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 [RP] Infirmerie

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DameBlondeur

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MessageSujet: Re: [RP] Infirmerie   Ven 6 Juin - 17:18

La main de la rouqine dans la sienne.
Oh, main salvatrice ! Oh, main qui la soutient ! Oui, il n'y a vraiment que les femmes pour comprendre la torpeur intérieur que provoque un égo cruellement saccagé. Saccagé par les hommes, bien entendu, qui d'autre pourrait à ce point semer le chaos ? Et en plus, ô infamnie suprême, non pas par un Vicomte ou un Comte, dont la pensée de la proximité des biens matériels aurait immédiatement pansé la plaie, mais par un gueux ! Un vulgaire gueux !

Mirettes grises closes.
Et profonde inspiration dramatique, comme si c'était la dernière fois. Oui, c'était la dernière fois qu'elle pouvait respirer en tant que femme sûre d'elle. Oui, c'était la dernière fois qu'elle se voyait comme une dame n'étant pas des plus affreuses. A compter de ce jour, l'image de la baleine ou pire encore, de la truie, hantait son esprit. Ô vie cruelle...


Et bien reste un peu allongée… dans ce genre de maux il me semble avoir lu qu’il fallait du repos, beaucoup de repos et de l’oubli…

Mais...
Mais qu'entend-elle ? Mais quels sont ces mots affreux qui viennent caresser ses oreilles... Non. Non ! Pas d'oreilles madame, ses traits ne sont plus humains, mais animaux ! Qui a déjà vu une baleine avec des oreilles ? Toujours est-il que la réaction est immédiate : la Blonde se relève de sa position couchée et serrant au plus fort la main de la rouquine, elle commence à geindre.


- Cerridween... Tu ne peux pas comprendre ! Non, tu ne peux pas... C'est comme une flêche en plein coeur, comme un mariage râté, comme un coup dans le dos, comme... Comme... L'effondrement d'un lieu sacré ! Mon lieu sacré, ma personne ! Les fidèles ont perdu leur paroisse et ma fierté à perdu son icône ! Les fidèles ne reconnaissent plus en leurs Saints une divinité, et je n'en retrouve plus dans les miens ! Ô forteresse détruite ! Ô muraille ensevelie ! Ô comme la chute est dure... Comment peut-on oublier un tel affront ?

Long et profond soupir.
Elle cesse un peu d'écraser la main de la rouquine dans la sienne.


- J'ai été portée sur une épaule comme un gueux porte les carcasses de ses moutons ! J'ai été touchée comme un ivrogne toucherait une catin de la Cour des Miracles ! On m'a parlé comme on parlerait à une sous fifre ! On m'a menacé d'abus physique, on m'a... Humillié. Y survivrait-tu, Cerridween ?

Temps d'arrêt.
Pour sûr, son amie n'aurait pu y survivre. Quelle femme le pourrait ? Aucune, vraiment aucune. Même pas une baleine, même pas une truie qui aurait surement pour la peine cessé de se rouler dans la boue. Elle lève les yeux vers son amie. Qui parle au grand maistre. Mais... Mais... Quelle était la dernière phrase ? Cette phrase murmurée avant qu'elle ne commence sa litanie ? Trop absorbée par son intense mal être, elle en avait oublié l'allusion de vengeance de la jolie rouqine. Comme si elle avait été brûlée, elle lâche la main de son amie pour se retourner et aviser le fond de la tente. Un seau !
Adieu tristesse et appitoiement ! Sur ses deux pieds de femmes et non sur sa nageoire, elle se presse vers le fond de l'infirmerie et saisit à deux mains le seau plein d'eau. Fière comme pas deux, elle traverse le lieu vers la sortie, tout en clamant avec un air des plus sérieux ses nouveaux cris de guerre.


- Il faut soigner le mal par le mal, mon amie ! Je m'en vais faire une bonne action pour l'honneur de toutes les femmes du Royaume !



Dehors.
Il est là, ce fourbe, ce pervers, ce goujat, ce vicieux... De dos ! Oh, chacun son tour de profiter du dos de l'autre, même si lui avait localisé la zone du méfait en bas du dit dos. Qu'importe, c'était son heure. A pas lents elle s'approche, s'approche, s'apprcohe... Et jette le seau sur le colosse. Tout en regardant son oeuvre, points sur les hanches, elle ricanne.


- Ca calmera vos ardeurs !
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Milo

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MessageSujet: Re: [RP] Infirmerie   Ven 6 Juin - 19:47

[Extérieur de la tente]

Les quelques reliques de sueur restantes sont effacées, alors que sa senestre tapote sa hanche. Travail fait trop rapidement ou non, cette dernière lui fait mal, tant et si bien qu’il est obligé de plier et déplier les doigts, tandis que sa main droite masse le creux de sa jumelle. Mais le travail effectué rapidement n’est pas le seul coupable. Le temps humide et froid de la région y était pour beaucoup également. Azurs qui se plantent dans les yeux de son interlocutrice, attendant une réponse de sa part. D’elle, ou de l’homme qui semble plongé dans un espèce d’état végétatif.

