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 Quand une invitation est enfin honorée

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Malycia de Renaix

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MessageSujet: Quand une invitation est enfin honorée   Mar 10 Mai - 16:53

Chevauchant à travers bois et campagne, elle avait quitté Tournai tôt dans la matinée, ce n'était pourtant guère dans ses habitudes que de quitter sa couche aux aurores.
Dans sa main un petit parchemin griffonné à la hâte, elle y avait noté les indications que le chevalier lui avait donné lors de la cérémonie des allégeances, avait elle retenu correctement tout ce qu'il avait dit?
Il avait dit: une demi journée de Douai! Si elle voulait arriver pour l'heure du déjeuner elle devait se hâter.
Mais avait elle pris la bonne route quand à ce croisement elle n'avait su se diriger, elle relisait le bout de papier mais...un horrible doute soudain l'habitait, et si, elle s'était trompée, elle avait pourtant tiré en direction de Cambrai, puis à hauteur de Douai avait suivi la Scarpe, qui devait la mener jusque Marchiennes, mais, elle avait beau regarder aux alentours, pas un seul clocher à l'horizon.

Elle ralentit la cadence de son bel étalon, tentant de trouver un point de repère, quelque chose, un paysan, que sais je, mais non rien de rien, juste cette forêt qui lui faisait face et vers laquelle elle s'enfonçait irrémédiablement.
Le chemin semblait être emprunté régulièrement, ce qui la rassurait, même si l'inquiétude ne se lisait pas sur son visage.
Elle avait souvent traversé la forêt qui environnait Tournai, elle n'avait plus aucun secret pour elle, mais celle ci....finirait elle par en voir enfin la fin, que diable pouvait elle receller, trop de questions venaient se bousculer, et elle n'avançait guère, un coup de talon dans les flancs de l'animal et il repart au galop, quelques branchages viennent lui cingler le visage au passage, faisant naitre sur sa joue une perle de sang, mais au bout la lumière rejaillit enfin, de nouveau les champs, la campagne, au loin le village, elle soupire soulagée, elle y trouvera sans aucun doute quelqu'un pour la renseigner, le castel ne doit plus être bien loin, mais dans quel état va-t-elle se présenter face au preux chevalier, echevelée, griffurée, que va-t-il bien pouvoir penser de son invitée.
Qu'elle n'est qu'une sauvageonne à n'en pas douter.

Dans les ruelles étroites du village elle croise un gamin qui balançait quelques cailloux sur un pauvre chien galleux.


Hep ptit gars, au lieu de maltraiter cette bête qui ne t'a rien fait, ça te dirait de gagner quelques piècettes!

Elle lui jette les quelques deniers qu'elle avait sur elle.

Tu sais où je peux trouver le comte et m'y conduire?

Le gamin s'empresse de ramasser les pièces en question puis la regarde.

Euh...j'sais ben d'où qu'il reste, mais j'sais pô si il y est!
Tu m'suis Madame, j'vais t'montrer.


Et le gamin de courrir aussi vite qu'il peut alors que la brune le suis au trot juste derrière, si elle venait à croiser le chevalier il aurait le temps de se moquer
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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Quand une invitation est enfin honorée   Mar 10 Mai - 18:42

Le hasard faisait décidément bien les choses. Au moment même où la vicomtesse de Renaix se perdait dans les propriétés forestières du maître des lieux, ce dernier était sorti avec quelques hommes chasser les renards qui venaient de razzier le poulallier des bons moines de Marchiennes. On ne protégeait pas l'Eglise que des brigands, en Flandre, mais également des canidés trop entreprenants. Et après quelques heures, le bilan n'était pas médiocre. Quatre bêtes tuées, dont trois se balançaient sur la croupe d'une bête de somme. Voila qui ferait le bonheur des tanneurs du lieu. Et qui avait usé d'une saine fatigue le chevalier, toujours plus enclin à la chasse depuis qu'il avait la tutelle de la Vènerie royale. Il lui fallait apprendre, souvent loin des yeux parisiens, des usages qu'il ne maîtrisait point aussi bien que la guerre.

