs
  • Tout mon arsenal ira à mes soldats. Soit 12 épées, 8 manches et 6 boucliers qu'ils décideront de vendre et de partager la somme entre eux ou de conserver ses armes.
  • Mes derniers 1 000 écus sont encore à l'étude pour savoir ce que j'en ferai
  • J'offrirai au Comté tout les matériaux non cité ci dessus qu'il me reste et me restera. Soit du bois, du fer, du pain, du blé, du mais et quelques écus.


Voila braves villageois, le jour où je disparaitrai je ne partirai pas sans vous offrir un dernier cadeau. Je n'aurai plus qu'à espérer que vous ferez bon usage de cette fortune que j'ai mis tant de temps à obtenir.


Je regrette de ne point pouvoir être des vostre ce soir, participer à cette reprise de Mairie risquerait sans doute de m'y faire rester jusqu'à ce que de nouvelles élections arrivent...

Voila que mon discours s'achève enfin, je n'aurai qu'une chose à vous dire Thouarsais : restez fier en toutes circonstances, et ne vous laissez pas ensorceler par quelque tour de passe passe de nos voisins du nord. Soyez méfiant, il y a des traitres de partout !

VIVE THOUARS ! VIVE LE POITOU !
Comme si 10 000 écus pouvaient acheter son pardon. Encore un qui n’a pas compris qu’elle n’attachait aucune importance à l’argent. Encore un qui ne la connaissait pas du tout et s'apprétait à l'abandonner. Mais un qui lui donnait, s’il mourait, de quoi s’offrir les services d’un bon tueur. Merci Tonton Poutous.

Le regard de plus en plus noir, la jeune femme fixait le Grand Maistre, seul objectif, seul but pour l’heure actuelle. Elle devait oublier tout le reste. Reste qu’y n’avait… aucune importance. Il ne s’agissait que des lambeaux d’une vie sur laquelle elle avait tiré un trait depuis le milieu de l’été.

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Guillaume_de_Jeneffe
Licorne Royale
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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Mar 16 Sep - 21:20

Depuis des heures maintenant la compagnie était plongée dans le silence. Chasun semblait pris dans ses pensées, submergé d'on ne sait quoi. Curieuse ambiance, presque mortuaire alors que tous revenaient de joyeux événements. Mais la brume qui doucement prenait possession des environs y avait bien contribué, visiblement. Pour Guillaume, les pensées étaient simples. Elles tournaient autour de quatre pôles, comme souvent. La Licorne, qui souffrait de voir ses membres arrachés par les outrages du temps, et qui ne courraient plus comme avant. L'Ost de Flandres, la caserne de Tournai, qu'il avait cru voir se réveiller alors que c'était son aide que l'on semblait attendre. Mons-en-Pevèle, achevée depuis des mois et des mois, mais qu'il n'a encore pu visiter. Et le dernier, son astre à lui, son épouse. Quittée pour mieux la retrouver, la chérir, l'embrasser, rire dans ses bras et dans leur couche, l'aimer sans obstacle. Avant une nouvelle séparation, prévisible de par leurs charges. Des inquiétudes donc barraient le front du Flamand.

Comme une clairière barrait la route. Petite source, quelques bouquets d'arbres de taille moyenne, l'endroit idyllique tel que chanté par Béroul. Mais hélas pour le poète, ici, les ébats n'auraient point lieu et nul roi Marc ne viendrait les troubler. Non, un groupe de chevaliers et sa suite s'y reposerait, quelques chevaux s'y raffrachiraient, et l'aventure se poursuivrait.

Reforgeant un sourire sur son visage marqué par les guerres et les missions. A peine plus de trente ans, peut-être trente-cinq, comment aurait-il pu le savoir?, et déjà se sentir vieux, vétéran, aîné de tous, ou presque. Et savoir que malgré cela, malgré les peines, les sangs et les coups, l'énergie reste là et le mènera encore longtemps sur les routes de France et d'Europe, à défendre jusqu'à son dernier souffle les enseignements séculaires reçus à Ryes et ailleurs.

Dextre qui se lève, signale la halte, et chevalier qui se glisse à bas de sa monture, pour lier ses rênes à un hêtre, non loin du point d'eau, avant de se retourner et d'inviter ses compagnons de route à faire de même.

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Zalina

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Mer 17 Sep - 23:40

A l’avant, le Vicomte mit pieds à terre.
La Peste regarde autour d’elle. Pas de Marchiennes en vu. Pas de cave non plus.
Il aurait pu choisir un endroit plus alcoolisé pour passer la nuit. Les réserves de la jeune femme s’amenuisaient et sans rien pour les remettre à niveau, c’est son humeur qui risquait d’en pâtir. Mais ordres du Grand Maistre, on s’arrête là. Il faudra faire avec, ou plutôt sans.
La pensée pour tous ces tonneaux de bière flamande qui devaient l’attendre en la cave de la Vicomté lui arracha un nouveau soupire. Puis elle finit par arrêter sa monture elle aussi. Au moins passerait elle quelques heures de plus avec la Licorne d’Or.
Elle s’efforça de s’accrocher à cette idée pour rester positive. Ou du moins, en avoir l’air, un minimum.

Profitant de son perchoir, Zalina observa les alentours avant de descendre.
Une jolie clairière pour la nuit. La brume du début de soirée ne lui permit pas de distinguer grand-chose. Il fallait faire confiance au Maistre sur le choix du coin. Elle n’avait de toute façon pas mieux à proposer, à part filer tout droit sans s’arrêter jusqu’à la cave de Marchiennes.
Notre Peste ferait elle une fixation sur les réserves du Vicomte ? Pensez vous. Une cave flamande remplie par les soins d’un connaisseur en bière. A quoi rêver de mieux pour une Peste alcoolique qui commence à être en manque ?
Sa jument avait tranquillement reprit le chemin du point d’eau sans demander l’autorisation à sa cavalière. Perdue dans ses pensées, cette dernière ne dit mot et attendit que l’équidé s’arrête de nouveau, les naseaux dans l’eau, pour sauter à terre.
Une seule question lui vient à l’esprit.


Grand Maistre, combien nous reste-t-il d’heures de voyage pour d’arriver à Marchiennes ?

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Guillaume_de_Jeneffe
Licorne Royale
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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Mar 23 Sep - 14:07

La Poitevine avait sauté bas de sa monture et déjà exigeait ses réponses, ou plus exactement sa réponse. Comme si elle était encore plus impatiente que lui de rejoindre le castel. Cela semblait cacher quelque chose... mais quoi? La volonté de disparaître dans sa chambre? Se tenir éloignée de tous et de toutes. Être là mais sans rencontrer personne, comme elle l'avait fait au cours de cette calme chevauchée.

Aussi, le sourire reprend place sur son visage, tentant de rassurer et de réconforter une dame qui a passé bien des épreuves, cotoyé bien des morts, traversé bien des guerres.


- Ma foi, je ne sais exactement, une ou deux certainement, pas beaucoup plus. Mais les montures semblaient fatiguer, et je ne désire point que nous les crevions sous nous. D'autant que nous ne sommes guère pressés. Le soir n'est pas encore tombé, la tablée ne doit pas encore avoir été dressée et nous ne devons pas encore être attendus. Pourquoi ne pas en profiter pour souffler quelque peu... ou pour parler. Car cela fait bien longtemps que nous n'avons réellement discuté.

Le mouvement était lancé, et avec lui les conséquences qu'on ne pouvait encore prévoir. Mais, cela était clair dans son esprit, Guillaume ne voulait pas lacher sa pupille avant que de savoir ce qui causait son empressement. Rassuré, il ne le serait surement pas, mais au moins il serait parvenu à s'assurer de ce qui se passait dans la petite tête qui lui faisait maintenant face, avant que de se pencher sur le cas d'un Totox bien muet lui aussi...

Silence qui enveloppe deux de ses plus proches frères. L'un examiné depuis son arrivée comme homme d'armes, passé sous les ordres de Shanamir qui lui avait concédé fief, et qui avait, à la force du poignet, gravi les échelons, patiemment, avec détermination, pour aujourd'hui porter les caducées avant, peut-être, les gantelets... L'autre lui avait été confiée, il y a de cela bien des années, encore presque enfant. Il l'avait éduquée, ou tout au moins essayer, n'étant pas véritablement un expert dans le domaine, la conduisant sur le chemin qu'elle avait aujourd'hui emprunté. Et qui semblait en avoir fait une femme triste, usée, et découragée par les vices humains. En somme, il lui avait fait suivre ses pas, sans comprendre qu'elle n'avait pas en elles les remparts nécessaires à sa survie. Et aujourd'hui, cavalière noire, elle ne cherchait plus l'amour et la joie mais s'était résolue à ne suivre que sa mission, jusqu'au terme qu'Aristote voudrait bien lui donner... C'est certainement de cela, en y repensant, que le Flamand était le moins fier. Il avait fait d'elle le prototype même du chevalier, mais ne l'avait pas adoubée, ne lui avait pas offert une vie telle qu'elle l'eût mérité, tout cela car il avait été aveugle, une fois de plus... Peste soit de lui, bien indigne parrain. Seul, il se serait martelé le front, se serait usé sur un mannequin de toile... Mais ici, il n'avait rien à faire d'autre que répondre, tenter de garder contenance, devant elle, devant lui, devant eux... Et attendre sa réponse, tenter d'y deviner sa peine, ses doutes, qu'elle cachait presque aussi bien que lui, car cela aussi elle l'avait appris...

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Zalina

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Ven 26 Sep - 10:38

Pour souffler quelque peu.
Voilà une bonne nouvelle. Ils ne passeraient pas la nuit dans ce bois comme la Peste l’avait cru. La cave n’était donc pas si loin qu’elle le pensait et elle n’aurait pas à attendre l’aube pour rendre visite aux réserves de la Vicomté.
La bière flamande serait goûtée pour le dîner.

Ou pour parler.
Là, c’est une moins bonne nouvelle…
Zalina fit un pas en arrière. Un vieux réflexe. Mais se retrouva le dos contre sa monture. Retraite coupée par son canasson.
Parler, elle n’en avait plus envie depuis des mois. Alors avec un Flamand qui a le don de lire une partie de ses pensées mieux que personne encore vivant. Non, çà ne l’emballait pas des masses.

Pourtant, elles lui manquaient leurs conversations sur la pluie et le beau temps, la Licorne et le Royaume, tout et n’importe quoi. Combien de fois avait elle été trouver son Maistre lorsque cela n’allait pas ? Sans jamais lui donner les vraies raisons de sa venue, bien sure.
Juste pour passer une minutes ou deux en sa compagnie, se plonger dans ce calme émanant de Guillaume et qui vous tranquillise par sa simple présence. Minutes qui se transformaient bien souvent en plusieurs heures, sans jamais lui dire ce qu’elle avait réellement à dire.
Petit jeu qui était devenu une habitude, un automatisme. La fuite avait toujours été plus facile que la vérité. Puis le Grand Maistre a déjà assez de soucis à gérer au quotidien sans qu’elle y rajoute les siens.

Mais ce soir, la jeune femme est fatiguée et n’a plus la force de fuir. Fatiguée de mentir aussi.
Si la Licorne d’Or voulait parler, soit. Mais pour une réelle discussion.
Zalina leva les yeux pour croiser ceux de son parrain. Est-ce qu’il avait déjà un sujet de discussion en tête ou avait il dit cela dans le seul but de passer le temps ?


Il est vrai qu’il y a longtemps que nous n’avons eu l’occasion de discuter, Grand Maistre.
Il faut croire que nous avons tous deux trop de responsabilités pour en avoir encore le temps.


