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 Un moment attendu...

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Daresha
Rose Impériale
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MessageSujet: Un moment attendu...   Mer 12 Mar - 21:16

- Pas maintenant... Pas maintenant...Pas maintenant...
Non mais que crois tu? Qu'il va gentiment attendre que tu lui donnes le signal? Puis regarde l'avantage : tu seras enfin débarassée de ce marmot. Tu trouves que ça ne fait pas assez longtemps qu'il t'enquiquine les ovaires? Pourtant, neuf mois, c'est quand même pas rien, t'avoueras. Puis, peut etre qu'avec un peu de chance, tu passeras enfin l'arme à gauche. Mais bon c'est vrai que ta chance étant légendaire, tu serais bien foutue d'en réchapper. Mais bon, tu as enfin l'occasion, tu vas quand meme pas la repousser non? Faudrait savoir ce que tu veux à la fin. Vivre? Mourir? Mourir? Vivre? Vivre, et pour quoi faire entre nous? Pas grand chose si tu veux mon avis. Ton fils n'a plus besoin de toi. D'ailleurs, il n'a jamais eu besoin de toi parce que tu ne lui as jamais rien apporté. Cet enfant que tu vas mettre bas, il aura besoin d'une mère, pas d'une girouette complètement paumée. Et le chevalier, il peut facilement se passer de toi. Il se remettra vite, si tant est qu'il y ai de quoi se remettre. Parce qu'entre nous, s'enticher d'une gourde pareille... C'est vrai qu'il a quand meme deux titres à gagner. Mais quand meme. Puis de toute façon c'est trop tard. Il aurait du etre plus prévoyant et t'engrosser après t'avoir épousée. Là... Là il a gagné un mioche. Un batard. Mais bon, il saura toujours le dégager au fin fond d'un couvent perdu en pleine campagne. Ni vu, ni personne et il aura la paix. Et il se trouvera une autre compagne, je ne me fais pas de souci pour lui. Un bon parti pareil, ça se case facile.
- Tais toi!

Combat interne qui se fait externe. De son for intérieur, les entités combattantes se placent sur le terrain du réel. Mais de quel réel? Le sien? Un réel qu'elle seul voit, qu'elle seul perçoit et ressent. Cette autre qui vient lui glisser ses propos acérés, elle seule l'entend. Combat interne délicat, douloureux. Ne plus savoir où elle est. Ne pas savoir ce qu'elle veut. Ou presque. Vouloir croire en Lui, en son amour, mais toujours le repousser, se convaincre que ce n'est pas pour elle. Croyance en laquelle elle se perd et continue de se noyer. Pourtant, elle n'a qu'une main à tendre, qu'un pas à faire pour le rejoindre, pour le trouver, Lui, Lui et ce qu'il lui offrira. Ce qu'il lui promet de lui donner. Envie de lui promettre son amour, de le couvrir de tendresse, d'oser échanger amoureusement avec Lui. Mais l'ombre sombre plane, encore et toujours, lui refusant cette croyance qui la ramènerait à la Vie au lieu de l'entrainer vers la Mort.
- Ne me laissez pas... je vous en prie... je vous en prie...

Bien que soutenue par le Chevalier, le poids est trop lourd et la pression trop grande. Etre angélique qui veut venir à la vie, à la lumière, au jour. Peur de ne pas lui offrir ce qu'elle n'a jamais pu donner au jeune Vicomte d'Isle: une famille, cette entité sacrée, son reve secret qu'elle souhaiterait tant construire avec son Ame. Tant de barrières encore, qui ne sont dues que de son seul fait. Dur combat qui s'annonce pour la Licorne Royale. Les lames des félons, les fleches des traitres lui seront bien plus douces épreuves que les armes dressées par l'inconscient de la Comtesse.

Tremblements qui gagnent en intensité. Blancheur de son visage qui perd de son éclat.

- Ilm... Je... Ilm..
- Baron...? Comtesse...? est-ce que... ça va...?
Voix fluette qui s'élève dans le dos du couple probablement maudit. Voix innocente d'une servante qui ne fait que s'inquiéter pour son maistre et son invitée particulière. Invitée particulière qui fulmine tant l'énervement grandit. Il faut dire que la question n'était pas des plus intelligement posée.
- Bien sur que ça va... Je suis en train d'accoucher mais tout va bien. Je pourrais presque faire de la broderie tellement tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes! Donc inutile de vous inquiéter.
- Vous... Vous... Messire... Je....
Et voilà que la donzelle se met à paniquer à son tour. Soit elle est traumatisée par la Comtesse, soit elle n'a jamais vu de jument au bord du poulinage, soit... soit elle est vraiment cruche. Qu'il soit dit et précisé que cela n'arrange en rien le caractère de la Rose.
- Ah non.. Mais vous n'allez pas vous y mettre ? Trouvez moi Ilmarin et tout de suite!!! Et ne restez pas planter là!!!
- Bien... oui... Je...
- Vous allez attendre le déluge?

On se calme, on se calme. Se forcer à respirer lentement et surement. L'excitation n'aidant en rien à la délivrance qui s'annonce. Main qui se referme sur le bras du Chevalier avec nervosité. Besoin de son soutien, de sa présence. Peur d'etre toute seule et d'affronter le moment tant attendu. Mais attendu par qui? Pas vraiment par elle. Gagner la première chambre qui se présente sur le chemin. La leur est trop loin pour la gagner. Avec son aide prendre place sur le lit et se coucher, puis se recroqueviller. Et bouger, car ne pas savoir comment se mettre. Tenir sa main, chercher a le garder prêt d'elle. De Lui, elle tire sa force, meme si elle le nie, espérant ainsi se protéger.
- Mon Ame....

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Jeu 13 Mar - 11:31

La marche depuis la forêt n'avait pas été sans embuche. Imaginez. Un chevalier, costaud, d'accord, mais chargé d'une comtesse prête à enfin se délivrer de ce fardeau qu'elle porte depuis neuf mois, dans la neige, le vent soufflant de face et s'amusant à geler toute forme d'eau qui se promène sur sa barbe, des escaliers trempés, un castel tout neuf mais déjà usé comme après un siège de Guillaume le Conquérant, et tout ça pour qu'au final la dite comtesse entre dans la crise du baby blues, il devait être un peu cinglé, le Guillaume... Un mariage arrangé par un des chefs de famille de Flandres, ce qu'on avait d'ailleurs cherché à lui imposer, ça aurait été bien plus raisonnable, et facile... Au pire, l'épouse en question ne l'aimait pas et il séduisait ailleurs, au mieux, ben au mieux c'eut été beaux bisous et vie en rose. Mais non, il avait fallu que les acharnés de la Diète, pas ceux qui ne mange que du fromage de chèvre et du jus d'orange hein, ceux qui essayent de faire tourner le truc bizarre qui devrait servir à gouverner l'Empire, se décide à exclure ses frères de leurs terres pour que le pauvre Lieutenant-Commandeur à l'époque descende en comté et hop, se retrouve face-à-face avec celle qu'il portait aujourd'hui. Et comme l'autre emplumé de Cupidon n'a rien trouvé de mieux que de les rapprocher, même s'ils durent attendre pour cela l'assassinat d'un vicomte et la disparition d'une ancienne mairesse, les voila dans de beaux draps, même pas de soie... Non mais je vous jure...

Bon, nous disions donc que les deux tourtereaux nobliaux bisounours , fin les deux-là, essayaient de rejoindre un endroit pour enfin laisser venir au monde leur progéniture. Tiens, une porte ouverte... Et la conduire au donjon ne serait pas indiqué... à moins que l'on ne tienne à ce que l'enfant naisse dans les escaliers... On oblique vers la porte et là, tout change, l'atmosphère se tend, comme les traits de la comtesse, il n'est plus l'heure des discussions sur leur destin, il est l'heure de l'aider à donner la vie. Il est temps de l'aider à se coucher... Mais que fait-elle? Elle se replie... Et dire que c'est au chevalier de lui montrer comment faire... Lui qui n'a qu'une envie, la serrer dans ses bras et l'y garder à tout jamais. Allez, on se reprend Guillaume et on agit que Diable.

Le chevalier s'agenouille à côté du lit, plonge son regard dans le sien, lui offre son plus beau sourire, pas celui courtois et sincère qui lui vaut un certain nombre de compliments, voire plus vu les dernières révélations de Bruges, mais celui amoureux qu'il arbore toujours quand elle est avec lui. Sourire qui se veut rassurant et qui doit l'aider à se détendre.


- Mon amour... Tout va bien se passer... Je vous le promets... Calmez-vous, respirez, mais allongez-vous... Ne restez pas prostrée...

Joignant le geste à la parole, il l'aide à s'étendre, en lui caressant la joue, puis le ventre, lui donnant un baiser sur le front, la contemplant à dire vrai.

"Dame Ilmarin va arriver, ne vous en faites pas... Et d'ici quelques instants," mensonge, certes, mais allait-il lui dire qu'elle en avait encore pour des heures à pousser, respirer, pousser, respirer, pousser, respirer, pousser, respirer, pousser, respirer, pousser, respirer, pousser, respirer, encore et encore, "vous serez mère et moi père, du plus bel enfant qui soit... Avec Adrian bien sûr".

Repassant sa main sur ses cheveux pour lui dégager le visage il en profite pour passer sur son front... Pas de fièvre... C'est toujours ça... Nouveau sourire... Car il ne sait vraiment que faire... Au mieux la calmer, mais après... Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait plus assisté ou participé un accouchement...


Dernière édition par Guillaume_de_Jeneffe le Mar 1 Avr - 15:39, édité 1 fois
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Daresha
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Ven 14 Mar - 0:48

Ne pas vouloir s'allonger. Ne pas vouloir prendre cette position fatale. Vouloir rester justement prostrée. Vouloir se cacher sous les épaisses couvertures. Vouloir etre dans ses bras tout simplement. Vouloir l'aimer et vouloir qu'il l'aime, rien de plus. Rester loin de tout et loin du monde, rien qu'avec lui. Tout simplement etre avec lui. Le regard perdu dans le sien, elle reste à le regarder en tremblant à cette idée qui va prendre forme dans quelques minutes. Ou quelques heures. Tout dépendra de ce que lui la hautn aura décidé.. Etre mère... Mais le veut elle? Oui. Au fond, oui. Mais en sera t elle capable? Et lui? Etre père, sait il ce que cela implique? De toute façon, de toute façon il est trop tard pour se poser la question. Il est trop tard pour corriger les erreurs du passé. Le compte a rebour est enclenché.

Respirations entrecoupées et hésitantes qu'elle n'arrive toujours pas à caller sur les contractions encore legeres qui ont commencé. Début du travail. D'une main tremblante, elle prend celle du Chevalier dans la sienne et la porte à ses levres pour y déposer un baiser maladroit. Sentir sa peau, encore un peu. Reprendre un peu de ces forces qu'elle n'a plus. Elle a peur. Une larme coule sur sa joue pale tandis qu'une porte interne s'est rompue. Sentir les conséquences et se mettre à paniquer.

