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 Quo vadis?

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Daresha
Rose Impériale
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MessageSujet: Re: Quo vadis?   Mer 23 Fév - 23:26

Elle a senti son arrivée, elle a senti sa présence. Cela se peut-il seulement? Peut-elle seulement sentir quelque chose dans cet état second? Elle n'est plus qu'une ombre, une âme en suspend entre deux mondes, et cette fois ce n'est plus une image. Combien de temps que son coeur s'arrêta de battre? Le temps est un élément sans importance dans la mort. D'ailleurs plus rien n'a d'importance, ni elle, ni lui. Ni cette jeune fille qui s'évertue à jouer dans une cour où elle n'a pas encore sa place. Elle l'a suivi à chaque pas, à chaque geste, contemplant son oeuvre, cette oeuvre au départ si parfaite et si abîmée par la vie. Elle n'a pas su s'en occuper. Elle n'a pas su veiller sur elle comme elle y était pourtant obligée. Et ce ne fut guère mieux pour son fils. Mais est-ce là le temps des regrets? A quoi bon regretter de toute façon.

Qui plus est, elle est légère de toutes ses fautes. Ses épaules ne sont plus voutées. Elle a même retrouvé sa jeunesse délicate. Mais qui pour le constater? Personne. Personne pour la voir, pour lui parler, pour la désirer à nouveau. Encore moins lui qui tente de regagner son titre et sa place. Encore moins cet homme vieilli qui n'a plus rien de l'homme qu'elle a connu autre fois. Mais qu'importe, n'est il pas revenu? Trop tard, bien trop tard... Et qu'attend il planter au milieu de la cour? Si elle avait pu ressentir quoique se soit, elle s'en serait amusée, parce que la situation prête à sourire. A moitié nu en plein hiver : pourquoi donc en pleurer? Pourquoi donc s'en préoccuper d'ailleurs. Il n'a plus aucun intérêt.

Alors elle va se contenter d'observer les siens, de ce spectacle ennuyeux. Elle le regarde attendre et puis affronter leur fille. Et peut-être viendra t il sur son tombeau glacial, pleurer et se lamenter, lui demander pardon peut être? Mais les morts, quand bien même on les prie, n'ont pas cette faculté. Seul Dieu l'a. Mais les vivants. S'il n'était pas parti, elle ne serait pas là. Mais ainsi va la vie. Et la mort aussi.

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Guillaume_de_Jeneffe
Licorne Royale
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MessageSujet: Re: Quo vadis?   Jeu 24 Fév - 16:56

Vous imaginez un ribaudequin déchargeant ? Ben c'est à peu près le résultat que fit la logorrhée de la jeune damoiselle de Lorgies à Georgi – étonnante cette consonance non ? – qui ne sait pas vraiment que répondre. Il allait se contenter de dire « Oui » et d'attendre que leur revienne le chevalier qui leur dirait que faire pour agir. C'est beau l'obéissance, non ? Autant dire que voir Bérénice reprendre la route du castel le soulage. Pour un peu, il aurait pu retourner dans sa tente et continuer la lecture d'un manuscrit que lui avait confié le vicomte. Mais entendre le mot « chef » réveille chez lui un réflexe enfoui depuis quelques semaines. Aussi, sans réellement chercher à comprendre – le peut-il seulement ? –, il désigne un homme du menton et suit en sa compagnie le chemin de la forteresse.

Le chemin devient lourd, dans un silence où la crainte se mêle à l'hésitation. La jeunette semble déterminée, sans que l'interprète ne sache pour quelle raison précise. Il se contente de marcher derrière elle, de contempler le décor et d'apprécier l'architecture militaire du siège vicomtal. Il n'y a pas à dire, Marchiennes serait un véritable bastion en cas de guerre Les grosses tours rondes compliqueraient la tâche des bombardes et les murailles étaient assez hautes pour poser de véritables problèmes aux échelleurs. La disposition de bouches à feu finiraient de la rendre presque imprenable pour toute armée de brigands. Quant à une armée comtale... Et bien, ce serait certainement autre chose...

Ils arrivent enfin, passent la garde sur un mot négligemment jeté par la fillette et pénètrent enfin dans la cour, où ils LE retrouvent. Retenant une exclamation, les deux hommes restent en retrait, à l'image visiblement de plusieurs des habitants de la place.


