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 Un moment attendu...

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maharet

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Jeu 27 Mar - 16:59

La sève dans sa colonne se glace. Maharet regarde son amie dont l’intonation résonne dans sa tête comme un mauvais présage. Ses gestes sont plus précis mais quelque chose cloche… Elle avait essayé de lui faire entendre raison mais là, non cela n’allait pas du tout. Ses lèvres se pincent comme quand elle surprend Tristan en train de préparer un mauvais coup, hésitant entre gronder et comprendre. Pas le temps de tergiverser. *Réfléchis maha, réfléchis !* Et les protestations de la comtesse qui l’empêche de se concentrer. *souffle, imagine-toi au bord d’un lac paisible. Le vent faisant lentement danser ta chevelure, le doux son de l’eau calme qui clapote en venant frôler le bord. Rappelle-toi, le frisson lorsque sur ta peau elle se faufile. Havre de paix quand tes jade se perdent dans cette immensité. Reprends-toi et épaule ton amie qui en a plus que besoin.*

Sereine, pour peu, l’écuyère redresse son buste. Y’a pas de bonne et mauvaise nouvelle, y’a pas d’accouchement difficile juste un petit contretemps, y’a pas une cavalière au bord de l’évanouissement, pas plus que de blonde en folie, de chevalier à l’ouest ou de femme qui refuse d’accoucher. Non, non, non. Tout va bien… Oui c’est ça tout va bien… Ferme les yeux pour se convaincre qu’elle est dans un mauvais rêve, les rouvre progressivement pour se rendre compte qu’elle est trop bien éveillée.

Que faire ? Prendre la place d’Ilmarin entre les cuisses poisseuses de Daresha ? Faire sortir la cavalière pour qu’elle ne s’évanouisse… ah non, elle ne pourra s’endurcir à cette tache que si elle en voit tous les aspects… enfin, faut dire que là, c’est un peu l’extrême.


Epongez la comtesse, somme-t-elle à une femme près de l’eau. Monsieur hydratez un peu plus madame et ne l’écoutez pas. Za… non c’est très bien… Ilmarin… relève le menton, on ne te demande pas de jouer aux charades mais d’accoucher madame la Comtesse, plus bas, range moi ce sourire et dis-nous ce qu’il se passe.

Sans attendre la réponse, la jeune femme s’éloigne, ouvre la porte à la recherche du jeune Tyl. Sourire qui nait en le voyant assis par terre près de la porte. D’un geste de la main le fait approcher, elle se penche pour et dans son oreille murmure quelque chose que lui seul peut entendre.

Tu as bien compris ?

L’enfant remue la tête avant de filer à toute vitesse. L’écuyère referme la porte. Embrasse la pièce du regard en occultant le macabre de la situation. Elle plonge les mains dans l’eau bouillante, évite de crier mais ne peut éviter un long soupire. Le savon à porté, se désinfecte du mieux qu’elle peut. Maharet dévisage son amie attendant qu’elle s’explique.

Le cordon ombilical. Je ne devrais pas le sentir ici. Visage obstinément baissé alors qu’Ilmarin s’explique. Cet enfant me semble désireux de jouer à la corde à sauter sans attendre d'être à l'air libre pour ça. Sourire que Maharet devine derrière ses boucles blondes. Plaisir dans la voix qui la choque plus qu’elle ne l’affole.

Très bien ! Ton coupant, mains quelle essuie avec rage.

Cherche Zalina du regard. Non elle ne cherche pas sa chaleur pour la rassurer, non, elle veut y lire de la détermination. Maharet s’inquiète pour la cavalière et pourtant, elle a besoin de lire le courage dans les yeux de sa sœur. Elle mordille sa joue, elle a bien une idée mais… Il lui fallait son amie pour cela et toute ses capacités.


Si on élargit le col… tu pourras le guider sans qu’il ne tue la mère ? Mots douloureusement soufflés alors qu’elle comprend que l’enfant n’a que peu de chance de s’en sortir.

À tes ordres Altesse. Mes doigts seront débloqués, j'pourrais faire pivoter l'épaule, et p’t-être chopper le cordon avant que l'étouffement soit trop avancé.

Elles ne doivent pas tarder et pourtant, elle se focalise sur l’âtre. Fébrile, la jeune femme prend le morceau de cuir, un morceau de métal et un linge blanc. Sa main au dessus du feu, chauffe l’outil, aussi discrètement qu’elle le peut. Lame rougie, la plonge dans l’eau et la dissimule dans le linge avant de se retrouver aux côtés du chevalier.

Faites lui boire une dernière fois le breuvage… avant… avant de lui faire mordre ceci. Poing tendu autour du cuir.

Et dire qu’elle avait pensé avoir eu un accouchement terrible… Elle préférait encore le long manteau neigeux et sa parturition sauvage que… que ça !


Je vais entamer le périnée, tu te tiens prête ! Il ne peut pas rester plus longtemps…
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Zalina

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Ven 28 Mar - 0:55

Risette à la Licorne d’Or et la Rose… Regard en coin vers Maharet et Ilamarin.
Ces deux dernières préparent quelque chose. Mais quoi ?

Panthère qui change de ton. Et d’attitude.
Non là c’est sure. Il se passe quelque chose de pas normal. Elle ne voulait pas que l’on panique la mère et là, elle lâche l’information sans y mettre de gant.
Ce n’est peut être pas plus mal. Mais tout de même. Il y a un truc qui a changé entre temps. Et pas sure que la Gamine aime ce changement de dernière minute. Elle est même sure de ne pas aimer du tout.
La Panthère ne va pas ressortir de dague ? Hein ? On arrête de jouer avec les objets tranchants ?
Et puis c’est quoi encore cette histoire de « truc qui ne devrait pô être là » ? Il n’y a pas assez de problèmes comme çà pour vouloir encore en rajouter ?

Non non non. Ne pas paniquer.
Pour la Comtesse, pour le Maistre… Faire semblant, comme quand elle était petite. Un soupire, un clignement des yeux.
Zalina se tourna vers la Comtesse, tout sourire. Elle avait soudain retrouvé son masque souriant de fillette. Cela faisait longtemps qu’elle l’avait perdu. Fendillé à l’enterrement d’un Maistre d’Armes, brisé et enterré à celui d’un Commandeur.
Le voici de nouveau entier et parfaitement vissé sur le visage de la Gamine. Sourire fixe et naïf derrière lequel elle s’était cachée si longtemps.
Quelques respirations pour encourager la Comtesse trop épuisée pour imiter encore le chien.
Oui, tout va bien. Risette aux parents. Regard neutre pour les sages femmes.

Za… non c’est très bien…

Nouveau sourire à sa sœur. Pourquoi ? Aucune idée.
Mais à force de sourire et de se répéter que tout allait bien, elle finirait sûrement par le croire et voir la vie en Rose.
Alors, tout va bien. Sourire et regard calme… Même si son cœur bat aussi vite que lorsqu’elle croise son amant - sauf que pour l’heure, c’est moins agréable comme sensation – et que tous ses muscles sont tendus à lui donner des crampes.

Oui, l’Ecuyère vient de faire chauffer un morceau de métal.
Oui, elle a demandé à Guillaume de mettre le morceau de cuir entre les dents de Daresha.
Oui, Ilmarin, ou ce qui lui ressemble de moins en moins, à parler d’un cordon ombilical qui ne devrait pas se trouver où il se trouve actuellement. Zalina ne sait pas trop ce qu’est un cordon ombilical, mais apparemment c’est un truc embêtant.
Oui, la Cavalière a les mains moites et les genoux tremblants un peu. Tant que personne ne lui demande de refaire un marathon dans les couloirs, pas de soucis.
Mais non, elle reste souriante et tranquille.
Tout … va … BIEN. Puisque je vous le dis.
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Daresha
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Sam 29 Mar - 17:43

Des mots qui claquent dans l'air tel que l'aurait fait un fouet que l'on aurait agité.
Des mots qui ramènent toujours à Elle, cette Femme sombre qui traine toujours dans son sillage la mort et les enfers.
Elle est là.
Elle se devine.
Elle se sent.
Elle rôde, invisible dans la chambre, se faufilant entre les acteurs du drame, comme un charognard qui attend sa pitance. Elle veut une vie. Au minimum. Mais si une deuxième venait à lui etre donnée, elle la prendrait. Et, patiente, elle attend que le temps et les hommes fassent leur travail.

Une Comtesse qui part.
Un Chevalier qui continue de s'exécuter malgré tout.
Il porte à nouveau la tisane tiède aux levres entrouvertes de sa Mie. Doucement la lui faire boire, un peu comme il peut, mais le liquide de couler plus sur la commissure de ses levres que dans sa gorge.

- Douce Comtesse.... Murmure délicat un peu comme une demande pour qu'elle accepte ce qu'elle lui donne. Mais en vain. Pas un geste comtal à son encontre, pas meme un soupire par lequel elle acquiescerait. Mais il persiste. S'il y a tant d'insistance à faire ingurgiter à sa Dame le liquide préparé avec soin, c'est qu'il doit bien y avoir une raison. S'il vous plait.... Toujours rien. Toujours aucun mot. Toujours aucun souffle.
La tasse retrouve sa place sur la tablesse juste à coté. Les bras du Baron se replacent avec tendresse sur le corps comtal qui reste parcouru de spasmes dont l'intensité n'est jamais constante. Il ramene, alors que son regard interrogateur se pose sur la Panthère et son amie Licorne, une main sur le front comtal, délaissé quelques secondes par la servante en charge de l'épongée avec un linge trempé d'eau tiède. Front brulant de fièvre qu'il délaisse en une douce caresse pour attraper le morceau de cuir tendu par sa recrue.

Tension qui serait presque palpable. Il suffirait juste de tendre la main pour la toucher. Tension d'un accouchement qui ne se passe pas comme il devrait se passer. Si c'était le cas, cette chambre serait elle le lieu de règne des murmures ? Chevalier dont l'ouie n'arrive pas à percer les mots qui s'échagent. Seuls les regards échangés ne peuvent lui etre cachés mais ne revelent pas ce qui se passe réellement. Juste un indice laché plus tot et avec froideur par Ilmarin. Cordon... Etouffement... Et reporter son attention sur la Comtesse. Un combat à seul contre cent Bretons serait bien plus facile pour lui. Au moins serait il utile. Il débarasserait le sol royal de quelques félons. Alors que là...Il ne sert pas vraiment à grand chose. Enfin si, un peu quand meme. Ne soutient il pas sa compagne? Maigre soutien quoi qu'on en dise. Car c'est son combat à elle, meme s'il en est en partie une des causes.