La sueur commençant à sècher sur son front, vêtu d'un gambison de cuir bouilli et la lance au poing, il allait au pas vers son château, suivi de ses compagnons de chasse, tous domestiques du domaine. Après un crochet qui lui permit de déposer les dépouilles à quelqu'artisan qui en ferait son profit en échange d'un rehaut de cape vicomtale, Guillaume avait traversé la place centrale du village, dans la perspective d'une nouvelle soirée passée dans la solitude de l'étude et de la correspondance. Depuis le décès de la comtesse de Scye et son retour en France, il n'en éprouvait même plus quelque lassitude. Peut-être est-ce ce qui avait décidé la reine à lui confier cet office, la certitude que nulle famille ne le détournerait de son service? Qui sait...

Mais la solitude devait trouver un obstacle de taille, et de choix, en la personne de la dame que le chevalier apercevait quelques centaines de mètres devant lui. Perdue visiblement, puisqu'elle semblait suivre un garçonnet qui, pour sa part, semblait connaître le coin comme sa poche. Une visite. Voila qui surprenait, au vrai, le chevalier qui s'apprêtait déjà au départ. Il ne pensait pas être visité, même après l'agréable nuit qu'il venait de passer en Tournai. Mais la monture qui le précédait allait au trot, et le distançait plus à chaque instant. Le choix fut vite fait. Un regard et deux phrases jetées à ses hommes pour leur dire qu'il finirait la route sans leur escorte, et il éperonne des deux pour rejoindre l'inconnue.

Ce qui est fait rapidement, tant il connaît les lieux et tant son Frison préférait la vitesse à la patience. Mais ce qui ne ve pas sans le rendre encore plus sale de poussière et de transpiration. Enfin, il n'avait jamais été un adepte des poudres et de la courtisanerie efféminée non plus. Puis si elle s'effrayait, c'est qu'elle ne devait pas en valoir la peine. Intransigeant le vicomte? Certainement...

Même de dos, il la reconnaît. Comment ne le pourrait-il pas, d'ailleurs? Un sourire en coin vient s'afficher sur son visage, alors qu'il est encore dans son dos, mais que déjà les sabots de sa cavale doivent s'être faits entendre. Et quand il ouvre la bouche, il a retrouvé une contenance bien plus urbaine.


- Le bonjour vicomtesse. Que me vaut le plaisir?

Et le voila à sa hauteur désormais.

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Malycia de Renaix

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MessageSujet: Re: Quand une invitation est enfin honorée   Mar 10 Mai - 21:43

Elle suivait sans plus se poser de questions le garçonnet qui filait par les ruelles, et si finalement il l'entrainait vers un coupe gorge, après tout elle avait fière allure, même si elle ne portait nullement de riches vêtements , elle avait pour habitude de chevaucher comme un homme, vêtue de braies, mais portait malgré tout à sa ceinture son épée qui jamais ne la quittait, surtout pour rallier une ville inconnue, on ne sait jamais le danger n'est jamais éloigné, il suffirait de quelques routiers planqués en embuscade et le mal était fait, surtout qu'elle était partie sans prévenir personne, ni escorte pour l'accompagner.
Toute à ses pensées elle gardait la main posée sur son pommeau prête à défourailler à la moindre alerte, mais c'est le son des sabots d'un cheval arrivant au galop qui la fit tressaillir, de bien courte durée, car c'est une voix rassurante qui se fit reconnaissable à son oreille, celle de celui qu'elle cherchait.
Finalement c'est lui qui l'avait débusquée, et se trouvait déjà à ses côtés, elle se sentit rougir dès l'instant ou elle croisa son regard, elle n'était pourtant plus jouvencelle à s'émouvoir de croiser le regard d'un homme, que lui arrivait il pour qu'elle se sente troublée dès qu'elle était en sa présence, l'homme l'impressionnait plus qu'elle ne voulait se l'avouer, elle qui se targuait d'ordinaire de leur faire peur, se sentait comme une jeune pucelle à son premier rendez vous galant.
Surprise de le voir plus vite qu'elle ne l'aurait pensé elle bafouilla quelques mots avant qu'un son audible sorte enfin de sa bouche, elle n'aura même pas eu le temps de vérifier sa mise, ni de recoiffer sa longue crinière d'ébène.
Elle tira sur les rênes de sa monture pour la faire stopper, sans plus s'occuper du gamin qui continuait de courir sans s'arrêter.