Gestes pour prendre l’homme et l’amener à Cerridween coupés par quelque chose d’autre. Quelque chose ou quelqu’un. Ce qu’il a senti d’abord, quelques gouttes, échouées sur la peau de sa nuque laissée à l’air par ses cheveux retenus de son éternelle lanière de cuir bleue. Lanière si longue qu’elle était capable de faire le tour du cou d’un homme, lanière de ce type qui lui avait malheureusement sauvé la vie.

Ensuite, sa chemise qui s’est collée contre la peau de son dos, épousant chaque sillon, chaque bourrelet présent. Suivant également l’autre trace indélébile de son tortionnaire. Enfin, l’eau qui goutte allègrement par terre, ses cheveux mouillés faisant un maigre rempart pour tenter de cacher tout le reste. Maigre rempart car seules les marques du milieu sont cachées. Inutile donc.

Azur qui se fronce, alors que ses bras reviennent se plaquer lentement le long du corps. Et cette voix de s’élever, railleuse, fière de son œuvre. Sourcil qui revient doucement vers le haut, interrogeant du regard le couple en face de lui. La truie. Elle a osé. Elle a osé lui balancer un seau d’eau dans le dos. Et vu l’odeur qu’il s’en dégage, elle n’était pas propre. Qui dit sale dit qu’il devra enlever sa chemise, pour se sécher. Ce qui veut dire exposer son dos, en attendant que ladite chemise sèche. Car elle est la seule qu’il possède, elle-même remplaçant déjà celle qu’il avait perdu lors de son bain improvisé avec la Comtesse.

Tranquillement, il se retourne, pour faire face à la blonde qui le harcèle depuis quelques temps déjà. Comme les sangsues, elle s’accroche et ne lâche pas prise. Il pensait qu’elle aurait compris. Mais non. Comme la truie attirée par le meilleur fumet, elle revient à la charge. Et, les poings sur les hanches, elle ricane. A ce rire lui répond un sourire carnassier, alors que les Azurs se plantent dans les Hématites. Voix profonde de basse qui vient couper le silence quelque peu méfiant que les gestes de la blonde ont engendré chez lui.

- Mes… ardeurs ? Baste, pas moi qui vocifère et qui vous frappe, ce me semble.

Sans rien dire de plus, il se dirige vers la tente, à la recherche d’une corde, cette scène en appelant une autre. Blonde elle aussi, un corps meurtri par les ans et les combats menés. Il secoue la tête, nulle question ici de sauver une femme d’un viol, mais de lui donner une bonne correction. Près de l’entrée, des cordes laissées là, sûrement en renfort. Il en prend une, assez longue, et reviens vers la jeune femme. Sourire carnassier qui s’agrandit encore plus, alors que lentement il s’approche de la donzelle, jusqu’à n’être qu’à un souffle d’elle. Il se penche pour sonder son regard, Azurs neutres.

- A c’qu’j’vois, si personne avant moi n’a touché à vot’fessier, j’suppose qu’personne n’vous a non plus appris les bonnes manières.

Rapidement, il la prend par les deux bras et l’entraîne vers l’arbre le plus proche, se moquant bien des éventuelles protestations. Bien évidement, la blonde ne se laisse pas faire, le contraire l’eu étonné. Les cris qu’elle émet indiquent qu’elle n’a pas l’air contente de son sort, tout comme les coups qu’elle tente de lui mettre dans la base de loisirs (comprenez par là, l’entrejambe). Le géant attache purement et simplement la blonde à une branche d’arbre, serrant un peu, mais pas trop fort, il ne veut pas non plus la meurtrir. Puis, ses mains viennent chercher sa lanière de cuir, n’ayant qu’elle sous la main. Mais ce sera suffisant, pour ce qu’il veut faire.

- Pour m’apprendre les bonnes manières, le paternel m'fouettait le fondement quand il l'jugeait nécessaire. Z’avez d'la chance, faut une première fois à tout.

Azur qui se met à la tâche, le regard néanmoins légèrement voilé. Premier coup, la lanière frappe le tissu de la robe, touchant la partie la plus charnue de la demoiselle. Deuxième coup, même geste, mais emprunt de moins de moins de force, cette situation lui rappelant son passé. Troisième coup, la carrure de la jeune femme se transforme pour prendre ses traits, attaché à un poteau, le fouet tombant allègrement sur sa peau, les lambeaux de chair ayant capitulé se détachant avec un bruit qui résonne encore parfois à ses oreilles. Quatrième coup, la lanière touche à peine le tissu, le faisant revenir à la réalité. Il détache la jeune femme, se recule, et l’observe, pensivement. En espérant que cela lui a servi de leçon.

- J’m’excuserais pas d’mon geste. Il fronce le nez, les effluves de l’eau souillée commençant à le prendre à la gorge. Ca pue c’truc, à croire qu’l'seau servait d’latrines aux morts. Clin d’œil suivit d’un baiser sur le front de la demoiselle. Et pis j’vous ai même pas rendu le millième d’c’qu’vous m’avez donné. Senestre qui lui tapote la joue. Z’êtes costaud pour un p’tit bout d’femme.