- Daresha....

Rien toujours rien.
Aucune réaction.
C'est a peine si ses dents se referment sur le cuir qu'il a glissé entre.
La lumière a retrouvé de son éclat. Vouloir s'en rapprocher, la toucher, sentir la chaleur qui en émane prendre possession de son etre que le froid semble avoir gagné. Oui, froid. Elle a froid dans ce noir dans lequel elle est plongé. Mais la peur n'est toujours pas au rendez vous. Elle est toujours aussi bien...

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Ilmarin

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Dim 30 Mar - 20:40

Je vais entamer le périnée, tu te tiens prête ! Il ne peut pas rester plus longtemps…

Un sourire étire ses lèvres, mais de quelle nature? Sadique? Satisfait? Impatient? Au travers du voile de sa blondeur, elle lève ses yeux assombris vers l'écuyère, les doigts frémissants sur le corps du nouveau-né.

Mais entame je t'en prie...

Sifflement plus que paroles prononcées, la montée de l'inquiétude et de la panique de la pièce La nourrit. S'ils savaient combien l'instant est comique: une mort l'avait scellé dans la faiblesse, au milieu de remparts qu'elle pensait inébranlables malgré ses coups de butoir. Une naissance lui rouvre ces portes plus lourdes que celles d'airain menant aux Enfers.

Et, quand d'autres sabrent le champagne, Elle fête sa victoire à la coupe du flot de sang que Maharet libère d'un geste rapide.
Elle en gronderait presque de bonheur. Chaque respiration semblant aspirer ce sucre; chaque déglutition savourant ce goût ferreux; chaque flot de sang sur sa peau comme une source de jouvence. Quel dommage qu'il ne vienne pas d'une gorge pulsatile... Quel dommage qu'elle ne le sente pas battre, tenter de propulser la vie qui s'échappe.
Flirt orgasmique au travers du corps d'une amie. La pauvre... Si Elle avait été déesse paienne, Elle aurait pourtant accueilli ce sacrifice avec tous les égards...


Et voilà l'écuyère qui lui gâche cette plénitude, relevant la tête à peine la chair entamée, appliquant un linge pour retenirr le plus de sang possible... Oui, quel gâchis...

Un bac d'eau et d'autres linges, vite !
Et qui se permet en plus de lui donner des ordres? Le temps presse...

Grondement qui monte de sa gorge. De mécontentement que Son moment, Sa victoire soit ainsi abrégée. Mais aussi parce qu'Elle n'est pas si libre qu'Elle le croyait.
*- Libère cet enfant! Libère Dare bon sang!
- Non mais tu te prends pour qui? TU m'as laissé venir! Sortir! Alors baisse d'un ton!
- Oui, pour que tu sauves mon amie! Tu es MA créature!
- Je suis TA survie! Pauvre mortelle qui refuse d'assumer ce qu'elle cache... Ah! Dégage tu m'gênes!*


- Si tu trouves que je ne vais pas assez vite à ton goût, Maharet, prénom sifflé avec un mépris froid, je te cède la place avec joie. Surmonté de ce sourire de plus en plus carnassier que les traitresses de mèches blondes révèlent en s'écartant.
- Tu crois que c'est le moment ? Si tu ne t'en sens pas capable alors oui je le ferai à ta place. Si la belle rousse n'avait pas ouvert la bouche dans le vent l'espace d'un instant, Elle n'aurait pas deviné la surprise... Hum....
- Aaaah... Ecoutez la... La timide et refermée écuyère qui essaie de donner des ordres. Dos lancinant qui se redresse, regard noir provocateur. Tient-elle vraiment une vie entre ses doigts sanguinolents ou sa tasse de thé...? Envie de jouer les grandes? De te donner une valeur en sauvant une vie déjà condamnée par son cordon?
- J'essaie juste de sauver TON amie, les jades s'obscurcissent à leur tour, mais de colère. son visage blanchit. Un point pour Elle, son "adversaire" semble résister à l'envie de répondre, donc Elle a tapé juste, mais si cela t'es égal, sors d'ici ! Je ne souffrirai la présence d'une femme qui a oublié le sens du mot honneur!
- Honneur... Tsss... Se retrancher derrière ce mot abscons pour justifier ta soif de reconnaissance. Très bien. Elle se recule, à bout de bras.
Tu proposes quoi? Ma main gauche tient une épaule prête à arracher les entrailles de la Comtesse, la droite écrase le cordon pour tenter de sauver le bébé. Et SON amie m'a réclamé pour l'accoucher... Serais-tu assez aveuglée pour aller à l'encontre des désirs de la femme de ton "Maître"?

Perfide et mesquine, laissant couler de précieuses secondes rougeâtres le long de ses poignets.
Regard qui baisse pavillon. Rage mal contenue. Poitrine secouée d'une respiration saccadée. Echec...? - Sauve-la ! Sauve-la c'est tout ! Décide toi vite ou tu n'auras pas le temps de les tuer tous les deux...
- Serait-ce un cri du coeur? Une tentation que tu m'offres? Ou juste ce que je demandais? Te voir baisser les yeux! J'adore quand tu ME supplies! Comment te résister.

La victoire se fait sienne, il ne manquerait plus que le rire qu'elle retient difficilement, sarcastique, franchisse ses lèvres pour finir de l'enfoncer.
Mais une once, une toute petite once d'humanité reprend pied devant le visage de l'écuyère.
*- Tu me le paieras! Tu m'as encore trahie!
- Mouahaha, non mais quelle bande de naïves! Tu crois vraiment que chacun de mes gestes est gratuit? Et t'offrir la vie et la liberté est te trahir? Mais dans quel monde vis-tu?
- Dans celui où tu n'as plus ta place! Je reprend ce qui est mien!*


Le combat, violent, qu'elle se livre est-il seulement visible? Elle se sent tellement plus impassible que l'écuyère, dont les yeux brillent subitement, qui maltraite sa joue pour tenter de rester calme. Pour ne pas céder à la facilité.Ne pas lui offrir ce spectacle.
- Sauve la comtesse Ilmarin... Sauve ton amie ! Et si après tu veux régler tes comptes avec moi... Joyaux qui s'opposent, se menacent. Sauve-la!

Mais le mat n'est pas pour Elle.
Ses gestes lui échappent, la Panthère retrouve sa place, sa volonté, enfin un début de volonté farouche, née de son Suli. Poussée par son amie. Bousculant leur ennemie commune, en espérant que ce soit pour plus qu'un bref instant.
Daresha ne mourrait pas. Le bébé vivra. Et elle seule le fera, sans Lui succomber.
Même s'il vaut mieux taire qu'elle sait qu'il est trop tard...

Panthère qui replonge dans son angoisse, qui fait face à son passé. Qui n'ose imaginer la douleur de la Comtesse quand son propre corps lui hurle encore la sienne. Qui s'efforce de tirer le bébé, le cordon, guider les épaules, aux gestes vacillants sur des peaux poisseuses, ensanglantées, glissantes. Qui veut éviter que l'os n'arrache la plaie grande ouverte. Qui grimace de la difficulté du geste réclamant un esprit autrement plus concentré que le sien...

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Daresha
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Lun 31 Mar - 22:02

A une Ame qui s'envole...

Lumière.
Douce Lumière.
Eclatante Lumière.
Divine Lumière.
Qui illumine le Noir dans lequel je suis plongée.
Donne moi Ta Chaleur.
Offre moi Tes Rayons.
Eclaire mon chemin.
Pour mon humble Renaissance.


Douce voix enchanteresse qui se fait entendre alors qu'elle s'approche de cette Luminosité qui l'appelle et l'interpelle. Poeme envoutant qui résonne à son oreille comme une invitation à venir découvrir Son salut. Sa renaissance. Alors elle continue d'avancer, un vent léger venu de nul part faisant danser les pans de sa robe de soie blanche et ses cheveux chatains défaits. Vent agréable qui l'entoure comme une protection contre le Néant présent. Il la guide pour que ses pas ne s'écartent pas du chemin qui mène à la Lumière. Mais voudrait elle seulement s'en éloigner? Non. Elle veut Son salut. Elle veut Sa renaissance. Après cette vie qu'elle a souvent maudite pour toutes les fois ou elle a été sombre, sombre de deuils, de morts, de tromperies, de trahisons et d'espoirs vains Elle veut enfin connaitre la gloire du Chatoyant dans sa vie, ou dans sa mort?, dans son Coeur.

- Votre Grandeur.... Petit rire cristallin et moqueur qui se fait entendre après ces quelques mots. Comtesse... venez donc me rejoindre... [i]Nouvelle invitation. La rejoindre. Mais qui rejoindre? Et ou rejoindre? Mais est-ce réellement important que de le savoir? Elle n'a pas envie de savoir qui est son interlocutrice, ni le lieu ou elle doit se rendre pour la trouver. Parce que le bien-etre qu'elle ressent lui fait oublier toutes ces interrogations futiles. Elle avance et c'est tout, en direction de la Lumineuse grandissante. Grandeur... N'hésitez pas...venez... n'ayez pas peur... Vous allez vous plaire... je vous le... promet... Le ton de se durcir sur ce mot de promesse. Se plaire. On le lui promet. Pourquoi ne pas le croire alors? Cette promesse là, elle sera tenue, elle le sent. Elle sait qu'elle ne peut etre déçue. Impossible, puisque cette voix lui a promis.
- Mais... mais qui etes vous...?
- Est-ce si important que tu veuilles le savoir? Ecoute ton coeur, apaise ton esprit... avance et écoute....
Lumière.
Douce Lumière.
Eclatante Lumière.
Divine Lumière.
Qui illumine le Noir dans lequel je suis plongée.
Donne moi Ta Chaleur.
Offre moi Tes Rayons.
Eclaire mon chemin.
Pour mon humble Renaissance
Entend ce poème que je déclame pour toi...
Entend cette ôde que je chante pour toi...
Approche et viens me trouver...
Et tu verras....
Tu la verras...
Je te la donne...