Bien le bonjour à vous Vicomte...Auriez vous oublié que vous m'avez invité?
Mais peut être que je vous dérange dans vos préparatifs de départ, votre temps vous est surement précieux, je ne saurais vous imposer ma présence.


Elle se fendit d'un sourire, espérant qu'il n'avait prévu son départ que plus tard, elle s'était levée aux aurores uniquement pour être certaine de ne pas le manquer, mais lui avouer, ça c'est une autre histoire.
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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Quand une invitation est enfin honorée   Mer 11 Mai - 0:11

Emporté par son élan, le Frison avait dépassé de quelques foulées l'autre monture. Aussi ressentit-il une brusque traction sur les rênes, le mors lui navrant les joues et le forçant à une volte rapide. Le chevalier restait un vigoureux cavalier. Et était désormais face à son invitée. Aussi plongea-t-il sans hésiter son regard dans le sien, tentant d'y deviner ce qu'elle ne disait. Et ce qu'elle ne disait, c'était le rouge de ses joues qui le trahissait. Inutile même de déchiffrer un regard, le reste de son corps ne laissait aucun doute sur ce qu'elle ressentait à l'instant. Même si le regard chevaleresque ne quittait guère son visage, par crainte d'être discourtois en le laissant découvrir d'autres richesses, plus ou moins bien dissimulées par les vestures d'équitation.

Rassuré, ou mis en confiance par ces signes extérieurs d'émoi intérieur - ou ce qu'il jugeait comme tel -, le vicomte fit avancer son cheval, l'arrêta quand son encolure se trouvait au niveau de la jambe senestre de la dame de Renaix. Les deux visages n'étaient plus distants que de quelques décimètres. Et il laissa le silence s'installer, profitant d'un moment qui n'appartenait qu'à eux. Avant de, doucement, dégager le visage féminin des quelques mèches qui tentaient de l'envahir. On a beau vivre dans la fureur de la guerre, le spectacle d'un beau minois n'était jamais à négliger. Surtout pas lorsque les souvenirs étaient si frais en la mémoire.


- Me déranger? Que voila une idée bizarre. Comment et pourquoi voudriez-vous me voir refuser votre compagnie? C'est bien plutôt le contraire qui devrait être. Voir une belle jeune femme rechercher la compagnie d'un vieillard, d'un grand-père, voila qui est plus qu'incongru, vous en conviendrez.

Incongru, certes, mais plus qu'agréable pour le Flamand qui retrouvait une partie des joies de la vie dans cette chevelure d'ébène. Alors qu'elle était la fille d'un de ses anciens hommes d'armes. Guillaume, que t'arrive-t-il donc?

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Malycia de Renaix

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MessageSujet: Re: Quand une invitation est enfin honorée   Mer 11 Mai - 17:01

Elle reste un moment à le regarder, ne quittant ses yeux, ce regard qui se pose sur elle lui faisant tant d'effet qu'elle ne saurait elle même l'expliquer.
Même son coeur d'ordinaire si peu réceptif en ressentait lui aussi quelques émois, qu'elle n'arrivait pas à dissimuler. Et lui s'en rendait il compte, se doutait il un instant du chamboulement qu'il provoquait.
L'approche de son visage, sa main qui l'effleure ne fait qu'ajouter un peu plus à son émoi.
Quel homme pouvait il être. Elle finirait par le découvrir, n'était elle pas là pour cela en apprendre un peu plus sur lui?
Mais du peu qu'elle en avait appris, de ce qu'elle savait, il lui plaisait un peu plus à chaque nouvelle rencontre, ne serait ce que cette attention à cet instant à lui replacer ses mèches de cheveux, geste anodin s'il en est, mais dénotant d'une infinie tendresse, elle aurait eu envie de prendre cette main et d'y poser sa joue, qu'elle aurait aimé qu'il caresse...Qui pouvait il être pour lui faire autant d'effet, il était comme un aimant dont elle n'avait pas envie d'éviter l'attirance.