- Non... Non...Ilm.... je veux pas... je veux pas... je veux pas...
Comtesse effrayée. Par le secret de la vie? Non, elle a déjà connu cet évenement en des circonstances à la fois heureuses et malheureuses. Son ventre et sa matrice ont déjà connu un don du Ciel. Pour une fille perdue. Pour un fils aimé à jamais. Et là... qu'en sera t il?


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Ilmarin

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Ven 14 Mar - 22:42

TOC TOC TOC!
Dame Ilmarin... Dame Ilmarin...

Allongée sur un lit inconnu. Dans une ville peu connue. Dans une région très peu connue.
Les émeraudes fixant un plafond qui n'avait rien d'étoilé. Des émeraudes, vraiment? Elle avait croisé un reflet, dans un miroir, qui aurait pu être celui d'une inconnue.
Les paillettes de noirceur gagnent en force; ses traits se tendent, ses joues se creusent; son dos se tend en vagues de douleur, ses muscles l'élancent... Le bilan n'est pas très joyeux.


TOC TOC TOC!
Dame Ilmarin...? Dame Ilmarin?

Les crampes qui parcourent son corps lui sont bien connues, nées de Son impatience, Son envie, Sa pression constante. Elle retrouvait même les pulsions d'entrainement pour évacuer...
Fixer ce plafond. Cligner, parfois, des yeux secs de toute émotion depuis longtemps. Etre ivre en ne buvant que de l'eau depuis des jours. Personne n'avait rien vu et surtout, elle ne les détrompait pas.Sauf peut-être Suli... Ses Saphirs étaient de plus en plus inquiets, bien que la veille de Kalian l'occupait à plein temps. Heureusement...


BAMBAMBAM
DAME IMARIN!! C'EST URGENT!

Dans un soupir, elle se lève. Enfin déjà s'asseoit sur le bord. Hésite à attraper son épée pour égorger celle qui la dérange. Pauvre servante sûrement avec ordre de la faire manger... Ou veiller à ce qu'elle reste en vie...

La porte s'ouvre dans un geste violent, sur une mine renfrognée affichant clairement son envie d'être en paix, de se tuer dans ses souvenirs à petit feu. Main droite qui tremble violemment, gant ôté...


- Da... Dame Ilmarin... Je...
- Bon. Abrégez. Voix dure et cassante, si loin... Si loin...
- La Comtesse Daresha. Elle va accoucher et vous réclame au plus vite!

Comtesse? Accoucher? Dare? La porte reclaque, mais pour se fermer sur les pas rapides qui s'éloignent dans les couloirs, la servante suivant à peine pour l'orienter.

BAM!

Tout en finesse, un cadavre entre dans la chambre, son regard perçant balayant la pièce. Visage fermé qui s'approche, pousse, sans ménagement, désolée Grand Maître, l'entrave qui enlace son amie.
Se rappeler des gestes, des plantes, des mots qui aident et qui consolent. Non, pour la fin, elle n'en est tout simplement pas capable.


Messire, vous m'expliquez? Aie. La servante l'avait trouvé froide, là, elle est cassante et glaciale. Daresha a perdu les eaux, ses vetêments sont trempés. Vous cherchez QUOI? La fièvre? La mort du nouveau-né à venir? La cheminée ne ronfle pas? Et de l'eau chaude? Du savon? Des linges? Des draps propres et frais? De quoi la restaurer?

Se retourne, furieuse, vers les potiches qu'il avait engagé pour son domaine.

Bougez-vous ou je m'essuierais les mains sur vos dépouilles!

En attendant le minimum vital, elle pose sa main, durement alors qu'elle pensait son geste tendre, vérifiant la fièvre, avant de commencer à palper le ventre de la Comtesse. C'était si loin tout ça... Si loin...

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Sam 15 Mar - 13:08

A peine le temps de laisser le silence prendre possession de la pièce que déjà une furie se fraie un chemin dans le castel. Portes qui claquent, escaliers qui résonnent, puis huis qui s'ouvre en grand sur celle qui fut si muette ces derniers temps... Et que Guillaume fait tant souffrir, sans le savoir vraiment. Et dame d'Azayes qui se met à dire, non, à crier, non, à hurler ses ordres...

Et servantes qui s'égayent dans Marchiennes pour courir chercher ce qui leur fut demandé. Et Panthère qui prend la place de sage-femme, sans que le baron n'intervienne, tant il est impressionné par l'autorité qui émane d'elle et tant, à dire vrai, il serait incapable d'agir dans ces circonstances. Vie passée à diffuser la mort sans savoir comment aider la vie à grandir.

Aussi se recule-t-il, lance-t-il le feu. Grâce à Aristote, il y a avait de quoi lancer flambée en la cheminée. Un peu de bouleau, des petits morceaux de hêtre et hop, ça commençait à prendre. Bientôt, le reste arriverait et permettrait que la pièce soit moins froide.

Puis regard vers Ilmarin. Sans un mot, confiant dans le discours de ses yeux, il lui demande que faire, désarmé face à la situation...

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Sam 15 Mar - 15:19

Rester concentrée sur ce qu'elle palpe, devine. Fermer les yeux pour retrouver ces sensations lointaines.
Non.
Les rouvrir tout de suite. Retirer sa main comme si elle s'était brûlée.

*- Rappelle toi... Le froid... La neige... La douleur... Cinq jours entre mes mains. Je t'ai bercé, choyé, guidé sur le chemin de la lumière. Tu voulais mourir pour lui. Lui cacher ça.
- Laisse moi... Laisse moi... Tout est différent. Daresha vivra et son enfant aussi. Elle n'est pas seule...
- Tu ne l'étais pas. Rappelle toi. Il voulait rester près de toi et qu'as-tu fait? *

Le flash se dissipe, lui rendant la vue pour constater être au milieu de la pièce, Guillaume planté devant elle. Perdu. Inquiet. Pourquoi? Pourquoi cet homme qui avait envoyé Rhuyzar si loin s'en remettait-il à elle comme ça? Pourquoi lui, responsable de Ses déchainements, venait-il si près, si confiant alors qu'Elle veut l'égorger en remerciement du don de l'éloignement du seul rempart qu'il restait à la Forteresse?


Je... Secouer les derniers lambeaux qui s'accrochent. C'était sa voix qui avait hurlé cette nuit-là...? C'était sa voix, dans cette pièce, basse et rauque, comme voilée? J'ai oublié mon gant dans ma chambre. Ainsi que les herbes. Hésiter un instant. Elle voudrait bien lui offrir un regard rassurant mais ses pensées sont prises dans un maelstrom infernal. Hagarde...
Du coup, elle le pousse violemment en arrière, l'éloignant de Daresha pour gronder, le regard comme possédé. Comment un corps affaibli par les exercices, mal nourri et épuisé peut-il rester aussi tendu et pressant?

Ecoutez moi TRES attentivement Baron. Vous allez faire chercher Maharet toutes affaires cessantes. Vous allez vérifier que Kalian et Gabriel sont bien installés et leur indiquer que je serais ici pour les j... heures à venir. VOUS allez changer votre femme et la mettre à l'aise. Et VOUS resterez toute la nuit et toute la journée s'il faut. Prévoyez de quoi manger. J'espère que vous avez pris des forces.

Nouveau coup, sur l'épaule du Grand Maître, pour le repousser et se diriger vers la porte.

Je reviens. Vous savez quoi faire. Tout à intérêt à être en ordre, je n'ai pas la patience de me répéter. Regard noir fusillant une servante apportant des draps propres.

Bottes qui claquent à nouveau dans le couloir. Porte qui claque à nouveau. Verrouillée cette fois. Il lui fallait quelques minutes. Juste souffler. Juste Lui expliquer qu'Elle devait la laisser en paix quelques heures. Le bébé... Non... Il fallait qu'il vive... Ca s'annonçait long et elle espérait avoir mal compris les positions sous ses doigts...
Elle se dirige vers sa fenêtre, se laisse happer par le froid qui la transit subitement. Même là, même gelée, pas une seule perle ne coule.


Mon Loup... Tu me manques tant...

Brisée et vide... Daresha en plein travail. Suli et Kalian, heureux. Même Maharet semblait reprendre vie parmi la Licorne. Elle n'avait même pas eu la force de lui parler, s'excuser de son comportement.
Combien de temps passe dans ce vide apaisant? Suffisamment pour qu'elle passe une tenue propre, remette son gant, attrape les sachets préparés. Suffisamment pour que le mur de glace qu'elle oppose depuis plusieurs jours se remette en place. Suffisamment pour que la forêt retrouve un peu de son calme et chasse la tempête.

Guillaume a intérêt à avoir assuré. Elle venait de perdre les derniers lambeaux de courtoisie...

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Sam 15 Mar - 16:23

Paroles qui fusent, qui se veulent coupantes, qui se veulent sèches, mais qui ne font que dire ce qu'il aurait du faire depuis bien longtemps. Et baron qui a perdu bien de sa contenance en entrant chargé du natal fardeau dans le castel. Roseau qui plie plutôt que rompre, et qui attend la fin de la tempête... Sans se douter que maintenant qu'elle a débuté, personne ne sait quand elle trouvera sa fin. Si du moins elle doit en avoir une, ce qui est loin d'être acquis.

Puis coup d'épaule qui le réveille, qui el ramène là où il doit être, là où il doit agir, là où il ne doit pas la décevoir. Car la Panthère, malgré ce qu'il peut lui faire subir, malgré ce qu'elle peut, à tort ou à raison, lui reprocher, il désire qu'elle rejoigne sa famille... Si du moins le barbu tout là-haut veut bien leur en laisser le temps.

Aussi Guillaume reprend-il contact avec la réalité, et retrouve-t-il l'autorité que certains lui attribuent. Regard qui embrasse la pièce, tombe sur le petit Tyl, qui se rapproche du baron et entend ses paroles:
"Tyl, ik wil de jonge Maharet hier zie in tien minuten. Ze is in haar kamer. En daarna, ga naar de man Sulimo en de vrouw Kalian, en zeg hun dat Ilmarin hier de volgende uuren zal staan. En spreek in frans. En zeg aan de kok dat we voedsel nodig zal hebben. Ga*".

Puis il retourne vers Daresha, toujours couchée. Il s'agenouille près d'elle, lui sourit, puis lui glisse qu'il va devoir la changer. Passe dans son dos, délasse les noeuds de sa robe, puis revient face à elle, lui ôte sa ceinture et enfin les derniers noeuds retenant sa poitrine. Puis regard jeté à la ronde, et cris: "Ouste! Buiten! Plus personne ici! Niemand hier! Une robe! Een jurk! Snel! Vite!". C'est que sans ça, les quelques domestiques comptaient certainement se rincer l'oeil...