Voir...
La Lumière.
Plus que quelques pas à peine, démarche décidée alors que la Chaleur libérée lui arrache de nombreux sourires de satisfaction. Visage qui rayonne d'une béatidude peu commune. Et personne pour venir la ternir. Personne vous venir la troubler dans son errance. Pas l'ombre d'un Vicomte. Pas l'ombre d'un Chevalier. Pas l'ombre d'un fils turbulent. Pas l'ombre d'une grossesse non désirée et semblable à une boucherie. D'ailleurs, y songe t elle? Sans doute que non. Une obsession. Toujours la meme.
- Ou... ou etes... vous?
- Juste la... avance encore un peu...
Un pied délicatement enfermé dans une fine ballerine de cuir tout aussi immaculé que la robe, se pose sur la frontière entre la nuit et le jour, alors qu'elle cache son regard de ses mains, ébloui par les éclatants rejets de la Lumière. - Ou etes vous?
- Avance. Je suis ... juste là. Ne me sens tu pas...? Une main, du moins ce qui semble en etre une se pose sur l'une des siennes en une douce caresse brulante. Main de femme. D'une Nymphe? D'un Ange? D'une Divine? Peut etre. Peut etre pas. Elle se cache, profite de l'éblouissement du Soleil pour se cacher à la Comtesse. - Hiii Hiii Hiii ! Elle se met à rire, perçant de ce son de gorge facétieux, l'étrange cocon qui les entoure. Elle se moque cette voix qui fait enfin naitre Ce sentiment qui a toujours été celui de la Rose : la Peur. - Aurais tu... peur...? Hihi!
- Non... Non...
- Ne mens pas. Je le sens. Intonation qui se fait seche, presque menaçante alors que la main invisible se resserre sur celle de sa proie et commence à l'attirer un peu plus en son Domaine. Comtesse qui commence a douter mais qui n'arrive toujours pas à résister et qui, suite à un geste étonnement violent , se retrouve de l'autre coté de la fameuse et intrigante Lumière...


AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHH!!!!
Un cri de surprise mentale.
Un cri de douleur physique.
Une ame qui s'en va.
Un corps qui se crispe.

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Lun 31 Mar - 22:39

Comtesse qui faiblit et tressaille sous ses bras, comtesse qui souffre et qu'il essaie d'aider. Baron perdu, qui ne sait réellement comment aider sa promise. Mais peu à peu, Son esprit faiblit, et Son corps avec. Le froid qui n'était plus qu'un souvenir depuis que la flambée avait pris la domination sur cette haute et froide pièce avait refait son apparition dans le corps comtal. Petit à petit, les bras s'étaient mués en glaçon, les cheveux en flocons, et le souffle en brise.

Aussi avait-il commencé à frotter son dos, lentement, puis de plus en plus vite, jusqu'à lui-même sentir sa main qui s'échauffe. Puis baisers chauds qu'il pose sur son front et ses joues. Ne pas la lasser partir, ne pas la laisser fuir, ne pas la laisser seule dans cette épreuve qu'elle affronte pour deux. Alors même que deux belles échevelées semblaient prendre le bas-ventre de son aimée pour un champ de bataille. Et que lui ne savait toujours pas comment empêcher de provoquer un holocauste foetale.

Puis demande, presque ordre, de la rousse écuyère. Et Grand Maistre qui acquiesce et Lui verse, presque de force, la mixture dans la bouche, avant de profiter de la bouche ouverte, de dégoût?, pour lui offrir le cuir sur lequel elle déchaînera sa douleur. Et de lui glisser, à l'oreille:
"Mon aimée... Ce va être pénible... Et je ne sais que faire de plus, pour l'instant..."

Et cri qui déchire le silence, non, le bruit qui règne dans la salle, entre respirations contrariées, seaux qui choquent sur le sol, discussions qui s'enveniment, murmures, déglutitions pénibles. Et cuir qui tombe, aux pieds de Guillaume, Guillaume qui oublie le cuir, qui oublie le lieu, qui oublie tout, totu sauf Elle. Et qui lui repasse la main sur le front, puis lui murmure: "Je suis llà... avec vous... pour toujours... Ne partez pas... Vous devez vivre... Pour vous... pour Adrian..."
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Mar 1 Avr - 15:07

Sourire, tout va bien.
Sourire, tout va très bien.
Non, rien à faire. Ca ne marche pas du tout comme système. Cela n’avait jamais fonctionné, pourquoi cela aurait il changer d’un coup ? Mais la gamine avait apprit à jouer la comédie depuis ses 5 ans et elle comptait bien faire une nouvelle démonstration de son talent.

Sourire incrusté.
Sourire qui restera tant qu’elle sera dans cette pièce face à son Maistre et sa Rose. La Zaza est têtue et ne lâchera pas. Oublier son inquiétude qui monte, oublier sa peur panique et sourire quoi qu’il arrive.

La Cavalière reste à son poste pour maintenir les jambes de Daresha selon les instructions. Elle ne sait trop quoi faire d’autre devant les disputes de la Rousse et la Blonde. Et surtout, si elle essaie de bouger, elle n’est pas sure que ses jambes parviendraient à la soutenir.
Mais sourire qui reste gravé sur son visage serein.
Le masque était enterré depuis plusieurs mois, mais elle réussissait encore à le maintenir, quelque soit ses blessures intérieures. C’était si facile de faire semblant… mais si fatiguant.

La Panthère se remet au travail, mais la Comtesse plonge de plus en plus.
Et Zaza ne sait pas quoi faire…
Maman… Que ferait maman Stéfie dans cette situation ? Elle avait connue pareille situation… et en était morte.
Mauvais exemple. Et mauvais souvenir qui fait disparaitre le masque une seconde.
Se reprendre, sourire. Tout va bien se passer. Tout se passe parfaitement bien d’ailleurs.

La Comtesse est plus forte que l’Amazone. La Comtesse est… en train de partir.
Zalina serre les dents et retient sa respiration. Trouver une idée… Trouver…
Le chant du Coq ? Son fameux cri réveillait bien ses Frères à travers toute la Forteresse et on prétendait qu’elle réveillerait même les morts…
Non, pas trop le moment.
Trouver le moyen de retenir la Rose. Trouver le truc qui la forcerait à rester parmi les vivants. Trouver…


Je suis là... avec vous... pour toujours... Ne partez pas... Vous devez vivre... Pour vous... pour Adrian...

Pour votre Ame.

Oui, c'est çà. Son amour pour Guillaume et son instinct de mère ! On pouvait tout par Amour.

Dame Daresha, vous n’avez pas le droit de laisser Maistre Guillaume et votre fils. Ils ont besoin de vous. Et votre bébé qui arrive aussi.
Maistre Guillaume sait faire beaucoup de choses. Mais pas changer les longes et donner un biberon. Ca va être une catastrophe ici si vous les laissez.
Vous n’avez pas le droit.
Vous m’entendez, Comtesse ??


Bon sang, Ilmarin, Maharet, dépêchez vous !
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Daresha
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Ven 4 Avr - 23:03

... Loin. Encore plus loin...

Passage mouvementé de la Nuit au Jour, du à une force inconnue à la fois réelle et irréelle. Qui est elle cette femme qui n'a pas cessé de l'attirer de l'autre coté du miroir? En était-ce une? Le son de sa voix qui résonne encore trahit sa condition. Etait-ce le résultat de son imagination? Elle l'a sentie pourtant, sa main qui s'est refermée sur la sienne. Elle se tourne sur elle meme dans un bruit léger de tissu dansant. En vain. Les émeraudes ne voient rien. La Lumière est tellement éblouissante qu'elle n'arrive pas à ouvrir les paupières. Elle tente tant bien que mal de faire un brin d'ombre avec sa main, mais c'est comme si elle se trouvait sur une stalle rayonnante de toutes parts.
- Dites moi ou vous etes... Je.. je ne vois rien...
Elle aura pour unique réponse, le seul echo de sa propre voix. Plus aucune trace de l'Intrigante. Juste de nouvelles interrogations et de nouvelles inquiétudes. Ou...? Et pourquoi...? Finalement son cocon noir avait plus de charme.
- MAAAAAAAAAAAMAAAAAAAAAAAAAAAAAANNNNN!!! Ma... maman... Maman? Et tournoie a nouveau sur elle meme la Comtesse pour chercher l'origine de cette enfantine parole. Rien, toujours rien. MAMAAAAAAAAAAAAAAAAAN!!!! A nouveau ce cri de petite fille. De petite fille? Incompréhension grandissante alors que les étoiles vertes cherchent encore à percer ce mystère. Qui ne restera pas mystérieux longtemps...- Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaan!!!
Boucles chatains aux reflets roux de l'enfance qui dansent dans l'air, deux grands morceaux de charbon ardent, une petite fille à l'air espiègle qui court en sa direction. En sa direction? Mais pas le temps de réfléchir . Enfante reconnue même si jamais vue. Tant d'années... Tant d'années à l'avoir pleurée et regrettée.
- Cathy... ma douce Cathy.... Une larme qui coule, elle se met à genoux et ouvre les bras pour accueillir la petite fille. SA fille. Mon amour....Mon bébé... Douces caresses maternelles sur le visage de son petit ange. Elle cherche a detailler ses traits, à s'en impregner tout en la couvrant de baiser et en la dévorant des yeux. Près de huit ans... Elle a grandi dans ce monde parallèle à celui de son frère. Ma chérie... si tu savais.. si tu savais comme tu m'as manquée.... Pour seule réponse, des paupières ingénues qui clignent en lui adressant un regard ou se mélangent étonnement et satisfaction, alors que les mains de la jeune demoiselle viennent à son tour jouer dans la chevelure maternel avec une touche d'espièglerie. Entre mère et fille, juste un échange de sourires et de regards emplis d'amour et de tendresse. Comtesse en plein admiration devant la chair de sa chair. Au milieu de l'intense lumière, elle ne voit plus qu'elle.

