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 Une chambre parmi tant d'autres, vraiment?

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Une chambre parmi tant d'autres, vraiment?   Sam 14 Mai - 23:26

A Marchiennes, plusieurs chambres attendaient les invités ou les hôtes de passage. Moins luxueuses qu'au Louvre mais mieux fournies que celels que proposaient les auberges flamandes, elles comptaient un lit, un écritoire et un tabouret, une ou deux fenêtres et étaient décorées de tapisseries évoquant les grands héros de la chevalerie et des Flandres, qui parfois étaient les mêmes. Aussi, dès que le chevalier en avait donné l'ordre, l'une d'elles, celle qui accueillait les exploits de Baudouin IV de Flandre, empereur de Constantinople et chevalier croisé, fut préparée à l'intention de la vicomtesse de Renaix. Le lit fut raffraîchi et l'écritoire doté de feuilles de parchemin, de trois plumes d'oie et d'encre. Si Deos le voulait, elle s'y sentirait bien.

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Malycia de Renaix

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MessageSujet: Re: Une chambre parmi tant d'autres, vraiment?   Dim 15 Mai - 14:51

Le valet qui la précédait lui avait ouvert la porte de la chambre qu'on lui avait attribué puis s'était éclipsé presqu'aussi vite lui laissant le loisir de découvrir cette pièce qui serait sienne le temps qu'elle passerait à Marchiennes.
La chambre était petite, bien que cossue, point trop d'éléments de décoration, mais garnie de façon sobre, ni coiffeuse, ni miroir, juste un écritoire, comment se préparer si il n'y a rien pour se mirer.
Elle fit rapidement le tour, passant son doigt sur les meubles qu'elle découvrait, enfin si peu, remarquait les parchemins et les plumes, lui conseillait on d'écrire?
Peut être que le maître des lieux attendait il de sa part un mot doux à lui faire parvenir pour lui faire part de son désir qu'il vienne la visiter?
Il le ferait de lui même, du moins l'espérait elle.
La découverte de la chambre fut rapide, un peu trop, elle s'ennuyait déjà, testant le moelleux du matelas en sautant dessus, ouvrant les tiroirs d'une commode y cherchant un vêtement qu'on lui aurait laissé, choux blanc.
Se rendant à la fenêtre pour y découvrir la vue qui se perdait sur la campagne environnante et la forêt, mais à part cela rien de bien excitant, ne sachant plus que faire, elle entreprit de se déchausser, et continua de prendre ses aises en retirant également ses braies poussiéreuses ainsi que le haut de sa tenue, ne portant plus que sa chemise de corps, le temps qu'une femme de chambre veuille bien venir s'occuper d'elle.
Elle avait beau chercher, point de peigne pour dénouer sa chevelure en bataille, elle aurait aimé être plus présentable pour faire honneur à son hôte si raffiné.
Elle poussa un long soupire, observant maintenant pour s'occuper l'esprit les tapisseries accrochées au mur, rêvant alors à ces chevaliers partant en croisade, à toutes ces histoires qu'elle avait entendu, ce roy lépreux qui malgré le mal dont il souffrait avait tenté tant bien que mal à instaurer la paix contre Saladin...
Aurait elle pu, elle qui est femme partir en croisade, surement que non, dans les livres qu'elle avait lu, le rôle des femmes était cantonné à celui des mariages, alliances subtiles pour un semblant de paix.

Perdue dans ses rêveries, elle s'allongea sur le lit, les yeux rivés au plafond, et le chevalier à la licorne, que faisait il pendant ce temps?
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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Une chambre parmi tant d'autres, vraiment?   Dim 15 Mai - 17:26