Guillaume se relève, défait sa cape, la passe sur son aimée dont il enlève ensuite la robe trempée qu'il dépose négligemment à côté du lit, il la ferait sêcher plus tard. Et enfin revient une servante avec une robe simple. Elle la donne au baron, qui la remercie d'un signe de tête, puis elle disparaît. Et Guillaume de se retrouver seul avec Daresha, l'aidant à revêtir son vêtement d'enfantement.


____________

*Traduction: "Tyl, je veux voir la jeune Maharet ici dans dix minutes. Elle est dans sa chambre. Ensuite, va voir l'homme Sulimo et la dame Kalian pour leur dire qu'Ilmarin restera ici pour les heures à venir. Et parle en français. Puis dis au cuisinier qu'on aura besoin de nouriture. Va".

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Daresha
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Sam 15 Mar - 20:16

Respirer.
Se calmer.
Respirer.
Se calmer.
Respirer.
Se calmer.
Respirer.
Se calmer.
Respirer.
Se calmer.
Respirer.
Se calmer.
Belle théorie.
Difficile pratique.

BAM!

Bam?
Sourcil interrogateur qui se lève.
Bam?
Une guerre? Une insolente tempete?
A dire vrai... Les deux, vu celle qui vient de faire une remarquable entrée dans cette chambre anonyme ou la liberté se fait attendre. Surprise et le souffle coupé, sa main enserrant celle de son Ame, elle reste a regarder la Panthère, sans comprendre ce que la Tornade a entrainé dans son sillage. Des mots. Froids si froids mais encore si lointains et qu'elle ne réalise pas. Ou qu'elle n'a sans doute pas envie de réaliser.
Fièvre.
Mort.
Mort.
Fièvre.
Non, elle ne réalisera pas.

Et la dame de St Front d'Alemps de continuer a houspiller le Baron de Marchiennes et de menacer les pauvres servantes du Castel qui, si ça continue, vont finir par déserter les lieux, ce qui ne serait quand meme pas une grande idée. Pas le temps de laisser s'échapper quelque mot, que le Chevalier se fait envoyer sur les roses. Mains qui se défont contre toute attente et contre toute volonté. Non... Il ne doit pas la laisser... Elle a besoin de lui... Apeurée, elle le regarde aller entretenir un feu timide, trop timide, alors que les mains tremblantes de la dame précedemment mentionnée se posent sur son front avant que de gagner son ventre, dans une délicate délicatesse à toute épreuve. Emeraudes qui cherchent avec inquiétude leurs semblables. Chercher mais ne rien trouver. La Blonde ne montre rien, semble se faire distante. Mauvaise impression due à l'angoisse surement. Pourquoi ça se passerait mal hein?

Respirer.
Se calmer.
Respirer.
Se calmer.
Respirer.
Se calmer.
Respirer.
Se calmer.
Respirer.
Se calmer.
Respirer.
Se calmer.
Toujours aussi belle théorie.
Toujours aussi difficile pratique.

Toujours silencieuse, elle laisse les ordres s'élever sans les comprendre vraiment. Elle veut juste sa présence. Elle le veut juste Lui. Elle veut juste ses bras. Et elle ne veut pas donner la vie. Elle ne veut pas etre mère. Parce que ce n'était pas prévu maintenant, si tant est que l'on puisse prévoir de tomber enceinte quand on le désire. N'empeche que ça serait assez pratique. Des bébés quand on veut, et pas quand Lui, la Haut, le veut. Quelle belle utopie que celle là. Et là, il y a un enfant qui ne demande qu'à se montrer.
Et enfin se rapproche l'être aimé. Enfin elle va retrouver son étreinte et peut etre resteront ils enfin tous les deux, enfermés dans cette pièce qui se réchauffe, enfermés entre quatre murs les abritant du monde extérieur. Et si c'était ça le bonheur? Rester simplement avec lui, dans ses bras, à l'aimer et à le laisser l'aimer, sans se soucier de rien? Oui ce doit etre cela. Mais dans un autre monde, un monde qui n'est pas le leur. Et qui ne le sera jamais.

Se consoler avec son souffle de nouveau sur elle, ses mains tendresse contre elle, sa présence à nouveau prêt d'elle. Se redresser legerement pour l'enlacer, pour tenter de ne faire qu'un tandis qu'il lui glisse ses intentions. Joues qui rosissent, gene qui la gagne. Du fait qu'il la déshabille? Surement. Mais il connait son corps, ses courbes et ses vallons. Il les a connus à la fois fins et délicatement avenants, puis arrondis maternellement. Il les a aimés, il les a désirés et les désirera surement encore. Mais ce n'est pas cela qui la travaille. Il y a le fait que ce corps libère les préliminaires à la vie. Et il y a...Eux... Oui, eux. Eux qui s'agitent avec draps et nourriture. Eux, ces inconnus, ces serviteurs. Eux devant lesquels elle n'a guère envie de se retrouver dénudée. Mais le Baron semble bien trop absorbé par sa tache. Avec douceur et amour, les fines lanières de cuir se retrouvent défaites, et sa ceinture retirée. Puis les mains chevaleresques viennent se positionner sur sa poitrine ronde pour y défaire les derniers remparts de cuir. Un regard apeuré qu'elle lui adresse. Il semble avoir compris et la pièce, sur un ordre efficace se retrouve vidée.
Et le Chevalier de finir ce qu'il était en train de faire, mais de la couvrir de sa cape tendrement avant que le morceau de velours trempé par leur péripétie dans la neige de se retrouver enlevé et déposé négligemment sur le coté.

Se blottir contre lui, pour se réchauffer et malgré tout cacher son enveloppe corporelle dénudée, qu'elle n'a jamais réussi à assumer. Pudeur intestine, d'autant qu'il reste des marques, des cicatrices qu'elle aurait jamais aimé lui montrer, mais qui sont là, malgré tout. Et puis la servante se présente enfin avec un autre morceau de tissu, robe simple taillée dans du lin clair. Gestuelle délicate, comme toujours. Et le corps maudit de se retrouver couvert.

A nouveau le calme et le silence. Panthère disparue elle ne sait ou. Serviteurs qui doivent s'activer aux dernières volontés. Il manque encore les draps, des linges propres, des grands bols d'eau chaudes, quelque nourriture dont elle n'a toujours pas compris l'intéret. Mais là qu'importe. Elle n'est pas sur ces détails. Elle est juste sur Lui.
Il sera père, pour la première fois.
Elle sera mère, pour la seconde.
Seront ils une famille?
Réflexion qui prend fin, interrompue par d'autres servantes. Cette fois il faut changer les draps du lit. Et bien soit. Draps de toile épaisse et encore immaculés. Aidée de son Ame elle prend place difficilement dans un fauteuil juste a coté, le temps que tout ce beau monde s'active. Et puis vient le moment de prendre a nouveau place sur le lit. De se retrouver callée au milieu d'épais coussins.De garder encore les jambes allongées. Et de l'inviter a s'assoir a coté d'elle. Encore un peu.
Avant...

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Zalina

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Sam 15 Mar - 21:52

Ame noire de vide. Coeur vide de noir.
Zalina cherchait son Maistre pour lui dire au revoir.
Mission terminée, on n’avait plus besoin d’elle ici. Il était temps de reprendre la route pour… peu importe. Elle n’en savait rien.

Couloirs, salles vides, encore couloirs.
Diantre que ce château est grand. La Licorne d’Or n’est pourtant pas si petite que çà. Il devait bien se trouver quelque part.
Couloirs, bureau vide, encore couloirs.
Couloirs agités ceux là. Des serviteurs qui courent, se bousculent, s’agitent en tous sens.
Il se passe quelque chose… Maistre en danger ? Non. Pas en ces terres.
Daresha ??? Le bébé était déjà attendu depuis plusieurs jours. Est-ce que … ?

Zalina s’approche de la porte où tous entrent et sortent.
Elle tend la main vers la poignet… puis la retire aussi vite. Non.
Il n’avait pas besoin d’une peste. Elle n’avait plus rien à faire ici.
Pour une fois, elle ne dérangerait pas. Direction les cuisines pour demander de quoi manger quelques jours. Et reprendre la route.
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maharet

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Sam 15 Mar - 23:23

Maharet après avoir suivie son amie avait été par guidé dans une chambre somptueuse, rien à voir avec les petites chambres d’auberges ou même celle qu’elle avait eu à une époque en Alençon. Plus un appartement qu’une pièce où se reposer. Petit sourire en songeant à la pièce unique qui les avait abrités Tristan et elle au cloitre.
Mère indigne qui n’a jamais donné un véritable foyer à son unique progéniture, ne connaissant qu’errance et chambres de location. Combien aurait-il été plus épanoui dans une chaumière, jouant dans un jardin avec sa mère et sa nourrice.
Doux rêve que la jeune femme avait caressé en voyant son ventre rond, préparant leur maison à Verneuil dans l’attente de sa venue. Souvenirs auxquels elle s’était raccrochée en partant pour la Bretagne, souvenir mourant, virant au cauchemar en devenant apatride.
Maharet frissonne, se plonge dans un bain fumant préparé à son intention.
Elle se délasse, profite de ce moment pour fermer les yeux. Jurant qu’elle donnerait un foyer stable à son petit démon.

La jeune femme plongée dans un sommeil sans rêve, emportée par le bien être de l’eau, n’entend les coups à la porte, du moins pas les premiers jusqu’à ce qu’un poing impatient se mette à la tambouriner. Voix derrière la porte, enfantine et légèrement rauque. Rougissante, l’écuyère sort de son havre, s’enveloppe dans un long drap. Elle s’approche de la porte sans l’ouvrir.


Oui, qu’est-ce que c’est ?

Madame, madame Maharet… Madame la comtesse… elle… va avoir bébé… monsieur demande à vous voir vite… très vite. S’il vous plait venez.

Rousse dégoulinante passe à la hâte une robe, noue sa chevelure dans un catogan. Lorgne ses bottes.

Pas le temps ! Grogne-t-elle en enfilant une paire de simple chausse.

Ouvre la porte en essayant de sourire au garçon sous tension. L’écuyère efface les plis invisibles sur sa jupe avant de la refermer pour le suivre.


Comtesse en plein travail, silencieuse. Grand Maistre et futur père à la mine sombre, amie disparue… Entrer à la suite du gamin et ne voir personne, elle se dirige directement vers une table pour vérifier que rien à été oublié. Elle avise une femme et doucement lui chuchote :

Allez chercher un morceau de cuir au cas ou cela se compliquerait, il ne faudrait pas que madame la Comtesse se retrouve à mordre sa langue ou ses lèvres pendant le travail. Maharet la rattrape avant qu’elle ne s’exécute. Vous pouvez s’il vous plait aller chercher dame Zalina… Elle était avec nous et elle serait une grande aide…

La jeune femme se dirigea vers messire de Jeneffe. Un instant hésitante. Il n’était ni l’heure ni l’endroit pour elle de se la jouer jeune écuyère intimidée.