- Maman...?
- Oui mon amour? demande la Rose en dévorant de baisers les petites menottes fragiles de la jeune Comtesse.
- Haem... hum.... Mais... mais...
- Oui...?
- Mais... t'es pas... ma maman... T'es qui...?
Vent glacial qui se lève sans prévenir et qui se met à les encercler, soulevant autours des deux femmes une poussière aveuglante de sable. Emeraudes pleines d'incompréhension qui se posent sur la petite fille qui a perdu son sourire et qui commence à reculer et à s'éloigner. T'es pas maman... MAMAAAAANNNNNN!!!
- Mon ange... je... si...
- MAAAAAAAAA MAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN!!!! T'eesssss OUUUUUUUUU???
- Mais je... je suis la... juste la... chérie... Cathy...
- Non. T'es pas ma maman!
- Chérie... Une main blanche et tremblante s'approche du visage enfantin, mais ne trouve finalement que le vide. La jeune femme regarde la chair de sa chair s'éloigner d'elle, reculer de quelques pas. Elle l'évite, refuse de la reconnaitre. Mais pourquoi? Elle, elle l'a reconnait, pourtant. Mon ange... Voix qui se noue de tristesse de se faire ainsi rejeter. Et respiration qui se coupe au devant de l'enfant et de ses traits qui se durcissent étrangement. Charbons aux eclats d'éclair effrayants, sourire narquois. La jeune Catherine semble avoir laissé place à une autre, plus démoniaque. Mais elle ne peut que rever. La Comtesse s'approche, espère que son imagination lui joue des tours. En vain. L'enfant ne bouge pas, mais plus elle s'en approche plus elle s'éloigne malgré tout.
- Catherine! C'est l'heure de rentrer! Va chercher ton frere!
- Maman! Maman! Damoiselle de Riddermark qui détourne son attention de la Comtesse pour la reporter sur celle qu'elle appelle "maman". Alors la Rose cherche l'inconnue, l'usurpatrice qui a pris sa place. C'est sa fille. La sienne. Meme si...
- Mary.... Un prénom comme un souffle lorsqu'enfin elle aperçoit la femme vers laquelle se met a courire son bébé. Un prénom comme un aveu douloureux, plusieurs fois répété alors que les larmes montent. Mary... Mary... Elle. La femme du tableau qui siégeait dans le grand salon du Manoir de Saint Claude. Mary, la Rousse irlandaise. La seule femme que le Vicomte aura jamais et réellement aimé. Celle qui aura été la seule et l'unique propriétaire de son coeur. Celle qu'il a toujours recherchée dans les bras de ses nombreuses maitresses. Elle pourtant morte et si vivante. Elle qui prend Sa fille dans ses bras et qui la couvre de baisers. Veuve qui tombe a genoux dans un lourd bruissement de tissu. Elle regarde sans comprendre les retrouvailles entre une mère et sa fille. Entre une femme jalousée morte assassinée par l'inquisition depuis des années et SA fille. Pourquoi c'est elle qu'elle apelle maman? Pourquoi c'est elle qu'elle couvre de baisers? Pourquoi c'est dans ses bras que la petite Catherine court?

- En effet c'est tres touchant... j'en verserais presque ma petite larme, mais tu le fais déjà si bien.... tu ne trouves pas..? A nouveau cette voix qui sort de nul part. Et pas l'envie cette fois d'en chercher la propriétaire, trop absorbée à déchirer son ame. Bon, quand tu auras fini tu feras signe. C'est qu'on a pas vraiment fini.
- Ma douce...
- Tiens, la non plus c'est pas fini on dirait. C'était prévu ça? Legere silouhette fantomatique qui apparait dans un bruit de feuilles. Ah... haem... mais il était pas censé venir tout de suite lui... et bien ma grande, il semblerait que ton esprit soit plus torturé que je ne le pensais ! Hihihi! Parfait! Je vais t'adorer toi! Mais la Comtesse écoute à peine d'une oreille. Désormais il y a Lui qui est venu se rajouter à la pièce. Lui. Vicomte d'Isle et de Montbarrey. Il a retrouvé celle qui fut son unique femme pour forcer une famille avec la fille et le garçon qu'elle a eu de lui. Comtesse qui se releve. C'est Sa famille. La Sienne. C'est Son epoux. Sa fille.
- Bralic... Bralic...
Grand soupire peu discret extérieur qui se fait entendre. A cette allure la, on a pas encore fini...
- Bralic... S'il te plait... regarde moi... Mais rien, que des rires de petite fille qui s'agite dans les bras forts de son géniteur et voulant lui prouver qu'elle est une petite guerrière. Rien d'autre qu'un rire maternel et tendre sur le "combat" entre un père et sa fille. Rien d'autre que sa solitude alors que le couple s'éloigne sans meme lui porter la moindre attention. Rien d'autre que ce regard démoniaque et moqueur que la douce Catherine lui envoie avant de reprendre son activité.


Bralic!!!! Cathy!!!!!
Nouveau délire qui commence.
Perle d'eau qui coule sur le visage bleme.
Fièvre qui monte.
Corps qui se met à trembler.

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Ilmarin

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Mer 9 Avr - 1:03

Serrer les dents à défaut de serrer les poings, de pouvoir les abattre quelque part. Sur un visage. Sur son propre visage. Puisque c'est là qu'Elle réside, qu'Elle murmure Ses perfidies, Ses bassesses. Qu'Elle réveille cette nuit...

Pourquoi ce souvenir? Question idiote, bien sûr. La mémoire joue souvent des tours, mais ils sont surtout et souvent pendables. Comme raviver un pieu planté dans le coeur, un tourment qui ne cesse jamais réellement.
Bien sûr qu'elle savait ce que la Comtesse vivait. Ce n'est pas comme si ses entrailles s'étaient comme déchirées...
Bien sûr qu'elle savait ce que la Comtesse ressentait. Ce n'est pas comme si elle y était passée...
Mais même si toutes deux survivaient, la Comtesse aurait gagné une force supplémentaire. Une raison de vivre qu'elle ne connaissait pas...

Pas une seule des prédictions de cette vieille femme qui ne s'était réalisée. Ah si. Une. Ils s'étaient retrouvés. Serrer les dents à s'en éclater l'émail, il était parti...
Qu'avait-elle gagné à savoir aider pour donner la vie? Ces gestes devenus mécaniques n'avaient pas comblé ce vide...
Qu'avait-elle gagné cette nuit-là? Une raison bien égoiste pour ne pas pouvoir s'accrocher à la vie...
Daresha devrait vivre. Guillaume devrait l'épouser. Ils feraient de beaux enfants et seraient heureux. Kalian et Kan aussi. Maha trouvera un compagnon, elle s'y attellerait s'il le fallait.
Et elle veillerait sur tout ce petit monde en guettant leur Orient.

Répit gagné pour tous, Elle se tait, la laisse faire en donnant Sa force. Inutile de se faire des illusions, ce n'est pas par charité. Ce monstre créé par son esprit n'en a aucune. Monstre né de l'esprit de Catherine et de ses circonvolutions démoniaques pour détruire sa cadette.
Par petites torsions de son poignet, elle dégage une épaule du futur nourrisson. Puis l'autre. Il faudrait juste une dernière contraction pour extirper la tête...
Contraction offerte par la Comtesse mais, si ce n'était sa concentration qui l'absorbait vers le bas, qui aurait arraché un regard inquiet vers le visage de son amie.
Le bébé venait et c'était le plus important.
Le bébé.
L'ange tant attendu.

L'ange bleu...


Maha...

Les émeraudes se lèvent vers l'ecuyère dans un souffle désespéré. Ses mains tremblantes, dont une au bord de la défaillance serrent ce petit corps sans vie, au cordon enroulé autour du cou, laissant une marque violacée fort peu rassurante.
Tout se brouille, la Panthère ne voit plus que cette poupée martyre avant même sa naissance.

Ce petit ange qu'elle avait tué avant même sa naissance il y avait toutes ces années.
Ce petit ange qu'elle fût et qui avait manqué mourir il y avait toutes ces années.
Ce petit ange qu'elle avait été incapable de sauver il y avait quelques instants.
Ce petit ange subitement si proche d'elle...

Son amie lui offre son regard rassurant, tenant toujours les cuisses de la Comtesse, l'empêchant de basculer. Comment lui dire... Comment avouer cet échec... Comment La tenir maintenant...


- Oui?
- Le... bébé... Est...

Et, comme le geste païen d'une prêtresse des temps passés, ses mains se lèvent pour présenter le don de la vie qui a déjà gagné le repos éternel.

- Il... Il faut la laver... Les jades vacillent en un message limpide. Elle a aussi compris. Trop tard... Ses parents ne peuvent pas la voir ainsi... Soigner la comtesse... S'occuper du chevalier... Les douces couleurs rosées pleines de vie de Maharet la quittent peu à peu. Devant l'évidence... Elle doit vivre !

Ainsi secouée, elle se lève pour se précipiter vers la table, après un regard affirmant qu'elle lui laissait les soins de la Comtesse. Serrant toujours ce corps sans vie.
Posé délicatement sur la table, près de la bassine.
Otant le cordon du cou. Sans sentir les larmes couler sur ses joues.
Passer un linge trempé qui fait ruisseler les gouttes rougies partout sur la table, le sol, ses mains.
Essayer d'activer le sang du bébé. L'air dans ses poumons. Le tirer de ce silence maudit. Sans sentir les larmes couler comme un flux qui semblait tari depuis des semaines.

Combien de temps ainsi... Aucune idée... Juste se résigner... A ne plus entendre ce cri tant attendu... A laisser cette douleur remonter des entrailles et figer l'eau salée en trainées sèches sur ses joues...
A quoi bon lui résister... Puisque, même ça, elle n'a pas su le réussir...