Dernières paroles énoncées dans un grand éclat de rire, sa dextre vient donner une dernière tape sur l’arrière train de la donzelle. Azur qui penche la tête sur le côté, remettant le morceau de cuir à sa place, enlevant franchement sa chemise, qui pue trop pour qu’il puisse la garder. Montrant par la même occasion un torse aux muscles puissants mais fins, tout comme le reste du corps, une cicatrice large d’un pouce barrant sa poitrine, accompagnée par d'autres, beaucoup plus petites, disséminées au petit bonheur la chance, que quelques gouttes d'eau sillonnent encore.

Quant à son dos… Il n’est que charpie. De longues cicatrices argentées ayant pris vie sur sa peau, quelques bourrelets disposés cà et là, lorsque le fouet est tombé plusieurs fois au même endroit, arrachant la peau. Ajouté à cela un "L"majuscule, inscrit au fer rouge sur l’épaule gauche de Milo, souvenir des étreintes tant haies de son tortionnaire. Il roule sa chemise en boule, grognant pour lui même, assez fort toutefois pour que sa compagne d'infortune puisse entendre


- Pfff, c’est malin, c’était la seule ch’mise qu’j’avais. Décidément, l’eau et les femelles nobles m'réussissent pas. Un sourire franc sur les lèvres, sa dextre se tend vers la noble. Moi c’est Milo, on est quittes ?
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DameBlondeur

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MessageSujet: Re: [RP] Infirmerie   Lun 9 Juin - 21:39

Non mais...
Non mais... Elle rêve ? Non, elle cauchemarde. Sans qu'elle ai le temps de voir venir les choses, enfin les ennuis, le colosse l'attrape, la traine sauvagement et ignore promptement ses protestations pour l'attacher à un arbre. Comme une sorcière qu'on attacherait avant de brûler, comme un breton arrêté en terres royales. Elle crie encore plus tous les noms d'oiseaux possibles lorsqu'il ose la... Fouetter.


- Espèce de fou ! Je me contre fiche de ce que faisait votre paternel, vous n'êtes pas mon père ! Vous n'êtes rien pour m'infliger un tel... Aiiie !

Furieuse.
Furieuse d'être incapable d'agir. Elle a beau gigoter, elle a beau essayer de forcer les liens de la corde, rien ne marche. Juste crier. Pour changer. Non mais vraiment, qui est-il pour se permettre ça ? Elle est dame elle, noble, de bonne famille, n'a qu'une seule parole, loin d'être chaste, mais très respectable. Remuer, encore et encore, pour essayer de lui faire râter sa cible. Lever les jambes et viser à l'aveuglette la zone tant aimée des hommes qui fait toute leur fierté, leur base de loisir préféré, la zone tant admirée. Enfin, au bout d'un supliace qui semblait interminable, le monstre cesse sa torture et la détache. Long soupir de soulagement puis elle lève la tête vers le monstre en poussant des mèches blondes rebelles qui ont pensé prendre possession de son visage.


- J’m’excuserais pas d’mon geste. Ca pue c’truc, à croire qu’l'seau servait d’latrines aux morts. Et pis j’vous ai même pas rendu le millième d’c’qu’vous m’avez donné. Z’êtes costaud pour un p’tit bout d’femme.

Une réaction : se reculer.
Deux pas en arrière, elle monte le dos de sa main à son front comme pour éffacer ce baiser. Puis, la même main qui éfface les salissures, s'en va vers son fessier douloureux. Visage pâle qui a rosit au niveau des pomettes qui se fend d'une grimace. Oui, la Varenne est très douillette. Et encore, c'est un euphémisme : si son égo souffre rapidement, ne parlons pas de son corps. A faible distance de lui, elle reste ainsi, comme on regarde de loin une bête qui nous terrorise mais nous fascine à la fois, une main sur le bas du dos meurtri. Elle le fixe d'un oeil mauvais, effectuer son manège. Trop amère pour parler ses lèvres sont bel et bien closes. Et il s'enlève la chemise, a quoi joue t il ? Et pourquoi ô grand pourquoi les mâles ont une tendance à enlever leur chemise devant elle lors de joutes?

Et puis, une geste étonnant.
Il lui tend la main. Au cas ou, un coup d'oeil suspicieux pour appercevoir un gant. Au point ou il en est, un défi de duel ne serait pas des plus surprenants. Mais non, juste sa main, immense et large. Que veut-il ? La paix ? Ricannement intérieur. La paix entre elle et lui... Impossible,fondamentalement impossible. Si certains sont adeptes du " oeil pour oeil dent pour dent " la Varenne, elle est plutôt " oeil pour dent puis cheveux puis bras puis main puis jambes... ", en somme elle fait partie des gens qui ne cessent jamais de se venger. Ce monstre de perversité n'a certainement pas fini d'entendre parler d'elle. Et puis, il se présente... Milo. Bien un nom de gueux, ça.