Elle opina de la tête en réponse à ses propos, il avait raison, et ses paroles n'avaient que pour seul but de lui entendre répondre le contraire, quelle aurait été sa déception si il lui avait répondu dans l'affirmative, qu'il n'avait ni le temps ni la patience de la recevoir, mais non, Guillaume n'était pas un homme rustre, de ça elle en était certaine, il avait l'élégance et les manières d'un homme habitué aux fastes de la cour, qu'il avait sans doute souvent fréquenté, et qu'il fréquentait peut être encore, elle se sentait si petite et si peu expérimentée face à cet homme de si grande qualité, elle n'avait pour lui plaire que sa beauté et sa jeunesse, et non pas les belles manières des dames qu'il avait l'habitude de croiser, elle n'était qu'une petite provinciale et n'avait rien en commun avec les citadines de la capitale, elle n'était que la bastarde d'un petit seigneur.


Je ne vous vois pas comme vous vous dépeignez, je vois un homme de belle stature, riche d'une longue expérience, je ne vois pas de vieillard ici.
Laissez moi je vous prie décider de ce qui peut me convenir, il me plait d'être en votre compagnie, si la mienne peut vous plaire également, vous m'en verrez plus que ravie.
Et puis ne m'avez vous pas dit ne pas être encore grand père, vous avez encore l'âge de pouvoir être père, ne vous vieillissez pas tant, le temps le fera pour vous.


Ses propos tendaient à faire allusion à sa virilité dont il ne manquait, un homme esseulé si longtemps, ne pouvait avoir oublié les plaisirs charnels que peuvent susciter une présence féminine.
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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Quand une invitation est enfin honorée   Mer 11 Mai - 18:11

Chacune de ses paroles apportait un nouveau soulagement au chevalier, un nouvel encouragement aussi dans la relation qu'il était occupé à nouer. Il ne doutait guère plus de son charme - même lors de son absence des terres de France il avait pu constater qu'il ne laissait guère les dames indifférentes - mais le voir fonctionner de telle sorte était, il l'admettait sans trop de difficultés, une réelle surprise. Et une bien agréable surprise également car la vicomtesse de Renaix, s'il avait hérité d'une chevelure parée des sombres couleurs paternelles, était autrement plus séduisante que l'ancien baron noir. Plus encore, elle était jeune, et bien plus menue que lui. Etait-ce un complexe d'Oedipe inversé qu'il vivait, ou plus simplement l'euphorie de se sentir rajeunir, revenir à l'époque où ses longs cheveux faisaient le bonheur de doigts coquins de ses anciennes conquêtes? Il ne savait le dire vraiment - même s'il ignorait le concept de complexe d'Oedipe, le vieux Simon n'ayant pas encore codifié la chose -, mais il ressentait le bien-être que cela lui procurait. Car s'il avait beau être capable de faire preuve de tempérance, Guillaume ne refusait jamais la présence de jolies dames à ses côtés. Qui le ferait, d'ailleurs?

Puis, apercevant du coin de l'oeil un regroupement de villageois mal dissimulé au coin d'une maison, il comprit qu'il ne pouvait rester ici, au vu et au su de tous. Un seigneur ne pouvait laisser connaître sa vie privée à ses sujets - la question des domestiques était quelque peu différente -, ce sans quoi il perdrait son prestige et, partant, sa légitimité à les gouverner. Conserver une barrière entre les états, quitte à aider certains à la franchir, voila quelle était la façon dont il entendait sa noblesse, et la façon dont il agissait en tant que maître de Marchiennes. Aussi répondit-il tout naturellement à son invitée du jour, négligeant de la sorte les compliments dont il faisait l'objet et ce qu'ils sous-entendaient :
"Je crois qu'il serait bon de maintenant rejoindre mon castel, car il y fera plus confortable que sur une selle, fut-elle tout particulièrement travaillée pour votre confort".

