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 Un convoi pressé

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Un convoi pressé   Mar 26 Fév - 13:18

CATACLOP! CATACLOP! CLING! CLANG! BOUARF! MIIIIIIII!

C'est dans de grands fracas qu'un carosse faisait route vers le castel de Marchiennes. A son bord, une comtesse en sueur et d'autres dames. A son devant, galopant le sabre au clair, un baron qui ne voulait plus perdre de temps. Il avait déjà bousculé un maraud, tranché le crâne d'un brigand et mangé un nombre certains de mouchettes, mais il ne ralentissait pas. De longs galops en avant du carosse pour en assurer la sécurité, puis un galop en sens inverse pour s'assurer de la santé de son occupante dont l'état était le plus inquiétant.

Curieuse exigence qui les menait tous en des terres qu'il avait quitté peu de temps après son annoblissement et qu'il découvrirait certainement très changées. Mais, pour l'instant, peu lui importait la surprise, il ne pensait qu'à une chose, la vie qui bientôt allait éclore à Marchiennes de la dame qui depuis des mois a pris possession de son âme et lui a offert la joie de vivre. Pour un peu, Guillaume se croirait un gamin émerveillé par la beauté des sentiments et en oublierait la réalité de la vie, des morts et des massacres, des guerres et des pillages.

Nouveau regard vers le carosse qui semble traîner... Coup de bride du chevalier pour en comprendre la raison et retour d'un cheval qui va devenir dingue à force d'allers-retours qu'il doit certainement juger inutile.
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Daresha
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MessageSujet: Re: Un convoi pressé   Mar 26 Fév - 22:36

Pourquoi cette impression de se trouver sur un bateau pris en pleine tempête alors qu'elle n'a jamais pris le bateau de sa courte vie? Impresssion due aux récits de voyages lointains, comtés et transmis par quelque saltimbanque lors d'une foire quelconque. Carosse qui tangue de gauche à droite à une allure folle. Trop folle. Et le cocher dont on se demande s'il a eu son permis de cariolle. Encore un alcoolique embauché à la va vite par le Chevalier. Si elle n'accouche pas dans le carosse ça tiendra du miracle. Et se ventre qui se tord de plus en plus. Pas le moment. Pas le moment... D'ailleurs, ça sera le moment quand elle l'aura décidé. Elle ne va quand meme pas se plier aux exigences d'un enfant qui n'a pas encore mis le nez dehors non?

Avoir mal et retenir difficilement quelques jurons et gémissements de douleur, pour n'inquiéter personne. Effort quelque peux surhumain, alors que perlent sur son doux visage des marques de sueur. Et se sentir envahir d'une sensation de solitude. Qui comprend ce qu'elle ressent? Donner la vie, acte magnifique, surtout lorsque c'est pour donner jour au sang de l'homme que l'on aime. Mais voilà, il y a cette ombre noire qui rode. Cette petite fille morte née. Se bébé perdu lors d'une fausse couche volontairement provoquée. Attendre avec impatience d'arriver au Castel pour pouvoir s'enfermer entre les quatre murs d'une chambre. Envie de respirer, juste quelques minutes. Juste le temps de se retrouver. Et de préparer ces jours à venir, si incertains.

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Un convoi pressé   Sam 1 Mar - 20:03

Tête qui se dessine au travers des carreaux embués du carosse, tête qui s'offre au regard de la comtesse, tête qui lui adresse un sourire. Mais tête qui semble inquiète... Car le spectacle qui s'offre à elle est étrangement gênant. Comtesse qui semble ailleurs, absorbée dans une lutte hors de ce monde. Réaction irréfléchie, irraisonnable certainement, mais humaine.

D'un geste, il se retrouve monté en amazone, puis ouvre la porte du carosse, toujours roulant, et lui parle enfin:
"Le bonjour gente dame, permettriez-vous à un brigand de venir voler un sourire à la plus belle rose du royaume et de l'empire?"

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Daresha
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MessageSujet: Re: Un convoi pressé   Sam 1 Mar - 23:54

Perdue dans ses songes, perdue dans un monde autre qui voit le règne destructeur d'interrogations torturantes, la comtesse ne suit pas l'agitation qui l'entoure. Les secousses écoeurantes et fatigantes, la longueur insupportable du trajet, les douleurs de sa grossesse qui touche à sa fin sont loin. Pour le moment. Elle n'y pense pas, elle n'y pense plus. Mais elle cherche. Elle cherche des réponses qui ne viennent pas. Elle pense aussi. Elle pense que peut etre la Glaciale Dame serait la bienvenue.