-----------

Guillaume attend depuis longtemps déjà quand sa fille se présente à nouveau devant lui. Son regard la suit et la détaille une nouvelle fois. Il ne cesse de prendre plaisir à la contempler, quand bien même elle ne lui livre que mépris et haine. Il est heureux de la voir vivante et en forme, portrait miniaturé de son épouse – celle-ci doit l'observer depuis quelque fenêtre, il en est certain, mais il doit d'abord convaincre sa fille –, à la crinière de feu – croisement entre le châtain comtal et le brun chevaleresque ? – et si sûre d'elle. Qu'importent ses brisures, elle semble les surmonter. La dissimulation, un trait de famille chez les Jeneffe-Riddermarck.

Il se murmure à lui-même :
« Toi qui n'as jamais était foutu de jouer au ramponneau, te voila dans ce qui est peut-être la plus grosse partie de bluff de ton existence. Tu sais qu'il n'y a que trois solutions. Tu meurs, tu es chassé ou tu la convaincs. Une chance sur trois... La vie d'un homme en 1459 n'est-elle qu'un jeu ? »

Et, histoire de corser la chose, le voila qui lui sourit et lui dit : « La bienvenue chez nous, Bérénice ».

Après ça, yen aura encore pour prendre les chevaliers pour des gens équilibrés...

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Bérénice de Jeneffe
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MessageSujet: Re: Quo vadis?   Jeu 24 Fév - 17:32

Pour ne pas l'avoir aperçu au sein du campement interdit, elle savait qu'elle le trouverait au castel, mais elle ne s'était pas doutée un seul instant qu'elle le trouverait planter au milieu de la cour, debout, appuyé sur son épée et à moitié dévêtu, ce dernier point tirant le rouge aux joues de la jeune fille. Car l'individu a beau être son père, elle n'a quand même jamais vu d'homme aussi peu vêtu et aussi proche de l'indécence. Son futur époux - si époux un jour il y a - aura devant lui une bien naïve promise. Bonne ou mauvaise chose, on verra à ce moment là. Elle se force à rester indifférente, à ne pas lui prêter attention. Elle se force à faire abstraction de son audace : oser lui souhaitez la bienvenue chez eux? Voilà que l'importun ne manque pas d'air! Foutre dieu, qu'il aille au diable et que l'indifférence est une fleur bien difficile à cultiver. Mais l''indifférence, c'est tout ce qu'il mérite. Et la demoiselle de se forcer à prendre son temps et de passer lentement une jambe par dessus l'encolure de sa monture, puis de glisser à terre dans un mouvement léger. Un jeune garçon d'écurie ébouriffé et soufflant comme un boeuf s'immisce aussi discrètement qu'il le peut pour prendre en charge la noble bête qui reçoit une dernière flatterie sur ses naseaux marqués de ladre de sa cavalière.

Et lorsque le couple soigneur-soigné entreprend de s'éloigner pour laisser le Seigneur et son héritière seuls à la vue des curieux, elle ne daigne pas bouger. On ne doit jamais tourner le dos à ses ennemis. Mais il n'est pas, il est juste un père qui veut reprendre sa place et son rang. Mais lui tourner le dos ici est une preuve volontaire d'irrespect. Et cette position lui permet de réfléchir à ce qu'il va advenir dans les minutes à suivre. Sauf qu'elle ne parvient pas à vraiment réfléchir.


- Je ne vois pas en vertu de quel droit vous me souhaitez la bienvenue. Et encore moins duquel vous faites allusion a un chez nous, qui n'est assurément plus le votre depuis longtemps. Finissant sa phrase, elle se retourne pour lui faire face, les bras croisés sur la poitrine, une jambe servant d'appui tandis que l'autre se plie légèrement et se croise derrière pour prendre appui du bout de son pied. Elle semble si à l'aise. Elle semble seulement. Le chevalier pourra t il voir dans les yeux pers cette rapide lueur de tristesse et cet appel silencieux d'une enfant qui appelle les bras de son père pour la rassurer et lui promettre enfin de beaux jours? Il n'est pas si facile de bluffer. Mais oui, la dissimulation a toujours été un noble sport pratiqué par la famille.