Et, sans réellement attendre de réponse - trop de certitudes, trop d'espoirs l'empêchaient-ils de réfléchir? -, le chevalier fit se retourner sa monture, et prendre le chemin de ses épaisses murailles où pour la première fois depuis son retour et la nouvelle du décès de son épouse il invitait une femme autre que sa fille à pénétrer. Heureusement, d'ailleurs, que cette dernière se trouvait plus au sud, ce sans quoi il n'aurait fait montre d'une telle audace. Mais dès les premiers pas, il pensait déjà à la façon dont se passerait cette soirée, aux services à ressortir, aux pièces à servir, aux crus à faire monter, bref à la façon dont il entendait accueillir celle qui, depuis quelques nuits, était devenue sa maîtresse. A condition qu'elle le suive et ne se vexe pas de l'attitude du vicomte...

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Malycia de Renaix

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MessageSujet: Re: Quand une invitation est enfin honorée   Jeu 12 Mai - 14:25

Non, elle n'eut le temps d'émettre aucun son ni même répondre à sa proposition, de toute façon, elle n'aurait pas dit non, elle était venue pour lui rendre visite, s' il n'avait croisé son chemin, elle serait sans doute devant les portes de son castel à l'heure qu'il est.
Elle le suivait donc sans plus ajouter un mot, perdue dans ses pensées le concernant, profitant qu'il lui tourne le dos pour mieux l'oberser, le détailler.
Quelle fière allure il avait malgré son âge avancé, il avait du côtoyer de nombreuses femmes, conquérir autant de coeur que le guerrier qu'il était avait pu conquérir de terres, combien de combats avait il eu à mener.

Elle se rendait compte qu'elle ne savait pas grand chose de lui, si ce n'est le costume en plusieurs pièces que lui avait taillé Toffie un soir en taverne.
Une crainte pourtant l'habitait, même si elle ne doutait pas de l'effet qu'elle provoquait sur lui, et l' ayant prouvé de façon cavalière, mais non moins agréable.
D'ailleurs n'avaient ils pas brulé quelques étapes, certes elle avait été mariée, lui avait du collectionner les conquêtes, mais...il était un peu tard pour y réfléchir, elle avait dépassé le cap à ne pas franchir, et s'était donnée à lui sans d'autre état d'âme, et empressée qu'elle était de le revoir se retrouvait là juste derrière lui, dépassant maintenant les premiers bastions de la forteresse.

Et si, elle n'était pour lui qu'une aventure, un moment de détente, une distraction, une récréation après un si long sommeil, de quoi reprendre goût à la vie, avant de repartir vers une autre route, vers une autre femme plus belle, plus cultivée, plus riche, plus....jeune? ah non ça elle en doute, il n'allait pas non plus les prendre au berceau. Elle secouait la tête en signe de réprobration pour elle même et les questions qu'elle se posait, pourquoi d'ailleurs s'en posait elle autant, peut être car elle ne voulait être déçue, mais pour ne pas l'être mieux valait ne rien éspérer, prendre ce qu'on lui offrait, offrir à son tour en retour, et en rester là?

Qui vivra verra, pour le moment profiter du moment présent, demain sera un autre jour et sera fait d'un autre bois, ne lui avait il pas dit que la vie pourrait lui être reprise sans prendre garde, il en avait fait l'allusion à plusieurs reprises, ce qui avait le don d'assombrir son humeur, pouvait elle comprendre elle qui n'avait que vingt ans, que son temps à lui était compté, elle n'avait pas encore l'age de songer à la mort, elle l'avait pourtant deja cotoyée, sa mère l'avait quitté alors qu'elle était toute jeune, mais la raison était toute autre, et Malycia c'était toujours promis qu'un homme ne serait jamais la cause de sa propre perte.