Pendant ce temps, le chevalier était en plein combat intérieur. Il se préparait comme aux jours de sa splendeur où, paraît-il, on le disait meilleur parti de Flandres et où il jouissait de sa jeunesse et de son succès auprès des dames. Après tout, ne disait-on pas qu'il avait conquis même la reine de France? Mais aujourd'hui, même si la présence de la vicomtesse lui prouvait qu'il restait capable de séduire, il se rappelait combien cette demeure devait à la main de feue son épouse. Dire qu'il l'oubliait serait mentir. Il avait déjà prié bien des heures pour pouvoir mener à bien la consécration de sa chapelle, et procéder à l'ensevelissement de la Rose. Et chaque fois qu'il revenait à Marchiennes, c'était le même manque qui se rappelait à lui. Hélas, l'archevêque de Malines avait rejoint la croisade et ne pouvait donc s'occuper de cette question. Heureusement que l'abbaye non loin avait pu recueillir la dépouille et lui offrir un temporaire séjour en terres consacrées. Aussi, se voir se préparer à reprendre les jeux de l'amour et du hasard avec une autre qu'elle lui laissait un goût étrange dans la gorge. Comme une sensation d'infidélité.

Pourtant, il savait que cela n'avait pas lieu d'être. Il était toujours resté fidèle à son épouse, malgré les tentatives de l'une ou de l'autre dame ou damoiselle. Et il avait été délié de ses lieux maritaux dès lors qu'il avait appris sa mort. De plus, Renaix était dotée d'une maîtresse si jeune et désirable qu'on ne pourrait réellement lui reprocher son manque de goût, bien au contraire. Se convaincre de son bon droit, voila à quoi le vicomte était désormais appliqué. Mais, comme si le Tout-Puissant avait voulu lui envoyer un signe, il ne recevait nul appel de son hôte. Encore bien qu'un roman de bas étage occupait son lit pour lui permettre de penser à autre chose, ce sans quoi on l'aurait entendu faire les cent pas dans tous le donjon. Et après ça, on osera dire que ce sont les jeunes qui bouillent d'impatience...


---------

[Quelques instants plus tard, ailleurs]

La chambre Baudouin, lui avait-on dit. Rejoindre la chambre Baudouin et demander à s'y faire introduire. Il n'y a pas à dire, depuis le retour du chevalier, la forteresse poursuivait le réveil entrepris par la damoiselle de Lorgies. Les caves se remplissaient, les murailles étaient réparées, les réserves se garnissaient et le personnel courait en tous sens. Aujourd'hui, c'était Griete qui était de corvée "invités", ou "invitée" en l'occurence. Deux robes sur les bras, un nécessaire de reprise en bandoullière, suivie par Jan qui portait un miroir et un peigne et par le petit Willhelm qui essayait de ne pas renverser le baquet d'eau qu'on lui avait confié, elle arriva devant la porte close.

Y frappant quatre coups d'une pogne qui eut pu estourbir un sanglier encore jeune, elle attendait qu'on lui ouvre. C'est qu'elle avait à préparer la vicomtesse de Renaix pour le repas qui l'attendait ce soir.

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Malycia de Renaix

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MessageSujet: Re: Une chambre parmi tant d'autres, vraiment?   Dim 15 Mai - 18:35

Les coups étaient sans doute trop appuyés pour qu'elle songe à ce que ça soit celui auquel elle rêvassait qui s'y trouve juste derrière.
Elle se leva d'un bond, tentant d'arranger tout de même un peu sa mise, mais dans quelle tenue allait elle lui ouvrir, elle tira à elle le couvre lit et s'y enroula du moins si c'était le vicomte aura-t-il moins l'impression qu'elle s'impatientait de son arrivée en l'attendant demi vêtue.
Mais la découverte fut toute autre, un trio qui devait sans doute lui être tout dévoué se tenait là face à elle, un peu interdite dans un premier temps, elle se reprit bien vite, elle n'était pas la dame de ces lieux mais comme tous domestiques qui se respectaient à leur maître ils se devaient de servir les nobles invités avec les mêmes usages.


Fort bien, je me demandais si quelqu'un daignerait à venir m'aider à me préparer.

Elle allait ajouter que le vicomte risquait de s'impatienter, mais elle n'ajouta pas cette phrase se souvenant qu'il ne fallait trop en dire devant les domestiques.
Le temps que ces derniers installent ce qu'ils avaient apporté, elle profita de leur présence pour rédiger un billet à l'intention de son hôte.


Citation :
Cher chevalier,

Je vous remercie pour vos attentions, et me presse de me rendre présentable afin de vous remercier comme vous le méritez.
Gagez de mon impatience à vous retrouver.