Bras croisés sous la poitrine, elle le toise.
Il lui demande si ils sont... Quittes ? Impossible. Tout simplement impossible ! Qu'est ce qu'elle lui a fait, à lui mis à part lui éffleurer un peu les tympans, le mouiller tout à fait délicatement, et essayer, pleine de grâce, de faire de lui un eunuque ? Que des gâteries en somme, comparé à lui, ô monstre de muscles qui l'a vulgairement trainé sur ses épaules et l'a fouettée comme on le ferait à un âne pour le faire avancer. Son nez se fronce et puis, illumination Estellienne, ses traits tirés laissent la place à une esquisse de sourire goguenard au coin des lèvres.


- Estelle de Varenne. Des excuses et nous serons quittes.
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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: [RP] Infirmerie   Jeu 12 Juin - 0:51

Pestedieu! C'est qu'elle avait de la mémoire la rouquine en plus d'avoir des kilos de pigments carottés dans les cheveux. Aussi le comte, quoiqu'il en sache la nécessité, avait tenté, par jeu autant que par habitude, de repousser les soins devant être apportés à sa hanche. Mais la soeur de son regretté ami avait hérité de la famille aux quintefeuilles dorées une détermination qui n'était pas une légende, elle.

Aussi le chevalier fut-il contraint, de bonne grâce malgré les airs qu'il se donnait, de répondre à ses questions, non sans avoir sa curiosité piquée par les échanges noblesse-roture admirablement, avec tout juste les excèsde coutume, menés par deux blondinets émoustillés par le printemps.


- Et bien damoiselle, en effet. Llyr maréchal de France m'a offert comme présent, non une subtile fragrance dont il est si friand, mais bien pour ma dolence forts estocs et tranchants, qui en votre présence me mènent souriant.
Or donc dame veuillez soigner ces navrures, qu'enfin vieux chevalier puisse quitter voiture et mener destrier, oubliant coupures et être délié d'infâmes mixtures.
Nulle souffrance n'est que ma valeur vaincue et par telle sentence je clos ce lais qui fut par grande démence de mes lèvres issu.

C'est donc souriant, et désignant négligemment son flanc, découvert par les travaux experts de Milo, que Guillaume attendit la réaction de la rouquine. Le gronderait-elle encore? Se contenterait-elle du feu qui bouillait si souvent dans ces beaux yeux? En ces moments, elle ressemblait encore plus à son frère qu'elle ne pouvait l'imaginer. Ce mélange de provocation et de réflexion, de jactance et d'humilité. Un mot pour soulager des doutes, un autre pour prévoir des lendemains qui ne chantaient pas toujours, le tout dans ce mélange si caractéristique qui faisait Kratos, être haïssable autant qu'appréciable, qui avait fait pousser bien des cheveux blancs au Flamand, qui ne s'en était d'ailleurs jamais plaint...

Mais là étaient sa soeur. Et il avait promis de veiller sur elle, comme sur toute écuyère de la Licorne. Aussi tenta-til de chasser ces tristes songes, revenant tous à Beaumont, pour reprendre la conversation somme toute plaisante qu'ils avaient tous deux, à l'abri de l'esclandre qui avait élu domicile en Flandres.

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MessageSujet: Re: [RP] Infirmerie   Ven 13 Juin - 22:09

[Extérieur de la tente]

Dextre tendue, senestre qui serre un peu plus la chemise contre son flanc, il observe avec une lueur ironique l’examen dont il fait l’objet. Apparemment, la blonde se demande s’il ment. Mais pourquoi le ferait-il ? Il est temps de cesser ce petit jeu, qui pourrait aller beaucoup plus loin, à leurs corps défendant.

Enfin, la donzelle donne signe de vie. Mais bien sûr, elle est comme tous ces gens qui profitent de ce qu’on leur offre. Donnez leur la main, ils prennent le bras. Azur qui observe en penchant la tête sur le côté l’Hématite goguenarde. A quoi peut elle bien penser ? La réponse ne se fait pas attendre.

Des excuses. Elle veut des excuses. Il secoue doucement la tête, alors qu’une lueur de tristesse éclaire un instant son regard. Lueur qu’il ne tente pas de cacher, pourquoi le ferait il ? Bras toujours croisés, il doute que la jeune femme changera d’avis. Mais pourquoi s’excuser ? Pour lui permettre de se sentir supérieure à lui, alors qu’ils sont tous les deux faits de la même matière. Son titre et ses beaux atours ne lui serviront en rien lorsque sonnera son glas, alors pourquoi ? Quelle satisfaction retiendrait elle de simples paroles, qui peuvent être bardées de toute l’hypocrisie du monde ?

Car quand bien même lui demande-t-elle une reconnaissance que les gens de son calibre sont habitués à demander, que vaut la sincérité de telles paroles, lorsqu’elles sont dîtes sous la contrainte ? Aurait il du s’excuser auprès de son tortionnaire pour l’avoir tué ? Aurait-il du continuer à servir de défouloir pour voir la satisfaction se peindre sur le visage d’un homme heureux d’infliger les pires blessures mentales et physiques à celui qu’il considérait comme un moins que rien, et donc se donnait le droit de faire ce qu’il voulait de lui ?

Dextre qui retombe lentement le long de son flanc, alors que les lueurs ironiques reprennent leurs droits.