Responsabilités dans lesquelles la Peste faisait le ménage. Toutes ces charges l’éloignaient de la Licorne et elle voulait s’y consacrer pleinement. Trop de choses y étaient en attente, à commencer par le Haras de Rassaln. Tant pis pour les jolies colliers et gentils collègues d’à coté. La Licorne en priorité. Elle le devait au moins à l’ancien Maistre d’armes et à tout ceux qui avaient fait son éducation à Ryes.
Sans parler des tonneaux de Génépi qui devaient encore se cacher dans le bureau du Prévôt depuis la mort de Bralic… Il était plus que temps qu’elle trouve un moyen d’aller y fourrer son nez à la recherche de ces merveilles.


Y a-t-il un sujet particulier que vous désiriez aborder ?
Pas de mode j’espère ? Votre Dame serait plus apte à vous conseiller que moi.


Le temps d’un sourire et une idée traversa l’esprit de la jeune femme. Un éclair de malice passa dans son regard qui fixait toujours celui de Guillaume.
Peu après son arrivé à Ryes, il lui avait lancé un défi lors d’une course équestre. Lui prendre son couvre chef. Merveilleuse journée d’une douce enfance qui l’avait vu récompensée d’une dague.
Et si cette fois c’était elle qui lui lançait un défi ?
Un coup d’œil à Totox pour voir s’il voudrait participer ou pas et elle replongea dans les prunelles de son parrain.


Si vous voulez « réellement discuter », alors discutons… réellement pour une fois.
Que des questions directes et précises pour des réponses claires et honnêtes. Aucun mensonge, ni cachotterie, pas de semblant, que des réponses franches.
Cela vous convient il ?


Défi qu’elle pourrait bien regretter avoir lancé, cachant autant de choses que le flamand. Mais n’avait elle pas essayé d’obtenir son premier baiser en défiant l’homme qu’elle aimait ? Le pari avait été perdu et c’est un autre qui lui avait volé son premier baiser, sur un mensonge.
La vie réservait parfois de drôles de surprises. Mais adviendra ce qu’il pourra…

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Aélys O'Domnhail

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Jeu 2 Oct - 19:17

Quelle plus désagréable sensation que celle de sentir le goût de la bile, venue caresser à sa façon les papilles gourmandes ? Profondes sont les nausées qui viennent la troubler alors que son regard se porte sur son futur partenaire de jeux interdits, partenaire dont elle se serait bien passée. Il est là, grassouillet et gauche, quasiment la bave aux lèvres, un sourire d’une béatitude stupide sur le visage. Elle rumine, peste, jure tel un charretier dans un vocable qu’elle seule connaît : il est en effet bien peu probable que le pervers répugnant puisse connaître autre chose que son incompréhensible dialecte, exception faite du vice de beuverie et de chair tendre. Il ne perd rien pour attendre, surtout s’il ose laisser traîner ses mains grasses sur son corps délicat. Maudit soit ce Germain !

Elle aurait pu se rendre grandement utile cette petite fermière flamande stupide, si elle n’avait pas été renvoyée au risque pour elle d’ouvrir sa bouche quand il ne le fallait pas. Elle avait une langue bien pendue et une grande bouche souvent ouverte, mais malheureusement pas pour satisfaire uniquement des besoins primaires purement masculins. Contre quelques piécettes ou la menace de se retrouver les entrailles à l’air libre, elle se serait très certainement pelotée par l’autre nigaud ! Konrad ! Un jour tu en paieras le prix…



Ayant jeté un dernier regard au breton répugnant, et ayant décidé de ne pas attendre une réponse positive qui aurait attisé le feu de ses nerfs déjà bien brûlant, elle tourne les talons et prend la direction du chemin convenu un peu plus tôt et indiqué par les éclaireurs puants l’alcool à dix lieues à la ronde, comme étant celui où le groupe visé est censé arriver. Trois, ça ne devrait pas être trop difficile, en espérant qu’ils ne se soient pas trompés dans le comptage ces imbéciles ! Trois, même si ça reste de vulgaires chevaliers de la licorne, ils ne restent tout de même que trois, face à une quinzaine d’individus. Du moins, un peu moins, parce qu’on ne peut jamais compter sur personne, seulement sur soi-même, surtout lorsqu’il est question d’argent. Et la cible vaut un certain pesant d’or… Si l’autre ne fait pas de gaffe, ça devrait être facile pour la détourner. De penser à la manière dont elle s’y prendra, lui arrache un sourire envieux. Mais ce n’est pas tout. Ils ont encore du chemin !



Ah ! Et ce fichu panier contenant quelques pommes rouge et jaunes, il ne faut pas l’oublier. Il faut qu’elle paraisse une vraie petite paysanne. Déjà, la tenue va aider un peu. Bon, il est certain qu’elle ne passera pas pour une gamine du coin avec ses cheveux noirs, sa peau blanche et son accent étranger, mais une excuse pourra facilement être trouvée si on lui pose une question. Par contre, la démarche… Et roule des hanches comme un vent fort agiterait une mer déchaînée en vagues roulantes et rugissantes. De toute façon, elle ne va pas marcher beaucoup. Alors que le Germain finit d’aboyer les ordres, la brune brûlante, suivie de prêt du Breton, se rend à destination.



En silence ils s’approchent. Que Kadoc fasse du bruit et c’est un homme mort, quoiqu’il en soit. Les autres attendront un peu plus loin.


- N’en profite pas ! Ou je te tue, murmure Aelys a son « adorable » compagnon. Suis moi.

- T’n’inquiète pas ma belle… Tu seras ça déçue…

And it is time to go.

Elle voit son regard lubrique et prend une grande respiration. Courage, courage… Ce n’est qu’un mauvais moment à passer.
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Zalina

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Sam 4 Oct - 18:31

Le Flamand réfléchissait à l’ampleur du défi lancé. Pas facile et risqué. Peut être trop pour ne rien y gagner.
Pour la jeune femme, c’était surtout la parfaite occasion de lui poser une question qui tournait et retournait dans sa tête depuis mai mais qu’elle n’arrivait pas à lui poser. Elle avait bien trop peur de la réponse qu’il pourrait lui donner. Mais au fond d’elle, elle connaîssait déjà cette réponse. Alors finalement, pourquoi attendre, espérer presque, qu’il le dise ?
Ce qu’elle représentait pour lui ? Rien du tout.
Ni famille, ni amie ou confidente, ni fille... Rien d’autre qu’un boulet que le Haut Conseil de la Licorne lui avait attaché à la cheville il y a presque neuf années et qu’il ne pouvait que supporter, faute d’avoir découvert comment s’en débarrasser. C’est qu’elle avait les dents longues la Peste. La Panthère en avait fait les frais. Une fois qu’elle tient quelqu’un, elle ne lâche plus.
Mais cette fois ci, il fallait arrêter. Et cette envie de discussion réelle en était l’occasion rêvée depuis bien trop longtemps déjà. Comme on dit, c’est maintenant ou jamais.
Inconsciente de ce qui se préparait à quelques pas, Zalina prit une profonde inspiration et tenta de calmer les battements de son cœur, déjà en mille morceaux, avant qu’il n’explose.

La jeune femme sortit de son fourreau la dague au filament d’or incrusté dans la lame que Guillaume avait réalisé de ses mains. Une lame sur laquelle elle avait veillé jalousement et protégé contre toutes éraflures ou gouttes de sang, jusqu’à une certaine soirée au monument aux morts de Ryes du moins. Son trésor.
Elle en admira encore une fois les moindres détails.
La plus belle récompense et marque de confiance que lui avait donnée Guillaume. C’était, des dires du flamand, la preuve de sa confiance en sa force, ses valeurs, son courage, sa détermination, sa patience et tout ce qui faisait d’elle une personne digne de faire partie de la Licorne. Un témoin de l’attachement du Maistre à sa pupille.
Mais aujourd’hui, est ce qu’il l’estimait encore digue de cette dague ?
Elle en doutait. Elle n’avait pas su le protéger. Pire, elle n’avait fait que le décevoir. La jeune femme avait même réussi à le faire rouspéter par ses décisions qu’il ne comprenait pas.
Au fond, la connaissait il ? Il avait donné cette dague à une petite fille qui s’accrochait à lui comme une puce affamée à un chien. Au fond de lui, avait il un jour eu réellement confiance en elle ? Non. Il refusait juste de l’admettre.
Elle le ferait pour lui. Une fois pour toute.

Les doigts de la licorneuse caressèrent une dernière fois les contours de la dague puis elle la tendit à Guillaume, pommeau vers lui. Elle prit une profonde inspiration et se lança.


Vous souvenez vous de cette dague et du jour où vous me l’avez offerte, Grand Maistre ?
Moi je ne l’ai pas oublié. Jamais.
Cette dague m’a bien protégée toutes ces années… peut être trop bien même…
Mais aujourd’hui, je n’ai plus de patience et encore moins de force. Vous ne m’estimez plus digne de la Licorne... et... n’avez aucun attachement pour moi.
Dire le contraire serait simplement se mentir. Vous le savez au fond de vous. Vous le savez très bien, mais vous refuser de voir la vérité.
Alors cette dague, je vous la rends. Je ne la mérite plus, si tenté que je l’ai mérité un jour…


Zalina replongea son regard au sol et serra les dents en se mordant l’intérieur de la joue pour tenter, tant bien que mal, de retenir ses larmes. L’arme toujours tendue vers le Mentor, elle ajouta une dernière phrase, presque murmurée, avant d’attendre, en silence, qu’il la reprenne.

Offrez la à quelqu’un en qui vous avez réellement confiance…
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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Mar 14 Oct - 2:37

Les questions étaient arrivées, proposant une joyeuse perspective. Sonder une nouvelle fois la Poitevine, de façon plus ouverte qu'avant, lorsqu'il apprenait d'elle par ses frères, par le Conseil, par les valets de Ryes, et d'ailleurs lorsque ceux-ci se découvraient un don certain pour la discussion une fois promise une ration de vraie bière... Mais si subite était l'offre, si étonnante aussi, peut-être, que pour une fois le chevalier se retrouva sans voix... Peu de temps certes, mais juste assez pour laisser sa filleule lui brûler la politesse due aux aînés.

Mais là, tout retombait. La bonne humeur disparaissait. Le soleil s'éteignait. Le vent frais devenait glacé et il lui semblait que tout l'univers ne se résume qu'à deux êtres, Zalina et Guillaume, le maître et son élève.

Son visage se referme légèrement, son regard se fait plus dur, ses machoires se serrent, et ses yeux cherchent ceux que cachent souvent les noires cheveux de celle qui lui fait face.


- Damoiselle, en d'autres jours, j'aurais rit de vos paroles, j'en aurais plaisanté avec vous, et tout cela autour de quelques tonneaux que nos offices nous permettent de collecter. Mais je crois qu'il n'est plus l'heure d'agir de la sorte. Il est l'heure de vous livrer mon coeur tel qu'il est, pour une fois qui peut-être sera la seule.

Court silence.

"Ma confiance, vous ne l'avez jamais perdue. Je ne vous connais que trop, presque comme le fils que je n'ai jamais eu. Je vous ai aimé, vous ai enseigné, vous ai appris le travail, la peine, et le mérite. Je vous ai vu quitter l'enfance pour l'âge adulte. Je vous ai vu accepter et défendre nombre de charges qui vous ont été remises, toutes par des personnes de valeur. Je vous ai vu devenir la pierre la plus solide de Ryes, celle sur laquelle, sans le dire, tous nous nous sommes reposés un jour, une semaine, voire plus encore..."

Nouveau silence.

"Cette confiance que vous refusez, cette dague que vous voulez voir portée par d'autres, si un jour, un seul, j'avais pensé que vous n'en étiez pas digne, vous l'auriez su car je vous l'aurais dit. Vous m'auriez rejoint dans ma chambre, et les murs de Ryes auraient tremblés de ma colère. Mais aujourd'hui, notre forteresse est toujours debout, et vous vous êtes toujours cavalière alors que..."

Visage qui se ferme, machoires qui se crispent pour de bon et phrase qui reste en suspens.