Votre invitée
Malycia de Renaix

Elle plia avec soins le billet et le tendit au valet qui se préparait à se retirer.

Ceci est destiné au Vicomte, j'aimerais qu'il le reçoive au plus vite.

Seule était restée la femme de chambre qui s'affairait à déposer les robes sur le lit défait par la jeune vicomtesse, qui se débarrassa aussitôt du couvre lit pour se glisser dans le baquet, moment de détente s'il en est.
Elle attendit comme elle le faisait chez elle lorsqu'elle faisait ses ablutions, que Griete, dont elle ne connaissait pas le nom, vienne lui frotter le dos, et commencer à dénouer sa crinière, des cris risquaient de résonner dans les couloirs de l'aile des invités lorsque celle ci oeuvrerait.


Comment t'appelles tu? finit elle par demander à cette dernière.

Que je connaisses au moins le nom de ma tortionnaire
, grimaça t elle, alors que Griete tirait d'un coup sec sur sa cheveulre.

Aieuh, doucement tout de même!



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Malycia de Renaix

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MessageSujet: Re: Une chambre parmi tant d'autres, vraiment?   Lun 16 Mai - 20:23

Après quelques cris, et quelques larmes retenues, la chevelure de la brune était enfin démêlée et lissée parfaitement.
Toilette terminée, peau frictionnée,séchée et parfumée elle était maintenant prête pour l'essayage de la robe qu'elle s'était choisie parmi les deux proposées.
Pas de noir pour cette fois, elle avait donc opté pour la plus claire des deux, et la plus simple également, elle l'enfila et laissa la femme de chambre lui ajuster et lui ceinturer la taille d'une simple bande de soie.
Elle avait peu l'habitude de se vêtir de la sorte, la seule houppelande qu'elle avait porté était pour son couronnement, non sans s'entraîner à se déplacer une semaine avant pour être certaine ne pas se prendre les pieds dans les plis de la robe le jour venu, imaginez une comtesse flamande avançant dans l'allée de la cathédrale et s'étalant devant tout le monde, ça aurait fait mauvais effet, même si ce jour là elle s'était retrouvée pieds nus, ce qui lui valut le surnom de la comtesse aux pieds nus.
Griete son ouvrage terminé prit congés et la laissa seule de nouveau, que devait elle faire, attendre ou partir à la recherche de la salle du diner, allait on venir la chercher?
De ça elle avait oublié de demander.
Prenant son mal en patience et pour occuper son temps, elle s'installa de nouveau devant l'écritoire, machonnant le bout de la plume entre ses dents, elle réfléchissait à un quatrain qu'elle pourrait dédier au vicomte.
Son inspiration lui vint assez vite et la plume glissa sur le parchemin.


Citation :
Au creux de mes reins j'ai senti ce long frisson
Entre vos mains ma chaire était à l'abandon
Sous vos vas et vient laissant échapper mes cris
Ce n'est qu'au petit matin que vint le répit

Je me plais souvent à rêver de cette nuit
De vos lèvres embrasées sur les miennes unies
De vos caresses incessantes sur ma peau lactée
Et du plaisir qu'ensemble nous avons partagé

Elle laisse échapper un soupir à l'évocation de ces souvenirs, plie le parchemin qu'elle glisse entre ses seins, peut être lui remettra-t-elle, peut être le découvrira-il lui même, de ça elle ne pouvait présager.
Seule la suite de la soirée pourra lui donner réponse, mais pour le moment toujours pas de valet qui venait la chercher, son hôte devait avoir moult préoccupations, ou d'autres chats à fouetter, tant qu'il ne s'agissait pas de chattes.


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Daresha
Rose Impériale
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MessageSujet: Re: Une chambre parmi tant d'autres, vraiment?   Lun 16 Mai - 21:36

Qui es-tu?
Un souffle, une brise légère.
Une âme errante, Une Atma égarée.
Je ne suis plus.

As tu été ?

Une Rose d'argent pur avec un cœur de rubis.
Une efflorescence parfaite aimante et amante.
Je ne suis plus.

Seras-tu?
Un souvenir, une ombre du passé.
Une trace dans leurs mémoires encore vivante.
Je ne serais plus.