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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Quand une invitation est enfin honorée   Ven 13 Mai - 12:55

Les sabots qui le suivaient ne laissaient guère de doute quant à l'attitude de la vicomtesse. Elle le suivait, ce qui arracha un fin sourire au chevalier. Les souvenirs de leurs... échanges étaient encore frais dans sa mémoire et la savoir près de lui n'était guère pour lui déplaire. Bien sur, il aimerait pouvoir se retourner pour la contempler encore et encore, mais cela ne se faisait pas. Du moins pas en public. D'ailleurs, sa mémoire était encore tellement bonne pour ce genre de choses qu'il n'avait point besoin de ses yeux pour revoir le corps qu'il avait déjà aimé. Son bas-ventre vint d'ailleurs le lui confirmer dans la seconde, ou presque.

Et déjà il arrivait devant les gardes de son château, qu'il salua d'un léger signe de tête, poursuivant sa route vers la cour intérieure. Arf... Les gardes... Pour un peu il en aurait oublié qu'il ne vivait pas seul en son château. Et que ceux qui le servaient étaient des hommes et des femmes comme tous les autres. Plus fidèles certainement, mais la langue bien pendue, comme tout Flamand qui se respecte. L'arrivée d'une dame qui n'était clairement pas son enfant, ni une des amies de celle-ci – sans cela pourquoi serait-elle à Marchiennes sans elle ? – ne laisserait pas de faire naître des rumeurs qu'il restait préférable d'éviter. Arrêtant sa monture d'une traction sèche sur les rênes, il s'éclaircit la voix et, regardant sa noble invitée, s'adressa à elle :
« Gente dame, c'est ici que nos chemins vont se séparer. Je vais vous faire préparer une chambre dans l'aile des invités », et il désigna ladite aile de sa senestre, « afin que vous puissiez vous y reposez quelque peu. Puis, lorsque vous le désirerez, nous pourrons passer à table. N'hésitez pas à user de mes valets pour vous faire conduire dans ce dédale de couloirs. Je n'aimerais que votre père tente de démonter ma forteresse pierre par pierre pour vous y retrouver si vous vous y égariez ».

D'un sourire engageant, il ponctua sa dernière phrase, avant de reporter son attention sur son personnel.

« Jan, fais venir deux écuyers pour la monture de la vicomtesse de Renaix. Geert, je te charge de mener dame Malycia à ses appartements. Elle est ici mon invitée, et je n'entends pas qu'elle ait à le regretter. Quand cela sera fait, tu feras venir Henk pour qu'il ajuste une robe réservée aux hôtes. Et si la vicomtesse a à se plaindre de quoi que ce soit, tu sais ce que tu encours ».

Revenant enfin à la cause de tout ce trouble, il conclut: « Si vous le permettez, je vais maintenant me retirer, car j'imagine que vous espérez autre chose que ma présence incessante. Mais en cas de besoin, n'hésitez pas à me faire mander ».

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Malycia de Renaix

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MessageSujet: Re: Quand une invitation est enfin honorée   Ven 13 Mai - 15:09

Elle avait quitté ses pensées pour ne plus se concentrer que sur leur entrée dans la cour du chateau, découvrant alors la demeure de son hôte, enfin tout du moins ce qu'elle pouvait en voir depuis l'extérieur.
A son tour elle stoppa sa monture, observant le maître des lieux donner ses consignes.
Mais un voile de déception traversa son regard, ainsi donc deja allait il l'abandonner, elle venait à peine d'arriver et ne songeait pas deja s'en séparer, mais elle était peu habituée aux us et coutumes des grandes familles, chez elle, quand on recevait...oui enfin non il n'y avait que très rarement des invités qui venaient les visiter, pourquoi donc?
Les dernières à avoir osé passer le portail de Renaix furent l'épouse du comte Jean Jacob accompagnée de la vicomtesse archidiaconnesse Beeky, et son père n'avait pas les manières du vicomte pour recevoir, dans un sens il valait mieux eviter, se souvenant comment ces dernières furent accueillies, avec simplicité, son père comme à son accoutumée ayant été plus intéressé par la donzelle qui avait suivi les nobles dames et que par le but même de leur visite.