Bonjour monsieur, Tête qui s’incline. Il faudrait m’aider à mettre madame la comtesse au bord du lit et faire apporter beaucoup de coussin afin qu’elle puisse garder une position assise. Le travail qu’elle entreprend est rude… et elle ne pourra aisément donner le jour que si elle réussit à… *réfléchit maha, ne parle pas d’expulsion…* se délivrer convenablement de l’enfant à venir.
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Zalina

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Lun 17 Mar - 16:17

Aux cuisines, tout le monde s'active. A croire que l'on préparait un banquet pour quelques festivités de la plus haute importance.
L'ombre longe les murs et attrape discrètement deux miches de pains. Elle remplirait sa gourde aux écuries en prenant sa monture. Rien d'autre n'était nécessaire pour disparaitre.
Et elle était bien décidée à disparaitre notre Gamine.

Zalina s'apprêtait à sortir de la cuisine quand une servante tenant un morceau de cuir l'attrapa par le bras. Pris en faute, la main dans le sac.
La jeune fille ouvrit la bouche pour justifier son "vol" de pain mais la servante fut plus rapide.
Comtesse, bébé, Maharet demande sa présence.
Qu'est ce que l'on fait encore là à discuter ? Les pains volent vers une table pour finir à coté. Oups raté. La jeune fille est déjà dehors.
La chambre, c'était quelle porte ? Et cette servante qui n'avance pas assez vite... Zalina se retourne en lui faisant signe de presser le pas et finit par arriver en courant à la chambre.

Cette fois, elle ouvre la porte.
Une Comtesse allongée et pas avec la meilleure mine, Maharet à son coté, et un Maistre. Pas d'Ilmarin ? Une seconde de panique pour la Licorneuse. Des accouchements, elle n'en a vu qu'un. Le sien. Et on ne peut pas dire qu'il se soit passé au mieux, vu qu'elle y a tué sa mère.
Surtout ne pas inquiéter les futurs parents. C'était ce qu'avait noté la défunte maman de Zalina dans ses notes d’apprentie Sage femme. Alors on sourit. Sourire qui sonne faux devant sa mine maussade des dernières semaines. Mais tant pis, on persiste.
Un coup d'œil au ciel pour une dernière prière. Aristote, nous avons un marché. Je n'accepte plus de récompense et toi tu les laisses tous en vie. N'oublie pas.
Puis retour dans la chambre. On tente de détendre l'atmosphère ?


Bonjour tout le monde.
Alors çà y est ? Il se décide à arriver ce beau bébé ?


Oui bon, on fait ce que l'on peut hein.
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Ilmarin

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Lun 17 Mar - 17:41

Dernier détour avant de revenir. La Panthère vacille une dernière fois, s'appuie sur un mur pour retrouver son calme de façade. La ceinture de cuir noir qu'elle avait mis sur ses reins, pour maintenir son dos, l'étouffait et pourtant, il fallait serrer autant pour tenir. D'une main droite malhabile et tremblante, elle desserre un peu les lacets de la chemise beige en partie cachée par ce soutien. Poitrine soulignée par ce maintien rigide, poitrine à la respiration saccadée et à la limite de l'étouffement, poumons secoués par le froid qui caresse sa peau ainsi dégagée.

*- Sois réaliste pour une fois. Ce n'est pas la rigidité qui t'asphyxie. C'est ta lutte contre moi. Laisse toi aller... Viens dans mes bras... Laisse moi chasser ce souvenir...
- Va au diable! Tu mélanges tout!
- En es-tu si certaine...?*

Qui siffle donc dans ce couloir? Oh... C'était ses poumons... Non, pas maintenant... Daresha... Inspire... Expire...
Toux convulsive au lieu d'un rire bienvenu. Elle se retrouvait avec les mêmes gestes que la future mère. Ca ira... Elle tente un coup de rein pour se redresse, manquant d'hurler sous la décharge douloureuse du geste. Saleté de printemps en Flandres...
Encore une hésitation. Pourquoi le château tourne-t-il aussi vite? Boarf, encore un vertige...
Qui va faire confiance à une saoularde en réalité à jeun mais à bout... Daresha... As-tu seulement fait le bon choix...

BAM!
Bon, d'accord, elle aurait pu faire plus amical comme retour mais le coeur n'y était pas. Pourvu que ses traits aient l'air moins tiré... Pourvu que son teint soit moins pâle... Pourvu qu'elle avance sans tituber vers la Comtesse...


Zalina! Maha! Je vois que mes demandes ont été acceptées et accomplies promptement. A moins que je n'ai été absente plus longtemps que prévu?

On ne peut pas dire que sa tentative d'humour, sans sourire et d'un ton cassant, soit des plus réussies. Ses Emeraudes revêches examinent attentivement la pièce, qui répondait enfin aux attentes dignes d'un accouchement.

Guillaume, je vous laisse préparer une infusion pour votre femme. Paquet jeté vers le Grand Maître sans même vérifier s'il avait capté son geste. A lui souhaiter qu'il ait des réflexes... Maha, je peux te parler un instant avant de déplacer Daresha s'il te plait?

Blonde semblant errer entre deux mondes qui se dirige vers une table, faisant mine d'étudier ce qui a été apporté. Saisissant le savon et un torchon, défaisant son gant pour se laver la main, offrant aux regards paume et poignet couturés de cicatrices très fines.
J'ai essayé de trouver la position de l'enfant, comme j'avais appris à une époque. Je ne suis pas certaine de ce que j'ai senti. Mais si c'est le cas...

Silence lourd, cherchant la force de prononcer le mot.
Si j'ai pas perdu la main. Si ma mémoire est bonne. Et si le bébé n'est en fait pas trop gros ou malformé ou mal placé. Si la mère n'a pas le bassin trop étroit. On doit envisager... Un siège...

Regard perçant cachant mal le vide qui se tapit derrière se plantant dans celui de son amie.
Il faut regarder où elle en est. Evaluer le rythme des contractions. Se préparer au pire... Guillaume doit rester, tu m'entends? Je sais que c'est à l'opposé de toutes les coutumes. Il DOIT rester. J'ai besoin de vous... Je... Je ne sais pas si... Je vais tenir...

Nouveau silence quand elle s'approche d'une bassine et commence à laver ces mains dont elle doute.
Je suis désolée pour mon attitude. Ce n'était pas contre vous. J'ai juste... J'arrive pas... Soupir à fendre l'âme J'avais besoin de temps depuis Laval, je n'ai pas pu faire ce que je devais. Et j'ai craqué... Je te présente mes excuses Maha, je suis tellement contente d'être près de toi...

Féline qui se sent soulagée d'avoir pu, maigrement, tenter de faire comprendre à son amie combien sa présence la réconfortait, l'aidait, la soutenait, malgré les apparences. Bain chaud qui se prolonge alors qu'elle masse, sans se rendre compte, elle si pudique d'ordinaire concernant cette faiblesse, sa dextre. Essayant de retrouver des esprits perdus dans des limbes.
Se concentrer sur Daresha et essayer de ne pas La laisser tuer Guillaume.
Vaste programme...

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Lun 17 Mar - 19:54

Et hop, colis qui vole des bras félins au corps licorneux, chevalier qui dans un réflexe provoqué par une porte fracturée - les charpentiers vont finir par lui faire une charte de fidélité, à dix portes éclatées, la onzième gratuite - l'attrape et dévisage l'expéditrice. Ilmarin, encore plus froide qu'à l'accoutumée, encore plus effrayante peut-être même... Mais Ilmarin en qui il confie tout ce qu'il a de plus précieux... après que lui ait été incapable de protéger ce qu'elle avait de plus précieux, et s'enfonce dans la négation pour tenter, du moins le pense-t-il, de la protéger de sa propre ignorance.

Bon, c'est pas tout ça, mais il y a une infusion à faire... Une infusion... Je vous jure... Elle lui aurait demandé de construire un trébuchet en cure-dents qu'il aurait eu plus de chance de réussir. Mais une infusion... A se demander si en fait il n'en avait jamais fait une seule... Mais en même temps, pas le choix. Les paroles tombent comme des ordres et puis, si lui obéir peut lui éviter une crise de nerfs, ce ne serait pas du luxe...

Alors, il ouvre le paquet... Ou plutôt il le déchire et en étale le contenu sur une table... Des feuilles, des feuilles et encore des feuilles... Bon, trouver de l'eau maintenant... Voila... La faire bouillir... Heureusement que du bois était arrivé... Puis jeter ces trucs bizarres dedans quand l'eau se mettra à jouer sa symphonie des gros bouillons... En attendant, se retourner vers les dames... le gynécée devrait-il dire si l'heure était moins à la préoccupation...

Discussion entre la dame et l'écuyère... Ca, ça n'augurait rien de bon... Pas qu'Ilmarin semble inquiète... Vu le masque qu'elle portait depuis des semaines, Guillaume ne savait rien y lire... Mais le fait qu'elles parlent toutes les deux à l'écart... Et que la discussion ne tournait certainement pas autour des dernières bottes à la mode de Bruges...


- Prshiit! Sprit! Pffuiiii!

Voila que les bouillons apparaissaient... Guillaume se retourne, y jette les feuilles, mélange la potion, et se retourne avec quelque chose qui ressemble somme toute à une infusion... Bon, ça y était... Oui, mais Maharet cause toujours avec Ilmarin... Les interrompre... Non, pas cette fois... Alors, s'avancer près de son aimée, poser la mixture non loin, et lui caresser le visage, lui souffler des mots: "Ma douce... Mon âme, vos amies sont là... Elles vont vous aider... Et grâce à elle, bientôt, vous serez mère et je serais père... Vous les connaissez... Tout se passera bien..."
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Zalina

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Mar 18 Mar - 0:46

Porte qui claque et tornade blonde qui entre.
Ilmarin est dans la place. Sourire de Zalina qui s’agrandit un peu plus et franchement cette fois. La Panthère sait tout. Elle saurait forcément comment aider la mère et le bébé. Tout irait bien maintenant.
Un signe de tête pour la saluer et elle suit le paquet qui vole à travers la pièce. Direct dans les mains du Grand Maistre. Grand Maistre qui ne semble pas très à son aise avec l’infusion.

La Cavalière surveille d’un œil Ilmarin et Marahet et de l’autre son Maistre et son infusion.
Cette conversation entre les dames l’inquiète un peu. Mais Ilmarin sait sûrement ce qu’elle fait. Puis Marahet est maman. Elle sait aussi quoi faire. Puis Daresha a déjà eut un bébé. Trois expertes pour un accouchement, que demander de plus. Tout va bien se passer.
Et le Maistre des lieux ? Il s’en sort pas trop mal finalement. Au moins sait il qu’une infusion, çà se fait avec de l’eau bouillante. Mais, comme son écuyère, il a laissé les petits poissons dans le bouillon. Cerri avait dit qu’il fallait enlever les poissons pour éviter que la personne qui boive l’infusion s’étouffe. C’était pourtant bien plus drôle avec les poissons. Mais bon… Puisqu’il faut enlever les poissons, enlevons les poissons. Il parait qu’il faut les réserver pour les bains.