Regrettes tu?
Les regrets sont des chimères, des caprices et des mirages. Regretter, que regretter et pourquoi? Je ne puis de toute façon, ressentir aucun sentiment. Je ne suis qu'un flot désormais neutre qui se contente de constater ce que le monde et les siens sont devenus sans lui. Je constate mes erreurs, j'avoue mes faiblesses, mais à quoi bon? Elles ont été aussi marquantes que mes bienfaits quand j'étais encore de ce monde dit vivant. Ce qui est fait est fait, je me contente d'attendre et de voir ceux qui m'étaient le plus chers et que j'ai pu blesser.
Pourquoi rester?
Si l'on peut parler d'envie, alors j'en ai l'envie. Je n'ai pas envie de m'envoler sans retour. Je retrouverais bien des miens, je le retrouverais Lui... Mais je ne peux pas de toute façon. Il manque encore une clef, mais je ne sais laquelle. Peut-être qu'il la trouvera. Il est la clef, j'en suis sûre, de ma délivrance, et de mon exorcisme. Il est. Il a toujours été, même quand il y avait encore Lui.
Lui?
Oui, Lui... Ils furent deux à se partager mon cœur. Le premier fut le Destructeur, que je retrouverais quand je serais délivrée. Mon fils m'a toujours tenu rigueur de la diligence dont j'ai fait preuve à l'égard de son Père. Il aimait les femmes. Je l'aimais et il m'a offert un fils et le mariage, malgré lui, mais il me les a offert à moi. Aurais-je pu faire quoique se soit? En aurais-je eu le droit? Puis il y eu le Chevalier. Par tous les dieux, nous l'aurions tant voulu mais nous n'avons jamais pêché contre son honneur. Bralic doit être mort avec la conviction que je l'ai trompée. Mais peut être était ce le cas non? Le Flamand ayant eu raison de mes sentiments dès notre première rencontre. J'étais jeune.
Tu as aimé?
Les deux hommes qui sont entrés dans ma vie? Oui, plus que tout, à en pleurer, à en être blessée. Deux frères d'armes, si différents et si complémentaires. Un caractère irréfléchi et parfois violent, exclusif, des yeux sombres et des cheveux corbeau et courts, et collectionnant jupons sans s'en cacher... Un caractère posé et patient, des yeux d'un bleu pure et des cheveux chatains blonds et longs et m'ayant promis fidélite. Grand dieu que mon ego a brûlé de les avoir tous deux à moi, alors que tant de femmes auraient voulu se les approprier... Enfin, tout cela est loin bien loin.
Pourquoi?
Je ne sais pas. Je n'ai pas de réponse à cette question. Je ne peux sans doute me résigner. Je les vois tourmentés, mais je les vois. Je les veille, même s'ils ne peuvent se douter que je suis encore ici. Ils me manquent. IL me manque... Ce doit être ça, il doit y avoir une part étrange de ce sentiment qu'est le manque. On ne sait pas vraiment ce qu'on ressent ici, tout est si flou, si incertain. Que se serait il passé si mon coeur ne s'était pas arrêté de battre?

A toi de me le dire.
Elle ne serait pas là.
Es tu jalouse?
Si j'avais une voix, tu m'entendrais rire de ta bêtise. Je suis morte, il est vivant. C'est devant ma tombe qu'il est tombé à genoux. Il n'y est pas revenu d'ailleurs. Peut être devrais je...? Non enfin, passons. Il lui reste quelques années. Je ne sais pas combien, mais ici l'attente n'est pas touché par le temps auquel sont soumis les vivants. Il a vieilli, mais il reste un homme. Regarde le, il n'a rien perdu de ce qu'il était avant que je le perde. Seul le physique a changé, mais ce n'est là qu'un détail. As tu vu ses yeux? Je m'y verrais presque si je le pouvais. Mais c'est elle qui s'en sert de miroir.
Elle est jeune.
Oui. Il a du apprécier sa jeunesse. Il a aimé son corps. Aurait il apprécié ma vieillesse et les traces qu'elle a laissées?
Tu en doutes?
Non, ce qui nous a uni ne trouvera jamais lien comparable. Mais mon corps a mis au monde quatre enfants et le temps à fait son office, malgré tous les artifices dont j'ai usé pour rester désirable. Et puis la douleur, la tristesse n'ont fait que blesser mon corps. J'étais jeune quand il a disparu. Du moins, je l'étais encore un peu. Elle a encore toute la vie devant elle. Elle doit avoir à peine plus que notre fille. C'est elle qui le vivra mal. Elle me déteste, elle me hait et me maudit. Mais ce ne sont que des mots. La comprendra t il? Elle reste si fragile... Et pourtant elle est une femme, elle devra bien comprendre. Je ne pourrais être que spectatrice. Le Chevalier et sa fille écriront leur histoire.