Puis, un bruit de porte qui s'entrouvre, un vent qui s'engouffre. Elle remonte sur elle, dans un mouvement machinal, couvertures et fourrures, tandis que les deux émeraudes à la brillance envoutante disparue, se tournent doucement vers l'intrigant. Lui... Un faible sourire qui se dessine, illuminant malgré tout les traits fatigués de la Comtesse, elle le regarde sans vraiment le regarder, encore un peu confuse. Doucement elle refait finalement surface. Elle se redresse legerement, pour paraitre un tant soit peu présentable, et surtout pour paraitre moins fatiguée qu'elle ne l'est.

- Comment résister à un si charmand brigand...? Et qu'il fasse attention, je ne saurais souffrir qu"il lui arrive quelque chose...

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Un convoi pressé   Dim 2 Mar - 0:28

Léger sourire qui lui rend le visage moins triste et qui précède son redressement. Présent à celui qui lui a volé bien des choses, une vie calme en Scye, l'absence de crainte sur le futur de celui à qui elle a offert son coeur, l'espoir en une vie loin de la guerre. C'est à tout cela qu'il pense lorsqu'elle dit à mots couverts sa peur de le perdre.

Mais aujourd'hui, il essaie de chasser ce nuage de son propre esprit, et d'être avec elle tel qu'il aimerait l'être, simple gentilhomme de province, assez possessionné que pour pouvoir lui offrir ce qu'elle mérite, et en premier lieu son amour.

Et c'est toujours posé sur sa monture de façon assez féminine, faut-il le dire?, qu'il poursuivit donc:
"En ce cas, belle dame, il l'évitera, aussi sûrement que deux et deux font... euh... combien encore? Enfin, quoiqu'il en soit, à force d'ainsi deviser... Nous voici arrivés."

Mais il n'avait pas réagi à tant. Et alors que le carosse s'était arrêté, lui continua, seul sur sa monture, pour aboutir à moins d'un mètre du pont-levis, relevé, évitant ainsi une sérieuse chute.

Se retournant alors vers le carosse, il sauta de son cheval, et vint offrir sa main, quelque peu confus, à la comtesse.


- Me laisserez-vous vous conduire en mon castel, gente da... resha?

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Daresha
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MessageSujet: Re: Un convoi pressé   Dim 2 Mar - 13:01

Ne dirait on pas un sourire qui se teinte d'un brin d'amusement alors que le Chevalier continue de faire le pitre sur sa monture? On dirait oui. Regard qui se met a briller un peu de tendresse et d'amour pour cet homme. Sentiments qu'elle pourrait enfin assumer, qu'elle aimerait assumer mais qu'elle n'ose. Trop de chose encore, trop de doutes et de peurs. Tenter de mettre ça sur la compte de la fatigue. Sans le quitter des yeux, elle se laisse surprendre par l'arret - assez brutal remarquons le - du carosse. La prochaine fois ils feront appel à Saint Louis Telecom, grande société réputée ou au moins ils n'auront pas de probleme de chauffeur de carosse incompétent ou ivre, ou les deux meme.

Commençant à se dégager de ses couvertures pour enfin se dégourdir les jambes, elle se laisse surprendre par la voix et la réapparition du Chevalier qu'elle avait cru parti préparer leur arrivée. Elle approche sa main tremblante de la sienne et la serre tendrement tandis qu'elle commence à descendre. Doucement mais surement. Il lui semble ne plus sentir ses jambes sous elle et ne plus avoir d'équilibre. Aidée du Chevalier et de son autre main appuyée sur la paroi de la voiture, elle touche enfin terre.

- Avec plaisir Chevalier...

Un pas, puis deux. Mais le troisième ne veut pas et elle chute....

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Un convoi pressé   Dim 2 Mar - 15:24

Contact de sa peau sur la sienne, léger frisson qui lui court l'échine, puis sourire, de bonheur plus que de circonstance. Et peu à peu, elle s'éloigne du carosse, lâchant sa dernière prise sur la paroi. Enfin il va pouvoir entrer en sa demeure avec elle, enfin il va pouvoir lui offrir tout, et le reste, et enfin il va pouvoir profiter du calme en sa compagnie.