La Gamine s’approche de la Comtesse et récupère le récipient préparer par le futur papa et elle se dirige vers la table. Un tissu pas trop épais… Oui voilà. Et voilà comment filtrer l’infusion.
Et une jolie petite infusion sans poisson pour une gentille future maman, sans poisson.
Elle repose le récipient où elle l’a prit et adresse un clin d’œil à au Flamand.

Oui, tout va bien se passer. Ilmarin et Maharet gèrent tout.
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maharet

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Mar 18 Mar - 16:00

Aucune raison de s’inquiéter quant à l’accouchement, la blonde depuis le Maine n’a pas touché à une goutte d’alcool. C’est que mine de rien l’écuyère y a veillé. Elle ne l’a pas épié mais presque. Durant le voyage, l’écuyère est restée en retrait des disputes, n’a fait montre de sa présence si peu nécessaire que lorsque la situation l’exigeait, à savoir jamais et elle était bien à l’arrière.
Bon maintenant que le grand moment était arrivé, il fallait être concentrée. Donc pensées négatives au seuil, mettre la Comtesse dans une position plus confortable pour qu’elle mette bas et elles ne seraient pas de trop à trois.

Une inspiration décidée, Maharet prête à déplacer la femme enceinte.

La porte s’ouvre sur la cavalière, un sourire s’affiche sur le visage de la jeune femme. Elle voudrait répondre à sa fausse bonne humeur mais Ilmarin rentre à cet instant suivie de la bonne tenant en ses mains le précieux morceau de cuir. Elle incline la tête en signe de remerciement. Son regard se pose sur son amie aux traits tirés. Son instinct de mère a envie de se précipiter, pourtant elle reste stoïque. Seul un sourcil se relève. *Pas d’affolement maha, Ilmarin ne maltraite que les portes… enfin espérons mais tu sais que jamais elle ne nuira à la Comtesse.* Hochement de tête imperceptible d’un accord qu’elle se donne.


Bonjour mesdames, sourire apaisé en façade.

Elle plisse sa jupe, remet de l’ordre dans sa chevelure, mordille l’intérieur de sa joue. Tic d’une jeune femme qui ne veut pas montrer son trouble. Elle ouvre la bouche certainement pour sortir une parole anodine, histoire de… Et puis non, elles ne sont pas la pour boire le thé et l’attitude de la panthère la laisse trop perplexe pour essayer quoique ce soit. Pas une œillade n’est jetée au cavalier alors qu’il doit l’aider dans son entreprise. Maintenant qu’ils sont tous là, il serait peut-être temps de se mettre au travail, non ? Apparemment pas encore, bon.

Elle se dirige vers Ilmarin, et autour d’une bassine devise à voix basse. Rousse qui tente de garder une attitude posée. Oreille qui se tend. Respiration lente d’une écuyère qui intègre les informations. Main qui retrouve la douce chaleur d’une chevelure disciplinée, geste qui l’aide à se remémorée les livres dévorés avant son accouchement.


Bon, lèvre mâchouillée. On est trois et oui je comptais faire Partir le Baron… Mais soit il va rester et on va lui trouver une occupation pour que la Comtesse et lui n’aient pas à trop souffrir de cet événement. Il faut du beurre. Ne me regarde pas avec ses yeux là, qu’elle soit ou non étroite, si l’enfant arrive autrement que par la tête il va avoir besoin d’espace pour sortir… Ah oui et du fil de soie avec une aiguille. Temps de pause qui l’oblige à réfléchir vite. Le sachet que tu lui as donné c’est pour qu’elle se détende ? J’ai fait mander un morceau de cuir… Et avec Zalina on te secondera… on lui tiendra les jambes écartées… Jade dans le vague, pupilles rétrécies voguant tel un bateau toutes voiles dehors.

L’écuyère compose un sourire à l’attention des occupants de la chambre.


Sœur Zalina… J’espère que tu as déjà assisté à un accouchement … sinon bienvenue dans le monde des sages-femmes.

Sa main glisse dans l’eau à la recherche de celle valide de son amie, regards soudés, sourire familier.

Tu n’as pas à t’excuser, je ne sais ce que tu as vécu et il n’y a pas si longtemps tu ne m’aurais pas reconnu. Disons que notre amitié va au-delà de ce petit différent. Et tu as de la chance qu’on ait une femme à accoucher sinon je t’aurai prise dans mes bras.

Tête qui se tourne de nouveau vers la cavalière.

Peux-tu venir s’il te plait ? Pendant que tu te laveras les mains Messire de Jeneffe et moi allons aider la Comtesse à se mettre dans une meilleure position. Tout bas à l’attention de la panthère sans lui faire face. Explique un peu à Zalina qu’elle ne soit pas affolée en cas de complication.

Fait quelques pas avant de s’arrêter encore et de se retourner complètement.

Ilmarin… J’ai confiance en toi et tout va bien se passer. Je serai ta seconde main…

Et Maharet sans un mot de plus d’aller rejoindre son Grand Maistre un sourire apaisant sur le visage.

Je sais Monsieur qu’il est d’usage de laisser ce travail aux femmes et qu’il est de convenance de faire sortir tous les hommes mais je vous prierai de rester à ses côtés la main dans la sienne. S’il y a une personne qui peut l’apaiser en ce jour, cela ne peut être que vous.

Avant de faire le tour du lit, Maharet doit regarder le col de la comtesse.

Bonjour Ma dame. Avant de vous déplacer, je vais regarder où vous en êtes du travail mais pour ca vous devez vous mettre sur le dos.

Pas la peine de rajouter qu’elle va lui ouvrir les cuisses et regarder son intimité de près, cela pourrait susciter chez la Comtesse un regain de pudeur.
Comtesse qui s’exécute, geste tendre des mains sur ses genoux. Ouverture progressive des jambes. Bouche obstinément close.


Bon Monsieur, nous devons nous hâter de mettre madame en bonne position. Ilmarin et Zalina il serait préférable *ne pas dire urgent, surtout pas* pour vous d’arrêter de faire trempette car un bébé a comme l’idée de venir sans nous.

Maharet fait le tour du lit, passe un bras sous l’épaule de la comtesse, prend le sien pour qu’elle le mette autour de sa nuque en appui, son autre main sous le bassin pour la soulever, espérant que le chevalier fasse la même chose afin de la mettre rapidement sur le bord du lit.
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Daresha
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Mar 18 Mar - 22:56

Suivre de loin l'agitation qui gronde autours d'elle et à son sujet. Lassants va et vients, des servantes, des licornes, une Panthère, un Chevalier... Une faune sauvage qui aurait été très intéressante à étudier dans un autre temps et à un aute moment. Impression d'etre dans un autre monde, un monde parallèle mais pas moins lié à l'autre. Comme musique de fond, le son grandissant et retentissant de son coeur, entrainant une douleur au fond de sa poitrine arrondie. Et il y a aussi les contractions qui la prennent au niveau de son ventre et qu'elle s'évertue à ne pas laisser paraitre, tout comme cette peur qui s'insinue dans son etre fragile.

Regarder Guillaume revenir pret d'elle et mettre fin à ce froid qui s'était installé malgré la chaleur grandissante de la piece. Prenant sa main dans la sienne sans grande délicatesse toutefois, elle la serre, comme pour lui transmettre une partie de sa douleur. N'est-il pas en partie fautif après tout? Autant qu'il vive un peu le résultat de leur péché.

S'installer, sur ordre de Maha et avec son aide et celle de son Ame, sur le bord du lit, alors que se préparent des armées de coussins épais qui n'attendent qu'une chose : se retrouver placés dans son dos. Epreuve difficilement surmontée tant la charge est lourde. Et cette tete qui commence à tourner. Envie étrange de dormir, de se laisser tomber sur le lit pour récupérer un peu de force avant de libérer leur enfant, leur fils, ou leur fille... Mystere encore grand sur le sexe de l'enfant qu'elle lui donnera. Seule sa nature est déja connue : batarde de Jeneffe Riddermark, batarde d'une Rose impériale et d'une Licorne royale. Enfant qui sera malgré tout aimé et elevé comme le serait un engence légitime. Mais avant de se projeter sur un futur qui, bien que proche soit encore loin, il faut expulser. L'ange à l'ascendance chimérique est encore dans son cocon maternel d'eau et de sang, qui soit dit en passant, à commencé à s"ouvrir... Elle le sent, mais n'en dira rien, trop égarée dans ses songes qu'elle est, se refusant d'affronter l'instant qui réclame pourtant toute son attention. Sans elle, il sera en effet difficile de récupérer la mini Comtesse ou le mini Chevalier.


- Ne... Ne me laissez pas... Regard triste et suppliant adressé au Chevalier, accompagné d'une voix tremblante comme le corps comtal. Tremblements de peur et de froid. Mais il fait chaud en meme temps. Serait-ce la fièvre qui la gagne, résultat de sa promenade inconsciente dans la neige flamande? Sans doute l'infusion préparé avec soin par son Ame et la jeune Poitevine lui fera grand bien. Sourire et leger signe de tete adressé pour remercier la jeune fille. Sourire amoureux au Baron et leger geste en direction de la tasse fumante.
Atchoum!
AAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!!!

Eternuement suivi d'un cri de douleur. Eternuement imprévu qui a eu la bonne idée de lui arracher un contraction monumentale, vite suivie d'une bordée de jurons qui, pour des raisons de censure et respect des jeunes lecteurs, ne seront pas retranscrits ici. Nous pouvons seulement laisser filtrer un : - Je veux pas accoucher!!!!! Digne d'une jeune femme qui n'aurait jamais connu cet unique moment.

Bon, la Comtesse ne semble pas décidée à vouloir lacher son bébé. S'arranger pour ramener son amour vers elle, et poser sa tete au creux de son épaule pour y puiser force et courage. Sentir son odeur et sa chaleur, s'en ennivrer. Se faire bercer amoureusement. Et pleurer tandis que la pluie qui commence à perler sur son visage se fait accompagner d'un autre ruissellement entre ses cuisses tremblantes. Ruissellement au rouge suspect qui vient tacher le lin clair...

- J'veux pas accoucher/...
J'veux pas accoucher...
J'veux pas accoucher...

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Zalina

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Mer 19 Mar - 15:56

Sœur Zalina… J’espère que tu as déjà assisté à un accouchement … sinon bienvenue dans le monde des sages-femmes.

Jeune fille qui déglutit difficilement. Euh…il faut répondre là ?
Ce n’est surement pas le moment de raconter sa propre naissance et ce qui a suivit. Daresha a l’air suffisamment angoissée comme çà, et le Maistre n’est pas des plus détendu.
Oui. Ne pas répondre. Un joli sourire et on passe à la suite sans répondre.

La suite, c’est se laver les mains ? Bon.
Zalina laisse son Maistre pour s’approcher des deux dames. Juste à temps pour saisir un bout de la phrase de sa sœur. En cas de complication ? Quelles complications ? Comment çà des complications ?
La jeune fille palie un peu plus et interroge Ilmarin dans un murmure.