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Zalina

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Mar 14 Oct - 21:54

Ne surtout pas relever les yeux. Ne pas croiser son regard.
La jeune femme ne se sent pas la force d’y détecter la moindre preuve de satisfaction d’être enfin débarrassé de son boulet.
Attendre que le Maistre reprenne sa dague et se moque d’elle.
Attendre que la petite plaisanterie s’arrête enfin. Peut être un remerciement pour avoir enfin compris et…
Et rien.

Le Flamand reprend la parole aussi calmement qu’à son habitude, peut être même plus calmement qu’à son habitude, de sa voie solennelle. La Peste relève le nez un peu, surprise par une réaction à laquelle elle ne s’attendait pas, persuadée d’être arrivée à une conclusion qui ne pouvait être autre.
Plaisanter ? Elle n’en avait nullement envie, même devant plusieurs tonneaux.
Liver son cœur ? Là, elle relève les yeux pour les plonger dans les prunelles Comtales.
Elle allait connaître la vérité ? Ce que cachait le Flamand au fond de lui ? Sans mensonge ou cachotterie qui la rongeait de l’intérieur ?

Premier silence.
Le cœur poitevin s’arrête comme pour mieux entendre cette vérité qu’elle désire tant connaître, quelqu'en soit les conséquences.
Le nez repique au sol dès les premiers mots alors qu’elle s’appuie contre sa monture dans l’espoir de la faire partir et pouvoir reculer de plusieurs pas. Mais l’équidé est tranquillement installé et ne compte pas bouger, ne s’occupant pas plus de ce qui se passait entre les deux bipèdes à ces cotés que de ceux en peu plus loin préparant Aristote seul savait quoi.
S’éloigner de ce Maistre qui fait repartir son cœur éteint si douloureusement.
Fuir cette lueur au bout du tunnel et rester dans le noir devenu son seul ami. Ne plus souffrir.
Ne plus écouter des paroles qu’elle était persuadée de ne plus jamais entendre. S’accrocher à la vie sombre pour laquelle la Peste Noire s’était fait une raison.
Et pourtant, elle ouvre grand les oreilles, attentive à cette faille que Guillaume est en train de creuser et qui lui permettra peut être d'enfin sortir du puit sans fond dans lequel elle avait été précipitée.

Second silence.
Les yeux rivés sur ses pieds laissent ruisselés quelques larmes silencieuses.
Aurait elle put se tromper à ce point ? Il a encore confiance en elle… son Maistre, son Père de cœur.
Un dernier regard brouillé par l’humidité sur la dague, dont elle ne sait plus trop quoi faire du coup, et la voie du Comte s’arrête. Zalina remonte aussitôt le nez et rive ses billes émeraudes sur celles de son Parrain. Il avait dit qu’il lui livrait son cœur, alors pourquoi s’arrêter ? Il y a encore quelque chose qu’il ne dit pas. Quelque chose qui le tourmente au point de ne pas le dévoiler et de crisper ses mâchoires à le faire taire.


Alors que… ?

Curiosité mal placée, elle le sait.
Elle ne devrait pas poser la question et respecter le souhait de son Maistre de ne pas en dire d'avantage.
Mais trop de non dits se sont glissés entre eux au cours des années. Ces non dits qui l’avaient mise dans l’erreur, poison la tuant à petit feu.
Une fois dit, on se sent mieux. Et elle est bien décidée à aider celui qui venait de rallumer les cendres de son cœur à abandonner ce visage fermé dont il n’est pas coutumier. Une bonne saignée, certes un peu douloureuse sur le coup, mais seul remède, parfois.
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Kadoc

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Dim 19 Oct - 20:32

Le regard de Kadoc suit le mouvement de hanche chaloupé de la brune plus qu’il ne la suit elle-même. On dirait un gros papillon de nuit collé à une luciole mouvante. Et encore c’est pas gentil pour les papillons.
Droite…
Ses lèvres gercées s’entrouvrent…
Gauche…
La salive a failli sortir de sa bouche crasseuse…
Droite…
Mais qu’elle est bonne…
Gauche…
Créfieu, elle veut qu’il commence maintenant ou quoi ?

C’est qu’il saura pas se retenir plus longtemps là, le Kadoc… c’est pire qu’une envie de pisser après avoir bu dix litres de mauvaise bière….
Elle perd rien pour attendre la brune…

Putain c’est encore loin ?
Ah elle s’arrête… sourire béat… on va pouvoir commencer… Kadoc se tapote le ventre de bonheur tiens… elle est trop bonne quand elle est en colère… ça l’excite encore plus le Bretonant…


Aller allonge toi ma belle… j’en peux plus moi… c’est mon heure.

Mâchoire crispée de la brune qui s’allonge…

Rappelle toi… je te tue…

Sourire béat de Kadoc.

Mais oui…

Et il s’allonge sur la brune sans ménagement… Rha putain, l’prêtre de son patelin il savait pas bien ce que c’était le paradis…
Il enserre les poignets de la brune avec sa grosse main et les maintient au dessus de sa tête. Sa tambourine dans sa tête au breton, comme autant de coups qui commencent à pleuvoir sur sa pauvre tronche.


Et oh l’anguille tu te calmes !

Sa deuxième main commence à passer sous la jupe de la pseudo paysanne… il pensait qu’il l’aimerait mieux avec ses robes de coureuse de rempart mais en prude il aime finalement. Ses doigts passe sur ses chausses attachées sagement au dessus des genoux par des rubans et écarte violemment ses jambes… dont un genou lui atteint le pif…

Le sang commence à couler sur ses lèvres.


Créfieu sale garce ! Plus t’vas bouger, plus t’vas m’exciter !

Le sang continue à battre les tempes de Kadoc qui continue à écarter les jambes de la brune… son pantalon est sérieusement trop serré…
Putain faites qu’ils se pressent pas les encornés… vraiment, l’prêtre de son patelin il savait pas bien ce que c’était le paradis…
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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Lun 20 Oct - 2:28

Paroles qui ne veulent pas s'échapper. Derniers mots qui devraient tout dire, briser les dernières barrières dressées entre eux, éliminer les non-dits, les refus, les erreurs, et enfin unir le parrain et la filleule dans une même joie, dans un même accomplissement. Mais cette vérité se refuse à fuser de dehors ses lèvres. Elle doit venir, elle doit être dite, mais le Flamand ne peut. Il ne sait dépasser, admettre cette erreur, peut-être la pire de toutes, celle de l'aveuglement, et du retard. Les larmes sont au bord de ses yeux, les machoires se rouvrent, mais c'est le silence qui se fait entendre. Il souffle, il souffre, mais rien n'y fait, le Flamand reste, peut-être pour la première fois de son existence, muet. Elle est là, devant lui, à l'attendre, à le fixer, de ses deux prunelles perçantes. Il se sent mis à nu, exploré, vulnérable face à elle. Elle voit ses erreurs, il ne peut en être autrement, elle ne peut que le haïr, lui misérable ignorant...

"Alors que..." paroles qui se répètent, mais qui ne livrent nulle autre syllabe. Pourquoi ne sait-il pas dire plus? Pourquoi ne sait-il pas lui dire? Lui expliquer son, ses erreurs, se soumettre à son jugement, quitter la Licorne d'Or pour ne devenir qu'un écuyer face à elle, et qu'enfin cessent ces silences.

Silence qui se brise. Cris, jurons de charretiers, bruits du métal, du tissu qu'on froisse sans y prendre attention, gros rires gras et porcins. Seuls, ils ne le sont plus. Non loin d'eux, on vit, mais pas selon les préceptes d'Aristote. Quelque chose d'anormal se passe. Quelque chose qui brise la soudaine communion du chevalier et de la cavalière. Quelque chose qui pousse Guillaume à faire signe de se taire, à porter la main à son baudrier, à en saisir l'épée, nue désormais, et à se traîner ventre contre terre quelques mètres plus loin, à profiter d'une bosse pour se dérober au regard d'éventuelles sentinelles.

Devant lui à cent mètres, le spectacle est effrayant. Une femme, une jeune fille peut-être, est couverte par une masse informe que ses paroles indentifient comme un homme. Autour d'eux, les regards d'une douzaine d'hommes d'armes, habillés de cuir, de métal, armés de faux, d'épées, d'épieux. Hommes de guerre, guerriers de métiers, routiers désoeuvrés qui troussent la gueuse à défaut de détrousser le curé. Ils sont seuls, se croient seuls, rient, moquent la pauvrette, la pointent du doigt, se tappent sur le ventre. Perdue, elle est perdue.

Guillaume ferme les yeux, inspire. Le choix, il ne l'a guère. « Que de par mon bras je défendrai veuve, orphelin, innocent, simple d'esprit, opprimé, éclopé, ou simple paysan, comme n'importe quelle autre personne de ce royaume ». Ces paroles résonnent en son esprit. Ce serment, il l'a fait il y a si longtemps, il l'a observé depuis tant de lunes, pendant tant de guerres, de chevauchées, qu'il ne peut plus l'oublier. Sa voie est tracée, il se l'est tracée depuis cette première lettre envoyée au chevalier Hubert, elle le mènera droit sur ces hommes, quoi qu'il doive lui en coûter. Quoi qu'il doive lui en coûter. Un visage recouvre ses yeux. Doux, fin, cerclé de cheveux noirs comme le lion de Calmont. Une douceur infinie, le sourire d'une mère pour son enfant, la tendresse que le chevalier ne trouve que chez la dame aimée. Cette tendresse qu'ils ont partagé sous les murs du castel comtal, après son allégeance. Cette tendresse vers laquelle il avançait gaiement, il y a encore une heure de cela... Cet amour, pur, infini, que jamais il n'avait, il le sait maintenant, éprouvé pour nulle femme qu'il tint entre ses bras. Ni pour Laurianne, courtisée, chérie entre ce Noël joyeux et le jour où l'Inquisition l'avait reconnue sorcière. Ni pour Karlee, coeur brisé comme le sien, mais que l'absence avait peu à peu éloigné de lui, lui qui s'était perdu dans les bras d'une autre, entre deux tours de guet sur les murs mainois. Cet amour qu'il voulait donner à sa fille, héritière de Marchiennes et Wavrin, joyeuse enfant souriant toujours. Enfant que peut-être il n'élèvera jamais, que peut-être il n'enseignera pas selon ses valeurs, selon celles que lui offrit la Licorne dont il porte le collier. La Licorne, les hauts murs de Ryes, l'air normand, les longues veillées au Conseil, les discussions acharnées, les combats menés hors et en les murs de leur forteresse, de leur mère nourricière à tous, qui sait s'il la reverrait encore, s'il aurait encore le temps de transmettre ce qu'il savait, d'adouber le futur du fier animal...

Ce futur, il ne peut aujourd'hui plus le retarder. Il est temps, aujourd'hui, Guillaume, de faire ce qui depuis longtemps eut du être fait. Le regard se tourne vers Zalina, dur, ne souffrant aucun refus, ce regard qu'il a avant la guerre, celui qui doit leur insuffler confiance en lui et empêcher de reculer, le regard d'un chef aurait dit un trouvère en manque d'inspiration.


- À genoux, cavalier. Aujourd'hui, nous allons au-devant de ce qui sera peut-être notre mort, peut-être notre gloire. Mais aujourd'hui, surtout, je sais que je n'ai que trop tarder. Toi, Zalina, alors que tu m'as toujours suivi sans renâcler, sans refuser les sacrifices que je t'imposais, toi qui t'es montrée la meilleure d'entre nous, celle qui a appris près des plus grands ce qui fait la chevalerie, et qui l'a transmis sans attendre l'adoubement, alors que peut-être je te conduis à cette mort que tu cherches mais qui n'est pas digne de toi, moi, Guillaume de Jeneffe, Grand Maistre de l'Ordre royal de la Licorne et Vicomte de Marchiennes, devant Totoxlezerox, Chevalier-Héraut, témoin pour les siècles à venir, te fais, en ce jour où nos lames vont répandre le sang, chevalier de l'Ordre royal de la Licorne et dame de Haisnes. En ce jour, tu deviens ma pair et ma vassale.