Mais, soudain, elle glisse, perd l'équilibre, tire sur sa main. Le chevalier tombe avec elle, trop pris dans ses pensées que pour avoir anticipé l'imprévu. Tout juste peut-il la saisir dans ses bras, et faire écran de son corps entre sa dame et le sol. Et rencontrer une racine qui avait eu la joyeuse bonne idée de sortir de terre juste à cet endroit. Juste dans le dos du chevalier. Crispation du visage, parce qu'il a beau être habitué à la douleur, il n'en reste pas moins homme. Puis regard vers sa Rose, inquiétude dans les pupilles, peur de bouger et d'aggraver le mal qui a pu arriver.


- Da... resha, comment... allez-vous?
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Daresha
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MessageSujet: Re: Un convoi pressé   Dim 2 Mar - 17:28

Paupières qui se mettent à clignoter plusieurs fois alors qu'elle cherche à remettre de l'ordre dans son esprit fragilisé et confus. Elle se voit descendre du carosse, commencer à marcher aux cotés de son Ame. Elle se voit là par terre, dans une position peu aristotélicienne, à le regarder. Et entre les deux, rien. Le vide. Pourtant il a bien du se passer quelque chose pour qu'elle se retrouve dans cette facheuse position. Elle a beau chercher, farfouiller dans sa mémoire défaillante, mais elle ne trouve aucune réponse. C'est un autre détail qui se rapelle à elle. Vous savez ce ventre tellement rond qu'il peut difficilement jouer l'invisible.

D'un geste anxieux elle y pose ses mains. Sa respiration se fait courte comme si elle avait peur que cette chute imprévue n'entraine avec elle des conséquences trop lourde. Tout semble aller bien, mais les émeraudes ne peuvent s'empecher de se teindre d'inquiétude.

- Bien... enfin... oui... bien... Chercher ses mots tout en reprenant ses esprits et en n'osant à son tour bouger, trop confuse de sa maladresse. Et... et vous...?Je... je suis... désolée...

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Un convoi pressé   Dim 2 Mar - 17:46

Situation étrange, situation absurde que celle-ci où deux adultes sont pire que des enfants, à ne savoir que faire, à ne savoir que dire, immobiles jusque dans leur respiration, regards liés l'un à l'autre, loins des autres, loins de ceux qui les observent immanquablement. Mais situation somme toute si éloignée du temps qu'il aimerait que jamais elle ne cesse. Il faut le bruit du sabot d'un cheval sur... une racine, encore une, pour qu'il recouvre peu à peu ses esprits.

- Je vous en prie, j'ai connu pire que de me voir assiéger par la plus belle fleur de la création. Et hop, un petit baiser volé à la sauvette.

Puis, glissant ses mains sur ses hanches, oui, oui, il les laissera, il la redresse doucement, et l'aide à s'asseoir. Rapidement, sait-on jamais qu'il lui prenne l'envie de retenter le vol plané sur chevalier, Guillaume reprend une position normale, debout, se penche, l'aide à se relever, et, d'autorité, sans lui laisser le temps de protester, la prend dans ses bras et va vers le pont-levis que les gardes ont eu la bonne idée d'abaisser entre temps.

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Daresha
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MessageSujet: Re: Un convoi pressé   Dim 2 Mar - 18:09

Bien que l'air flamand soit encore frais en cette période saisonnière hivernale non encore terminée, il semble qu'il fasse d'un seul coup bien chaud. Surtout depuis que les lèvres chevaleresques se sont égarées sur les siennes en un doux baiser. Joues qui rosissent inévitablement alors qu'il lui semble rajeunir de quelques printemps, et de redevenir jeune jouvencelle timide et intriguée, et qui découvre les sens des mots aimer et amour. Et s'en sentir encore plus ridicule. Elle n'est plus depuis longtemps une innocente en ce domaine. Certes... Mais elle est restée vierge de toutes ces attentions qu'un homme peut porter à celle qu'il aime. Elle a connu amour et tendresse dans les bras du Vicomte, mais pas ces regards, ces sourires, ces échanges qui, bien que silencieux n'en sont pas moins profonds et expressifs. Et puis comment peut on lui apporter autant d'attentions à elle?