- Alors... Vous êtes content...? Main droite qui retombe inerte sur son côté, après avoir emmitouflé l'ange dans un linge propre. Incapable de le prendre contre Elle. De la présenter à ses parents. Juste capable de se vomir, se détester. L'exécrer. Regard haineux, bassement voilé de ténèbres après avoir constaté la paleur de la mère. De Son amie.
Non content de me prendre mon Ame... Voix basse et grondante. Menaçante. Contrastant avec la démarche souple et assurée qu'Elle adopte en approchant du Grand Maître.
Non content d'avoir mis des mois à accepter une grossesse qui était de votre fait... Non, Elle ne la laisserait pas souffrir une fois de plus sans rien faire. Il était la source. Celui qui focalisait Son attention.
Regardez ce que vous lui avez fait... C'est le sort que vous me réservez? C'est le sort que vous réservez à mon amie après avoir TUE Daresha?
Je ne suis pas Ilmarin. Je ne vous laisserais plus agir.
Dernière phrase qui tombe comme un couperet, cinglant. Plantant son regard dans le sien.
Fraction de seconde qui semble durer des heures...

Sans crier gare, sans bruit, sans cri, sans esclandre, Elle se jette sur Guillaume. Main gauche devenue griffes acérées tendues dans le but de déchiqueter sa jugulaire et s'abreuver de son sang.
Panthère dévastée par l'instinct animal de la Perle qu'elle nourrit dans son sein. Nymphe maudite assoiffée et aveuglée par la douleur de sa génitrice.
Une mort pour une vie. Il devait payer pour la glace de Son coeur...

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Zalina

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Mer 9 Avr - 11:59

Sourire encore sourire… Encore un peu et elle pourrait filer pour se détendre les mâchoires crispées.
Un coup d’œil à un bout de la pièce pour surveiller Ilmarin, qui décidément ne semble plus dans son état normal. Un coup d’œil de l’autre coté pour veiller sur le Grand Maistre qui n’est pas rassuré. La Cavalière ne l’est pas beaucoup plus, mais il faut paraitre. Alors on parait.
Sourire à droite, sourire à gauche. Puis sourire aussi en face, pour Maharet.
Oui, tout va bien. Elle n’est pas en train de serrer les dents, juste de sourire. Et cette boule dans l’estomac qui grossit à chaque seconde où la Comtesse devient de plus en plus pale, ce n’est que l’impatience de faire la connaissance de ce petit être.
Oui, tout va très bien.

D’ailleurs le bébé est sorti. Sourire plus franc qui disparait rapidement.
Cordon autour du cou et il est trop violet pour que ce soit une chose normale. Mais Zalina ne veut pas croire l’évidence. Non, tout va bien. Ilmarin va le ramener, il va pousser un joli cri qui sera le premier d’une interminable liste de caprices et bêtises en tout genre.
Mais le sourire ne revient pas. Le masque se fissure de nouveau.


Le... bébé... Est...

Non, ce n’était pas possible. Pas çà !
Masque qui tombe et se brise. Zalina devient aussi blanche que la mère.
Elle avait un marché avec Aristote. Aucune récompense et plus personne, sauf elle, ne mourait. Ce bébé devait vivre ! Elle n’avait accepté aucune médaille, aucune promotion, aucun cadeau, aucune terre… Elle avait même rendu sa Seigneurie qui avait déjà causée la mort de Bralic.
Elle n’avait rien accepté !! Ni récompense, ni… honneur ?
Le déclic fut un nouveau coup de poignard. Un de plus, un de trop. L’honneur. Elle avait accepté d’être la marraine de ce bébé. Zalina avait même précisé « ce serait un honneur que d’être la marraine de cet enfant ». Comment avait elle pu oublier qu'une meurtrière n'y a pas le droit et accepter ??? Aucune récompense, aucun honneur ! JAMAIS !!
Mais cette tête de linotte avait encore oubliée. Elle n’avait pas fait attention. Et une autre vie le payait. Un autre nom sur la liste des personnes mortes à cause d’elle. Une de trop. Cette fois, çà suffit. Il faut que çà s’arrête !


Un pas en arrière, puis un second vers la porte. Partir loin et en finir.
Ce bébé sera le dernier. Si elle n’est pas capable de tenir son engagement et les laisser vivre en paix, alors il ne reste qu’à la faire taire, pour toujours. Mourir pour qu’ils puissent enfin vivre heureux. C'est la seule solution.
Un dernier regard perdu sur le Grand Maistre, dernier lien qui la gardait chez les vivants. Il ne va pas aimer, mais il restera en vie et l’oubliera vite.


Pardon, Maistre…

Et direction la sortie. Sa main attrape la poigner pour fuir et disparaitre à jamais.
Mais la voix d’Ilmarin l’arrête.


Alors... Vous êtes content...?
Non content de me prendre mon Ame...
Non content d'avoir mis des mois à accepter une grossesse qui était de votre fait... Regardez ce que vous lui avez fait... C'est le sort que vous me réservez? C'est le sort que vous réservez à mon amie après avoir TUE Daresha?
Je ne suis pas Ilmarin. Je ne vous laisserais plus agir.


Volte face pour regarder cette personne qui s’adresse à son Maistre avec un ton qu’elle n’apprécie pas. Regard vide qui se remplit d’incompréhension pendant que la blonde débite son discours sans aucun sens pour la jeune fille. Guillaume tuer Daresha ? Il préférerait mourir que de la savoir blessée. Pas Ilmarin ?
Puis colère qui remplace incompréhension lorsque la filleule voit la Panthère se jeter sur son Parain.


Personne ne touche à Mon Maistre !!!!!!

Phrase souvent répétée mais qui est bien plus qu’une simple phrase. Serment de protéger la Licorne et son Grand Maistre. Promesse de protéger Maistre Guillaume avant même d’être intronisée. Et celle-ci, elle la tiendra. Elle l’a promit avec son cœur, ses tripes et chaque parcelle de son corps. Promesse gravée à jamais qui la fait réagir sans même réfléchir.

La Cavalière se jette à son tour sur la Panthère, ou plutôt sur le bras gauche dont la main s’apprêtait à griffer celui qui est devenu un Père pour la Gamine et qu’elle doit protéger quoi qu’il en coute. Oubliées, les techniques de combat chevaleresque. La Tigresse enfonce ses dents dans le bras et serre de toutes ses forces. La blonde lâchera ou y laissera une partie de son bras.
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Daresha
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Mer 9 Avr - 21:28

... Encore... et toujours...

Couple d'amoureux qui s'en va sans se soucier d'elle. Pourquoi d'ailleurs lui porterait il la moindre attention? Comtesse qui n'est qu'un point noir dans l'idéal tableau familial.
- C'est bon? T'as fini? On peut continuer?
- Continuer...?
- Oui. Continuer. C'est qu'on a pas encore fini ma grande. Et l'autre, non seulement il est pressé mais il est radin comme un cochon et ne paie pas les heures sup'. Et moi, je travaille pas pour la gloire. Alors bouge toi le séant, tu seras bien urbaine.
Haussement de sourcil comtal empreint d'une incompréhension à haute tension sur ces propos tenus par... Par...? Clignement rapide de paupières. Se peut il que...? Propriétaire de la voix qui se voile et se dévoile, tel un fantome venu de nul part. Elle laisse deviner un corps fin aux formes féminines raisonnablement avenantes paré d'une robe d'un noir profond réhaussée de broderies d'or. Il y a aussi une longue chevelure chatain foncé détachée. Et de grandes jades précieuses qui dominent un visage à la couleur d'albatre. Elle... C'est elle! Comment se peut il...?
- Ah... toi tu te poses des questions. Ben on est mal barré. C'est pas vraiment le moment.
Comtesse qui cherche une différence entre elle et... elle. Impossible. Maudite imagination! Et pourquoi s'est elle mise en route? Et elle est ou d'abord? Elle ne devrait pas être ici au milieu de... de nul part! Elle le sait, ce n'est pas normal, mais elle n'arrive pas à savoir pourquoi. Impossible de trouver le pourquoi du comment.
- Arrete, ça commence à sentir la fumée, lache l'ectoplasme dans un soupire exaspéré. Mais elle continue de se poser des questions la Comtesse. Et pourquoi? Et comment? Mais qu'était elle en train de faire avant de se retrouver la? Et pourquoi cet atroce mal de ventre d'un seul coup? Et pourquoi... des cris d'enfant? Des cris de nouveau né qui s'élèvent d'elle ne sait ou.
On se calme et on fait le vide.

- Une petite fille! Une magnifique petite batarde! Toutes mes félicitations!
- Une... une fille..? Mais quelle fille?
- Et bien, celle que tu viens de nous pondre grace à ton espece de chevalier.
Regard étonné et perdu. Mais de quoi la luminescence ectoplasmique parle t elle? C'est qui cette fille? Elle est loin d'etre enceinte et d'avoir accouché. Ou alors...
- Et ça? Ca te rapelle rien? Nuage de poussière qui se forme au devant des émeraudes comtales. Une multitude de couleurs, des émaux, des métaux qui se chevauchent, une foule grouillante dans ce qui ressemble à un campement de jouteurs. Mais tout est encore si flou qu'il est difficile de discerner quoique se soit de précis. Quoique.. Là ne serait-ce pas une tente au tissu d'or qui semble sortir du lot? Le fruit de son imagination encore. Tout comme les pans de la demeure de toile qui s'ouvrent sur... sur un couple qui s'aime charnellement sans se soucier des conventions morales! Comtesse qui détourne son regard des ébats interdits.
- Pourquoi... pourquoi me montres tu ça?
- Voyons... me dit pas que tu ne reconnais pas?
- Et.. et que devrais-je reconnaitre?
- Tu pourrais faire un peu d'efforts veux tu. Je ne vais quand meme pas tout te dire. Tu deviens pénible tu le sais ça? Mais dans ma grande bonté je resterais tolérante car je suis convaincue que toi et moi, on a encore beaucoup à s'amuser.