Les mots étaient tombés, d'une voix calme et posée. L'épée, toujours nue, se pose sur les épaules et la tête de la Poitevine. Le serment des chevaliers, que de coutume il fait jurer, aujourd'hui, il le tait. Si elle le désire, elle le fera. Mais aujourd'hui, Guillaume a quitté la cérémonie. Il est dans l'action. Dans celle qui crée et autorise à enfreindre la coutume. Dans celle pour laquelle il a vécu, dans celle où il ne veut plus mener sa filleule que comme chevalier, que comme vassale. Zalina ne peut plus exister que comme telle à ses yeux, c'est ainsi qu'il veut s'en souvenir, et qu'il veut qu'elle soit chantée si c'est à la mort qu'il la conduit.

Son regard se mue, plein de tendresse, d'amitié, d'amour pour celle qui lui fut confiée si jeune, et qui est maintenant telle Enox, deuxième dame chevalier de la Licorne. Ses paupières se baissent tout doucement alors qu'il la relève, et qu'il la presse contre lui. Le temps se suspend. Pour un instant, il n'y a plus de dame violentée, de héraut, de routiers, de chevaux. Il n'y a plus... qu'un père et sa fille. Mais doucement, il la repousse. Son regard a changé, mélancolique, il s'est chargé de détermination. Nul besoin de parole. Ils vont au combat. Le chevalier reprend sa monture, se projette sur sa selle, empoigne sa lance, assure son écu. Le combat est là, qui l'appelle, comme à Compiègne, comme à Angers, comme à Fougères, comme à Rennes, comme partout, toujours...

Les éperons écorchent le poitrail chevalin. Le Frison hennit, puis s'arrache. En deux foulées, il est au galop. La lance reste haute, elle ne s'abaissera qu'au dernier moment. Les brigands se rapprochent, mètre par mètre. Il distingue leurs chemises, leurs armes, leurs targes. Les bougres sont armés, et pas qu'un peu. La mort se fait de plus en plus claire. Des visages se collent sur ces hommes qu'il ne connaît pas. De cheveux bruns, courts, une chemise de fer, son capitaine de Tournai-l'Artésienne, le chevalier F'Tarkin de Kronenbourg. Lui qui l'a amené à l'armée, lui qui lui a enseigné tant de choses et dont il poursuit l'exemple à Tournai-la-Flamande; un visage de gentilhomme, les cheveux blonds en bataille, le vicomte de Montgommery, Will Blackney, le chevalier normand, son ami et partenaire économique dans l'échange calva-bière, source de tant de négociations acharnées; une silhouette massive, ramassée, un visage carré mais séduisant pour qui l'apercevait sans son heaume, le Destructeur, Bralic, nouvel ami, nouveau modèle, la détermination et la fidélité incarnée; puis un homme grand, élancé malgré son âge presque canonique, au doux accent occidental, celui qui eut d'Achille la destinée et de Job la longue vie, Erwyn, qu'il avait suivi et aurait suivi partout, en Comté pour venger son épouse comme ailleurs et enfin la crinière noire, le bouc taillé, l'armure brillante et le marteau saillant, Rassaln qui n'avait jamais cessé de le secouer, de l'aider à devenir ce qu'il était aujourd'hui. À droite en était d'autres, nouveaux visages qui se confondaient avec d'autres, déjà recouverts par la terre. Cheveux paille, courts, caducées devenus armes sous ses mains, le chevalier de Vergy, le compagnon de soirées arrosées et sérieuses, l'homme dont il aimait autant l'humour que les conseils ; et l'ami de Raphaël, son second presque, Alerik, revenu tant de fois d'un au-delà que finalement il retrouva ; puis Enox à qui il vient de donner une successeur, amie malgré sa fidélité au Champenois d'Italie, compagne d'une si épique chevauchée à la recherche du père de l'Ordre, que jamais ils ne trouvèrent. D'autres encore, trop nombreux, Tatoulet, Kremroat, Carlo, amis de boisson, de vie quotidienne. La mort est là, sans place pour les vivants. Eux sont loin de son esprit. Il ne voit que le noir, le noir de la nuit qui tombe peu à peu, le noir de l'absence d'espoir, le noir où il plonge sans reculer.

Le premier corps est devant lui, au bout de sa lance. Il le perce, le renverse, le long fut de bois coincé dans les côtes ennemies. Il en lâche la poignée, va pour prendre son épée. Mais sa monture se cabre. Un bruit, un cri, nul ne sait. Un instant, il reste en équilibre, sur sa selle. Puis le ciel défile devant ses yeux, ses pieds vident les étriers, il sent l'air qui rentre sous son armure, de plus en plus vite. Et c'est l'impact, douloureux, sur le dos. Un instant, sa respiration se coupe. Vite, se remettre sur pied retrouver ses armes, et lutter. Mais l'épée est toujours sur la selle. Il ne lui reste que la miséricorde. Soit. Advienne que pourra.

Face à lui, les brigands se regroupent. Il a chargé le premier, il est la cible, c'est sur lui qu'ils se concentrent. Leur regard trahit leur cupidité. Ce n'est pas un chevalier qu'ils voient, c'est un sac d'écus empli jusqu'à la gueule. Pas question de le tuer qu'on leur a dit. Mais s'il faut le blesser, qu'on avait demandé. Pas d'importance, qu'on leur avait répondu. Alors, vous pensez bien qu'on allait pas se priver. Il allait saigner, le pourceau, et crier merci. Et on s'en battrait le fondement. Et il morflerait pour les autres. La bave leur coule déjà des lèvres, alors qu'ils oublient l'escorte du Flamand. Encore un peu, et tout en serait fini.

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Zalina

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Mar 21 Oct - 10:56

Suspendue aux lèvres du Flamand, Zalina attend, ne pouvant espérer que voir la Licorne d’Or accepter de se livrer pour qu’elle puisse l’aider. A quoi ? Elle l’ignore, mais il y a un problème, elle le sent. Il est sortit trop souvent seul ces derniers temps pour se vider la tête. Elle ne l’a pas vu, mais connaît les chevaux et sait reconnaître un Frison qui a passé des heures à galoper lorsqu’elle fait sa dernière tournée d’inspection des équidés, chaque soir avant de rejoindre les catacombes. Il n’y a que lorsqu’il veut faire le vide et décompresser quelques heures que Guillaume part ainsi sans but précis. Il n’y a que lorsqu’il est soucieux et ne parvient pas à trouver de solution telle qu'il le désire.

Respiration qui se coupe de nouveau en attendant la suite de la phrase, le cœur livré pour une seule et unique fois. Savoir ce qui s’y cache... pour savoir et aider.
Alors que…
Que rien du tout. Fichue fierté masculine qui les empêche de se livrer.
Zalina sert le poing gauche dont la paume n’est pas encore cicatrisée. Lui donner un bon coup de poing dans l’estomac pour lui faire cracher le morceau ? Une idée comme une autre après tout… sauf que là, c’est quand même le Grand Maistre…
Finalement, elle n’en eu pas le temps. Des cris de femme un peu plus loin l’interrompirent.
Guillaume avait beau lui demander de se taire, la Peste ne peut retenir un grognement. Il vaut mieux que celle qui crie ait une bonne raison. Pour une fois que le Flamand était un peu décidé, juste un peu, à livrer son cœur… S’ils n’ont pas été interrompus sans raison valable, elle va lui en donner des raisons de crier !

Un soupire et retour au devoir. Les désirs personnels après. C’est la règle, leur façon de vivre.
La dague rejoint son fourreau à la ceinture de la Poitevine et elle attrape les rênes de sa jument avant d’aller détacher celles du Frison Comtal et de le rapporter au Maistre qui revient de son exploration.
Voilà des semaines qu’elle demandait un peu d’action sans en avoir, et au moment où elle s’en passerait enfin, çà bouge. Aristote se fout vraiment d’elle. Bralic a raison, c’est toujours quand on ne désire plus une chose qu’elle arrive.

Le Maistre revient. En un regard elle a comprit.
On est repartit pour un nouveau combat. Il ne reste plus qu’à attendre les ordres et les suivre, le suivre. Mais après, il faudra finir cette conversation… quitte à ce qu’elle extirpe de force ce qui reste coincé dans le gosier flamand.
Sauf que les ordres ne sont pas de foncer dans le tas, mais de se mettre à genoux. La Peste lève un sourcil dubitatif mais obéit. Elle le fait depuis des années sans poser de question, ce n’est pas maintenant qu’elle va changer ses habitudes. Le Flamand a toujours raison. Donc il doit avoir une raison. Le regard dur du Mentor ôte à la filleule toute envie de l’interroger.

Elle pose un genou à terre. Ses yeux remontent aussitôt dans ceux de Guillaume pour tenter, encore une fois, d’y trouver un indice sur ce qui pouvait bien avoir en tête. C’est finalement par sa bouche, enfin de nouveau active, qu’elle l’apprend, mais sans trop comprendre.
Sacrifices qu’il lui aurait imposés ? De quoi il parle ?
C’est désormais à la Poitevine d’ouvrir la bouche pour répliquer mais sans qu’un son n’en sorte. Le Flamand ne lui en laisse pas le temps et continue.
Chevalier de l’Ordre royal de la Licorne et dame de Haisnes ?
La Poitevine finit par sortir un mot.


Hein ??

Le reste semble perdu entre le cerveau et la bouche comme les paroles du Flamand restent égarées entre ses oreilles et le dit cerveau qui a du mal à suivre les évènements.
Autant pour les combats, sa cervelle fonctionne parfaitement bien. Autant dès qu’il s’agit de compliments ou récompenses, l’information arrive bien, çà s’enregistre bien… mais il y a un truc au niveau de la compréhension qui coince. Rien à faire.
Au calme, un peu plus tard, elle comprendra sûrement ce qui vient de se passer. Mais pour l’heure, elle laisse l’épée se poser sur ses épaules puis sa tête et se laisser relever sans autre mot au bord des lèvres que ce « hein ? ».
L’étreinte de Guillaume ne lui laisse pas le temps de le prononcer à nouveau. Et peut importe. Elle veut juste profiter de cette étreinte miraculeuse dans les bras de son Père de cœur. Ses bras enserrent la taille de son parrain et elle le sert aussi fort que possible. Profiter de cette chaleur qui lui a tant manquée au cours des dernières années, de ce doux rêve, rien que quelques secondes de plus… Mais il est temps de revenir à la réalité.
Elle essuie une larme furtivement glissée le long de sa joue, puis rend son regard déterminé au Flamand avec un signe de tête. En route.

Suivant le Maistre, elle saute en selle à son tour et dégaine son épée.
Cette fois ci, c’est droit dans le tas.
Le flamand ouvre la marche, au galop. Zalina tente de le suivre de près. Mais la jument semble ne pas vouloir donner autant de vitesse que le Frison la précédant. La distance se creuse.
Lorsqu’elle arrive face aux brigands à son tour, l’étalon est déjà parti plus loin avec l’épée de son propriétaire mais sans ce dernier. Une seule idée vient en tête de la Poitevine : s’approcher pour lancer son épée au Flamand et foncer derrière l’équidé fuyard pour récupérer l’autre lame.
Mais déjà un des brigands a saisi les rênes de la jument et immobilisée la Poitevine. Elle donne des talons, tire sur les guides en tous sens en espérant faire cabrer sa monture et se libérer mais la prise est ferme et rien n’y fait.
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Uriel l'Envoyeur

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Mer 22 Oct - 19:42

Uriel regarde la scène, se curant les dents avec un bout de bois taillé en pointe…

Cette démangeaison est toujours aussi… énervante. Son sang n’a pas fini de bouillir pendant que sa main droite, experte, continue à sortir les reliquats de viande de son dernier repas. Rien de se dégage de ses yeux en amandes et de ses traits lisses comme un lac un jour sans vent.
Tête d’ange, qu’ils l’appelaient.
Si ange il est, ça fait un bon moment qu’il s’est fait virer de l’Eden pour tomber dans les tréfonds d’un autre paradis. Il est des choses qu’on ne peut que difficilement contrôler, des choses immuables, viscérales, qui sont aussi urticantes sous sa peau qu’un champ d’ortie. Egalement aussi insignifiantes.
Il les regarde au sol d’un œil sans expression. Elle est appétissante. Très appétissante la petite irlandaise en paysanne sur lequel se vautre un pauvre imbécile bedonnant. La main senestre plongée dans une poche joue machinalement avec le pendentif attaché à une petite chaîne d’argent. Souvenir d’un passé récent et de la réalité qui a forgé son âme.