Long frisson qui parcourt son corps aux rondeurs maternelles, alors que les mains du Chevalier s'y égarent habilement mais respectueusement. Et elle n'a pas eu le temps de dire quoique se soit que la voilà dans ses bras. Elle aurait sans doute eu son mot à dire, mais Guillaume semble plus décidé que elle. Il faut dire que la gene est tellement présente qu'elle ne saurait quoi dire. C'est tout juste si quelques mots arrivent à s'échapper...

- Je... je sais marcher vous savez....
Mais ils ne seront pas entendus. C'est le Chevalier qui a la main, et il semblerait qu'il ne compte pas la perdre. La Comtesse pliera. Et c'est ainsi qu'elle se laisse mener à l'intérieur du Castel.

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Ilmarin

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MessageSujet: Re: Un convoi pressé   Mer 12 Mar - 21:18

Pouvait-on dire aller bien?
Incontestablement, la concernant, non. Elle ne se rappellait que la moitié du trajet.
Elle ne se rappellait que la moitié des gestes qu'elle accomplissait ou des paroles qu'elle prononçait. Elle ne se rappellait que la moitié des regards inquiets jetés sur elle depuis...
Depuis quoi? Ils lui ont dit qu'elle avait agressé Daresha. Qu'elle avait menacé sa vie et celle du bébé. Pourquoi en douterait-elle? Parce que la Comtesse était son amie et que jamais elle n'aurait fait ça.
Par contre, Elle, oui sans aucun doute.

Gabriel essaya de la faire parler, de La faire sortir. Mais la Panthère arrivait encore, à quel prix, à la tenir verrouillée au plus loin. La plupart du temps.
Les nuits sans sommeil se passaient en discussion silencieuse et la journée, elle chevauchait comme ivre. Manger se résumait à goûter du bout des lèvres, les soins de sa main au minimum. Voilà un bon résumé d'une belle blonde qui se laissait peu à peu couler. Sauf qu'elle ne l'était plus, ivre, depuis plusieurs jours, même si elle ne faisait rien pour les détromper.

Et c'est dans le semi-coma qui ne la quittait plus qu'elle entra à la suite du carosse, étirant son dos à nouveau douloureux et sa cuisse lanscinante. Suli lui chuchota tendrement qu'il s'occuperait de Kalian, qu'elle devait se reposer. La situation était si grave, intérieurement, qu'elle ne lui opposa aucune résistance, attrapant son baluchon sous son bras. Tenter de se reposer, ils devaient parler...

Suivant les amoureux sans rien voir, dans un mondre gris aux hurlements stridents.

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maharet

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MessageSujet: Re: Un convoi pressé   Ven 14 Mar - 1:01

Voyage dans ses pensées, loin du groupe, loin de ce convoi qui tourne par moment à la farce. Jeune femme errante dont les yeux se ferment pour n’entrevoir qu’un être, celui qui la maintient sur le fil. Combien de mois, combien de semaines sans être resté dans son lit à le contempler dormir, à glisser ses doigts dans sa tignasse brune. Son cœur se resserre, des eaux menacent de l’inonder. Pourquoi avait-il son profil, cette chevelure… Seul son regard quand il s’illuminait malicieux lui faisait oublié de qui il était le fils. *Tristan, soupire-t-elle*Blessure en son âme ne s’est pas guérie malgré le temps et la distance. Elle baisse la tête pour ne pas croiser les regards. Elle est écuyère qui ferme la marche vers la Flandre, vers un lieu qu’elle ne connait pas, elle accompagne son Grand Maistre et la comtesse. Elle est restée en retrait entre deux « chevaliers » servants.

Chemin emprunté sans vraiment en apprécier les formes. Une écuyère maussade dans un groupe qui se déchire ça cadre avec le tableau mais Maharet n’est pas habituée à laisser ses sentiments transpirer. D’un revers essuie ses yeux brulants, esquisse un sourire. N’est ce pas comme ça qu’on la connait. Jeune femme toujours le sourire accroché… Village… Pont Levis ? Et si elle restait dans le village et si elle écrivait à son fils… Sa mission ne s’arrête pas devant ce pont qui constitue le domaine de Messire de Jeneffe ? Si ce n’est pas le cas, ce serait rompre sa parole, alors, elle chevauche à pas lent derrière le carrosse. Bruits de sabots sur le bois, bruits de sabots sur le pavé qui résonnent.