Enfin là n'était pas la propos, et notre brune tente comme elle peu de masquer alors sa déception de devoir se rendre vers un endroit qui ne serait que trop loin du vicomte, et si malgré ses propos il n'avait finalement pas très envie de la recevoir, et s'en débarrassait ainsi vers une aile éloignée.


Vous savez Vicomte je ne suis point fatiguée...oui mais peut être que lui l'était, il est vrai que tous deux étaient quelques peu défraichis par la chevauchée qu'ils venaient chacun de leur côté de mener, d'ailleurs, elle n'avait même pas songé à lui demander quelle avait été le but de sa sortie, elle avait bien remarqué quelques rabatteurs et les tenues de chasses de ses escorteurs, mais n'avait pas plus poussé sa curiosité, et puis elle espérait surtout qu'ils auraient le temps de pouvoir en discuter, mais...si elle se retrouvait seule dans une chambre séparée, ça allait être bien plus délicat.

Mon père ne sait point que j'ai quitté les terres de Renaix pour venir vous visiter, je ne l'ai d'ailleurs pas vu ces derniers jours, il semblait ces temps ci un peu las et usé, je ne sais dans quel endroit il a bien pu se cacher...quoique.Elle n'osa ajouter que connaissant son père le seul endroit qu'il aimait fréquenter quand son esprit était embrumé était les bordels de la région qu'il affectionnait tout particulièrement.
L'imaginer venir démonter pierre par pierre le castel de Marchiennes, eut le don de voir son visage s'animer d'un léger sourire, qui s'effaça bien vite lorsque le chevalier insista sur son envie de quitter sa compagnie.


Je vous le permets, Vicomte, même si...je n'espérais en venant ici que votre compagnie.
Gagez que je ne vous fasses mander à peine je vous aurais quitté, sauf si vous préférez vous même prendre un peu de temps pour vous, et mon empressement à vous garder auprès de moi serait impoli.
Vous pardonnerez sans doute à une jeune femme de petite condition de ne pas être très au fait de la façon de se tenir quand elle vient visiter un grand homme.


Comment lui faire comprendre que sa présence était pour elle plus que réconfortante, ne rêvant que de ses fougueux baisers comme les nuits précédentes qu'ils avaient passés enlacés et unis l'un à l'autre, serait il finalement sorcier pour l'avoir de la sorte envoutée.
Alors que les ecuyers s'empressaient autour d'eux elle descendit de son cheval l'enjambant avec souplesse, et adressa au vicomte son plus charmant sourire.

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MessageSujet: Re: Quand une invitation est enfin honorée   Ven 13 Mai - 17:07

Voyants au rouge! Patiemment, la vicomtesse s'appliquait à sauter à pieds joints dans tous les plats qui passaient à sa portée, déconstruisant méthodiquement le rideau de faux-semblants que le vicomte s'était attaché à tresser. Et tout ça en public... Dame, il lui faudrait lui apprendre cela, aussi, alors que pourtant il nourrissait de plus agréables projets à son endroit. Pouvait-il lui dire qu'il maudissait à chaque instant le fait de ne pouvoir gouverner seul son château, ce qui les aurait laissé seuls et non entourés de domestiques qui étaient autant de paires d'yeux curieux ? Pouvait-il lui dire le feu qui le consumait depuis qu'il l'avait aperçue dans le village ? Pouvait-il lui dire combien il se sentait à l'étroit dans ses chausses ? Pouvait-il lui dire le désir qu'il avait d'elle en ce moment ? Pouvait-il lui dire que s'il s'écoutait, ils seraient déjà dans quelque chambre à jouer à la bête à deux dos ? Pouvait-il lui dire qu'il doutait même de pouvoir attendre jusqu'à trouver un lit ?