Il n’y aura pas de complications ? Hein ? C’est une plaisanterie entre vous ? Hein, dites, dame Ilmarin ?

Faire comme si tout allait bien. On respire et on fait comme si tout allait bien.
Maharet a dit se laver les mains. La Cavalière plonge les mains dans la bassine mais garde son regard inquiet rivé sur la Panthère.
Jusqu’au cri de la Comtesse.

Zalina se retourne prestement et en renverse une partie de la bassine.
Nouveau déglutinent difficile et teint devenu plus que pale cette fois. C’est quoi tout ce truc rouge ? Notre Gamine n’y connait rien. Mais c’est rouge la perte des eaux ? Elle voyait çà plutôt blanc ou transparent.
Mains lavées. Et jeune fille en panique total qui essaie de faire comme si tout allait bien, comme si rien ne l’inquiétait.
Oh bon sang… Aristote, tu n’as pas intérêt à oublier notre marché. Ou çà va barder !
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Ilmarin

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Jeu 20 Mar - 4:36

Eau se décomposant en perles transparentes fines et délicates, se heurtant pour donner naissance à un caplotis agréable, douceureux, presque berçant. Que répondre à son amie à part un regard plein de remerciements silencieux et d'amitié?
Avant de se reporter sur ses soins, exagérément longs mais...


- * -

Une forêt. Enneigée. Aux tintements de cristal des stalactites mortels. A la solitude figée chantant ses sarcasmes dans les cimes esseulées des sapins de l'Est.
Butter. Une première fois. Dans un tronc gelé. Puis une autre. Main squelettique qui se referme. Sur un bustier trempé. Comme pour en arracher quelque chose.
Se tordre. Peiner à avancer. Mordue par les larmes gelées à peine sorties de ses paupières.

- * -


Il n’y aura pas de complications ? Hein ? C’est une plaisanterie entre vous ? Hein, dites, dame Ilmarin ?
Violent retour dans le présent. Ne pas lever les yeux. Rester absorbée dans la bassine. Regarder les perles s'accrocher. S'accrocher dans les veines grises et pas naturelles. Plonger dans l'infamie d'un moment de faiblesse où Suli n'était pas là pour la sauver...
Plonger ensuite dans un torchon, le temps d'ordonner ces pensées. Trouver les mots juste pour ne pas...


AAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!!!
*AAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!!!*
- * -

- Ma quessecé c'travail? 'fin cte boucherie plutôt? Pouvait-y pas venir hier?
- Me dites pas que...
- Si fait... Hélas, si fait... Va t'falloir êt'courageuse...
Pourquoi tout était devenu brûlant d'un coup? Embrumé? Douloureux? Qui avait poussé ce cri déchirant, capable de réveiller un mort? Qui vrillait les tympans et perçait l'âme? Sûrement pas un être humain...
- * -


Nouveau retour violent dans le présent. Les cris, conscient et inconscient, se sont mélangés. Daresha, dans sa douleur, a ouvert une brèche soigneusement scellée. Et pourtant, elle ne se tourne pas, finissant de sécher avec soin cette main faiblarde.
Non, elle n'est pas omnisciente mais le cri de la Comtesse et la réaction de Zalina, sans compter les avertissements de Maharet parlent d'eux-même.

Le carnage essayait de prendre un coup d'avance.

Deux pas en arrière, Ilmarin se place entre la jeune fille et la destination de son regard, l'obligeant à supporter la dureté des Emeraudes.


Za, écoute moi. Ecoute moi TRES attentivement. Le bébé se présente mal. Par le siège. Daresha ne doit PAS le savoir tout de suite, et ton Maître le découvrira en temps et en heure.
Salive avalée rapidement, capturer le regard pour le maintenir dans le sien.
Daresha va perdre du sang. Je ne sais pas en quelle quantité. Parce qu'en plus, comme c'est son deuxième, il arrive plus vite, tu l'entends je pense.

Un pas de côté, haussant violemment le ton pour que les servantes guettant sûrement pas loin entendent.

On se bouge! Bassine à nettoyer!

Un pas en arrière pour revenir vers Zalina.
Tu vas aider Maha à tenir la Comtesse et écarter ses jambes, basculer son bassin selon ce que je vous dirais d'accord? Les fesses du bébé vont passer en premier, ce qui va nous compliquer la vie pour libérer ses épaules et sa tête des hanches de sa mère. On aura très peu de temps pour réagir tu comprends?
Ah, et vu que tes mains sont encore à laver, récupère du fil de soie, une aiguille et du beurre. Fais ça avant de me rejoindre.


Elle tente un sourire qui ressemble plus à une grimace. Statue figée dans ses démons intérieurs au bord du craquage. Et dire qu'elle se voulait rassurante...

- * -

- Y s'accroche on dirait. T'jours aussi sûre eud toi?
- Le choix a été fait. Allez...
Mais qui a cette voix si fatiguée? Si lasse? Qui prendrait le temps de soigner une morte-vivante? Pourquoi ces cuisses maudites semblent peu à peu recouvertes d'un drap poisseux et chaud?

- * -


- J'veux pas accoucher...
J'veux pas accoucher...
J'veux pas accoucher...

Oh que si
Oh que si
Oh que si.
Alors. Voyons voir ce que tu vas nous pondre. Je vois que le bébé est comme les parents, pressé de faire ses âneries en douce.

En fait, une âme charitable devrait lui dire que personne ne peut plaisanter avec elle vu le ton de sa voix et son attitude.
Elle s'accroupit, remonte la robe sur les genoux de la Comtesse, glissant sa main gauche entre les cuisses - retenir une grimace en sentant le liquide poisseux sur ses doigts - essayant de garder un regard de marbre en cherchant celui de Maharet.


Baron, faites lui boire la tisane. Hydratez la au maximum tant que les contractions ne sont pas plus fréquentes.

Un "trop tôt" inquiétant est esquissé par ses lèvres en direction de sa rousse amie. Sans oublier le regard inquiet qui s'attarde sur cette main devenue incontrolable quasiment et qui pourtant va tenir deux vies entre ses doigts.
Vies qu'il est hors de question de laisser couler tel le sable du temps.

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Daresha
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Jeu 20 Mar - 17:32

Meme pas la force de dire a la blonde féline que son humour est hautement limité. Ou alors le sens de l'humour a déserté la Comtesse. Allez savoir laquelle des deux n'est pas dans son état normal. Les deux certainement, mais d'aucune n'a envie de s'en rendre compte, bien trop obsédées qu'elles sont pas tant de choses qui fusent dans leurs esprits fatigués et sollicités.
- Non... Je... Je veux pas.... je veux pas....
Enserrer son ventre dans ses mains, s'imaginant pouvoir repousser le moment et retenir son enfant en elle. Serrer les dents aussi pour retenir la douleur qui ne cesse de grandir, entretenue par les contractions qui augmentent et qui ne prennent toujours pas le rythme de ses respirations. Ou alors peut etre est-ce sa respiration qu'elle n'arrive toujours pas à dresser?

Mais en cet instant elle ne désire qu'une chose. Rester pret du chevalier. Rester dans ses bras à s'ennivrer encore et toujours ce tout ce qu'il degage. Il est sa protection contre les vices du monde dans lequel ils évolue, il est cette armure dont elle a besoin pour ne pas sombrer. Il est elle. Il est en elle, ancré dans sa chair, dans sa peau et dans son sein.

- Dites leur que je veux pas... pas maintenant... je veux pas...je veux pas...s'il vous plait...
Voix qui murmure, qui tremble et qui implore ce qu'il ne pourra pas lui apporter. Le compte a rebours est déclenché et rien ne pourra venir arreter le processus de naissance qui ne cesse de faire grandir en elle cette peur brulante. Mots rassurants sussurés par le Baron qui, de toute façon ne saurait faire quelque chose de plus utile.

- Baron, faites lui boire la tisane. Hydratez la au maximum tant que les contractions ne sont pas plus fréquentes.

- Non....
Mais si pourtant. Et la Licorne Royale se remplir cette nouvelle tache ordonnée par la promise de son capitaine et frère. Mais Comtesse qui n'a pas envie de boire. Trop chaud. Trop froid. Pas soif. Mais elle cedera à quelques gorgées qui finiront par glisser dans sa gorge seche. Tasse qui reprend place sur la table juste a coté. Front qui se met à bruler et qui reçoit une douce caresse avant que la prochaine épreuve ne se présente. L'installer, la préparer, mais contre son gré. Elle ne se laisse pas faire la Comtesse. Surtout depuis que son regard a decouvert le lin teinté de rouge.
- Pas vouloir... laissez moi... veux pas... veux pas bébé...


Voilà qu'il est sans doute temps de faire preuve d'autorité. Et tant bien que mal, la jeune femme de se retrouver le bassin au bord du lit, les jambes repliées et les pieds appuyés sur le rebord du bois, soutenue par son Ame qui, contre toute règle de l'accouchement est invité à rester. De toute façon, elle n'aurait pas accepté ne pas l'avoir pret de lui. Refus qu'il l'abandonne. Refus de donner la vie. Refus de lui donner un fils ou une fille.
Et toujours trembler plus.
Et un regard qui se met à se voiler.
Mais ne rien en dire. Surtout pas.

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Zalina

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Ven 21 Mar - 0:59

Ilmarin qui se place entre elle et la vision du sang. Zalina sent son angoisse monter d’un cran. Le regard est trop dur pour qu’il n’y ait pas raison de s’inquiéter. Elle plonge son regard dans les Emeraudes et retient sa respiration.
Ce qu’elle va dire, elle ne veut pas l’entendre. Elle s’en doute déjà mais refuse de l’admettre.
Non, tout va bien se passer. Tout va …
Trop tard. Les mots ont été prononcés. Bébé qui se présente par le siège, Dame qui va perdre du sang. Zalina fait un pas en arrière, le souffle court. Elle s’appuie sur la table portant encore la bassine le temps de reprendre sa respiration.

Panthère qui s’énerve. Zalina se pousse pour laisser les servantes récupérer la bassine et en changer l’eau.
Puis de nouveau les mots qu’elle ne veut pas entendre. Il va y avoir des complications, il faut du fil de soie et une aiguille. Et du beurre, mais ce n’est pas ce qui inquiète notre Gamine.
La Cavalière essaie de se concentrer sur les instructions d’Ilmarin et de ne penser à rien d’autre. Un bref hochement de la tête pour confirmer qu’elle a comprit.

Récupérer fil de soie, aiguille et beurre.
Voilà une occasion de sortir d’ici à toutes jambes dont Zalina ne se prive pas.
Coup de vent et Zaza est sortie. Mais une fois la porte refermée, elle s’adosse au mur, assaillie par des souvenirs qui lui rendaient les jambes en coton.