On respire et on se force à regarder.
Et inévitablement rougir lorsqu'elle reconnait les deux amants pecheurs. Elle... et.. et Lui..? Si elle conçoit la chose pour ne plus y etre ingénue, là c'est sur elle devient completement folle. C'est juste un reve! Ils n"ont jamais pu! Meme s'ils... s'aiment!
- Non Non. Tu ne deviens pas folle. Enfin pas plus que d'habitude.
Argh... Et en plus elle lit dans les pensées! manquait plus que ça.
- Impossible... Lui et moi n'avons pu...
- Ne joue pas les vierges effarouchées et ne fait pas semblant d'etre choquée. Là tu l'étais pas vraiment, meme pas du tout. Idem quand ton mari était encore en vie.
- Non! Impossible! Et arrete de me montrer ça!
- Ca se complait dans la lucure immorale et quand on les met devant la vérité, ça nie tout et ça assume pas, soupire fantomatique. Enfin... Sans ça tu peux me dire comment qu'il est né ton marmot? Certainement pas d'un claquement de doigts. Et t'es pas la Sainte Vierge non plus je te signale.
- Tais toi! Tais toi! Je n'ai pas d'enfant autre que mon fils!
- Et ben figure toi que si. T'as une petite batarde. Tu veux la voir? Meme si tu dis non, tu la verras quand meme. Et me gonfle pas. Et je te préviens, tu ne résisteras pas à sa beauté ! Hihihi! Rire qui retentit alors que dans les bras du fantome aparait un bébé emmailloté.regarde comme il est beau! Félicitations! Un beau bébé mort!
Comtesse qui ne comprend pas et qui regarde le petit etre sans vie que son double porte fierement devant elle comme un trophée. Et pourtant ses idées reprennent enfin forme. Des jeux interdits en Alençon. Une grossesse dissimulée puis finalement avouée. Une grossesse vouée à un échec. En voici donc le résultat alors que sa robe se couvre de sang ainsi que ses mains.
- Et c'est toi qui nous l'a fait celui la! Tu peux etre fière de toi! Aucune autre n'aurait fait mieux! Un vrai carnage!


- Bé...bé...
Juste deux syllabes qui s'échappent des levres inertes d'une jeune maman qui ne le sera pas finalement et qui se trouve bien loin des tensions qui dominent la chambre à coucher.

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Sam 12 Avr - 16:27

La comtesse délire, ses lèvres s'agitent en tous sens sans que nul ne semble pouvoir la ramener sur Terre. Le chevalier à ses côtés ne peut que tenter de lui murmurer de calmes paroles, lui soufflant son amour dans les oreilles, l'assurant de sa présence éternelle, de la joie qui en naîtra, et dont l'enfant est le premier symbole. Cet enfant qui semble avoir enfin trouvé le chemin de la lumière, cet enfant qui semble ne vouloir déranger personne tant il reste muet. Allez, une petite claque sur les fesses et ses cris envahiront le castel, comme ils ramèneront sa mère ici, et non dans des songes que le chevalier redoute insensés.

Mais la sage (on en est sur de ça?) femme du jour semblait ne pas avoir cette confiance. Elle s'éloigne de son amie, le bébé en ses mains. Elle le pose sur une tablette, le manipule, et inonde son visage de larmes. Larmes qui se multiplient, cachant presque sa face aux yeux de ses... amis? À ce moment, le chevalier a compris. Le bébé ne sera pas. Il n'aura pas la joie de l'élever en Marchiennes, de lui offrir des armoiries brisées, comme les siennes, de lui apprendre l'équitation, les jeux dans la neige, les bières flamandes, la course sur le plat pays, la cueillette et la chasse, la danse et les armes. Non, il ne lui offrira pas non plus la seigneurie de Wavrin, si souvent dévolue aux bâtards. Et non, il ne rirait pas avec Sa dame devant les jeux d'enfants.

Et Ilmarin qui se retourne, le regard mauvais, la démarche inconnue et menaçante. Quelque chose avait été brisé en elle, comme lors de leur départ pour les Flandres, avant que d'entrer dans le carrosse. Cette fulgurance dans les gestes, cette tête haute qui semble mépriser le reste du monde, à commencer par lui, ces dents découvertes par des lèvres retroussées. Le coup allait venir, il en était certain. Mais comment? Il ne le savait point.

Par la parole, comme souvent. Flot fielleux de féroces phrases. Accusation qu'il sait, qu'ils devraient tous deux savoir, erronées. Mais accusation qui s'imposent comme la vérité aux yeux de cette Azayes égarée. Puis, soudain, panthère qui se détend, corps qui n'est plus qu'une arme, qui ne le veut que mort, saigné comme un pourceau. Pas le temps de répondre, de lui dire ses regrets, son amour pour Elle, son amitié pour Eux, son ignorance de Lui. Penser à éviter les crocs qui appellent le sang. Mais trop tard, déjà il sent le corps ennemi se coller au sien, avant que d'apercevoir sa filleule se joindre à la mêlée. Un homme pour deux femmes, en un autre endroit, en un autre moment, il en aurait ri, ou rêvé. Là, il ne savait vraiment que faire. Mais il est trop tard pour réfléchir, pour sortir une botte bourguignonne, de Nevers par exemple. Là, les trois acteurs de ce combat sont à terre, le baron en bas, déséquilibré par la charge des deux félines, a chuté. Sur lui, une panthère qui cherche sa mort, et une tigresse qui est venue se mêler aux réjouissances.

Le chevalier a face à lui un visage déformé par la douleur, par la haine, par le Mal. Visage connu, trop connu, visage de nombre de soudards ou guerriers de profession, l'un et l'autre se rejoignant très souvent, qui lui avaient si souvent promis la mort tout au long de son existence d'errance. Bras gauche immobilisé par Zalina, elle est moins dangereuse. Le chevalier, de son avant-bras droit, repousse le cou de son agresseur. De son bras gauche, il saisit Son épaule, essayant de l'éloigner, de la repousser, sans savoir vraiment comment en venir à bout. La parole? Il n'y songe guère en ce moment, c'est un fait. Repousser la panthère, l'acculer et lui faire voir sa défaite. Chevalier qui a oublié bien des choses en ce moment, troublé par la mort de l'enfant, les délires de son aimée, la haine d'une amie et la panique d'un combat dont il ne maîtrise pas les règles.

La repousser, encore et toujours, et la coller au sol, pour l'immobiliser. Voila ce qu'il essaye, de toutes ses forces, de sa position des plus inconfortables, car pour l'instant, c'est lui qui est plaqué au sol...
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Sam 19 Avr - 20:58

Personne ne touche à Mon Maistre !!!!!!

Croyez-vous une seconde que ce genre de cri puisse la détourner de son but? Quand vous avez grandi au son du fracas des armes, des tambours, des martèlements et des agonies, plus rien n'existe en dehors de votre cible.
Lui et uniquement lui.
Objectif bandant chaque muscle, tendant chaque nerf, focalisant chaque pensée. Prête à déchiqueter dans une folie sanglante et morbide.

Prête mais coupée dans son élan.
Ses émeraudes s'écarquillent sous la douleur qui vrille son arme, avant de s'abaisser pour contempler qui ose la toucher.
Zalina. Douce et fragile Zalina. Comme quoi, l'innocence a des vertus qui font sous-estimer un adversaire.

Et ce parfum... Le sien... Celui de son propre sang... Qui martèle ses tempes comme autant de cris de vengeance... Odorat surdeveloppé qui reconnait sa propre vie... Peau qui reconnait sa propre chaleur... Mystique envoûtante... Grandissante... Possessive...
Comment ose-t-elle seulement La toucher? Comment ose-t-elle seulement L'empêcher d'agir?
Grondement qui monte des entrailles.

Et lui? Comment ose-t-il La contrer? Comment ose-t-il La toucher? Comment ose-t-il seulement croire qu'il peut espérer refermer ses mains sur Son cou?
Grondement félin assourdissant.

Sa position n'est pas la meilleure au monde et Elle ne dispose au mieux que d'une minute pour que Maharet ne se mette de la danse.
Malgré les élancements dans son bras, Elle doit immobiliser Guillaume le temps de repousser Zalina. Ou accepter de relâcher Sa proie. Et, hélas, cette option s'avère la plus simple...

Son genou s'enfonce dans le ventre du Grand Maître pour exercer une contre-poussée L'extirpant de ses bras. Cherchant à le faire suffoquer.
Ses yeux se plissent sous la nouvelle vague de douleur qui grimpe en flèche quand Elle les tire toutes deux en arrière d'un coup de rien, se servant de son bras comme d'une laisse.


Tu te prends pour un chien?? L'os n'est pas encore entre tes crocs, raclure!

Elle croyait la main droite sans force et sans vie. Comme quoi il ne faut pas totalement en désespérer quand l'urgence se fait sentir. Puisqu'elle s'abat sur le visage de la jeune femme, poing fermé.
Une fois.
Sa peau se tend alors que le coup fait reculer l'écuyère mais pas encore lâcher.
Deux fois.
La pommette rougit, semble se gonfler, protester du traitement. Mais la tension se relâche, fugacement.
Trois fois.
Non seulement la peau rompt pour libérer son flot carmin, mais Zalina rompt aussi la morsure. Libération fêtée par un grognement satisfait.


Crois moi...
Sa jambe gauche se fléchit alors que la droite se replie pour que son pied vienne finir dans le ventre de l'écuyère, la faisant rouler un peu plus.
Les roquets...
Son bras gauche couvert de son sang empoigne la chevelure de la jeune fille alors que son poing s'abat sur elle à nouveau.
Sont dressés...
La colère, la frustration, la haine, la peine, la douleur sont autant de moteurs décuplant ses forces, décuplant ses rancoeurs.
Attrapant les épaules de l'écuyère...

Avec MOI!
D'un coup de rein dont la douleur manque de l'étrangler...
D'une torsion de ses poignets, elle la soulève, un peu...

L'envoie violemment vers la table, que le côté gauche de la jeune femme heurte en faisant grincer le bois, alors que son visage heurte le foyer de la cheminée dans un bruit sourd.

Regard mauvais qui constate que son adversaire est assomé.
Babines qui se retroussent en constatant l'état lamentable de son bras.
Prédateur qui fait volte-face pour retourner vers sa proie.

Pourtant, Elle est épuisée. Haletante. Maudissant intérieurement celle qui l'a créé de se laisser affaiblir ainsi. De ne plus être capable de faire face ainsi. Il fallait vraiment la reprendre en main, un Grand Maître ne se tue pas d'un claquement de doigts.
Visage fermé et sombre qui semble déjà découper sa victime alors qu'Elle s'avance vers lui en enjambées pleines de sensualité morbide.


A nous deux... Meurtrier..

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Zalina

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Sam 19 Avr - 23:01

Zalina se retrouve de nouveau sur ses pieds, pendue par le bras de son nonos.
La Panthère a lâché la Licorne d’Or. Il ne faut pas qu’elle la laisse y retourner. Elle devra la tuer avant de toucher de nouveau à son Maistre.