L'aimez vous? Ou n'est ce qu'une illusion dans votre coeur?
Léger souffle sur la Brune invitée. Rêverie ou courant d'air réel?

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Malycia de Renaix

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MessageSujet: Re: Une chambre parmi tant d'autres, vraiment?   Lun 16 Mai - 23:04

Ce n'est plus le même frisson que dans ses vers qui vient lui parcourir l'échine, mais un autre, plus froid plus glacial, comme une présence qui plane au dessus d'elle, son coeur s'emballe, elle a comme l'impression d'entendre le murmure d'une voix, quelle est cette ombre qui la survole, qui l'épie, a-t-elle un message à lui faire transmettre, que devrait elle ressentir sous se souffle qui vient de glisser sur elle, une angoisse l'étreint, sa main se met à trembler, que lui veut-elle.
Elle n'ose plus bouger ni même penser, comme tétanisée par quelque chose d'inconnu, serait ce possible? Cet endroit serait il hanté.
Rêverie ou réalité, le souffle s'en est allé, le sien revient plus calme reprenant une profonde inspiration après cet instant irréel.
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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Une chambre parmi tant d'autres, vraiment?   Mer 18 Mai - 3:08

Et le billet avait trouvé le chevalier. Ou plutôt l'avait soulagé. Il aurait pu envoyer tout valdinguer tant l'attente qui jusque là l'étreignait venait de disparaître par quelques lignes tracées sur le papier. Le soulagement se mêlait à l'angoisse, tant cette rencontre différait de celles qui précédemment les avaient mis en présence l'un de l'autre. On n'était plus dans ces tavernes tournaisiennes où les deux amants s'étaient rencontrés et découverts, mais bien dans un castel où la relation qui se développait ne leur laissait plus de doute sur l'importance de la chose. Aussi le vicomte était-il consumé d'un véritable feu intérieur.

L'attente lui devenait véritablement insupportable. Plus il devait patienter plus sa silhouette semblait se matérialiser devant lui. Pour un peu, il aurait pu croire la voir, la sentir et la toucher, alors que pourtant il demeurait seul. Ses braies lui semblaient trop étroites, son pourpoint trop serré et la température de la pièce trop élevée, alors que pourtant on était en Flandre, une contrée qui ne se caractérisait pas par un climat à proprement parler tropical.

Mais maintenant qu'il était en possession de ses mots, il oubliait le repas qu'il avait fait préparé. S'il avait faim, c'était de bien autre chose que de pintades et de truies, et soif d'autres nectars que de bière – presque une hérésie en soi – et de Bourgogne. Le chevalier redevenait homme terrestre, avec des besoins et désirs bien présents en son esprit. Aussi ne fut-il pas long à prendre sa décision. Il fit sauter le loquet d'un coffre et en sortit une ample cape noire comme la nuit. Ainsi recouvert, il se glissa discrètement hors de sa chambre puis, par des couloirs connus de lui seul, s'avança jusqu'à pouvoir apercevoir à quelques mètres la porte protégeant la chambre Baudouin, où devait toujours attendre une jeune fille privée de nouvelles vicomtales. Caché dans une anfractuosité des murs, il pouvait s'assurer que personne ne risquait de le surprendre dans cet accoutrement, alors que le soleil n'était pas encore couché.