Son regard quitte le spectacle de simulacre de viol pour se poser sur la bande qui l’entoure. Qu’ils sont risibles tous autant qu’ils sont autour de lui. Ils se croient la Haute de la canaille, ces pauvres barjots qui se croient près du Faraud. Ils n’en sont que les manants qui savent seulement changer de travesti et faucher quelques feullouzes. Les seigneurs de l’horreur et de la gent paillarde, ils marchent la main dans la main avec la Camarde et le sang aux lèvres dès la torture. Ça l’étonne d’ailleurs, au bel Uriel, qu’aucun d’eux ne se soient encore se faire briser le cou par l’amoureux ou aient laissé un peu de sang sur la roue, cons comme ils sont. S’il avait encore un cœur, l’Envoyeur, il serait nostalgique tiens. C’est pas de la nostalgie qui le taraude pire que les gaffres lorsqu’il devait brûler le pavé de Paname. C’est cette drogue, cette envie, ce doux plaisir qui vous étreint quand vous toucher son contact chaud, sensuel, quand vous vous en repaissez jusqu’à que vous soyez fourbu… le sang.
Le sang…
La seule raison pour laquelle il a accepté de suivre cette troupe de dégénérés et de petites frappes. Ils ne sont pas dignes de ses talents. Mais il n’a pas le choix. Sa famille vient d’être décimée. S’il tenait ce Dimanche le loup qui non seulement à moucher la marine mais qui a cru pouvoir par là blanchir la roue… remarque heureusement pour lui qu’il s’est balancé au bout d’une corde. Parce que c’est une douceur par rapport aux « réjouissances » que les coquillards encore en vie lui auraient préparées. Personnellement Uriel en aurait préparé soixante-trois. Autant que de dénoncés. Parce qu’on ne dénonce pas la Coquille, quand on y est, on est son amant à vie. On respecte sa « Bien-aimée » jusqu’à ce qu’on passe l’arme à gauche, qu’on blanchisse au gibet ou qu’on se fasse béqueter les orbites par les corbeaux une fois étendu au sol.
Il avait choisi cette route et fait son apprentissage avec brio. Réaliser deux chefs d’œuvres. Un vol scandaleux au yeux de tous et un meurtre écoeurant devant témoins. Il avait fait du deux en un. Il avait débarqué dans l’église de son patelin dans laquelle deux représentants de confrérie se tenaient en parfaites grenouilles de bénitier à faire pâmer une sainte d’adoration. Il s’était avancé pendant l’eucharistie, tel un ange blond avec son aura d’innocence et avait mis un poignard sous la gorge du prêtre qui en avait lâché son bol d’hosties et s’était pissé dessus. Il en aurait chier sûrement s’il avait pas autant serré ses fesses de cul béni. Il avait exigé sortant un sac de sa ceinture que chaque péquenot donne la charité pour le salut de l’âme du rat qu’il tenait à sa merci. Les cris résonnent encore délicieusement à ses oreilles. Ils les revoit encore les péquins grouiller vers la grande besace en se signant et en jurant leur mère devant autant d’ignominie. Une fois le sac rempli, il avait fait marche arrière dans la nef, le cureton toujours implorant et frémissant sous sa dague et une fois sur le parvis, l’avait saigné comme un porc. Une jolie éclaboussure sur sa chemise, la chaleur du liquide s’épandant sur ses bras. Le début. Son âme encore brûlante, plongée dans l’eau glacée du crime et du délit.
Un délice.
Comme tout le reste ensuite. La dernière formalité demandée par le « long » qui avait en charge les gascâtres qui étaient du côté de Dijon avait été une formalité avait été aussi rempli avec autant de froideur et de calme que les deux premières. En guise de bienvenu, chaque apprenti devait offrir ce que la compagnie leur demandait. Il avait amené derechef sur la table de l’auberge qui tenait lieu de quartier général aux porteurs de coquilles, la tête encore sanguinolente de sa mère, la dernière personne encore en vie dans sa famille. C’est ainsi qu’il était rentré sans bruit et sans mots, dans la grande famille des Coquillards, au grade d’envoyeur. Assassin. Il était devenu des leurs jusqu’au bout des ongles. Avait appris langage exquis, rencontré vendangeurs, crocheteurs, esteveurs, doigts d’insectes, gueules cassés, sourire de dingue et traits tirés par le vice. Foulé les pavés de la place Maubert, pas loin de la Cour, là où se tenait la leur. Couru à Ruel et à Monpipeau. Esquivé les fourches de Montfaucon, fait des doigts aux dupes, à la flicaille, malgré les viols, les meurtres, les attaques. Toujours plus violent, toujours plus froid.

Filez dans vos sabots si bons,
Visez la fine fleur à temps
Brûlez l’pavé, loin d’elle, à temps,
Qu’au mariage ne soit question de vous,
Plus blanc qu’un sac de platre, seriez blancs
Si saisis êtes des sergots,
Toisez celui qui sait l’argot
Montrez lui la raie du derrière
Que ne soyez bouclés par paire
Fais gaffe ! Echec pour le Faraud !

Le message de la mouche avait sonné le glas des aventures rouges. Il avait pris la tangente pour éviter que le prévôt ne fasse sécher sa tête et tâner au bout d’un chanvre ou le fasse rôtir dans un chaudron comme Robin Galope-chopine, qu’avait trop fait abus de movargie et s’était surtout fait choppé. Exil. Autre temps.

Le galop d’un cheval lui fait tourner la tête et laisser souvenirs et sombres pensées. Les voilà les sang bleus. Les chimères qu’on va plumer. De l’action. Il est temps.
Les lèvres de l’Envoyeur s’entrouvrent pour laisser apparaître ses dents, limées en pointe, dans un sourire déchiré d’une cruauté glaciale.
Pour l'instant laisser les crétins devant, les laisser se faire empaler et les épuiser. Ensuite sortir du lot et se tailler une tranche.

Main à l’épée. Lame aussi torve que son âme parée. Ils sont déjà là. Uriel attend son heure.
De crime et du sang. Enfin.
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Aélys O'Domnhail

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Jeu 23 Oct - 15:32

Et elle était de qui l'idée? Certainement pas de la sienne! Elle bout, elle bouillonne, elle tempête, elle s'énerve. Nul doute que si ses prunelles à l'azur captivant teinté de l'orangé infernal de flammes brûlantes, s'étaient réellement transformées en un volcan en fusion, la terre entière serait pareille à une étoile en fusion. Elle est grande sa fureur, elle est immense. Mais que peut elle y faire? Rien, il n'y a rien à faire que s'agiter et se débattre autant que faire se peut, en espérant échapper aux mains baladeuses du Breton qui, soit dit en passant, ne se fait pas prier. Pensez vous! Il se fait plaisir! Il a plutôt bien assimilé les ordres et le plan d'action malgré sa stupidité qui sent à plein nez! Peloter, faire semblant de violer, ah oui ça, c'est des mots dont le sens lui ont pas échappé. Enfin presque. Le faire semblant lui a un peu échappé celui là. Manquerait plus qu'il sorte le loup de sa tanière. Et c'est qu'il en est pas loin!

- N'y compte même pas! Siffle t elle entre ses dents serrées alors que le Breton continue de vaquer consciencieusement à ses petites affaires. Profites, profites, tu le paieras cher... Et le sang coulera telle une rivière rendue débordante par une pluie sans fin. Sûr que vengeance sera sienne lorsque l'animal à la licorne d'or sera enfin entre leurs mains. Elle a hâte de voir en vrai cette proie qui semble si séduisante. Mais allez vous faire une idée avec des descriptions ramenées par des soûlards sans cervelle; finalement rien n’avait été mieux que d'interroger les gens qui vivaient sur ses terres. L'adoration qui s'élevait dans les voix lui en avait fait tourner la tête d'écoeurement. Enfin, si seulement, ces crétins avaient daigné l'écouter, elle aurait pris son pied tout en attirant l'animal dans ses filets; un homme reste un homme et un chevalier autant qu'un autre, d'autant que dans ce métier, il faut savoir faire preuve de virilité: et l'amour n'est pas une preuve de virilité. Il aurait donc aisément craqué...
Mais en lieu et place d'un chevalier sous le corps duquel la belle aurait pu se faire monture à peu prêt obéissante, il y avait un porc et il était hors de question qu'elle se fasse pouliche aisément domptable : elle serait donc carne insupportable, quand bien même c'était pour la bonne cause pour attirer l'attention.

En parlant d'attention, ils y en avaient d'autres qui ne se faisaient pas attendre. Le voyeurisme semblait être inné chez un bon nombre de ces imbéciles que Konrad avait embauchés. Maudit soit il! Il avait intérêt à prendre son pied celui là; il avait intérêt à en profiter parce qu'il n'aurait bientôt plus que ses yeux pour s'envoyer au septième ciel. A cette pensée, elle cracha au visage du Breton. Manque de chance pour ce dernier, c'est lui qui se trouvait là.
Et dans tout ça, il ne manquait pas quelque chose? Et si... crier comme une pucelle qui s'indigne faussement de se faire déflorer alors que la garce a quand même ouvert les cuisses sans se faire prier. Sauf qu'elle n'est plus une donzelle à la matrice immaculée et qu'elle est loin d'avoir ouvert ses cuisses comme on ouvrirait les portes d'une taverne pour faire entrer la clientèle. Cherchez l'erreur...


- Lâchez moi! A l'aide! Cela sonne faux, terriblement faux, mais les rires gras se révèlent être fort utiles après tout. Et l'agitation ne devrait plus tarder à arriver à son apogée. Elle ne tiendra pas longtemps. Ou plutôt, lui ne restera pas longtemps en vie à trop attendre. Lâchez moi! Vous me faites mal! Jouer la comédie oui, mais là, c'est trop lui demander.
Et comme un signe de ce Ciel dans lequel elle n'a jamais cru - à quoi bon d'ailleurs, ce n'est pas lui qui donne la richesse ni ce plaisir qui fait que votre corps brûle d'une chaleur sans égale - , donc comme un signe, des bruits de sabots se font entendre et les cris changent de tonalité.
Soupir de soulagement.

Sans se poser de question, malgré la force manquant de ses bras mobilisés, elle arrive a plier une jambe - non sans sentir un doigts grassouillet se promener au fin fond d'un territoire interdit - son genoux se plaçant entre lui et elle. Clac! Il est une rotule qui a subi un trop gros effort; moue de douleur. Mais tant pis; elle ne restera pas sous ce charognard qui fait une crise de manque. Son dos se cambre, douloureux lui aussi : celui qui prétendra qu'une racine d'arbre est plus confortable qu'un lit, peut se crever un œil et il peut même crever tout court..

- Dégage de la toi! Ça aussi, c'est digne d'une paysanne en chaleur, il n'y a pas à dire. Violement, elle repousse le Breton sans se préoccuper de son état et échappe à son étreinte salace, en rampant sur le sol. Dieu que le goût de la bile est vraiment une chose peu ragoûtante. Elle se vengera de l’affront.