Souvenirs d’une fillette de 5 ans, haute comme trois pommes qui attendait le retour du Vicomte et de la Vicomte dans un Château trop vide en se cachant dans la cuisine. Mais adultes qui n’avaient jamais le temps de jouer ou répondre à ses questions, préférant s’enfermer dans leur bureau dont la porte claquait inlassablement au nez de Zalina. Encore et toujours le « Va jouer. On discutera plus tard. Et si tu es sage, je te raconterai une histoire ». Mais pas de jeu, pas d’enfant avec qui s’amuser et jamais d’histoire. Ils n’ont jamais le temps les adultes.
Souvenirs de ragots échangés par les domestiques qui passaient sans lui prêter attention.
Et souvenirs de LA discussion qui avait fait basculer sa vie vers une pente qui s’accentuait un peu plus chaque jour.
"Penses tu, Lucienne, la gamine s’est présentée un mois plus tôt qu’prévu. Et par le siège ! La pauvre mère n’avait aucune chance d’s’en sortir. Elle y a perdue tout son sang. Vidée comme un goret qu’on vient d’égorger, que j’te dis.
Qui c’est qui voudrait s’occuper d’une gamine qu’à tuer sa mère ? J’te l’demande."
Souvenirs que la Gamine avait essayé d’oublier. Mais qui ressurgissaient à chaque mort d’un proche. Proche qu’elle avait laissé s’attaché et n’aurait jamais dut. Ils finissent tous par le payer de leur vie. Les uns après les autres.
Les survivants se comptent désormais sur les doigts d’une seule main.
Mais aujourd’hui, la liste des morts s’arrêterait. Zalina l’avait décidée et faisait tout pour y parvenir.


Aristote, j’ai tenu ma part du marché. N’oublie pas.

D’ailleurs, elle va l'y aider à tenir sa part du marché à l’Aristote.
Il fallait s’activer et vite. Zalina se ressaisie. Daresha est plus forte. Pas que la mère de Zalina ne l’était pas, elle était Amazone, Prêtresse d’Avalon, joueuse de Soule et membre du Protectorat. Mais la Comtesse est encore plus forte. Elle va survivre et le bébé aussi. Après tout, c’est l’enfant d’une Rose et d’une Licorne d’Or, non ?
Oui, tout va bien se passer.

Il faut un fil de soie, une aiguille et du beurre. Mais juste au cas où.
La jeune fille cavale à travers les couloirs.
Cuisines. Il doit y avoir des domestiques en cuisine qui sauront où trouver fil de soie et aiguille. Au pire, elle aurait le beurre. Elle dévale l’escalier, se retient au mur pour éviter de tomber dans le virage, et déboule aux cuisines, essoufflée et pile quand une servante sortait avec un plateau et la nourriture demandé par la Panthère.


Crottes… biquette… bois.
Désoléeeeeeeeeeee. Besoin fil soi, aiguille et beurre. Viiiiiiiiite !!!!!!


Une chance que quelques domestiques comprennent parfaitement le français. Parce que le Zalina essoufflé, il faut de l’expérience pour le traduire.
Rapidement, l’un lui tend le beurre pendant que les autres cherchent à satisfaire le reste des exigences.
La Cavalière tapote du pied en attendant le fil et l’aiguille. Enfin les trois sont dans ses mains. Alors retour à la chambre et en vitesse.
Droite, gauche, on évite le plateau cette fois. Marche ratée, rattrapage sur les genoux. Fil, aiguille et beurre intact ? Ouf. On repart.
Gauche, droite… C’est la première ou la deuxième porte déjà ? A moins que ce soit la troisième…


Pas vouloir... laissez moi... veux pas... veux pas bébé…

Ah, porte trouvée. Et ouverte sans ménagement. Oui Baron, je paierai les réparations. Mais là, la Panthère a dit « vite ». Alors on fait vite.

J’ai pffff tout … pfff.

Sauf qu’il faut qu’elle se lave les mains. Elles sont passés où les servantes avec la bassine d’eau ?
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Ilmarin

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Lun 24 Mar - 18:19

- T'sais mignonne, t'es pô obligée eud'payer une dette. J'l'a fait de bon coeur.
- Une dette envers la vie alors? Je dois savoir ce que vous savez...
- S'tu veux mais ça t'rendra pas...
- Non, j'ai fait le choix, je vous l'ai dit... J'pensais pas...
- Qu'il accrocherait autant? Ch'erais tentée eud'dire qu'il ressemblait d'jà à sa mère...

- * -


Se concentrer. Il ne faut pas remuer le passé. Enfin si, mais dans ce qu'il avait de bénéfique, à savoir le maigre savoir qu'elle avait appris pour que personne ne connaisse ce genre de douleur.
*Personne hein? Et là? Tu crois que tu aides la Comtesse? Le sang ruissèle sur tes doigts, mêlé au liquide de vie. Tu sens? La peur? La vie? Le sang? Le pouvoir qui est tien? Là? Et si tu la prenais?*


- LA FERME!

Nouveau rire grinçant et moqueur, l'obligeant à fermer les yeux comme si quelqu'un enfonçait une lame dans sa chair. Si dur de lutter... Si dur de la repousser... Son ange si loin... S'il savait... Ce qu'elle...
Revenir au présent, à toutes forces, poser la main qui tremble tant sur la cuisse de la Comtesse et glisser l'autre pour tenter de trouver ce bébé, le guider et l'extirper. Encore si loin... Elle va vite s'épuiser à ce rythme...


- Ilm, concentre toi! Reste avec nous tu entends? Croiser le regard surpris et sévère de Maharet, grincer des dents en sachant combien elle a raison, mais aussi combien c'est dur...
- GUILLAUME!! J'ai dit quoi?? Tisane bon sang!!

Certes, elle n'avait dit à personne ce qu'elle avait préparé ces dernières nuits. Le mélange était loin d'être agréable, sûrement un peu âpre, grattant la gorge. Mais il avait cet avantage de diminuer les échos de douleur dans les reins, de calmer les spasmes. De laisser des forces à la mère...

- * -

- L'plus dur, dans c'moment-là, c'est eud'dégager les épaules t'vois? Passe que eul'col s'pas assez dilaté et les os peuvent tout arracher.
- Arracher...? Et... On fait quoi alors...?
- T'veux dire à part prier? Bah, faut y glisser tes doigts et aider au ch'min ma p'tite. Et espérer qu'l'mome se soit pas enroulé avec c'cordon.

- * -


La belle rousse s'approche alors, comme pour garder les cuisses ouvertes de la Comtesse, en profite pour lui souffler:
- Ilmarin, je ne sais ce qui te perturbe mais ca se ressent dans tes gestes... Si tu ne te reprends pas, je serais obligé de te faire sortir et de l'accoucher moi-même... Mais j'ai trop confiance en toi pour m'abaisser à faire ça. Souffle un bon coup et délivre la.

Cette fois, elle ne relève pas les yeux, refusant d'affronter le regard de Maha. Bien sûr que l'écuyère a raison. Bien sûr qu'elle doit se reprendre. Pourtant elle avait déjà accouché des enfants. Pourquoi celui-là spécialement posait problème? Hein? Pourquoi?
Et son amie qui empoigne son bras, sans aucun doute pour lui donner du courage.
Pourquoi elle se reculait aussi vivement alors, retournant vers la table pour se laver à nouveau les mains? Baissant le visage à tel point que ses cheveux rebelles la cachent à tous?

- Zalina, va apporter ça à Maharet je te prie... Les... Les contractions se rapprochent... Encore quelques minutes... Concentrez-vous sur la tisane... Vite...

Voix basse et épuisée, pourtant le combat était plutôt rapide.
*- Mais rude, hein ma belle? Tu te rappellais pas? Allons, laisse moi te rafraichir la mémoire... Le ventre qui se déchire... Le sang qui coule... Puis la fièvre... Les hallucinations... La peur des proches... Laisse moi t'aider à recueillir ces merveilleux souvenirs... Laisse moi redevenir tienne...*
- Je te jure que si tu me fais ce coup-là, ça va ch*** sévère...

Panthère flirtant tellement avec le craquage... Poings qui s'abattent violemment sur le bois... Dents qui grincent de retenir un cri mauvais, un grondement sourd... Volonté mobilisée pour La faire taire...
Et Féline qui revient, toujours plus fermée, toujours plus muette, mais décidée à mettre cet enfant au monde.
Enfant pressé qui se glisse toujours plus, effleurant enfin ses doigts..


- Comtesse? T'es avec moi? A la prochaine contraction, tu pousses de toutes tes forces d'accord? Za, Maha, Guilaume, tenez la bien surtout! *L'heure de vérité est là... Tu comptes glisser ces doigts gourds et inertes ou ces doigts malhabiles... Laisse moi faire...*

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Daresha
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Lun 24 Mar - 21:14

Guillaume...
Douce Comtesse qui se met à trembler telle une feuille avec laquelle jouerait un vent un brin violent, alors qu'elle tente de se blottir contre lui. Chevalier qui l'acceuille dans ses bras en caressant son front d'ou perlent de la sueur inquiétante. Doux murmures à l'oreille de sa Comtesse, tout en acquiessant comme il peut à Ilmarin et.. ahem... son ordre? Amabilité? Agression? Obeir quoiqu'il en soit pour le bien de sa Belle.
Et la belle, a essayer de garder pour elle sa douleur, à essayer de retenir en vain les contractions qui ne cessent de s'intensifier, s'épuise inévitablement mais refuse de laisser entrevoir sa peine pour eviter d'inquiéter qui se se soit. Rester contre lui, encore sentir sa présence qui lui semble pourtant si lointaine. Boire , enfin se forcer à boire la tisane que son Ame porte à ses lèvres. Goût amer, eau aromatisée qui s'insinue difficilement dans sa gorge. Mais boire parce qu'elle n'arrive pas à dire non. Le regard embué, elle arrive à peine à discerner la Blonde ténébreuse qui ne cesse de venir surveiller l'avancer de l'enfant. Meme sa voix est si incompréhensible.


Veux... pas...
Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!!

Contraction violente qui lui arrache un cri profond alors qu'elle tente de resserer ses jambes, résistant aux deux jeunes femmes qui les lui tiennent pourtant écartés afin de faciliter le travail de la troisième.

Veux pas....
Elle se cambre comme pour repousser la douleur qui grandit. Et Guillaume de resserer une étreinte ferme et autoritaire pour que la Comtesse ne bouge trop, ce qui nuirait probablement au bon déroulement de ses couches, qui pourtant semblent etre bien compromises.
- Ma Dame....
Baiser délicat et tendre qui vient se poser sur la joue de la Comtesse, comme un encouragement à se calmer. Se calmer, elle le doit. Respirer aussi. Et calquer sa respirations sur ses contractions, ce qu'elle n'arrive toujours pas à faire.
- Mal... veux.... pas.... Petite voix qui s'échappe de ses levres tremblantes alors que coule à nouveau des larmes d'inquiétude. Qu'est-ce donc qui coule entre ses cuisses? Impression que ce n'est pas normal. Impression que rien ne va. Impression que rien ne va aller.
- Ilma.... Voix qui se fait de plus en plus étrangement plus faible à chaque souffle et l'enfant de n'etre toujours pas sorti.
- pas arriver.... pas... peux... pas....
Chevalier qui encourage pourtant sa Dame qui semble se vider non seulement d'une vie, mais aussi d'une seconde. Elle se sent partir. Elle sent cette fatigue qui la gagne. Mais tente toutefois. Elle tente de pousser. Première et peut etre derniere fois.
- Ahhhhhhhhhhhhhhh!!!