Son regard de jade fixe un moment le groupe. Un chevalier une dame au bord de l’accouchement, Gabriel la dépasse pour retrouver ses sœurs une fois pied à terre et elle qui reste plantée là. Elle n’est que spectatrice. Des marques d’affection entre son grand Maistre et la comtesse, entre un frère et ses sœurs. Vide installée, âme écorchée. N’aurait-elle pas mieux fait de s’enfermer quelque part loin de la vie. Sans lui, elle serait dans un cloitre ou… La jeune femme s’attarde sur La métisse affaiblie dans les bras de ce frère dont elle n’avait jamais entendu parler. Geste tendre quand il la dépose contre lui, regard azur sur la blonde se pose comme une demande muette. La jeune rousse passe la main dans ses cheveux pour enlever cette image fugace qui la rend morne.

Elle flatte l’encolure de sa jument pour la remercier du trajet qu’elle a fait sans rechigner, ses pieds sortent des étriers et la voila qui saute sur le pavé. La prend par les rênes et se dirige vers les personnes présentent, Kalian et Gabriel.
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Zalina

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MessageSujet: Re: Un convoi pressé   Ven 14 Mar - 15:13

Un peu d'avance pour aller visiter le village et ses tavernes. Un tonneau, petit tonneau, de vidé pour fêter la fin d'un voyage bien mouvementé puis la jeune Cavalière rattrapa ses compagnons au pont levis.

Toujours ses regards de travers, visages sombres. L'ambiance n'avait pas changé depuis des jours. Cela en devenait étouffant mais collait assez avec la mine de la Peste suicidaire.
Elle aurait tout donné pour passer quelques secondes dans les bras de son Prinsounet. Reprendre un peu de force dans son sourire. Rallumer ce feu qui avait fini par s'éteindre au dernier enterrement.
Mais il n'était pas là.

Où était-il d'ailleurs ? Frontière angevine ? Couvent avec sa mère ? Mourant dans un fossé ou sur un champ de bataille ? Ou déjà dans un cercueil quelque part ? Il y avait déjà des mois qu'elle n'avait plus aucune nouvelle.
A moins que le Baron de son cœur se soit marié avec une autre et fonde sa famille. Après tout, il en avait le droit. Il le devait même. Dernier héritier de sa lignée, il devait assurer sa descendance. Et elle avait renoncé à la joie de devenir la mère de ses enfants légitimes en rendant sa Seigneurie.

Elle avait encore tout perdu pour ce que l'on appellera une nouvelle idiotie de gamine capricieuse. Et cela devenait une habitude.
Perdu sa Taty Hekate pour Aragos parce que la Taty ne le supportait pas et lui avait demandé de choisir entre les deux.
Perdu sa famille parce qu'un cousin ne voulait pas de Licorneux en leur sein et lui avait fait du chantage pour qu'elle quitte l'Ordre.
Perdu Aragos pour essayer de sauver un Poitou qu'elle ne reconnaissait plus...
Au final, il reste quoi ?
Une route. Et un domaine où se trouvaient un Maistre et une Dame sur le point de donner naissance. Sans oublier le reste du cortège des plus loufoques.

Maharet la sortit de ses pensées en sautant à terre.
Retour à la réalité par un long soupire. Dure réalité qui l'avait bien endurcie.
Restant en selle, elle reste à la suite de l'équipé sauvage et attend les nouvelles instructions.
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Gabriel

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MessageSujet: Re: Un convoi pressé   Sam 15 Mar - 2:02

Parler à cœur ouvert. Les démons de sa sœur de plus en plus présents. Arrivera-t-il, lui le traitre, le lâche, à la sortir des tourments dont il est responsable. Dans quoi l’a-t-il plongé ? Comment s’approcher sans les sentir. Nouveau rejet de la forteresse, nouvelle souffrance. Déchirure que la mante essaie de combler, encore. Il doit assumer, le fou doit parler. Comme il est difficile de se savoir responsable de la déchéance de celle que l’on aime. Plus qu’une sœur, son Ilmarin, celle qui lui a donné le souffle vie. Chacun de ses regards le plonge dans cette enfance qu’il a trahie. A quoi bon être homme quand la douleur se propage… Et pourtant, il est là, le dément ne veut pas la rédemption. Il veut une dernière fois être le seigneur des airs, emporter dans une rafale celle qui a pris possession de sa forteresse.