- C’que j’aimerais comprendre, c’est c’qu’elles vous apport’ront. Vous n’êtes pas morte, vot’ego non plus. Vous aurez tout au plus du mal à poser vot’séant que’qu’part pendant une s’maine.

Azur qui ferme les yeux un instant, avant de couvrir la faible distance qui les sépare, et plonge son regard dans une Hématite plus qu’étrange. Lentement, il se penche vers elle, un sourire sincère peigné par ses lèvres, toute trace d’accent effacée, voix profonde de basse aussi douce que le bruissement des feuilles au dessus d’eux.

- Je ne vous présenterais point mes excuses, ma Dame. Tant que je ne saurais quelle satisfaction vous en retireriez, si ce n’est celle de voir un homme se courber devant vous l’espace de quelques battements de cœur, aussi éphémères que notre présence icelieu.

Il se recule lentement, jetant un regard vers la tente, pour s’assurer que son chien n’est pas parti lui seul sait où. Non, il est bien là, toujours couché à l’ombre du dispensaire de fortune. Géant qui reporte son attention sur Estelle, montrant du menton sa chemise.

- Si on m’cherche, j’suis sur les bords d’la Scarpe.

Sans un mot ni un regard de plus, il se dirige vers le chiot, se moquant bien de savoir quel effet la vue de son dos en charpie aura sur la Varenne. Peut être que cela la fera réfléchir, mais il en doute. Il glisse sa dextre sous le ventre de Fenris avant de le coller contre son torse. Soupirant légèrement, il repasse devant la jeune femme qui accompagnait le chevalier désossé plus tôt.

- J’vais nettoyer ma ch’mise, l’odeur est infecte.

Signe de tête, alors qu’il se dirige vers l’eau tant attendue.

[Sur les bords de la Scarpe]

C’est donc l’arrière train du chiot dans une main, ses pattes posées contre son torse, la chemise dans l’autre, qu’il se dirige vers le théâtre d’une tragédie qui a failli tourner en drame. Mais par la grâce d’une quelconque entité, le pire a pu être évité. Ce qui n’est pas le cas pour sa chemise, ni pour le haut de son pantalon qui n’a été guère épargné. Mais pour ce dernier, il ne peut rien faire, même pas le laisser tremper, sous peine d’avoir des ennuis.

La Comtesse a beau toléré sa présence, il doute que le fait de savoir que l’un des invités l’est vu dans le plus simple appareil lui sied autant. Pestant contre le mauvais sort, il pose le chiot près d’un chêne, et se dirige vers la berge, bordée de quelques arbres déjà en fleurs, plongeant sa chemise dans les eaux froides. Certes, ce n’est que de l’eau, mais il ne sait pas si les accès au château sont réservés le temps de la fête. Et il n’a pas envie de tergiverser non plus des heures. Il aurait pu emprunter un savon à Cerridwen, mais c’était plutôt les compétences d’une lavandière dont il aurait eu besoin à cet instant.

Soupirant de plus belle, il se met à frotter vigoureusement le tissu, sachant que cela n’influerait que peu sur l’odeur dégagée par la chemise. D’autant que son pantalon puait tout autant. Après quelques minutes d’un lavage ainsi forcé, il se relève, rejoint Fenris, étend la chemise sur l’une des branches les plus basses, puis se laisse tomber à terre. Il tend les jambes devant lui, alors que sa dextre vient masser lentement sa senestre, dont l’élancement l’inquiète. Tout comme cette tension qu’il sent dans ses épaules et son dos, chaque cicatrice se rappelant à lui. Un sourire se dessine sur ses lèvres.

- Soit pas étonné, tu t’fais vieux.

C’est sur cette pensée que son ventre émet un borborygme des plus suggestif, lui rappelant qu’il a faim. Et bien sûr, il ne peut plus se présenter dans cet accoutrement. Fichue nobles et leurs caprices de gamins pourris-gâtés. Baste, tant pis, il attendra qu’ils soient tous occupés pour aller faire un tour en cuisine. Et peut être aussi avoir le culot de redemander à la Comtesse un vêtement sur mesure. Après tout, c’est la faute à ses pairs s’il en est là.

C’est sur cette pensée que le géant se penche en arrière jusqu’à ce que sa tête touche le tronc rugueux et solide derrière lui, les deux mains croisées sur les cuisses, Azurs fermées.
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Cerridween

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MessageSujet: Re: [RP] Infirmerie   Jeu 19 Juin - 22:02

Un Grand Maistre qui sourit.
Pestedieu qu’il l’énerve ce sourire taquin. Il joue avec ses armes et ça la rouquine n’aime point.
Point du tout.
Mais soit… elle n’a pas l’habitude de laisser genre de défi sans suite et elle jouera donc aussi.

Sourire en coin affiché. Pas menaçant non pas celui là. Un composé de circonstance. Entre la politesse due au rang hiérarchique de la licorne d’or qui ceint le cou du chevalier et entre l’expression sous-jacente et mais bien présente « je vous attend, très cher, au tournant ».
Attente de voir comme il va se dépêtrer le gaillard comte à la chevelure qui se parsème de neige de ce mauvais pas.
Ne rien dire, lui laisser l’initiative dans ce duel amical, initiative qui pour le coup lui est dommageable, puisqu’il n’aura point de coup à rendre ni de contre-pied possible.