- Pourquoi insistez vous donc autant? Pourquoi tenter de reprendre une place qui ne vous ai plus échue? N'avez donc eu vent du malheur que vous avez causé? ëtes vous venu pour contempler votre oeuvre? Et quelle oeuvre... Vous l'avez sous vos yeux...Comprendra t il l'insinuation qui se cache? Il voit une fille meurtrie et fragile. Il ne voit pas une rose qui devrait pourtant être là.

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Quo vadis?   Jeu 24 Fév - 18:17

Intérieurement, c'est un sourire qui se dessine. Pas un sourire de joie pure, mais un sourire de contentement. Elle use de ficelles que d'autres mettent des années à maîtriser, si tant est qu'ils les apprennent un jour. Elle prend garde de conserver le contrôle – qu'il soit apparent ne change rien, elle n'a que 14 ans – et de se poser en point de gravité du dialogue. Lui tourner le dos après n'être descendue que lentement de sa monture est signe de sa supériorité. Elle veut lui montrer qu'elle ne lui doit rien, qu'une bête vaut plus que lui. Examen de passage réussi.

Cependant, elle commet une erreur, à l'aune des exigences adultes. Mais une erreur qui serait à même de faire naître un véritable sourire de joie dans le cerveau du vicomte. Elle lui pose des questions, lui laisse reprendre l'initiative de la discussion. Et surtout le reconnaît à nouveau comme son père.

Il tente de lire en son regard, mais ne la connaît que trop peu pour la comprendre sans parole. Tant pis, une occasion perdue de plus. Entre ces deux-là, quelque chose me dit que ce ne sera pas la dernière...


- C'est parce que j'ai été absent trop longtemps que je reviens de la sorte, sans tambour ni trompette, et sans plus de pourpoint ouvragé ou de mante de courtisan. Une seule épée pour réelle compagne depuis que la compagnie de ta mère m'a été ôtée. Je reviens, bien tard, car il me faut assumer. Je n'espère guère de pardon. Je ne me l'accorderais pas si c'était à moi de me juger. Non, je reviens car
je dois réparer ce qui peut encore l'être.

Un silence et c'est l'épée qui est lâchée. Elle tombe sur le sol dans un bruit étouffé par la terre battue.

« Je n'ai rien appris de Marchiennes depuis ma disparition. Ni de toi. Ni de ta mère. J'étais trop loin ».

Il va pour continuer, pour parler de la distance qui assourdit les échos, pour dire que l'histoire d'un fief flamand ne peut être connue par-delà les monts, quand il réfléchit. Elle parle de malheur comme elle a parlé de solitude et d'héritage. Se pourrait-il que...

La voix chevrote quelque peu :
« Coomment ? Veux-tu dire que... Tu es... seule... Qu'elle n'est... plus ? Que je l'ai... tuée ? »

Et c'est là un événement bien rare qui se produit. Nulle personne vivant à l'ouest de l'Escaut ne pourrait se vanter de l'avoir jamais vu. Guillaume de Jeneffe tombe à genoux. Ses yeux luisent avant de s'inonder. Le regard se fait suppliant, puis se cache derrière ses mains. Les sanglots triomphent.

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Bérénice de Jeneffe
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MessageSujet: Re: Quo vadis?   Jeu 24 Fév - 18:40

Elle écoute et elle se surprend à ne pas faire semblant, mais cela ne veut pas dire qu'elle accepte, qu'elle admette qu'il n'y est au final pour rien. Car il n'y est pas pour rien: n'aurait il pu en effet revenir avant? Après tout, tout est une question de volonté. Tout est toujours une question de volonté. Il aurait donc aisément pu reparaître avant, il aurait pu éviter le désastre dans lequel il les a tous plongés. Il aurait pu encore sauver son épouse de la mort et de la folie. Il aurait pu lui faire entendre raison. Il aurait pu éviter à sa fille de grandir aux côtés d'un précepteur virulent. Et il prétend vouloir réparer tout cela, ou du moins tout ce qui peut l'être? Mais qu'est-ce qui peut être vraiment réparé? Pas grand chose. Rien. Il est tout simplement trop tard.