Cependant, si la discrétion était sa priorité, il se rendait bien compte qu'il ne lui serait pas possible de frapper à l'huis sans réveiller la moitié du château et faire accourir l'autre moitié. Mais pouvait-il pour autant entrer sans considération pour celle qui se trouvait isolée de lui par un simple assemblage de bois. Cruel dilemme que celui-ci. La raison disait non quand le corps disait oui. Comme lorsqu'il se demandait s'il était une bonne idée de se saisir de la quinzième choppe de la soirée. L'idée lui vint soudain, et enfin, car le chevalier ne faisait vraiment attention au temps qui s'écoulait, de reglisser sous la porte le billet par lequel elle disait son manque de lui. Ni une ni deux, en trois pas il fut sur l'objectif. Puis se retira vers son poste de garde. Il ne pourrait savoir comment réagirait la dame de Renaix.

L'attente, une nouvelle fois, occupa l'esprit du chevalier. Il ne savait comment l'imaginer. La robe qu'elle aurait choisi, la coiffure qui serait la sienne, la façon dont elle se présenterait à lui, le regard qu'elle lui lancerait. Défierait-elle la correction pour l'attirer à elle sans autre forme de procès où se ferait-elle prude, le laissant la conquérir à nouveau. Dans le cerveau flamand, les hypothèses se succédaient les unes aux autres, ce qui n'était pas pour lui refroidir l'esprit. Soumis à ses sens l'homme ? Certainement... Et le pire, c'est qu'il n'escomptait pas changer cela prochainement...

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MessageSujet: Re: Une chambre parmi tant d'autres, vraiment?   Sam 21 Mai - 18:53

L'attente encore, après le frisson qui venait de la parcourir, une question la taraudait, pourquoi n'avait il pas répondu, et pourquoi ne venait on pas la chercher, le valet lui avait il seulement remis son message.
Pourquoi ce sentiment étrange d'avoir été un instant épiée, elle avait eu en cet instant tellement besoin de lui, de sa présence rassurante, pourtant quand elle avait de nouveau croisé son regard à son arrivée, ce n'était point ce à quoi elle avait songé.
Un désir ardent et brulant l'avait consumé, tout ce dont elle avait rêvé était de pouvoir se retrouver en sa présence, loin de tout regard indiscret, mais rien de tout cela n'était arrivé, elle se donnait l'impression d'une poupée habillée et fardée, allait il la laisser se dessécher dans la perspective d'une éventuelle visite, n'était elle qu'une favorite choisie parmi un parterre de jolies fleurs et qu'on honorerait peut être d'une présence.

Elle ne pouvait réellement s'en convaincre, ce qu'elle avait lu dans le regard du vicomte ne pouvait l'avoir trompé, il la désirait autant qu'elle le désirait, mais pourquoi donc la faire attendre aussi longtemps, elle pestait de nouveau contre le valet, elle en était maintenant certaine, il était la cause.
Mais un bruit de pas dans le couloir la fit sortir de ses multiples pensées, de nouveau ce frisson qui la glace, elle regarde vers la porte, personne ne vient y cogner, elle observe la poignée peut être qu'une main va s'y poser, le maître des lieux serait il enfin juste derrière, elle retient son souffle, s'impatiente, mais...la porte reste close, mais dessous elle voit apparaitre quelque chose, elle bondit aussitôt songeant qu'enfin il lui avait répondu.

Déplie avec soin le parchemin et y reconnait sa propre écriture, le tourne le retourne dans tous les sens, mais rien, serait ce une farce qu'on lui fait?
Elle ouvre alors la porte brusquement, si quelqu'un s'y trouvait encore pour l'y épier elle saurait le débusquer.
Mais là non plus personne, elle ne sort qu'à moitié, regarde à droite, puis à gauche...et distingue une ombre, son coeur se sert, s'emballe, comme lorsqu'elle avait senti cette présence autour d'elle, sa respiration reste alors bloquée, elle n'est qu"à moitié dans le couloir, deux choix s'offrent à elle, retourner se cacher vite fait dans sa chambre ou faire face à ses propres peurs et découvrir qui se cache et ose venir l'effrayer.

Un bref instant, quelques secondes seulement pour elle faire son choix, elle se précipite sans plus réfléchir....et c'est lui qui est là caché, embusqué, la folle course dans lequel son coeur s'était lancé s'arrêta net.
Son regard ne pouvait plus se détacher du sien, un sourire vint illuminer dans l'immédiat son visage dont les traits quelques instants auparavant s'étaient parés d'un voile d'inquiétude, même les questions qu'elle s'était posée s'envolèrent comme par magie; il était là,enfin.