Mais le chevalier en bon bretteur lui sortit une talentueuse botte. Elle n’attendait point aussi admirable coup. Plaidoirie posée, osée, équilibrée. Un brin d’ironie, juste de quoi tenter de percer la défense réputée tenace de ses yeux sinoples promettant force garde fermée. Un joli parlé piqueté, ne lui en déplaise, de vers parfaitement métrés et rimés. Elle aurait presque été prise au dépourvu, surprise de cette attaque peu académique mais diantrement efficace.

Néanmoins la rouquine aime les joutes verbales c’est là son moindre défaut. Il fallait cependant contre attaquer avec une réponse à la hauteur ce qui impliquer une parade qui aurait autant de style et de brio. Pas une mince affaire.

On campe ses positions.
Pose d’un sourire amusé.
Yeux d’eau émeraude qui se teintent d’une étincelle de défi.
En joue.


Si fort que le maréchal puisse être
A le croire coupable entièrement
De vostre mal dolent
Messire, ne suis point prête.

A tous soins, potion et clystères
M’est mémoire que fûtes fuyant
Tant qu’à force me demandant
Si point ne suis tortionnaire.


Pause feinte.
Enchaînement.


Voyons donc, chevalier mourrant
Si favorable vous est le sort
Et si guérison est espoir encore
En vostre blessure examinant

Encore un mot cependant,
Pour finir serment dont n’avez cure
Point n’échapperez aux infâmes mixtures
Ma parole avez sans espoir de renoncement.


La rouquine s’en va chercher une décoction d’écorce de saule blanc… préparée d’avance, car elle se doute qu’elle aura bon nombre d’estropiés. Elle verse la mixture dans un gobelet d’étain qu’elle tend au grand Maistre.

Cela ne vaut pas les bières flamandes j’en suis sûre mais je peux vous assurer que vous serez soulager.

Pendant que le Flamand qui s’est assis, regarde avec suspicion le contenu de son gobelet, la rouquine se baisse pour regarder sa hanche.
Jolie contusion que voilà… un bel hématome qui se teinte d’une teinte bleue violacée et une jolie boursouflure. Les muscles avoisinant doivent avoir été aussi mâché par l’impact. Le chevalier n’a pas fini de souffrir…


Et bien Grand Maistre, vous êtes effectivement amoché et de bien belle façon. Mais heureusement à ce que je vous pour l’instant rien de grave. La guérison n’en sera pas moins longue pour autant. Vous aurez du mal à vous mouvoir tout le temps que le coup se résorbe et que vos chairs cicatrisent à l’intérieur… d’autant qu’elles ont déjà été fragilisées.

Regard vers le Grand Maistre qui grimace… savoir si c’est plus le goût de la décoction ou le goût de la nouvelle qui lui paraît acre… la rousse parierait sur les deux.
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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: [RP] Infirmerie   Sam 21 Juin - 13:09

Quelle surprise que cela. Une méchante blessure, une boisson qui ferait se réveiller les morts par sa simple odeur, une errante qui semble profiter de sa temporaire autorité sur son Grand Maistre, le tout entrecoupé de vers plus ou moins inspirés. S'il avait su que tout ceci lui arriverait, nul doute que le chevalier aurait... pris les mêmes décisions. Téméraire? Non, c'est Charles ça... Hardi? Non plus, réservé à Philippe... Sans Peur? Pas plus, c'est Jean... Taciturne et conquérant, c'est Guillaume, mais ça n'a rien à voir avec ceci... Comment ça le narrateur pête un cable? Oui, et alors? Naméo, vous croyez que c'est facile de toujours garder une écriture normale, pondérée, réfléchie, rester dans les bornes de la courtoisie, ne pas faire trousser la gueuse à Guillaume et lui faire préférer les Gueuzes... C'est un sacredoce, moi je vous le dis. Et en plus, on a beau faire, yen a toujours pour me râler dessus... "Ca casse pas trois pates à canard, ça", "On t'a connu plus en forme", "Mais je comprends rien à ce que t'as voulu écrire"... Ben, si c'est comme ça, je prends mes cliques et mes claques et je me tire, vous n'aurez qu'à me remplacer par une équipe de lamas...

[Intermède destiné à retrouver un vrai écrivain pour continuer à vous ennuyer... Ca y est, on a trouvé!]

Or donc, le gent chevalier, tout attaché à ouïr les dires de l'errante, ne put réfréner un frisson de dégoût. Non qu'il fut marri de la médication prescrite, mais bien qu'il nourrissait le secret espoir de s'y dérober, nonobstant la détermination de la dite rousse. Las, si son estomac le vouait déjà aux gémonies pour l'ingestion de ce liquide, il semblait au surplus être l'unique antidote à la compression musculaire offerte tel un présent de mariage du maréchal d'armes.