Promesse tenu, il est resté. Après toutes ses années, son âme saigne encore à la vue de celle que son cœur avait choisi sans retenue. Enfant à la peau douce, Femme couvent leur passion dévorante. Sang impur de leur apparenté circule. Maudire jusqu’à son dernier souffle cette affiliation. Sa poitrine se comprime, chaque fois que leurs azurs se rencontrent. Instant intime rapidement rompu par un battement de cils. Tremblement de tout son être. Puiser sa force dans sa folie pour ne plus subir la morsure de l’interdit. Refouler l’odeur du sable fin sur sa peau, du goût de ses lèvres. Fermer les yeux pour oublier cette union qui ne verra jamais le jour. Gabriel l’amoureux devait mourir et laisser place à Gabriel le frère.

Inquiétude latente. Voyager sur ses gardes entre deux femmes obstinément enfermées dans leur mutisme depuis une crise dont il n’a pas vraiment saisi le sens. Il sait pourquoi sa forteresse le fuit, croit-elle qu’il est dupe au point de ne pas voir ce qu’il se passe en elle ? N’a-t-elle pas senti sa mante s’approcher ? Et ses mains, pourquoi s’agitent-elles dès qu’il veut consoler sa belle à la peau dorée ? Être à ses côtés, à prendre soin d’elle sans que ses doigts ne l’effleurent, sans la chaleur… divaguer encore en retrouvant la fin de la marche. Laisser l’écuyère dans son silence et s’échapper dans des souvenirs heureux où il était encore un jeune homme confiant dans la vie et où deux femmes protégeaient son cœur.

Approcher les fortifications de la baronnie de Marchiennes en arrière garde. Gabriel sans un mot pour sa folie, donne un coup de talon à sa bête pour rejoindre le carrosse arrêté. Basse-cour en apparence calme, tension palpable. La Comtesse de Scye la première à en sortir, l’ombre de Kalian toujours enfoncée dans la voiture, mélange entre un bleu et un vert, turquoise fraternel. Il la détaille sans un mot, il descend de son destrier à sa hauteur. Envie de la prendre dans ses bras, lui parler, la rassurer, enlever ce poids sur ses épaules qui s’affaissent. Contact refusé. Sa main dans le feutre, suivi de son buste. Le fou encercle le corps et les jambes de sa sœur. Plumes légères entre ses bras. Nouveau regard à son Ilmarin avant de la voir partir. Sa tête se penche vers le creux de l’oreille de son trésor enlacé.


Te sens-tu mieux douce ensorceleuse ?

La chaleur de tes bras m'a toujours apaisé...

Sentir son souffle se couper sans voir ses paupières se fermer et s’empourprer au son de sa voix. Gabriel tente de faire taire l’enivrement qui le gagne.

Alors ils seront toujours là pour toi à partir d’aujourd’hui… petite… sœur. Chercher un sujet anodin pour dissiper son malaise. Ne pas lui souffler qu’elle serait radieuse en robe, comme dans ses souvenirs. Heureux que tu ailles mieux. Resserrer son étreinte. Exhaler son parfum en se promettant de ne plus jamais avoir de pensées autres que fraternelles. Lui faire encore des excuses ne servirait à rien. Et si nous rejoignons les autres et trouver un endroit ou tu puisses reprendre des forces, tu as peu mangé pendant le voyage et c’est mauvais pour toi.
Je... Je peux marcher. De l'exercice... Il m'en faut. Mais je n'ai pas faim.

La voir détourner son regard, éprouver un profond désespoir en voyant l’absence de sourire. Où était son air espiègle ? Perdu avec son enfance peut-être. Il y avait si longtemps qu’il n’avait pu l’admirer sans honte. Et pourquoi pas lui rappeler ses facéties enfantines ? *Pour lui rappeler ses démons ? Réfléchis mon fou et pose là !*

Non ! S’écrie-t-il fermement à sa mante, se rendant compte en rougissant qu’il avait parlé à voix haute. Je veux dire, non tu auras le temps plus tard de faire des exercices, pour l’instant je préfère que tu te reposes.