Mais elle ignore encore que le Vicomte reprendra sa place et qu'il reprendra en main son destin et par conséquent, le sien. Parce qu'il est dit qu'elle est tout simplement née pour le servir lui, et sa famille et qu'en tant que chef de famille, il a droit de vie et de mort sur elle. Mais ça sera pour plus tard. Bien plus tard, ou peut être pas. Mais chaque chose en son temps, quoi qu'il en soit.
Et quoiqu'il en soit, il parle mais ne réagit pas. Il ne comprend pas. Qu'espérait elle? Oh combien a t elle envie de lui hurler dessous toute sa haine, toute sa tristesse. Toute sa détresse, mais se reconnaitre ses faiblesses. Sa mère n'était elle pas ainsi? A nier la vérité, à toujours refuser une faiblesse qui, pourtant, n'est pas un défaut, bien au contraire? Fichue famille, fichue hérédité. Fichue vie, tout simplement.

Elle ne bouge pas et pourtant son corps ne demande qu'a bouger. Qu'à prendre une position moins contraignante, tandis qu'elle réprime malgré tout des frissons qui ne cessent d'agacer ses nerfs. Et lui, reste planté là, telle une statut indifférente, pas si indifférente que ça. Aurait elle enfin vaincu? Le géant s'effondre en quelques secondes alors qu'elle n'y aurait jamais mis sa main à couper. Qui aurait parié qu'ainsi il tomberait à genoux devant ses hommes et ses gens? Devant sa fille? Et dire qu'il n'a fallu que quelques mots. Serait-ce de la pitié qu'elle ressent? Ou de la satisfaction? Voilà bien une question à laquelle elle ne saurait répondre. Quoiqu'il en soit, elle se décide à l'approcher, le fixant de son regard dont la couleur vacille entre le bleu et le vert, elle l'examine telle une bête curieuse. Mais elle le toisera seulement, ne voulant surtout pas le consoler : car a telle seulement été consolée par quelqu'un?


- N'ayez crainte, elle vous attend dans la Chapelle. Voilà qui mériterait certainement une bonne claque. Ou pas. Peut on seulement lui en vouloir de provoquer ainsi son père?

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Quo vadis?   Jeu 24 Fév - 19:12

Ce qu'une part de son cœur s'efforçait de refuser venait de lui être confirmé par la pire des phrases. Elle l'attend. Morte, elle l'attendra pour l'éternité. Mais au moins fut-elle ensevelie ici, dans un domaine qu'ils auraient voulu éclairé des rires de ses habitants. Hélas, ici, c'est aussi un sol qui ne fut pas consacré. La Rose a mis son salut en péril par amour pour lui. C'est tout ce qu'il comprend de ces quelques mots.

Elle est morte, décédée, disparue, éradiquée. Plus rien ne la lui rendra. Quoiqu'il fasse, les allégeances à la comtesse Rosa resteront la dernière fois où ils se sont vus. Confiants en l'avenir, ils s'étaient dit « à bientôt ». Heureux sous un ciel sans nuage. Léger soulagement, peut-être, mais qui n'est que peu de poids en ces heures tragiques. Il revoit tout. Leur première rencontre, les premiers pas d'Adrian, la chevauchée dans le Grandvaux, la trahison des Comtois, le deuil en Marchiennes, les rencontres de plus en plus intimes, la tente d'Alençon, le duel en Amboise, les explications qui le suivirent, la perte tragique d'Yseut, le mariage et... plus rien. La disparition. Les galères. La guerre. Et bientôt le sarcophage de pierre. Une nouvelle page de leur vie s'écrira bientôt. Bientôt.

Il se relève lentement, décomposant tous les mouvements comme s'ils lui étaient plus douloureux que 120 coups d'épée. Ses mains ont quitté son visage pour prendre appui sur ses genoux et l'aider à reprendre une position plus convenable. Mais les larmes continuent, encore et encore. Il ne cherche d'ailleurs pas à les arrêter.

Tout au plus les essuie-t-il d'un revers du bras quand il répond à sa fille :
« M'y accompagneras-tu ou m'attendras-tu ailleurs ? J'ignore encore tant de choses de toi, de ses derniers jours. Si tu ne me donnes qu'une seule chose, ce sera cela. Ensuite, tu verras si tu veux encore de moi, quelqu'imparfait que je sois. Moi, je serai là, si tu le veux ».