- Mais, damoiselle, est-ce là tout? Me conseillez-vous de boire cette chose?... Et d'attendre que cela passe? Non que je brûle de trouver d'autres blessures pour ce qui ressemble de plus en plus à une collection, mais bien que, vous le savez, nos vies ne sont point celles de tranquilles pâtres d'Italie chantées par Ovide... Le cheval m'est-il au moins permis, ou devrais-je m'enfermer en quelque carosse?

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DameBlondeur

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Date d'inscription : 04/05/2008

MessageSujet: Re: [RP] Infirmerie   Mar 8 Juil - 0:31

Interdite.
Le seul mot ouvant la décrire en cet instant. Un être humain des plus normaux se serait focalisé sur le dos marqué du géant et se serait posé tout un tas de questions existencielles à ce sujet. Mais pas la Varenne. A vrai dire, les gens blessés, elle en avait vu, et s'en fichait éperduement. Mais... Il avait parlé, avec cet accent bizarre des gens non fréquentables puis, comme par magie des paroles claires et cohérentes et quelques instants après, était parti drappé de seulement sa fierté. Et elle était restée là, à regarder ses pieds. Un drôle de sentiment qui lui était alors méconnu avait petit à petit fait intrusion en elle : la culpabilité. Normalement, cet homme qui ne s'était pas excusé serait immédiatment taxé de crétin et autres noms d'oiseaux plus poétiques les uns que les autres, et puis elle serait passée à autre chose, tout en prennant méticuleusement soin de noircir la réputation du dit homme par sa langue qui pouvait s'avérer acérée. Mais en cet instant, elle navait qu'une envie : dire qu'elle était stupide et arrogante. Bon, certes, cela serait surement modifié face à son interlocuteur mais... Haussement d'épaule. N'avait-elle pas qu'à assouvir une de ses énièmes pulsions qui s'avèrent souvent regretables?

Les mirettes grises cherchent la silhouette du géant à l'horizon.
Rien à gauche. Rien à droite. Rien en face. Rien derrière. Que faire ? marcher à l'aveuglette en espérant ne pas se perdre, et chercher le géant à... L'odeur ? Aller tout simplement demander au marié ou se trouvait la Scarpe ? Oui, c'était surement la solution la plus raisonnable. Non, ce n'était pas la meilleure, tout compte fait. Elle voulait s'excuser, mais ne voulait pas que tout le monde le sache non plus, et puis quoi encore. Toujours plantée à quelques pas de la l'infirmerie de fortune, elle est incapble de bouger trop de pensées étant en collision dans son esprit ( et puis il est bien connu que trop réfléchir et marcher, pour une blonde... bref). S'excuser pourquoi ? Ecouter une fois de plus ce coeur qui ne l'a guidée que vers les ennuis ? Satisfaire une lubie comme une autre, telle une enfant capricieuse ? Et pourquoi à lui ? Rester froide paraissait être la solution qui lui causerai le moins de tord... Solution de facilité. Tout compte fait, elle qui claironnait ne pas aimer la facilité était comme tous ces gens minables et sans intérêt.

Un long, trèèèès long soupir.
Elle se dirrige vers la tente, et ne prêtant garde à couper ou non la discussion de sa rouquine avec le marié, elle lance un discret [/i]" Je pars me promener " [i]avant de suivre le chemin de fuite du géant. Par chance, le domaine n'est pas sauvage, point de ronces pour accrocher la robe, pas trop de cailloux pour la faire trébucher... Jusqu'à une patte d'oie. Droite, ou gauche ? Poings sur les hanches, nez plissé et sourcils froncés. C'était quoi la chansonette qu'elle chantait à sa fille déjà, pour quelle choisisse entre épée en bois et épée en tissus ? Ah ! Voilà ! Index fièrement droit qui va de droite à gauche
.

- C'est-le-ta-ver-nier-qui-o-ffre-sa-tour-née-et-c'est-toi-qui-n'-en-au-ra-pas-au-bout-de-tr-ois-un-deux-trois !

Chemin de gauche.
Pleine de fierté, elle l'emprunte. Décidement, si ce n'était pas fantastique ça ! Chemin de gauche, côté du coeur, pour une fois qu'elle suivait son coeur... Aaaah comme le destin faisait bien les choses ! Et oh, une rivière ! C'est en dissertant mentalement sur la correspondance entre une bonne tournure des évévenements et un choix guidé par son coeur, sur la félicité qu'apportait à coup sur le fait d'assumer ses actes qu'elle apperçut un peu plus loin le corps du géant... Sur l'autre rive. Et le visage radieux s'assombris. Rive droite ! Rive droiiite ! Fichu hasard, fiichue comptine, fichu coeur, fichu... C'est dans un grognement qu'elle s'assoit face au colosse, l'eau les séparant. " Allez Estelle, fonce, c'est le moment, soit forte, soit une vraie femme qui assume ses actes, oublie ta fierté, allez ! ". Plasmodiant ses propres encouragements, elle ouvre la bouche et... La referme. Et se couche à son tour, yeux fermés pour ne pas voir sa honte au grand jour.