Tu n'as pas changé... Toujours aussi protecteur... Mais... deviner dans ses saphirs une interrogation muette et la voir soupirer en les détournant. Cherche-t-elle à sonder son âme et voir ses intentions ? Se souvient-elle de leur moment… Je me débrouillerai seule. Je n'ai pas besoin de repos. Gabriel. Doux son à son oreille s’imprègne, mot prononcé tout bas affole ses sens.

Protecteur… oui je suis Gabriel, le grand frère « responsable » paroles au goût amer. Et je n’ai pas envie de te lâcher Kalian… Laisse-moi te porter jusqu’à un endroit convenable et promis… je ne te toucherai plus…

Arrête, s'il te plait...

Les muscles de la jeune femme se contractent, réprime un grimace. La poitrine du fou rate un battement. *c’est donc du dégout que je lui inspire…* Prêt à lui rendre sa liberté, Gabriel relâche sa prise. Kalian ferme les yeux et vient se blottir tout contre lui. Organe qui prend sa source dans sa chaleur, rythme effrénée d’un menuet.

Rentrons !

Et le fou pour qui plus rien ne compte, porte dans ses bras telle une mariée la détentrice de la clef de son cœur.

Gabriel…

Un nom soufflé dans un murmure : le sien. Une main posée à plat sur son torse : la sienne. Réminiscence d’un passé lointain, une enfant et un adolescent, amoureux. Se retrouver sur cette plage en train de faire des projets pour leur futur. Conversation animée, paroles passionnées et sa main lentement sur son cœur se pose. Geste anodin et si lourd de sens. Grace dans un corps si frêle. Calme retrouvé. Vague apaisée se plonge dans son océan. Dans ce lieu, il se réveille, la gorge nouée fuyant le regard de Kalian.

Il met un terme à leur tête à tête en rentrant à la suite de l’écuyère au risque de voir son cœur exploser. Sa sœur posant la tête au creux de son épaule les yeux fermés, chacun chassant la tristesse qui les envahie.
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Milo

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MessageSujet: Re: Un convoi pressé   Dim 16 Mar - 16:17

Soupir. Il suit derrière, se demandant encore pourquoi il se retrouve là. Parce que Boucle d'Or lui a demandé ? Ou bien pour assouvir Sa curiosité ? Boucle d'Or qui allait de plus en mal, colosse qui faisait de plus en plus bourdes. Il aurait dû dire non à Montmirail. Dire qu'il ne leur apporterait rien, à part souffrance et douleur. Comme chaque fois qu'il commençait à apprécier puis à tenir à quelqu'un. Il arrête Amras, et laisse la troupe avancer. Que faire ? Partir maintenant, ou bien rester un peu, et s'enfuir ensuite ? S'enfuir... Faire preuve de lâcheté comme à chaque fois.

Azur se plissant, observant l’imposante bâtisse avec un certain respect, alors que les deux doigts raides de sa senestre posée sur son genou donnent la cadence. Respect d’un lieu qu’il ne voudrait souiller de sa présence. Respect des personnes qui l’ont accepté, contraints et forcés, certes, mais accepté en leur groupe. Surtout du maître des lieux, qui ne le connaît ni d’Eve, ni d’Adam. Nouveau soupir. Le monde est si mal fait que ça que l’Aigle ai du mal à s’envoler ? Allons, ton dragon n’aimerait pas te voir ainsi. Il secoue doucement la tête, Azur souriante à son souvenir. Il sait qu'elle n'est pas en Flandres, elle a toujours détesté cette région, qui le lui a bien rendu. Si jamais il ose, il demandera un vélin et une plume pour tenter de lui écrire, si sa senestre le veut bien. Ce qui n'est pas sûr, tant elle est redevenue douloureuse. Le temps humide de cet endroit, mais pas seulement.

Chassant cette idée de ses pensées, il reporte son attention sur la petite troupe, déjà bien avancée.Mettant pied à terre, flattant l’encolure d’Amars alors que sa dextre vient prendre les rênes, il pénètre enfin dans le lieu. Silencieux, de peur de faire une nouvelle bourde, il rattrape les autres, non sans que sa senestre ne soit venue effleurer le bras d’Ilmarin, et qu’un sourire adressé aux deux licorneuses restantes ne se soit dessiné sur ses lèvres.
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Un convoi pressé
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