Elle n'hésita pas cette fois et poussée par l'irrésistible désir qu'il avait éveillé en elle, elle lui sauta au cou pour l'embrasser avec fougue et passion sans même laisser échapper un mot, aucun mot n'aurait pu décrire ce qu'elle ressentait à ce moment précis seuls ses actes le pourraient.

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MessageSujet: Re: Une chambre parmi tant d'autres, vraiment?   Jeu 26 Mai - 2:51

Il ne faut que quelques instants pour que le fruit de son appel n'éclose devant lui, avec l'ouverture de cette porte qu'il s'était retenu de forcer. Ouverte à la volée, comme quand, dans son jeune temps, il manquait déchaussé les portes des tavernes tournaisiennes. C'était la même hâte qui se faisait jour en cette occasion, encore qu'avec un propos tout autre. À l'ivresse du houblon faisaient pièce l'ivresse et l'impatience des sens. Nul doute à avoir, elle était aussi impatiente de le retrouver que lui de la tenir entre ses mains. Un sourire vint donc s'inscrire sur le visage chevaleresque. Sourire de soulagement mais également de plaisir, car le doute n'était plus permis quant au futur de leurs échanges.

La silhouette féminine se découpa sur le fond des chandelles éclairant la chambre Baudouin. Nimbé de ce halo de mystère que créait l'obscurité nocturne et la faible lueur des flammes domestiques, un corps connu et conquis s'offrait à son regard, et à son désir. La mise en scène n'avait fait qu'intensifier son désir et la voir ainsi, à demi irréelle, n'était pas pour calmer son trouble. Il l'avait donc observée, sans bouger, refusant de briser ainsi le mystère d'un moment où tout semblait suspendu. Il retenait sa respiration, aussi. Comme si le moindre souffle dissiperait l'apparition qui lui faisait face. Profiter un instant encore de ce spectacle, de ce corps jeune et vigoureux qui s'offrait à lui, sans refus, sans crainte, en confiance. Il oubliait maintenant qu'il se trouvait en son castel, et ne songeait qu'à jouir du spectacle qui s'offrait à lui. Qu'à la détailler et à deviner sous les remparts de soie les courbes de son corps, les recoins faibles à lui résister, les richesses à conquérir. Bientôt les chausses se feraient trop étroites...

Mais elle ne l'entendait pas ainsi. En moins de temps qu'il n'en fallut pour l'écrire, elle est sur lui, l'embrassant avec une fougue qui sonne le chevalier, un instant. Un instant seulement car il lui répond avec la même énergie, saisissant l'arrière de sa tête de sa musculeuse dextre qui vient empêcher tout recul de la vicomtesse, celle-ci en eût-elle eu envie. De sa senestre, il descend du creux des épaules au sommet de sa cambrure, s'y attarde un instant, glisse plus bas que la ceinture et s'empare de sa cuisse. Il la soulève comme un fétus de paille et la colle à sa taille. C'est un pas de deux qui les conduit vers l'intérieur de leur retraite aux couleurs d'un vainqueur croisé, et d'un coup de talon qu'il referme l'huis sur deux corps qui vont bientôt plus n'en former qu'un.

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Malycia de Renaix

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MessageSujet: Re: Une chambre parmi tant d'autres, vraiment?   Sam 11 Juin - 19:03