- Encore vous ? Humpf. Je vais finir par croire que j'ai quelque chose à vous dire ! " Bien joué Estelle, on n'a pas encore trouvé plus minable ", se dit-elle. Encore un soupir, puis elle se remet en position assise, cette fois les bras sous la poitrine avec un air des plus sérieux. En diplomatie, lorsque des négociations sont entamées, on doit faire un pas vers l'autre, et celui-ci doit être rendu. Après un " sacrifice " des deux parties, les négociations peuvent commencer. Je suis venue ici, c'est mon sacrifice. En contre partie, vous allez taire cette venue et rayer de votre esprit l'image embarrasée et minable que je dois donner à cet instant. Et nous sommes quittes. Non ?

Peut-être ne s'en rendait-il pas compte...
Mais c'était surement le marché le plus sincère de sa vie qu'elle voulait conclure à cet instant.



[ Avec mes plus plates excuses pour le retard... promis je m'achète des post-it ! ]
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Milo

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Date d'inscription : 16/03/2008

MessageSujet: Re: [RP] Infirmerie   Mer 9 Juil - 0:18

[Bords de la Scarpe]

Colosse qui profite du soleil salvateur, réchauffant ses articulations, mains toujours posées sur les hanches. Un soupir de contentement sort de ses lèvres, alors qu’il écoute le silence, troublé seulement par les pulsions de la Nature. Des feuilles bruissent alors qu’un écureuil vient doucement les effleurer, alors que le vent charmeur murmure sa complainte à celles qui veulent bien se laisser charmer.

Il en était donc à vider son esprit, lorsqu’une voix fluette roulant sur le cour d’eau vient le sortir de sa torpeur. Un œil ouvert, pour apercevoir sur la rive d’en face, Estelle, dans la même position que lui, qui l’interpelle de manière… classique. Sourire ironique qui étire les lèvres du colosse aux paroles prononcées. Azur silencieuse qui se relève, s’époussette, avant de se baisser pour prendre sa chemise, puis son chien.

Certes, il aurait pu lui répondre depuis sa rive. Mais elle était venue ici pour une bonne raison, peut être accepter enfin la trêve qu’il avait demandé tout à l’heure. Peut être pas. Dans tous les cas, elle n’était pas là juste pour lui parler, comme elle disait, de cela il était en sûr. Pourquoi donc si sûr de lui ? Car une noble comme elle avait sûrement autre chose à faire que de rester avec un gueux comme lui. D’un pas rapide, avalant les mètres comme un soiffard ingurgite les litrons offerts à sa gorge, il prend le chemin inverse. D’un pas discret, il prend l’autre direction, pour se retrouver sur la même rive que la jeune femme.

Aussi silencieux qu’un loup en pleine forêt, années de pratiques à fuir les prédateurs qui le hantaient et le cherchaient, il s’approche de la Varenne, pose sa chemise sur un arbuste proche, avant de venir s’asseoir près d’elle, jambes tendues, chiot posé dessus. Du reste de sa diatribe, le géant n’en a entendu que quelques bribes. Mais cela lui suffit. Senestre jouant avec son chiot, sa voix profonde de basse vient briser le silence quasi religieux, Azur ironique de cette situation pour le moins cocasse.


- Cherchez pas, mon charme naturel et ma prestance font craquer toutes les femmes du royaumes. Gloussement qui éclate au grand jour, alors qu’il observe la jeune femme. Bras croisés sur la poitrine, elle avait cet air sérieux du professeur souhaitant être écouté de son élève. Géant qui sourit tout en secouant la tête. Ma foi, les diplomates s’enquiquine bien pour dire « excusez moi ». Dextre qui vient prendre le menton de la demoiselle, la forçant à le regarder, doucement mais fermement, Azurs qui se plantent dans les Hématites. J’appellerais pas ça un sacrifice. J’vois pas en quoi r’connaître ses torts, c’est s’sacrifier. La preuve, z’êtes pas morte, moi non plus. Tête penchée sur le côté, colosse qui sourit sincèrement. Une personne embarrassée et minable ? Où ça ? J’vois juste une blonde assise sur l’rivage, sérieuse comme un cur’ton, pr’nant un ch’min compliqué pour dire qu’on est quitte. Dextre qui lâche le menton, senestre qui prend le chien pour le déposer à ses côtés, alors que l’Azur fermée se laisse tomber à terre, bras croisés sous la nuque. Pour sûr qu’on est quitte. Pouvez même r’tourner embêter la Poule Naine si vous l’souhaitez. Moi j’attends ici qu’ma ch’mise sèche, qu'les autres soient partis d'la salle d'réception, pour pouvoir manger, parce qu'ça donne faim toutes vos ânn'ries d'nobles. Et puis pour pouvoir m'laver aussi. Grommellement assez audible pour que la jeune femme entende. J'comprend maint'nant pourquoi vous avez autant à manger lors d'vos réceptions.

Etrange comme le fait qu’elle puisse voir de si près les cicatrices qui parcourent son torse ou son dos ne l’ont pas dérangé. Etrange aussi qu’il ne soit pas resté de l’autre côté du rivage. Mais peut-être, au fond, Estelle était elle aussi meurtrie que lui. Peut être…
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