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Bérénice de Jeneffe
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MessageSujet: Re: Quo vadis?   Jeu 24 Fév - 19:26

- Vous accompagner ou vous attendre ailleurs, ainsi donc malgré tout cela vous continuez à rêver? Et vlan, une autre pic. Le regard s'est durci et le ton aussi. Et l'envie est toujours présent de lui planter sa dague en plein coeur. Le moment aurait été opportun, mais l'homme se relève. Il faudra donc remettre à plus tard ses ambitions. Mais voilà, si elle le met à la porte comme elle aimerait tant le faire, elle n'en aura peut être plus l'occasion.

Ne vous faites pas d'illusions, vous n'apprendrez rien de moi.

Mais... vous avez de la chance, il peut m'arriver d'avoir un coeur par moment.
Parce que mine de rien, il faut quand même qu'elle fasse preuve d'un peu de générosité arriviste : pour qui passerait elle si elle refusait le gîte a son père? Pour sûr que ses gens n'apprécieraient guère. De plus, cela lui permettrait d'avoir un oeil sur lui et de réfléchir à quelque trahison bien placée.Je vous offre le gîte et le couvert. Allez donc vous débarbouiller et rhabillez vous. Nous ne sommes pas dans un étable ici. Hop je te renvoie ça dans les dents et je tente de montrer que c'est moi qui mène la barque.

Sans lui jeter un dernier regard elle lui tourne le dos. Il fait bien trop peine à voir. L'achever ici serait tout de même faire preuve de charité chrétienne non? Surement.

Klaus, veiller à ce que m... a t elle failli dire Père? Non sa langue a juste fourché. Klaus, veillez à ce que cet homme puisse se reposer dans une chambre dans l'aile des... invités. Il pourra ainsi méditer sur notre convenance. Surveillez aussi ses déplacements, il n'a pas sa place dans les lieux privés.
Bien sur, elle a parlé fort pour que le Chevalier entende. A t il entendu? Et là voilà qui entreprend de s'en aller. Juste une envie, de s'enfermer. Reste juste à savoir où, le chateau peut etre très petit.

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Quo vadis?   Jeu 24 Fév - 20:41

Ô que oui, il allait méditer, le pauvre homme. Encore et encore. Certainement jusqu'à ses derniers jours. Ce qu'il venait d'apprendre, ce qu'il venait de montrer, aussi, lui donneraient matière à réflexion. Pour l'instant, il ne peut qu'avoir un sourire grimaçant à entendre les ordres de sa fille. Il n'est plus en état de lutter, il le refuse même. Il n'est plus temps de la mettre face à ses contradictions, mais bien de retrouver celle qui fut, bien avant leurs noces, le réel amour de sa vie. Prier et lui parler. Lui dire ses regrets et ses peines, la haine qu'il aura à jamais pour lui-même.

Au fil des pas, les pleurs sèchent pour ne laisser la place qu'à un horrible goût dans la bouche. Mélange d'âcre et de sécheresse. Au moins, elle lui a reconnu le droit de s'établir chez lui. Comme un simple invité, certes. Mais il n'est plus un vulgaire vagabond. Il se rapproche d'elle, sensiblement. Et comme à la chasse, il ne lâchera plus sa proie. Il sera là, partout. Elle ne pourra bientôt plus l'éviter.

Un salut de la tête au dit Klaus et il se dirige vers ceux de ses hommes qui ont rejoint la cour de Marchiennes. Il y a reconnu Georgi. En deux-trois phrases, il lui ordonne de regagner le camp et lui explique qu'il restera seul au château. Il se voit mal y faire loger toute sa troupe et préfère éviter les raisons de crispations de son héritière. L'homme acquiesce et se retire.

Guillaume est seul quand il prend la direction de la chapelle. Il en connaît le chemin par cœur. Il va s'y agenouiller, parler et prier durant de longues heures. Pleurer aussi, sur leur passé révolu et sur un futur qui ne s'écrira jamais. Faire son deuil des espoirs nourris tout au long de ces années pour pouvoir affronter un univers qui n'en a pas fini avec lui. Et pour prendre face à sa fille la place que doit occuper un père.

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