Raclure… Oui sûrement. Mais il était bon le casse croûte du toutou.
La seule réponse fut un resserrement des mâchoires. Peut être que l’os ne tarderait pas à y venir, entre ses crocs.
Ce ne fut pas l’os mais le poing qui arriva.
Une fois. Ca fait mal et l’a un peu surprise. Mais elle ne lâchera pas. Serrer les dents pour ne pas crier.
Une seconde fois. Ca fait très mal…. Lâchera pas… mais çà fatigue de serrer la mâchoire alors que l’on a juste envie de l’ouvrir pour pousser un cri.
Une troisième fois… mâchoire qui lâche. Et gamine qui roule au sol.

Elle passe la main sur sa joue douloureuse et ensanglantée en grimaçant.
Cette chose n’y est pas aller de mains mortes. Mais elle est toujours en vie. Elle ne touchera pas son Maistre tant qu’elle sera encore en vie.
Se relever et protéger le Grand Maistre jusqu’à la mort.
Mais Elle ne la laisse pas se remettre sur ses jambes. Après la joue, c’est le ventre qu’Elle a décidé de faire rompre. La gamine se recroqueville et cherche son souffle coupé par le coup.
Avant de se retrouver relevée par la chevelure.

Son regard croisa les émeraudes. Il n’y a plus rien d’humain.
La gamine lui sourit. Elle allait réussir à mourir. Cette chose allait la tuer… enfin. Elle n’aura pas eu besoin de fuir en fin de compte. Il avait suffit d’honorer son serment. Toutes ces années à tenter d’en finir sans y parvenir. Tous ces champs de bataille, ces missions suicides et autres voyages seule dans des secteurs réputés brigandés… Il avait suffit d’une bagarre avec une Panthère pour atteindre son but.


Tu ne sais pas faire mieux que çà ? Je vis toujours. Ne voulais tu pas tuer ?

Un nouveau poing vient lui enlever son sourire. Mais elle ne chercha pas à se défendre.
Cette mort, elle l’attendait depuis si longtemps. Elle n’avait pas envie de la faire se détourner sur ses amis. Cette fois, c’était pour elle… Rien que pour elle.
Le Maistre avait eu le temps de se redresser. Maharet de reprendre ses esprits. Et la bagarre avait sûrement alertée du monde. Guillaume serait protégé. Daresha réanimée.
Mission… terminée.

Attrapée par les épaules, c’est sereine que la jeune fille alla s’effondrer contre une table. Une douleur sur le coté gauche. Une autre plus aigue sur la tempe. Et… plus rien.
Adieu Zalina.
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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Dim 20 Avr - 2:09

Là, c'en était trop. D'accord pour un duel avec la panthère, mais si elle se mettait à se déchainer sur l'innocente Zalina, il ne répondait plus de rien, et en premier lieu il ne répondait plus de lui. La voila qui s'avançait vers lui, pleine de certitude, ne voyant certainement comme seule issue à tout cela que la mort du Flamand. Et bien soit, mais ce ne serait pas aussi facile que cela. Surtout pas depuis que la Poitevine gisait inconsciente.

Le chevalier avait disparu, laissant place à un homme en colère. Un homme qui ne voyait plus une amie face à lui mais bien une simple barbare incapable de retenir ses coups et revant de voir son sang abreuver les dalles de Marchiennes. Et qui allait affronter une bien déterminée opposition.

Le chevalier est campé sur ses pieds, fermement. Il attend. Il l'attend. Voila... Elle était à portée de main, encore plus sensuelle que par le passé. Pour un peu il y ferait attention. Mais là, toute conscience esthétique était évanouie, au profit d'une conscience de lutte. D'un revers de la main, violent, rapide, il vise le menton de la panthère. Mais il n'attend pas de voir si le coup a porté, ou a été paré. Il lui court sus et lui envoie un direct du gauche droit sur l'estomac. Ne pas renoncer, poursuivre la lutte. Plus vite cela sera achevé, mieux ça vaudra. Et là, le chevalier n'a pas envie de perdre du temps.


- Le meurtrier vous attend. Que lui voulez-vous? D'aimer votre amie? D'estre le frère de votre aimé qui est en mission sous mes ordres? De ne pas créer un monde où la laideur serait absente? De suivre ses idéaux quel qu'en soit le prix? D'avoir une nouvelle ennemie car vous ne savez affronter la réalité? La vérité est abjecte, c'est tout. Nul mystère là-dedans. Cessez de vous le cacher. Oubliez-vous que vous estes Ilmarin d'Azayes, redoutable, courageuse, fidèle? Oubliez-vous les qualités qui font de vous une amie de toutes les personnes ici présentes?

Longue salve verbale eructée en quelques secondes. Paroles qui sont venues naturellement, et qu'il ne regrette pas. Mais maintenant, il allait falloir réagir au nouvel assaut, car il y en aurait certainement un...

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Ilmarin

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Mar 29 Avr - 1:13

Trop sûre d'Elle? Mais c'est Son essence! C'est Elle! Conquérante, fielleuse, perfide. Assise sur les certitudes de Son passé, enfouie trop profondément pour qu'Elle se rende seulement compte de tout ce qui a changé, à commencer par son hôtesse... Aux réflexes ralentis... Au corps moins mobile... Sa perception moins vive... Son anticipation moins efficace...

Sanction immédiate de la dextre sur son menton. Vacillement inattendu. Enchainement rapide, crochet dans l'estomac. Souffle coupé. Recul mal assuré. *Que... Que m'arrive-t-il? Je suis cette humaine que tu méprises... Je vieilis. NON!*


...votre aimé...
Sifflement mauvais. Il ne perd rien pour rien attendre... Comment ose-t-il parler de lui? Alors qu'il me l'a arraché? Ôté? Privé de ses bras?! ...La vérité est abjecte... Continuez, Guillaume... Continuez... Zalina ne s'est pas sacrifiée pour rien... Elle a affaibli la détermination... Réveillée des faiblesses... Profitez-en... ...vous estes Ilmarin d'Azayes...

NON! Je ne suis PAS cette chose! Cette... Cette... Cette faiblesse! Cette erreur!! Elle n'aurait jamais dû naître! JAMAIS!

Coup qui l'a plié en deux. Qui a fait gagné du temps au Grand Maître.
Coup qui lui fait poser ses mains sur ses cuisses pour retrouver son souffle... Porter ses doigts sur un couteau glissé là...
Sourire sardonique caché par les cheveux... Pommeau qui donnera de la force au prochain coup...
Posture pour récupérer... Qui permet de fléchir les jambes... De prendre de l'élan... De serrer la lame entre ses doigts...


- Maître! attention!

Nouveau sifflement de perfidie quand Maharet hurle... Surprise en partie gâchée...
Eclair métallique... Dextre préparant un revers digne d'un jeu de paume futuriste... Pommeau qui dépasse des doigts... Partant de la cuisse vers le plafond, cherchant le menton maintenant si proche pour le faire reculer, à moitié l'assommer.
*Si ce coup rate par sa faute, ton amie sera la prochaine!
Je ne te laisserais pas la toucher!*


Passons de l'autre côté du miroir. Offrons nous le plaisir de confronter les pensées des deux ennemis que pourtant tout devrait lier dans l'amitié.

Le chevalier a stoppé son avancée, regardant la dame reculer, et se plier sur elle.
Pourquoi? Pourquoi reste-t-elle ainsi? Ne devrait-elle pas déjà avoir repris son élan pour le saigner, pour nourrir du sang baronnal la soif du monstre qui sommeille en elle? Car de plus en plus Guillaume pense qu'elle n'est pas seule dans son corps.
Etrange pensée qui court en son esprit.

Et qui est arrestée par le cri de l'écuyère. Guerrier qui perd un instant ses réflexes forgés sur le champ de bataille comme si la chaleur du castel, mesme perturbée par les cris, réussissait là où des dizaines de chevaliers, piquiers, gueux ou autres avaient échoué.
Il tourne la teste, au moment où la dague part vers lui, la recevant sur le coin du menton. Juste assez fort pour qu'elle lui arrache un filet de sang, et qu'elle fasse comprendre une chose à Guillaume... Quelque chose changeait chez son adversaire. Sans cela, n'aurait-elle pas attaqué avec la lame, lui tranchant la gorge dans sa folie meurtrière?


- Dame d'Azayes, revenez à vous. Vous n'estes pas faible, vous n'estes pas une erreur, vous estes telle que vous l'avez toujours voulu, déterminée à nous aider, malgré les épreuves que vous supportez.
Celle que nous aimons, et dont nous savons les souffrances. Mais si vous refusez cela, notre amitié, notre aide, notre présence, la mort ne nous sera que délivrance... Mais pour vous, elle sera le début, le début de la disparition, le début de votre propre fin, de votre propre malheur. Le voulez-vous ce malheur? La voulez-vous cette souffrance? La voulez-vous cette perte?


Disant cela, Guillaume avait repris sa position initiale, campé sur ses appuis fixant toujours les iris de son adversaire du jour, ignorant tout de ce qui se passait autour d'eux...

Dame d'Azayes... Dame d'Azayes... Dame d'Azayes...
Ces mots tournent et retournent. Hantent Sa folie. Hantent chaque fibre de son être.
Non... Non... Non...


- NON! NON! Je ne suis pas Ilmarin! Je... Main qui se crispe un peu plus... Regard qui devient hagard et se perd... Hargne qui remonte dans un flot de bile...
Je... Je... J'étais Marie! Cette Marie qu'Elle a TUE! Je suis... Je suis une PERLE! Née pour Les réconcilier dans le sang! Née pour La tuer! Nouvelle hésitation, nouveau délire flagrant, qu'une seule personne pourrait comprendre dans cette baronnie.
Nouveau recul, le bras s'arme à nouveau, le regard fixé par le filet de sang qui s'écoule. Le boire... Retrouver la source de cette jeunesse maudite...

Je suis Nimphelos! Et je signerais Sa mort dans VOTRE sang!