Mais la belle repousses ses projets à plus tard, l’odeur et le bruit irrésistibles de l’argent se rappelant à son esprit. Mais encore faut il qu’elle le reprenne dans son entier, cet esprit. Se remettant debout au milieu du tumulte, elle pose machinalement sa main sur sa cuisse, à la recherche d’un objet taillé dans les forges irlandaises. A son grand dam, la palpation est vaine. Dans sa précipitation, elle avait oublié ce léger détail : ne fallait il pas que la scène soit plus vraie que nature ? Elle devra trouver autre chose…
Tiens, la gueule d’ange. Il faudra qu’ils aient petit tête à tête tous les deux. Mais avant, il faut songer à détourner l’attention du chevalier ; décidément il prend trop à cœur se sauver une donzelle qui était loin d’être en danger. Pathétique… pauvre fou avec ses idéaux bien inutile et risible qui ne seront bientôt plus qu’un tas de cendres froides que le vent soufflera sans y porter le moindre intérêt.


- Je vous en prie Messire ! Aidez moi je vous en prie ! La voix est tremblante, nouée d’un faux chagrin mais tellement vrai. Elle accoure vers lui, son jupon froissé, sa chemise légère à moitié déchirée, ouverte sur une rondeur à la blancheur virginale que tout homme aimerait cueillir dans sa main avant que d’y croquer dedans par gourmandises, ses longs cheveux de jais, tombant désordonnés sur ses épaules. Messire, je vous en prie… je vous en prie… Fausse supplication destabilisatrice, n’ayant d’autre but que de lui détourner son attention afin que les autres fassent leur part du travail. S’il vous plaît… C’est elle qu’il doit voir et non plus ces autres. Concentré sur elle, il doit perdre tous ses moyens de résistance.
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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Sam 25 Oct - 23:44

La miséricorde est maintenant nue. Elle crie le sang, elle appelle le combat. Son fer brille aux derniers rais de ce soleil. Les regards se sont posés sur lui. Les sourires s'élargissent au fur et à mesure qu'ils s'approchent de lui. Lentement. Sûrs d'eux. À deux contre un, le combat ne devrait pas durer longtemps. Il serait encerclé, proprement et ensemble ils lui plongeraient leurs lances, faux, épieux, épées ou haches dans les chairs. Et il ne reverrait rien avant de pousser son dernier souffle. Il mènerait peut-être deux de ses proches les plus chers à la mort. C'est du moins ainsi que lui aurait procédé. Risques minimum et profit maximum.

Mais cela, c'était ignorer les usages des brigands. Et oublier la donzelle qui se faisait joyeusement trousser. Donzelle qui justement ne se fait pas oublier, courant droit vers lui, sans sembler se soucier de ce qui l'entoure, comme s'il était sa seule voie de salut. Donzelle accorte, aux formes bien faites, aux jambes longues et soignées, à la taille trop fine que pour avoir déjà... porté famille. Quelque chose cloche, c'est un fait. Une femme comme ça, soit c'est marié, soit c'est prostitué. En tout cas, ce n'est jamais seul à se promener dans la forêt. Il y a définitivement quelque chose qui ne va pas comme cela devrait. Il devait charger, faire fuir les brigands, en tuant certains si besoin était, et espérer que leur proie puisse ainsi se libérer, l'aidant ensuite à se relever, fatiguée comme elle devait l'être. Mais là, la proie courait comme une jeunette, comme si rien ne s'était passé, et elle hurlait pire qu'un gosse à qui on offrait une épée.

Mais que veut-elle vraiment? Que cherche-t-elle? Elle semble désarmée, sans rien de tendu vers lui que sa poitrine semblant chercher le chemin de sortie de son chemisier à moitié déchiré. Que faire à ce moment? La repousser? La protéger? L'ignorer? Trop tard, elle est sur lui, il faudra faire avec.


« À couvert, cachez-vous ». Les paroles sont venues seules, comme un vieux réflexe. Il se tourne un instant, lui pointe une souche dans son dos. Qu'elle se bouge de là, et qu'il puisse s'occuper des autres. Trop tard. Ils sont déjà sur lui. La tête tournée, il ne les avait pas vu fondre sur lui. Et déjà leurs cris, leurs odeurs, leur haleine, il les sent. Un instant, et ce sont déjà les coups qui pleuvent. Sous ses plattes, il sent les lames, il subit les coups. Parer, se défendre, se protéger, c'est impossible. Ils sont trop nombreux, trop proches. C'est le combattant des rues, celui qui vendait ses services qui refait surface. Le chevalier disparaît, le bagarreur des tavernes revient. Les éliminer, un à un, ne plus sentir les coups, ignorer la douleur, et survivre, peut-être.

La miséricorde part, droit sur une gorge dénudée. Il ne sait qui il touche, il ne le voit pas, c'est juste une masse qu'il perce, qu'il vide de son sang. C'est juste une masse qui s'affaisse sur ses genoux, qui reste un instant immobile, puis qui s'écrase sur le sol, sans un bruit. Après lui, un autre, plus bas, un chapeau de fer sur la tête, une hache à la main. Déjà il lève son arme pour l'abattre sur le Flamand. Guillaume, dans un réflexe, empoigne le manche dressé, plonge son arme dans son oeil dextre et la scelle dans l'os de son crâne, dans un bruit immonde.

Mais ils ne le laissent plus agir. Son bras senestre tendu devient la cible de leurs attaques alors qu'il abandonne sa première arme dans un crâne la conservant en ornement. Et ils trouvent la faille. Armure trop légère, protections ôtées par endroit et cadeau pour tout opposant sachant viser. La douleur se répand, du coude à la main, la chair est à vif, le sang a rencontré l'air frais du soir. La hache est lachée, et avec elle le corps inerte. Le chevalier est désarmé. Sa simple carapace de métal pour le défendre, mais combien de temps encore?

Ils l'ont compris, bien sûr. Habitués au combat, aux coups de mains et aux meurtres, ils sentent un ennemi à leur merci des lieues à la ronde. Et, à leur merci, le Flamand y est. Qu'il leur semble ridicule, se protégeant de leurs coups avec ses deux simples gantelets. Forgés à l'image de ceux de ses capitaines, certes, mais bien pauvre face à leur arsenal. Sous le métal, ce sont les os, les chairs, les muscles qui reçoivent leurs coups. Mais pourquoi? Que s'échine-t-il à faire ainsi? Il est perdu, qu'on en finisse et vite. Ils ne sont pas là pour un travail en finesse. On leur a dit de le ramener, vivant, pas besoin de se creuser. Parce que là, si on le laisse faire, on y est encore à la Saint-Glinglin. Mais, il fait quoi le gars-là? Qu'est-ce qu'il fout couché à côté du corps de l'autre à l'orbite perforée? Mais, il prend sa hache? M... les gars, garez-vous, il va...

Et en effet, la hache part, à hauteur de tibia, dans un grand arc de cercle. Et elle trouve sa, ou plutôt ses cibles. Métal, os, cuir, ce qu'elle ne coupe pas elle le déchire, ce qu'elle ne déchire pas elle le jette à terre. Terre qu'il s'empresse de quitter. Debout, il peut mieux les affronter. Armé, peut-être a-t-il encore une chance... Hache dans la main dextre, l'autre bras pendant inerte, bien mal en point, sans utilité, d'un coup, il fend le crâne du premier. Jet de sang, de cerveau, de cheveux, c'est un carnage qui se dessine autour de lui. Le goût du sang, du combat sans merci, lui remonte à la gorge. Son visage s'est mué, il a abandonné l'aspect calme du chevalier pour retrouver celui du routier assoiffé de sang. Duel à pied, duel à mort. Donzelle déjà oubliée, seuls comptent les hommes.

Les hommes reviennent, plus nombreux, plus déterminés. Deuxième vague qui avance, compacte. Guère plus de quatre, mais mieux armés. Cuir bouilli et clouté, restes de cote de maille, véritables épées, et salade obtenue Aristote seul sait comment. D'un même pas ils s'avancent, unis dans le mouvement. Anciens fantassins, cela se voit à leurs usages. Puissants ensemble, perdus seuls. C'est un mur qui s'approche, lames pointés sur lui. Ils ne cherchent pas à dissimuler. L'attaque sera une et triple, simultanée et imparable. Le chevalier semble le savoir, il ne recule pas. Il laisse glisser le manche de son arme entre ses doigts. Hache, elle deviendra marteau d'arme. Soit. Il veut mourir en barbare, ils ne s'en formalisent pas, sûrs de leur force. Les épées partent, d'un geste.

Mais elles le surprennent. Pointées sur ses épaules et son genou dextre, il ne pourra toutes les éviter. Réflexe qui parle une fois de plus. Remonter la hache en un coup circulaire, et peut-être les désarmer. La première épée est balayée, et avec elle le poignet de son possesseur, beuglant son mal à genoux. Hélas, les deux autres sont trop rapides, elles trouvent le cuir sous le métal, le percent et s'aventurent au-delà. La hache est lachée, la vision se fait trouble, la sueur augmente, le sang coule, et la douleur se fait insoutenable. Ses bras sont tombés le long de son corps, inutiles. Il les fixe, il se sait mort.

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Konrad

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Dim 26 Oct - 19:34

Vous pensez bien qu'il n'allait pas manquer cette scène mythique de voir sa belle passer à casserole entre les mains grasses de ce pervers bretonneux. Non point qu'il trouvait ça exitant au point d'avoir le feu à l'entre cuisse, mais la scène ne lui déplaisait pas du tout. Elle qui passait son temps à allumer des incendies par le seul balancement de ces hanches et qui s'amusait à les éteindre uniquement quand elle en avait envie, allait enfin voir ce que c'était qu'un homme qui était arrivé au bout de ses limites de résistance. Remarquez, elle avait eu le droit de le voir lui aussi à bout, mais dans ses cas elle, elle était toujours consentante. Là, il était évident qu'elle ne le serait pas. Même lui; s'il avait été une donzelle au séant en chaleur, pour sûr qu'il aurait pas été très chaud pour se faire peloter par un porc humain. Il se doutait qu'elle devait être énervée la brune; pour sûr qu'elle devait l'être... Et il s'imaginait déjà leurs retrouvailles. Un vrai bonheur...Il passa son pouce sur ses lèvres, de satisfaction à cette succulente pensée. Une tornade elle serait, mais il avait de quoi mettre à profit ses délicieuses ardeurs.

Appuyé contre son chêne, il regarde tout le beau monde s'agiter. Il supervise comme dirait l'autre. C'est que c'est lui le chef le Germain, c'est grâce à sa grandiose cervelle qu'ils vont devenir riches... Rectification : qu'il va devenir riche. C'est qu'il ne compte pas partager et qu'il envisage bien de se débarrasser de ces imbéciles qui ont accepté de le suivre. C'est dingue ce que l'argent peut aider à persuader les gens. N'empêche, c'est une belle bête que ce Chevalier; vraiment, une ingénieuse idée que celle qui fut sienne. La proie fut facile à attirer; il crache par terre. Et c'est ça qui dirige un ordre royal? Enfin, si ces tarés de François sont assez couillons pour lâcher de bon gros sacs d'écus pour ça, il va pas se plaindre le Germain, même s'il avait espéré un peu plus d'amusement. Quoique, le spectacle est pas déplaisant. Regardez là l'autre garce à se trémousser comme ... Tain' vivement qu'ils aient fini leurs affaires. Faut qu'ils aient une petite discussion tous les deux. Rien de bien important mais, voilà quoi.

Enfin,bref. Ils verront ça plus tard, et ça serait bien que le plus tard il pointe son nez le plus rapidement possible. Ca serait pas un mal pour les bijoux de famille qui demandent un peu à prendre l'air. Bon, ça en est ou? Pas mal, pas mal... Pas trop de casse de leur coté; quoiqu'il en soit, il s'en fout, ceux qui tombent , ça fera ça de moins à dégager par la suite. Mais ça serait bien que le Chevalier il lui laisse un peu de main d'oeuvre pour trainer sa pauvre carcasse jusqu'à destination quand meme. Faut jamais trop se salir les mains surtout quand vous avez des hommes pour faire le travail.