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Lun 24 Mar - 22:15

Ne pas paraître inquiète, surtout pas.
Plus facile à dire qu’à faire.
La Panthère sait ce qu’elle fait. Tout va bien se passer. Sauf que la Féline n’a pas l’air tout à fait en forme. Elle semble… en colère ? Ou pas contente ? Enfin pas tout à fait elle en tout cas.


Zalina, va apporter ça à Maharet je te prie... Les... Les contractions se rapprochent... Encore quelques minutes...

A vos ordres, m’dame !

Direction la table pour donner aiguille, fils de soie et beurre à sa Sœur.
Et se laver les mains bien soigneusement. En dessous, au dessus, entre les doigts… Chaque centimètres est nettoyé, asticoté et renettoyé jusqu’à ce que la peau vire au rouge.

Nouvel appel de la chef des opérations qui l’interrompt dans son envie de perfection et d’ongles reluisant permettant de se voir dedans. Il faut tenir la Dame, et fermement.
C’est parti ? Vous êtes sure ? On peut pas prendre un verre de… n’importe quoi du moment que c’est fort.
Non… Bon alors au travail.
Zalina s’approche donc de la Comtesse. Un rapide sourire, ou ce qui y ressemble vaguement, pour les futurs parents et elle rejoint son poste pour aider Daresha à tenir les jambes écartées et basculer le bassin selon les instructions d’Ilmarin.

Comtesse qui souffre et Gamine qui ne sait trop quoi faire.
Risquer un petit encouragement ? Pas sure que ce soit bien apprécié. Puis le Maistre fait çà très bien.


Courage Ma Dame.

Ba si, c’est quand même sortit. Mais dire que la mère l’a entendu et que çà va l’aider… Ce ne serait probablement que doux rêve.
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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Mer 26 Mar - 14:06

- Ilma.... Pas arriver.... pas... peux... pas....
- Bien sûr que si Comtesse! Reste avec nous! Allez, t'en as la force! Pense à ce beau bébé! Comtesse!

*- Ah les pathétiques efforts de ces humains insignifiants pour donner la vie.
- Dois-je te rappeler que je suis humaine?
- Non, hélas, tu l'es par trop à mon goût. Même si tu avais fait beaucoup de progrès cette nuit-là. Progrès notable pour régression spectaculaire. Soupir attristé d'une voix née d'elle-même. Etrange dialogue qui pourrait avoir lieu autour d'une tasse de thé, mais qui jaillit dans son esprit comme l'eau d'une fontaine. Au goût de soufre… Toi et ton goût mesquin pour survivre. Ah!
- Crache tout le mépris que tu veux. La vie vaut la peine, ils ont raison. Et tu le sais!
- Bla. Bla. Bla. Si elle valait tant la peine, pourquoi m'avoir fait naître? Pourquoi m'appeler? Pourquoi avoir tant besoin de moi que tu ne peux me tuer… Voix plus mielleuse que le pire démon des Enfers. Schizophrénie galopante qui pourrait la mener droit au bûcher.
- Tu t'es emparée de toute ma force, pour me forcer à vivre. Puisque ma volonté de mort s'opposait à mon instinct de survie. Tu m'as laissé le morbide pour…
- Foutaises! J'ai pris ce que tu m'as laissé! La vengeance, la haine, le mépris, la douleur, la peur, le sang! Tes Enfers! Incapable que tu étais d'assumer de vouloir SA mort! Et tu le sais… Tu vois, tu ne réponds même plus… Allez, dégage, Mortelle. Tu ne la sauveras pas si tu ne me lâches pas la bride.

Il est l'heure. Assume ta créature.
*

Tout se déroule comme si le sablier avait stoppé la chute de ses grains. La contraction n'est pas encore arrivée, l'échange entre ses deux facettes se déroule en une seconde, une fraction temporelle invisible. Tout comme sa réflexion sur le bien fondé de Sa demande. Va-t-Elle vraiment l'aider? Va-t-Elle vraiment les sauver? Pourquoi Elle en serait capable? Pourquoi Son ombre mortifère donnerait-elle la vie?

Parce qu'Elle a la dernière parcelle de volonté qui repousse les faiblesses, les questions, les tourments. Comment était-ce possible? Comment était-Elle devenue aussi puissante? Aussi indépendante? Quand avait-elle laissé autant de bride à cette partie de sa personnalité? Quand l'épuisement et le désespoir se sont faits si violents sans doute… Alors le mal est profond. Panthère atterrée de ne plus pouvoir se contrôler, à la limite de la panique en sachant que, seule, elle n'y arrivera plus…


- Je… Je suis désolée Maha… Je n'ai pas le choix… Protège les Licorne... Préviens Gabriel…

Bien que déterminées, les Emeraudes se plongent dans le regard de son amie avec une tristesse qui semble infinie. Résignées, pleinement conscientes de leur faiblesse. De la bêtise de la décision, du flirt avec le non-retour de sa décision. Du risque pour Guillaume, catalyseur si puissant de ces dernières semaines.
Mais les limites physiques et psychologiques sont là: physiques, car cette main si faible est la seule issue pour l'enfant; psychologiques, parce qu'elle s'épuise autant que son amie en replongeant dans ces jours funestes qui ont scellé la perte de son avenir.
Dernier regard vers l'écuyère, dans un sourire qui se veut confiant.


Visage qui se baisse. Regard qui se voile. Même ses boucles dorées semblent répondre à l'appel, glissant sur son visage pour cacher ses traits, cacher la malédiction d'un esprit abandonné aux Enfers.



- Ahhhhhhhhhhhhhhh!!!

Pourquoi paniquer autant je vous le demande? Oui le bébé se présente mal, oui la mère est au bord du déchirement et? Ahlalala, ces humains…

Les gestes se font plus sûrs, plus sereins. Plus froids surtout. Glissant à contre-courant de la contraction pour remonter le long du petit corps qui s'annonce, les doigts le guident, lui indiquent la sortie. Se repaissent de la chaleur qu'ils semblent absorbés. Elle garde son visage résolument baissé, dissimuler à tout prix la satisfaction sans bornes d'être libre, d'agir, de montrer qu'Elle ne sait pas que donner la mort. La satisfaction de sentir CE liquide à nouveau sur ses mains.

Qu'y a-t-il de plus merveilleux au monde que de fusionner ainsi avec la vie? La sentir s'enrouler, vous happer, vous donner sa chaleur, sa force, son parfum? Encore que… Finalement l'instant n'est pas aussi magique. L'odeur est contaminée. La peur oui, toujours quand on réussit à le capter. Mais pas la peur de la mort, pas la peur du pouvoir d'une inconnue sur votre survie.
La peur de la douleur, la peur de la souffrance. La peur pour la vie. Nuances subtiles n'est-ce pas? Certes. Mais qui ôte ce petit goût sucré qu'on a envie de faire rouler sur la langue…


- Bon, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Oui, aucun doute possible. C'est bien Elle qui parle. Son détachement. Sa froideur. Son ton cassant.
La bonne nouvelle c'est qu'à la prochaine contraction, j'pourrais guider les épaules. La mauvaise, c'est qu'ça va sûrement se déchirer, Comtesse. Et que j'sens un truc qui devrait pô être là.

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MessageSujet: Re: Un moment attendu...   Mer 26 Mar - 22:29

- Peux... Pas...
Voix comtale qui s'etouffe dans un sanglot alors que sa tete retombe en arrière, venant prendre appui sur l'épaule du Chevalier. Sentir la force la quitter tout comme elle se sent attirer par un vide étrange, venu la couper du rester du monde, de ceux qui l'entourent pour l'aider a donner la vie. Mais vie qu'elle n'arrive pas à donner. Elle est là pourtant entre ses chairs qui se déchirent. Elle est là, poussée inconsciemment au dehors du cocon maternel fait de sang et d'eau, par un corps arrivé au bout de son énargie mais qui veut y croire, bien que sa propriétaire n'y croit plus.

- Peux... Pas...
Il le faudrait pourtant, afin de libérer ce bébé, mi Rose, mi Licorne. Pousser au moins encore une fois. Juste une fois. Mais ne pas y arriver.
- Plus... force... Il....Ilm....
Fermer les yeux et se laisser bercer par un bruit de vague venu de nul part. Bien loin sont les mots sur lui sussure son Ame. Bien loin sont les exces de caractère de la Panthère. Bien loin sont les encouragements murmurés de la jeune Licorne. Elle ne sent plus les mains qui s'affairent pour aider à la naissance. Elle n'est plus dans une chambre surchauffée du Castel de celui qui a volé son coeur un jour d'automne, il y a cela quelques années. Elle est quelque part, dans un autre endroit, un autre monde où regne un noir profond, mais ou tout semble si calme pourtant. Elle se sent flotter, legere, tandis qu'une étrange lumière se met à briller devant elle.

Douce Comtesse qui part sans avoir peur et qui ne souffre plus de cette mise au monde difficile. Pourtant s'entetent et résonnent encore cet appel qui veut la ramener parmi eux. Mais pourquoi revenir? Pourquoi ne pas continuer à sombrer? Elle est si bien... si délivrée. Et toujours les mots qui continuent encore et toujours de résonner à son oreille lointaine, alors que la lumière se met à s'éloigner.

- Belle comtesse...
Chevalier qui ne cesse de caresser le front trempée de sa dame et qui la serre contre lui comme pour espérer lui transmettre un peu de ses forces dont elle n'a plus et dont elle a besoin pour donner naissance à leur enfant. Force incontrolée qui prend possession de l'etre comtal et qui tente de faire en sorte que le corps fatiguée libere sa boule de chair. Une vie pour une autre.

- Bon, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
La bonne nouvelle c'est qu'à la prochaine contraction, j'pourrais guider les épaules. La mauvaise, c'est qu'ça va sûrement se déchirer, Comtesse. Et que j'sens un truc qui devrait pô être là.

Regard du Chevalier qui se pose que la Blonde Panthère. Pas un mot, juste un regard qui cherche a percer la signification de ces quelques mots, balancés à travers la piece avec une effroyable froideur. Qu'a senti la promise de son Capitaine? Pourquoi cette tension qui vient d'atteindre son apogée alors que jusque là tout semblait aller? Tout semblait....

- Pas....
- Mon... Amour.... ça va aller...plus que...
Plus que quoi? Une derniere fois le corps de donner tout ce qu'il a, avant de se faire inerte...

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