Non, tout cela devait rester secret, pour l'instant. Aussi, tentant de préserver l'impassibilité de son visage, feignant de n'avoir rien compris de ses sous-entendus qui affleuraient pourtant la surface, le vicomte lui répondit, peut-être plus pour les domestiques que pour elle, d'ailleurs :
« Mais vous êtes toute excusée, je conçois que la réception n'est pas très académique, mais le retour de la chasse perturbe très souvent la vie d'une mesnie. Prenez donc le temps que vous jugerez nécessaire, en ce cas. Votre monture sera bien soignée en ces lieux, soyez-en assurée, et vous la trouverez, si ce peut être, plus vigoureuse qu'auparavant ».

Moui, reste à voir ça, que les paroles étaient destinées aux domestiques... Elle était jeune, certes, mais peut-être comprendrait-elle. Sans cela, ce serait en vain qu'il se ferait apporter un baquet en sa chambre. En vain aussi qu'il signerait plus tard les lettres qu'il devait faire partir aujourd'hui. En vain encore qu'il ressortirait l'un de ses plus beaux ensembles, l'un de ses plus simples à ôter, aussi. Et en vain aussi qu'il attendrait impatiemment son billet. Mais il refusait d'agir autrement. Dans son ordre actuel de priorité, la belle noire avait pris le premier rang et ne risquait pas de le quitter de si tôt. Il ne le comprenait d'ailleurs pas véritablement, pas plus qu'il ne voyait la raison pour laquelle elle s'était attachée à lui de façon si subite. Mystère qu'il se refusait à éclaircir pour le moment, ayant bien d'autres choses à l'esprit. Et la torture de méninges, si elle devait arriver, ce serait pour plus tard.

Pour l'instant, la regardant glisser délicatement de sa selle et lui offrir un sourire à même de faire fondre n'importe quelle armure, le chevalier s'inclina respectueusement en sa direction, la regardant s'éloigner et se maîtrisant pour ne pas se précipiter à sa poursuite. Deos que les humeurs pouvaient s'échauffer en certaines circonstances. Et même porter attention à sa propre respiration ne l'aidait que de peu dans l'épreuve de ce jour. Heureusement que les écuyers ne cherchaient pas à cacher leur présence et leur travail, ce qui le maintenait dans le monde réel de la basse-cour et le rattachait à l'univers du paraître où il évoluait d'habitude avec tant d'aisance. Quand elle se fut dérobée à son regard, enfin, il put à son tour descendre de cheval, donner les ordres pour le soir et regagner le donjon. Mais pour combien de temps?...

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Malycia de Renaix

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MessageSujet: Re: Quand une invitation est enfin honorée   Ven 13 Mai - 17:38

Elle était jeune mais plutôt douée pour les sous entendus, même plus que ça, les métaphores et autres paraboles étaient autant de territoires de jeux pour elle que ne pouvaient être un bac à sable pour de jeunes enfants, et elle n'avait pas manqué de comprendre celle qu'il venait de faire à propos de sa monture,ce qui eut pour effet de la réjouir, voir la rendre plus guillerette, ne faut il pas menager sa monture pour....pour quoi d'ailleurs? ah oui, pour aller loin, et elle prendra soin de le ménager, enfin lui laisser se reposer pour mieux en profiter.

Et donc pour l'heure, elle se conformait aux usages que lui imposait son hôte, quoique etait ce vraiment lui qui les imposait mais plutot les manières à adopter face aux domestiques et autres gens.
Oui être noble n'était pas aisé et on ne pouvait se comporter à la manière de la gueusaille qui s'épanchait devant tout le monde sans prendre garde à qui pouvait les voir, mais à sa décharge son père n'était pas des plus rafinés et côté bonnes manières et éducation elle avait du le faire toute seule.
Elle délaissa donc son preux chevalier pour se diriger vers l'endroit qu'il lui avait indiqué suivant le valet qu'il lui avait attribué, songeant deja aux vêtements qui allaient lui être proposé, à l'attention toute particulière qu'elle prendrait à se laver, se parfumer et se préparer, tout cela uniquement pour lui plaire.
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MessageSujet: Re: Quand une invitation est enfin honorée   

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Quand une invitation est enfin honorée
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