Ses lèvres désormais scellées aux siennes, qu'elle n'a pas l'envie de quitter, cette main qui l'empoigne avec vigueur et qui dans un seul mouvement la hisse contre lui, son corps qu'elle sent désormais si proche et auquel elle s'accroche sans aucune forme de retenue, ses épaules autour desquelles elle agrippe ses mains pour se laisser transporter, entrainer, avec toute la force qu'il possède encore, le vieux chevalier ne l'est pas à ses yeux, elle se sent comme un oisillon losqu'il la tient entre ses bras, aussi légère qu'une plume, aussi fragile qu'un vase de cristal.
Pourtant il faudra bien le laisser respirer un peu, maintenant que la porte s'est refermée sur eux.
Alors qu'ils se retrouvent seuls,enfin,loin de tous regards indiscrets, elle ne l'espérait plus, elle n'avait imaginé que ça se passerait ainsi.
Mais l'attente fut trop longue pour qu'elle puisse résister à l'attirance qu'il exerçait sur elle, bien trop longue pour cette jeune demoiselle qui dans son esprit depuis le matin n'avait rêvé qu'à ces retrouvailles, il n'avait plus quitté ses pensées depuis l'échange de ce premier baiser, qu'il avait un peu provoqué, une raison en fallait il vraiment une, elle en était presque devenue timide, rougissante, tel un premier émoi.
Mais son introversion face à cet homme d'expérience elle venait soudain de la quitter, non elle ne voulait pas qu'il pense qu'elle puisse le repousser, bien au contraire, elle le désirait bien plus qu'il ne pouvait s'imaginer.


Elle délaisse un instant la bouche aimée, le regarde les yeux pétillants d'envie, un sourire mutin ornant ses lèvres.

Vicomte vous savez que j'ai failli attendre.
Vouliez vous me rendre plus brûlante encore de désir et d'envie?
Si tel était le cas, sachez que vous y avez fort bien réussi.


Et d'à nouveau l'étouffer d'un baiser plus sulfureux encore que le précédent.
Ses doigts fins venant se perdre le long de sa nuque, et non pas dans la crinière qu'il avait pu porter et que nombre de dames avaient du fouiller, mais qu'importe! aujourd'hui c'est elle qui bénéficierait de toute son expérience passée.



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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Une chambre parmi tant d'autres, vraiment?   Ven 17 Juin - 2:18

Qu'importait effectivement le passé pour le chevalier. Il se trouvait une seconde jeunesse lorsqu'il se perdait dans les effluves malyciennes et n'était pour l'instant pas prêt à s'en éloigner. Il redécouvrait à chaque instant un corps qu'il aimait à aimer de tout son être. C'était une succession de sourires immoraux et de baisers scandaleux qui décoraient son visage. Puis des gestes qui, experts, venaient ravir le moindre espace de peau qu'ils pouvaient dénuder. Dans le duel qui les mettait aux prises, les amants faisaient montre d'une adresse consommée, encourageant par chacune de leurs audaces l'autre à se surpasser. Et à ce jeu, Guillaume se refusait de faiblir. Non qu'il tenait absolument à défendre sa réputation – quoique ... – mais bien qu'il était à cent lieues de penser à calculer. Ses sens décidaient pour lui, ce qui n'était pas pour lui déplaire...

Et alors que sa tête se relevait d'entre les jambes vicomtales, il doubla un clin d'œil d'une esquisse de conversation :
« Rien ne doit être trop simple, damoiselle, jamais. Sans cela, il n'y aurait guère de plaisir à se retrouver ainsi. Faites des convenances du monde des obstacles à surmonter, à contourner. Pour vous et vos amants et pour vous et vos officiers. Amour et Etat, tout se ressemble, seule la finalité varie ».

Comme pour ponctuer ce qu'aurait pu dire Villon, Guillaume reprend son exploration de l'intimité de sa partenaire. Les corps s'approchent, s'éloignent, se fondent avec chaque fois moins de pudeur. Ce n'est pas le seul plaisir du corps que le Flamand ressent, mais le rajeunissement de chaque atome de son corps. Il se devine conquérant, fougueux, redoutable. Et sa partenaire n'est pas pour le décourager. Ce ne sont qu'escarmouches, avancées, replis et conquêtes. La séduire avait été une première victoire, ne pas la lasser de sa présence était la seconde étape.

« Quoique... Vous me rendez en fait bien plus heureux que si je ceignais la couronne de comte de Flandre. Même si je ne peux vous offrir le manteau bleu d'hermine pour protéger nos ébats. Il est à espérer que vous m'en pardonnerez ».

Et en manière de pardon, le voici qui venait orner ce cou dénudé d'offrandes douces et prolongées, pendant que le reste de son corps s'aventurait ailleurs. Qui a dit que l'âge rendait raisonnable ? À moins que Guillaume ait dépassé cette étape...

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