Un coup d'oeil à Uriel, le Germain lui désigne la gamine qui trainait avec le Chevalier. Pas besoin d'avoir une chieuse dans les pattes, faut pas oublier qu'il se tape déjà l'irlandaise. Et puis c'est lui qui vaut son pesant d'ecus, pas l'autre gamine. La main sur le pommeau de son épée, il s'approche comme s'il était en promenade de santé. En même temps, il craint pas grand chose, c'est pas lui l'objet de la chasse à l'homme, on vous le rapelle.


- Alors garçon! On s'laisse pas si facilement attraper hein? de son lourd accent germanique, il hèle la licorne encerclée, passant le barrage formé par ses hommes. Juste un geste, un seul et il baiserait une dernière fois le sol. Mais là n'est pas le but; et ce fut difficile à expliquer aux autres tanches : frapper oui, tuer non. Alors? Ca fait quoi d'avoir peur pour sa vie? Ca fait quoi d'etre tombé dans un stupide piège? On m'avait dit les chevaliers dotés d'une certaine intelligence... A ces mots, il crache par terre, comme si l'équation chevalier-intelligence était une chose dégoutante.Enfin... Haussant les épaules, il passa dans le dos du Chevalier et lui donna un violent coup de pied au milieu des homoplates. T'as perdu ta langue?
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Zalina

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Dim 26 Oct - 23:42

Du haut de son perchoir à quatre pattes, Zalina a une superbe vue d’ensemble sur la scène qui se joue sous ses yeux.
La Donzelle qui les avait interrompue s’est libérée du gros tas qui la submergeait peu avant et court vers son sauveur. Bon d’accord, elle avait peut être une bonne raison de crier. Son compagnon n’était pas des plus alléchant.
La Peste pardonnera le dérangement, pour cette fois. Mais tout n’est pas réglé avec le Maistre.

A quelques pas d’elle le Flamand se bat avec une miséricorde.
Fichu canasson parti avec son épée.
Il faut qu’elle le rejoigne et vite. Sauf que la jument est toujours fermement tenue et ne semble pas décidée outre mesure à ruer dans les brancards pour retrouver sa liberté. C’est Zalina qui devait s’en charger seule, comme toujours.
L’estoc de l’épée de la Peste vient transpercer l’épaule de celui qui tenait les rênes.


Nom de Diou !!! Tu vas m’l’a lâcher cette jument oui ???

Une question qui n’en était pas réellement une. Un cri et l’équidé retrouve sa liberté, tout comme Zalina.
Nouveau coup d’œil à la Licorne d’Or.
La miséricorde a fait place à une hache. Zalina se rassure, juste une seconde. Une hache oui, mais que le Chevalier ne manie que d’une main. Il y a un problème.
Inutile de crier son « Pas touche à Mon Maistre ! », ils n’en ont rien à faire, ni d’elle, ni de ce qu’elle pourrait dire. Leur cible, c’est la Licorne d’Or, rien qu’elle. Seulement, il faudra passer sur le corps de la Peste Noire pour parvenir à obtenir cette Licorne ci. Une Peste sans armure et avec un bandage à la main gauche qui l’handicape, mais sur une Peste quand même, qui n’a pas peur de mourir, tant que le Flamand lui, reste en vie.

« L’aide d’écurie » ne semble pas satisfait de sa blessure à l’épaule et tente de l’attraper par la jambe pour la mettre à terre. Un coup de pied dans la figure, et c’est lui qui bascule sur le postérieur, un joli nez cassé pissant le sang en prime.
Un peu plus loin, Guillaume est encerclé, les bras le long du corps.


Nooooooooon !!!

Le sang de la Gamine n’a fait qu’un tour.
Un coup de talon dans les cotes de la jument et les voici parties au triple galop droit sur le groupe. Il faut rejoindre Guillaume, le chopper par la peau du cou au passage, le balancer sur la croupe et foutre le camp d’ici rapidement.
Les chances de réussite pour le franchissement des remparts autour du Grand Maistre ? Très faibles, voir nulles. Tout juste un vague espoir si ces abrutis soient surpris par l’arriver de la furie et s’écartent.
Ce n’est pas comme si c’était la première fois que Zalina fonçait dans le tas sans réfléchir. Qu’avait elle à perdre ?
Epée tendue le long de l’encolure de sa monture pour écarter les récalcitrants, cible verrouillée. Elle ne s’arrêtera plus avant de l’avoir atteinte… ou d’être morte.


Dernière édition par Zalina le Lun 27 Oct - 14:32, édité 1 fois
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Uriel l'Envoyeur

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Lun 27 Oct - 13:48

L’Envoyeur est arrêté dans sa course par le geste de la main du Germain.

Grimace où luisent un instant les lames des les poignards aiguisés qui lui servent de ratiches. L’abruti, il se prend pour un dave. Rien avoir avec son ancien Roi ou les « longs », c’te trogne de péquin. Un minot de la racaille, juste un poil de cul plus dégourdi que tous les faquins qu’il a autour.

Il aurait presque raison le Chleu si ce n’est à une potence près. C’est que c’est pas la mini pucelle qui se prend pour un kador la cible qu’il faut abattre. Con comme il est, il a pas vu au delà de son tarin, qu’il y en avait un troisième qui charge de loin. Pas bien gaillard apparemment, le croulant. Mais lancé sur sa gaye et une épée à la main, ça le rend un peu plus armoise que sur ses quilles tremblante et à porter de lingue. Et puis autour la douloureuse s’épaissie. Ça tombe comme des mouches, presque aussi facilement que sous les fourches de Montfaucon du temps où il arpentait Paname. Cette bande de troufions… le faraud est en train leur coller un baiser séance tenante devant la Licorne. Sont trop cons décidément. On combat pas un chevalier en bataille rangée, sont bien trop entraînés à la régulière. Les boites de conserves de leurs genre ça se baise par derrière et sans prévenir. Mais bon s’ils veulent descendre dans les tréfonds les pieds devant, ça arrange le coquillard. Lui à les moyens de se la jouer solitaire. C’est toujours autant de moins pour partager l’aubert de l’affaire et autant moins d’abruti sur le pavé. Que du bénéfice.

Uriel, tel un chat, s’éloigne de l’attroupement autour de leur future fellouze. La drôlesse est aux prises l’un des bras cassés qui essaie d’immobiliser son cheval. Largement le temps pour l’Envoyeur de s’occuper du croulant qui s’approche dangereusement. Ses longs doigts d’insecte attrape lestement l’un des manches qui sont accrochés à sa ceinture. Un long surin vient se dégourdir hors de sa taule de cuir. Les yeux amandes fixe le torse du canasson qui arrive, naseaux fumant et écume aux lèvres. Sa pogne se lève, armée de la lame. Cible verrouillée. Le trait argenté file se figer dans la cage thoracique de l’hongre. Hennissement strident et cavale qui se cabre d’un coup, avant de s’étaler dans un bruit de bouche à feu au sol.
Le croulant ? Il s’est fait éjecté, bazarder au sol, comme une pauvre merde. Le tas de ferraille reste au sol, yeux clos, près de la bestiole qui agonise en battant des fers dans le vent. Les quilles du canasson passent d’ailleurs dangereusement près du couvre chef du vioque. L’Envoyeur se rapproche, pour finir le travail. Un homme au sol s’est toujours une proie facile. Il s’en tamponne de leur code d’honneur. Le sien reste le sang et les larmes, le caire sonnant et trébuchant et la survie de sa carcasse. La loi du plus fort. Point.

Nom de Diou !!! Tu vas m’l’a lâcher cette jument oui ???

Uriel tourne sa p’tite tête d’ange déchu. Il a pas vu le coup mais il voit le résultat. Quelle bande d’incapables ! Le gros qui immobilisait la donzelle a pas été foutu de la refroidir. Il vient de prendre un cou dans l’épaule et s’accroche comme un pouascail à la botte de la drôlesse. Elle a un tant soit peu de jugeotte en lui collant un coup d’arpion dans le pif. L’autre raclure se retrouve sur le fondement, hurlant sa mère, et la bobine en sang.

L’Envoyeur s’énerve. Pas qu’il soit marri de la perte du crétin en soi. Non. Sauf que le crétin a pas fait son boulot et que là c’est lui qui doit rattraper ses bourdes. On ne peut compter décidément que sur soi. Voilà cette puterelle de basse fausse qui cavale vers leur butin sur patte. Le matou des rues prend la suite, prenant large pour pas se faire capter par la furie qui s’élance dans la mêlée, épée au poing. Il faut qu’il se rapproche, par derrière, hors champs de vision et sans prendre un coup de la part de sa cavale. Ce qu’il fait. La petite s’est retrouvé devant la troupe, arrêtée in extremis par une hallebarde brandie par un des couillons, alerté par le bruit du galop, devant son canasson. La bestiole a été stoppée juste à temps par sa cavalière. Pour une fois bon point pour les bras cassés, ils auront une image… s’ils sont encore en vie. L’Envoyeur se rapproche rapidement, épée au point, senestre de la poucrelle. Le Germain est en train d’exciter la proie. Sûr que la petite elle a tout entendu aussi. Elle va pas être jouasse et tant mieux. Son attention n’est pas sur lui. La lame frappe le flanc de son canasson avec violence déchirant la sangle qui lâche d’un coup, libérée de pression.Le sang jaillit d'un coup, piquetant le visage du l'Envoyeur de rouge. La cavale se cabre. Uriel recule d’un pas par éviter de se prendre le canasson sur le coin de la gueule. La selle vacille et la petite se retient aux rênes…


Elle est à moi !

Qu’ils s’occupent du Grand qu'on peut pas âbimer, Uriel a sa proie qui va tomber à ses pieds… lueur perverse qui passe dans les yeux amandes de l’Envoyeur. Il va enfin s’amuser un peu.
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Aélys O'Domnhail

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Lun 27 Oct - 21:46

Elle ne fait même pas mine de suivre ses conseils; tout juste jette t elle un oeil à ladite souche derrière laquelle elle devrait se cacher pour sa sécurité... Il est vrai que sur sa pauvre personne a plané le nuage d'un danger incommensurable; n'est il pas? N'a-t-il donc pas compris que c'était là un piège dans lequel il a foncé tête baissée? Ne comprend il pas que chaque geste pour se sortir de l'impasse dans laquelle il se trouve, ne fera que refermer un peu plus sur lui l'étau comme se refermerait une mâchoire d'acier sur la patte d'un gibier apeuré qui sait deviner sa fin? Beau est le spectacle qu'elle regarde; le pauvre animal chimérique se bat et se débat; mais en vain. Pour un peu elle en aurait presque pitié. Mais que croyait il en se jetant ainsi dans la gueule du loup? Il n'existe que deux choses avec lesquelles pense un homme; cet ithyphalle qu'ils ne peuvent s'empêcher d'élever en direction d'un Ciel qui n'a que faire d'eux en une prière pour l'exaucement fatidique de leur virilité et leur arme, qu'elle fut hache, épée ou lance, qu'ils manient comme si c"était là une preuve sacrée de leur masculinité. Et pendant ce temps, il sombre, il sombre...

Elle admire le bellâtre qui se fait défaire comme un premier né. Ces comparses se semblent guère mieux. A quel ordre appartenait leur proie déjà? Croyez vous qu'enne en soit encore de cet ordre? Regardez là, pauvre animal qui ne demande que l'achèvement fatal qui lui rendra la liberté que chaque individu en ce bas monde demande... Elle est prise au piège la licorne, elle si belle, si majestueuse... Elle n'est plus rien, que du vent. Une chimère, une illusion, la stupidité d'un esprit simple. Et regardez s'agiter l'amazone sur sur son destrier? Détaillant la croupe d'un oeil connaisseur, elle laisse glisser sa langue sur le bout de son lèvres. A portée demain, elle ne demande qu'à être cueillie.