Le bras repart, cherche à nouveau son visage. Sa gorge.
Geste toutefois un peu plus lent. Moins précis. Moins hargneux. Qu'avez-vous secoué Baron? Qu'avez-vous trouvé qu'il ne vous faut pas lâcher?





Changement. Changement chez elle. Panthère acculée et navrée de coups qu'elle ne sait parer, elle ne réagit plus que comme un animal perdu, paniqué. Ses dires, ses gestes, ne sont plus ceux d'une prédatrice. L'initiative a changé de maistre. C'est Guillaume qui dirige les échanges, c'est Guillaume qui mène les choses, malgré ce que peut croire son adversaire.

C'est donc lui qui anticipe l'attaque, c'est donc lui qui fait deux pas de retrait, et poursuit ses attaques verbales. Le combat physique est inutile, il ne trouvera sa fin que dans la victoire des mots, même si le Flamand ne comprend pas tout ce qui lui est aujourd'hui avoué.


- Qui? Qui a tué cette Marie? Qui tuerez-vous en m'égorgeant? Qui si ce n'est vous-même? Qui si ce n'est celle qui a trouvé une vie? Qui a trouvé un amour?
La cherchez-vous cette mort qui ne vous soulagera point? Qui répandra le malheur auprès de tous ceux qui vous aiment? Le ferez-vous, vous qui fûtes adoptée par un homme? Aimée par un autre? Chérie par tant d'amies? Les plongerez-vous dans la douleur pour votre seul plaisir? Clôturant ainsi votre existence, dame d'Azayes?
Voulez-vous donc tant être seule? Dites-moi, voulez-vous cette fin?


- Vous m'avez pris Rhuyzar! Vous me l'avez enlevé! Je ne suis plus rien...

Panthère vaincue qui vacille quand son coup part dans le vide.
Panthère revenue à sa place, mais loin de la pleine possession de ses moyens.
Panthère qui hurle sa douleur, qui tombe à genoux devant Guillaume. Lâchant le couteau pour plaquer ses mains sur ses oreilles, comme pour étouffer un cri.


BLAM!

Décidément, c'est une manie familiale de tenter d'arracher les gonds d'une porte en la claquant de la sorte...
Sulimo qui débarque tel le Seigneur des Airs qu'il était et qu'elle voulait qu'il redevienne.
Protecteur venu de l'enfance, seul capable de comprendre ce qui se trame sous ses yeux, alors qu'il s'approche, son regard azur allant de la Comtesse évanouie, l'écuyère catastrophée qui la serre de toutes ses forces et l'homme surplombant sa forteresse ébranlée.


- Mon Ilmarin... A peine un chuchotement, à peine une caresse de sa voix. Qu'est ce qui t'est arrivé ? Tout ce sang... la Comtesse... Mon Ilmarin... Ses mains s'enroulent autour de la taille de sa soeur et pose la tête sur sa nuque. Mon Ilmarin...Qu'as-tu fais ?
- Le... Le bébé est m... Sanglot qui l'étouffe. La secoue. Alors que ses doigts se referment sur la lame. Elle est revenue... Elle a voulu tuer Guillaume... Parce qu'il... M'a pris Rhuyzar... Suli... Brisée... Ta forteresse... Je... Je crois qu'elle n'est plus...
- Non elle est là... Sans les relever, sa main dans ses boucles blondes. Sa force qui l'enfouit au plus profond d'eux-même. Rappelle-toi cette promesse, il ne peut y avoir de Sulimo que s'il y a sa forteresse. Caresse enfantine, accentuée, dans sa chevelure éparse, soulignant ses paroles. Je suis là, elle ne peut plus rien contre toi, tant que je te garderai tout contre moi. Gabriel occulte l'absence de l'amant de sa soeur et ne préfère rien dire tant qu'il n'en saura pas plus. Eloigne la lame mon Ilmarin, ma forteresse... Rappelles-toi de cette promesse...
- Aide moi... Enlève La de ma tête... Sauve moi... Sauve Daresha... Sauve Guillaume... Enlève moi d'ici... Le sang... Le sang...
Panthère qui s'évanouit à moitié, s'écroule dans ses bras. Qui lâche la lame, mais non de sa volonté propre. Attention... Celle de... Vvarn... Je veux la...
Qui sombre doucement, annonant encore sur le sang, Rhuyzar, Nymphe, Marie, répétant ces mots sans queue ni tête.

Il la sent faiblir jusqu'à ce qu'elle s'effondre, relève la tête vers le chevalier, ses yeux ne le voient pas, ses mots sortent d'entre ses lèvres sans intonation. Voix livide et inquiète.
- Nous allons nous retirer.
Délicatement, comme s'il s'agissait du plus précieux des joyaux, il la retourne et la colle contre son torse, sa tête au creux de son épaule, laisse sa chevelure pour la prendre totalement et c'est dans un semi-silence qu'il quitte la pièce pour aller rejoindre Kalian.
Je suis là... N'aies crainte...Ma forteresse...Mon Ilmarin je ne te laisserai plus... Je ne vous abandonnerai plus... Je t'aime...

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Daresha
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Mar 29 Avr - 23:25

Des ailes pour voler.
Des ailes pour quitter la vie.
Des ailes pour rejoindre un paradis.
Des ailes pour se perdre.
Une vie pour pleurer.
Une mort pour se retrouver.

Douleur affligeante qui lui gagne le ventre. Douleur d'une matrice qui se tord et rejette une vie qu'elle portait jusque là. Mais qu'elle n'a jamais porté. Juste une seule fois. Un cadeau indésiré du Vicomte. Elle ne peut connaitre cette douleur. Impossible. Impossible... Et pourtant tout semble si réel. Trop. Un songe. Un cauchemard. Il ne peut en etre autrement.
Et sous ses pieds le sol semble s'effronder et la rose s'écroule sur un amocellement de sable doré et brulant. A nouveau ce néant infernal. A nouveau ce vide tant de fois connu et tant de fois redouté. A nouveau la solitude. Même son autre elle semble avoir disparu. Quand à sa douleur, elle se fait de plus en plus intense. Il n'y a plus que ce ventre qui s'agite et qui retient son attention.
- Guillaume... appel intérieur. Est-ce elle qui l'appelle vraiment? A t elle encore cette force? Et pourquoi l'appeler alors qu'il ne peut entendre tant il n'y a rien autours d'elle, excepté les echos des crépitements des feux de l'Enfer.

Affalée dans le sable, le sang chaud de son être glissant le long de ses cuisses, elle ne sait que faire, envahie par la panique. Serait-ce la fin tant attendue? Espoir de la connaitre enfin. Mais pourquoi ainsi? Pourquoi cette sensation qu'il y a autre chose quelque part au delà de ce horizon sans fin qui l'entoure? Peut etre que cela importe peu. Si son autre disait vrai, si elle portait vraiment la vie, elle ne veut rien à voir dans cette vie là. Elle n'y a pas sa place. Elle ne l'a nul part de toute façon.

Rose qui se consume. Rose dont les pétales fondent au contact de la chaleur démoniaque qui assèche meme ses pleurs qui s'écoulent de ses yeux délavés. Peut etre est-ce mieux ainsi.


Corps délaissé et vidé sans doute de sa vie qui retombe dans le lit temporaire, dans les draps trempés du liquide de vie. Corps peu soucieux de l'agitation qu'il a pu susciter.
Juste un soupire.
Léger.
Très léger.
Une mort pour une vie.
La mort pour deux vies?

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Ven 2 Mai - 19:07

Elle est vaincue, elle est perdue, elle a chu. La bataille qui semblait ne devoir voir aucun vainqueur, qui semblait devoir ne produire que peine, sang et fureur avait trouvé son terme. Terme bien illusoire peut estre, tant les raisons profondes de la naissance de la Démone dans le sein d'Ilmarin semblent ne pas avoir encore trouvé de solutions. Rhuyzar... Où est-il en cet instant? Si seulement il le savait... Mas non, il avait du mentir à une amie, lui offrir la raison de le hair par crainte de la faire souffrir. Ironique retour de manivelle. Le mensonge apporte la souffrance, mesme lorsqu'il est dit pour protéger. Le chevalier eut du le savoir, mais il avait commis l'erreur de trop... Et écrit son destin, sans rien demander aux autres...

Mais maintenant, la panthère disparaissait, laissant la salle à la seule occupation du chevalier et de sa dame, ainsi que des deux damoiselles de la Licorne, dont l'une a trouvé dans la pierre un sommeil qui ne sera certainement pas sans conséquence.

Cependant le chevalier n'a àl'instant qu'une pensée, celle de la comtesse qui vient de donner la vie à un enfant mort... Chevalier qui se dirige vers elle, l'oeil inquiet.


- Ma dame, ma dame, je suis là. Il lui prend la main, la conduit sur son coeur. Vivez, je vous en supplie... Restez avec moi... Je ne veux vous perdre... La vie nous offrira encore tant de choses, je ne veux vivre sans vous, je ne veux vous perdre, je ne veux point que plus jamais vous ne portiez les fruits de nos amours...

Il lui sourit, se force à lui sourire plus exactement, avant que de prendre les linges prévus à cet effet et de finir de la laver, avec patience et amour. Oter le sang qui avait cherché à faire de Marchiennes sa seigneurie, lui remettre les habits en place, l'embrasser sur le front, et la prendre par la main, vers leur chambre, afin qu'elle s'y repose, enfin... C'est donc une comtesse à demi inconsciente, qu'il portait plus qu'il ne l'accompagnait, qui rejoignit sa couche, pour s'y laisser choir, et trouver le sommeil.


-------------------------------

[Quelques instants plus tard]

La comtesse dormait maintenant, abandonnée de ses forces, au sommet du donjon de Marchiennes. Guillaume avait tant bien que mal remis un sembant d'ordre dans ses habits, avant que de reprendre le chemin de la salle du malheur. Ouvrant la porte avec soin, il retrouva le spectacle qu'il avait quitté. Pour avant tout rechercher sa fille qui ne connaistra pas les lumières de la vie, ni les pitiés de l'existence. L'entourant dans un linge, il la serra sur son torse.

Un regard sur la Poitevine, semblant plus endormie que morte, le rassure. Guillaume se retire de la pièce, et va vers un chemin connu de lui seul pour confier Yseut à la garde de la Terre.
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