Elle est à moi!
Voilà qui est chose faite, ou du moins qui le sera bientôt. Elle se détourne, laissant l'Envoyeur à son incensée conquête et se tourne en direction de la proie tant désirée. Dans un déhancher a faire fondre les glaces du pôle nord, elle s'approche du cercle formé par les hommes du Germain. Elle le voit lui, son amant, elle le regarde, le regard brulant. Mais ce n'est pas lui qu'elle désire. Non il y a... Elle s'approche encore en chantant fausse ingénue dans sa bulle de carnage. Elle s'approche, un sourire aux lèvres, se glisse entre ses imbéciles qu'elle sait ne plus savoir de ce monde dans quelques temps, lorsque sera venu le temps du partage des écus sonnants et trébuchants.

Comme un rêve trop beau pour y croire
Comme un trésor secret
On en parlait comme d'une belle histoire
Pourtant elle existait
Elle est arrivée un beau matin dans le monde des humains
Elle a rencontré, sur son chemin, un petit magicien
Il savait que c'était la dernière Licorne

Elle était belle comme le jour
Elle était celle pour qui toujours
On aurait bien donné sa vie, son âme, son amour
Pourtant elle avait le cœur lourd
Elle savait qu'elle était la dernière Licorne

Ils s'en sont allés à l'aventure à travers la forêt
Tous les animaux de la nature venaient les saluer
Ils ont affronté le méchant roi et le taureau de feu
Elle a toujours su garder la foi en son rêve merveilleux
Ne plus jamais être la dernière Licorne

Ne plus jamais être la dernière Licorne


Plus qu'elle ne se fraye un passage de force, elle se colle, provocante , passant une main sur les fessiers qui se trouvent à hauteur et s'arrete au milieu du cercle. Elle est là, la licorne... Elle envoit un baiser piquant au Germain, qui esquisse un grognement en la voyant, devinant sans doute ce qu'il lui passe par la tete. Mais qu'en a t elle à faire? Rien, bien sur. Au contraire, elle reste et s'abaisse même à hauteur du Chevalier, l'aidant avec une douceur étrange à se redresser. Que peut elle préparer? Est-ce une bonne idée que e le savoir? Elle prend son visage dans ses mains, caressant de ses pouces les lèvres, salies de poussière et y dépose un baiser léger.
Merci chevalier... dit elle dans un sourire charmeur...
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Zalina

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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Mar 28 Oct - 1:02

L’objectif est presque atteint sans trop de difficulté. Sauf que là, il y a comme un hic, un pic, enfin une hallebarde quoi.
La Peste fait piler sa jument et bifurque à dextre, le regard toujours rivé sur le Grand Maistre et le Germain qui ferait un très joli mort embroché à son épée. Combien allait elle devoir en tuer pour qu’ils comprennent enfin que l’on ne touche pas à ce Maistre là !
Elle dévisage celui qui semble être le chef pour l’inscrire dans sa liste de personne à abattre si jamais il lui échappait ce soir. Belle gueule ou pas, ce Germain est un homme mort qui l’ignore encore.

Reprendre de l’élan pour mieux sauter ou espérer que la jument ne tombe pas sur elle. Mais il faut passer. Rejoindre le Flamant à tout prix.
Elles s’arrêtent une seconde et Zalina s’apprêtent à donner de nouveau des talons… quand elle s’aperçoit que les talons ne sont plus là où ils devraient être, trop penchée à dextre. La Gamine n’a pas le temps de vérifier l’origine du problème que la jument est déjà sur les pattes arrières.


Nom de…

Elle se retient aux rênes un instant et se laisse glissée sur la croupe avant de sauter au sol. Sans selle, même bonne cavalière, elle ne pourra pas manier l’épée et rester sur l’équidé. Autant descendre et continuer avec l’épée… Mais obligée d’oublier la Licorne d’Or le temps de régler un problème inattendu et pas vraiment désiré.
La jument s’écroule à ses pieds, rendant la Peste encore plus furieuse.


Cette jument m’a coûté la peau du cul !!!

Pas tant que çà en faite et bien mauvaise monture. Aussi têtue que sa cavalière. Mais toutes les petites économies de la jeune fille y étaient passées et elle espérait bien en faire une bonne poulinière pour le Haras du Taureau.
Colère qui monte encore d’un cran.
Et l’autre crétin qui prétend qu’elle lui appartient ? Ba voyons… Il y en a qui n’ont pas peur. Elle n'appartient qu'à la Licorne.
S’il veut jouer, ils vont jouer. Mais pas longtemps, elle a rendez vous avec un Germain et un Grand Maistre. L'Irlandaise, elle la laisse à Daresha. La Comtesse la tuerait de ne pas lui avoir réservée celle qui embrassait son époux.


A toi hein ? Viens donc me chercher dans ce cas…
Tout ceux qui ont oser m’approcher sont morts, mais viens donc…


Campée sur ses deux jambes, dagues toujours à la ceinture, elle fait signe à son "propriétaire" d’approcher.
Un sourire se dessine au coin de ses lèvres et une étincelle de défi fait son retour dans son regard. Il y a bien longtemps qu’elle n’a pas eu le droit de jouer avec quelqu’un qu’elle pouvait tuer. Et là, c’est lui qui demandait.
Juste une seconde, et elle s’occupe du Grand Maistre… Bougez pas Maistre, j'arrive.
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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: On the highway to hell   Mar 28 Oct - 3:13

Qu'attendait-il ainsi? La mort certainement. Il était désarmé devant eux dont les yeux criaient la haine. Crier, gesticuler. Inutile. Il était à leur merci, même s'il savait qu'ils ne la lui donneraient jamais. Non, il ne restait qu'à attendre et, peut-être, trouver une voie de salut. Une erreur dans le coup qui aurait dû lui être fatal, une hésitation avant de le mettre à mort, là était sa seule chance de survie. Avant cela, respirer, se tenir prêt, ne pas faire d'efforts inutiles. Le sang coulait trop abondamment, inutile de l'aider à fuir. Il observe, calmement, les hommes qui l'entourrent. Ils ont le regard sec, sans pitié, dénué de tout scrupule, ne voient que lui, comme lui a oublié que d'autres étaient avec lui. Leurs armes sont tirées, mais ils n'avancent pas. Est-ce la crainte, l'attente, des ordres qu'il ne devine pas? Guillaume l'ignore, et cela l'intrigue. Que se passe-t-il donc sous la forêt flamande aujourd'hui? Quelque chose cloche à nouveau. Ce n'est pas normal, on ne détrousse pas un homme ainsi, il le sait, il l'a vu faire, bien des fois, et parfois de bien près...

Et soudain un accent de l'est brise le relatif silence. Reconnaissable entre mille, les « r » éructés comme des pierres jetées d'une fronde. Et les insultes qui se multiplient. Il croit le blesser, certainement, sur de sa victoire, il se croit dominer l'homme à sa merci. Pauvre de lui, pauvre homme ridicule. Comme ses paroles sont vaines, inutiles, ne trahissent que sa propre crainte de ne pas parvenir au but qu'il doit s'être fixé. Quelles paroles vaines qu'il se croit devoir doubler d'une attaque physique. Chevalier qui mange la poussière, sans réaction. Ses épaules ont rencontré le sol bien trop vite, il n'a pas su les protéger, comme si elles éclataient sous son poids. C'est un rictus de douleur qui se lit sur son visage. Non, il ne l'avait pas raté, l'autre Teuton.

Mais déjà une voix se fait entendre. Presque familière, douce, voire doucereuse, qui entame une comptine lente et calme. Mais paroles qui se révèlent moqueries sous couvert de joyeusetés, insultes sous couvert de complainte, et finalement des mains qui se posent sur lui, sans brusquerie, comme si elles comptaient réellement l'aider. Guillaume se laisse faire, il n'a ni la force ni la volonté de résister. Couché, il ne saura rien faire, debout, peut-être a-t-il une chance.

Elle le relève donc, lui ôte la poussière de lèvres qu'elle couvre d'un léger baiser.
« Merci chevalier » conclut-elle même. Le baiser avait presque le goût d'une figue, les paroles ont l'amertume d'une bière mal brassée, germaine. Elle le moque, devant tout le monde. Mais surtout, elle lui offre à comprendre ce qu'il n'avait pas encore réalisé. Tout cela était un immonde traquenard, dressé pour lui, certainement. Mais il n'était pas temps de réfléchir à cela. Il était pris, et par des gens qui savaient ce qu'ils voulaient, sans cela il serait déjà en train de faire le bonheur des charognards des environs. Non, là, il lui réservait autre chose. Dans le calme qui l'entoure, il peut comprendre, saisir tout cela, et enfin penser à ce qui l'entourre. Et ce qui l'entourrait, quelques instants plus tôt, c'était deux frères, un ami et une filleule. Il fallait les protéger, les laisser ignorer de ceux qui le tenaient aujourd'hui entre leurs griffes. Mais ne pas le faire trop visiblement, ne pas demander pitié de leur personne, ne pas révéler qui ils sont, et la valeur qu'ils peuvent avoir.

Il se mord la lèvre à sang, pour oublier la douleur et se concentrer sur ce qu'il lui restait à faire. Avaler la bile qui emplit sa gorge à chaque déglutition, d'abord. Et répondre, ensuite.


- Mais de rien... damoiselle... Hélas pour vous... vous ne saurez profiter de plus... Aristote qu'il était difficile de parler quand vos os jouaient à « Qui réussira à se retrouver le plus loin de son point de départ? » Mais... vu que visiblement, ce n'est pas ici que vous... avez décidé de me faire finir... mes jours... y allons-nous ou attendez...-vous que la neige... ait fait de vous des... jeux pour enfants...

Et, comme pour montrer l'exemple, Guillaume porte son regard loin au-delà des hommes rassemblés autour de lui. Détourner leur attention, s'écarter de Zalina et Totox, et peut-être les mettre à la merci de la charge de deux chevaliers de la Licorne. Nouvelle respiration, longue, qui lui fait baisser les yeux. Et regard qui reste baissé, comme par fatigue. Nouvelle respiration, plus longue que la précédente. Mais les yeux sont ouverts, ils fouillent la ceinture de celle qui vient de joindre ses lèvres aux siennes. Hanches bien faites, trop bien faites, désirables si les circonstances avaient été autres. Mais rien. Pas de renflements, pas de bosses sous le cuir de la robe, nulle trace d'une dague, d'un couteau qui eut pu lui servir....

Il est temps de relever le regard, sans effort inutile, de retrouver le visage méprisant de ses adversaires du jour. Ils l'avaient bien joué. Comme de juste il avait fondu sur eux, seule technique qu'il pensait efficace. Mais rien n'avait été comme prévu. On l'attendait, les coups avaient été trop bien évités, il aurait du comprendre, voir que seule la fuite l'aurait sorti de ce guet-apens. Mais il n'avait rien vu, les yeux fixés sur la mort qu'il se préparait à répandre. Et à l'instant, il en payait le prix, ridicule si cela n'avait été qu'à lui d'en verser le solde, bien trop élevé lorsqu'il y avait impliqué Zalina et Totox. Quoiqu'il arrive, jamais il ne se le pardonnerait. Mourir pour le Roy, perdre sa vie pour la France, c'était une chose, se retrouver percés de coups pour une erreur du Grand Maistre, voila ce qu'il ne voulait voir arriver.

Accélérer, il fallait accélérer, ne pas leur laisser le temps de réfléchir, prendre l'initiative, les forcer à suivre ce que lui décidait, alors qu'il n'avait déjà plus tous ses esprits, et qu'il sentait de plus en plus sa tête lui tourner.


« Vous me voulez, vous m'avez... Mais si vous restez ici, vous allez avoir un... cadavre sur les bras... Et ça, ça vaut rien... Même pas de quoi... se réchauffer la nuit... » Regard qui se porte, serait-ce une lueur de malice qui y brille faiblement ?, vers la fausse troussée.

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